Ernesto De Martino

  • Le monde magique

    Ernesto De Martino

    • Bartillat
    • 3 Février 2022

    Maléfices, conjurations, sorcellerie, communication avec les esprits, voyance, télépathie : cet essai qui relate d'innombrables pratiques de magie, repose sur une documentation ethnologique de premier plan. Mais son importance, soulignée par des esprits aussi éminents que Benedetto Croce ou Mircea Eliade, tient à l'attitude originale de l'auteur face au problème des pouvoirs magiques, de leur réalité et de leur signification culturelle. Au refus des positivistes, au désintérêt des ethnologues, comme aux illusions qu'ont pu entretenir la parapsychologie et l'irrationalisme, de Martino réplique par une interprétation historique qui assigne à la magie sa place dans le développement de l'esprit humain : celle d'une culture où l'homme doit encore accomplir un effort intellectuel et spirituel pour s'affirmer et s'imposer au monde.

  • Mort et pleurs rituels : de la lamentation funèbre antique à la plainte de Marie

    Ernesto De Martino

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 3 Février 2022

    Dans Mort et pleurs rituels, Ernesto De Martino présente les résultats de son enquête ethnographique menée en Lucanie sur les coutumes funéraires. Il revient aux origines de celles-ci, fondées sur le refus d'une mort insignifiante et l'exigence humaine visant à procurer au défunt une seconde mort d'ordre culturel. Parmi ces dernières, l'institution de la plainte funèbre a joué un rôle primordial dans les civilisations méditerranéennes antiques.
    L'ouvrage se clôt sur l'Atlas illustré des pleurs, inventaire des techniques du corps exprimant le pathos : le riche répertoire des images (qui vont de l'Égypte ancienne à la Renaissance) évoque l'Atlas Mnémosyne conçu par l'historien de l'art allemand Aby Warburg (1866-1929).

  • La fin du monde ; essai sur les apocalypses culturelles

    Ernesto De Martino

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 5 Décembre 2016

    Ce livre présente les grands thèmes de l'oeuvre d'Ernesto De Martino, le fondateur de l'anthropologie italienne, à partir d'une recherche comparative sur les relations entre formes religieuses et sécularisées de l'idée et de l'expérience de la fin du monde, comme de sa régénération.

    L'ouvrage vient compléter la connaissance de l'anthropologie démartinienne, réduite en France aux études consacrées à la vie religieuse en Italie du Sud. Une introduction générale reconstruit l'histoire de l'édition posthume, situe le projet dans la trajectoire intellectuelle de l'auteur, restitue sa réception italienne. Des notes, un tableau des choix de traduction, des tables de correspondances et des articles publiés du vivant de l'auteur permettent au lecteur d'entrer dans l'atelier de De Martino. En passant d'une langue et d'une discipline à l'autre, cette enquête veut transformer les diagnostics portés, au début du xxe siècle sur la « crise » ou le « déclin » de l'Occident, en symptômes pour qualifier la singularité de l'Occident à travers les genèses successives de l'expérience apocalyptique, et ce dans la perspective d'une anthropologie de l'histoire.

  • Oeuvres 1 le monde magique

    Ernesto De Martino

    • Empecheurs de penser en rond
    • 15 Novembre 1999

    "Le monde magique" étudié dans cet ouvrage constitue un remarquable sujet de controverse où la pensée historiciste peut se mettre à l'épreuve et parvenir à une conscience élargie de ses possibilités.
    Le problème de la réalité des pouvoirs magiques et l'analyse des concepts censés appréhender cette réalité représentent un perpétuel appel à la réflexion, laquelle peut ainsi se trouver mise au défi de combattre cette ultime Thulé - ici, ce lieu où se réfugie le réalisme naïf d'une dualité opposant l'individu, en tant que donné, à monde de faits naturels considérés, eux aussi, comme donnés. En partant de multiples observations ethnologiques qui portent sur des faits difficilement explicables, Ernesto de Martino en remodèle la compréhension.
    Il les soumet à un historicisme radical autant que novateur, montrant à quelles conditions le "magique" peut contribuer à donner à la culture occidentale une conscience de soi épurée de certaines vues polémiques dépassées.

  • Oeuvres t.2 ; Italie du Sud et magie

    Ernesto De Martino

    • Empecheurs de penser en rond
    • 15 Octobre 1999

    " Le thème fondamental du cérémonial de la basse magie lucanienne est la fascination.
    Ce terme définit une conduite psychique d'empêchement et d'interdiction, et, en même temps un sens de domination exercée par une force aussi puissante qu'occulte qui limite l'autonomie de la personne, sa capacité de décision et de choix. Le terme d'affascino désigne également la force hostile qui circule dans l'air et qui ourdit des machinations en dressant des obstacles ou en soumettant à la contrainte.
    " L'enquête menée par Ernesto de Martino débute par une exploration ethnographique des survivances des pratiques de magie cérémonielle dans le sud de l'Italie. Il explore l'alternative entre " magie " et " rationalité " qui est un des grands thèmes ayant donné naissance à la civilisation moderne. Les nations modernes dont se compose l'Occident sont " modernes " dans la mesure où elles ont participé sérieusement à ce procès divers dans lequel nous sommes encore engagés, au moins dans la mesure où, à côté des techniques scientifiques, nous donnons une valeur immédiate au domaine des techniques mythico-rituelles, à la puissance " magique " de la parole et du geste.

  • Oeuvres t.3 ; la terre du remords

    Ernesto De Martino

    • Empecheurs de penser en rond
    • 15 Octobre 1999

    En 1959, Ernesto de Martino part étudier sur le terrain, dans le sud de l'Italie (région de Lecce) un célèbre phénomène appelé tarentulisme ou tarentisme.
    Son équipe est constituée d'un psychologue, d'un psychiatre, d'un musicologue et d'une assistante sociale. Ils vont se livrer à un travail d'anthropologie qui reste exemplaire et qui pourrait être bien considéré comme la première étude européenne d'ethnopsychiatrie. Ils ont suivi des patients, qui expliquaient avoir été piqués par une araignée, et se livraient à une danse effrénée (scazzicare) pouvant durer plusieurs jours et revenir régulièrement afin d'entrer en relation avec Saint Paul, saint guérisseur.
    Les séances se déroulaient à domicile et dans la chapelle du saint à Catalina, en particulier au moment de la fête annuelle. Au cours des séances il faut identifier les couleurs et les airs de musique auxquels les patients sont sensibles. " L'orchestre attaquait la tarentelle et la tarentulée qui gisait sur le sol montrait aussitôt qu'elle acceptait la musique en remuant la tête en mesure de droite et de gauche, puis, comme si l'onde sonore se propageait par tout son corps, elle commençait à ramper sur le dos en se poussant sur ses jambes fortement arquées et en s'appuyant alternativement sur un talon puis sur l'autre."

empty