Michael Edwards

  • Savoir entendre la Bible.
    Tout d'abord quelques mots sur le titre qui pourrait paraître ambigu ou énigmatique.
    On se souviendra d'un texte célèbre de Nietzsche (Unzeitgemäße Betrachtungen) traduit tantôt par Considérations inactuelles, tantôt par Considérations intempestives («qui vient à contretemps», ou si l'on préfère dans le français d'aujourd'hui «dérangeantes»).
    Les deux idées sont présentes dans le texte de Michael Edwards : la doctrine chrétienne bien entendue heurte les conceptions collectives courantes et se situe hors du temps.
    C'était déjà le cas lorsque l'Évangile (la Bonne Nouvelle) fut diffusé il y a plus de deux mille ans dans le monde gréco-romain.
    De ces prémisses Michael Edwards conclut que nous devons lire la Bible sans souci de modernisation, sans commentaires, sans interprétation et sans gloses.
    Pour résumer sommairement son propos on pourrait dire qu'il offre ici une leçon magistrale de lecture biblique.
    Le livre se compose de 11 chapitres provenant en partie de conférences ou de contributions à des ouvrages collectifs publiés entre 2016 et 2019.
    Il s'interroge sur la nature du christianisme, sur celle de la Foi (quelle forme de savoir constitue-t-elle) et sur les sentiments de Joie qu'elle prodigue. Il développe ensuite certains des thèmes déjà traités par lui dans Bible et Poésie (Éd. de Fallois, 2016) et nous introduit en poète dans la poésie de la Bible, sans omettre une analyse critique des appauvrissantes traductions de la Bible en langage courant d'aujourd'hui (ch. 8, L'oeuvre charitable de la traduction). L'essai s'achève par des considérations de doctrines d'inspiration pascalienne.

    Comme Bible et Poésie, cet essai n'est pas simplement destiné à un public confessionnel.
    Lire la Bible (on pourrait dire la même chose d'Homère ou de Virgile) est l'une des aspirations profondes de tous ceux pour qui la notion de culture n'est pas un vain mot et ne se limite pas à «l'actualité littéraire», qu'ils soient ou non croyants. Michael Edwards, par la finesse et la précision de sa propre lecture, est un guide précieux et sûr pour s'engager dans cette entreprise.

  • Quel est le rapport entre une carafe et une carafe de Chardin ? Entre un arbre et un arbre de Claude Lorrain ? N'est-ce pas là le grand mystère de l'art ? Par la magie de la ressemblance, l'artiste figuratif n'offre pas une reproduction du visible mais un aperçu de l'invisible, d'un monde à la fois reconnaissable et profondément différent. La plus exacte ressemblance transforme ainsi la réalité en une fiction provisoire, attirante et inatteignable. Michael Edwards étudie cette aspiration des artistes à une transcendance, non pas dans une réalité imaginaire mais dans la réalité connue, dans l'oeuvre d'artistes célèbres : Claude Lorrain, Chardin, Blake, Turner, mais présente aussi au lecteur le peintre anglais Stanley Spencer, le sculpteur américain Greg Wyatt, ainsi que deux artistes contemporains insuffisamment reconnus, Claude Garache et Pascale Hémery.

  • Dialogues singuliers sur la langue française

    Michael Edwards

    • Puf
    • 5 Octobre 2016

    Le bilinguisme de l'auteur lui permet de nourrir une réflexion sur le français, les rapports entre l'identité, le langage et la réalité. Il invite à mieux connaître la langue française, ses origines celtique et germanique et à la pratiquer avec créativité.

  • Bible et poésie ; 199 essais littéraires

    Michael Edwards

    • Fallois
    • 17 Février 2016

    Une analyse de la présence de la poésie au sein de la Bible. L'auteur s'interroge sur l'affectation de la nature du message biblique par celle-ci.

  • Paris aubaine

    Michael Edwards

    • Corlevour
    • 23 Novembre 2012
  • Le génie de la poésie anglaise

    Michael Edwards

    • Belles lettres
    • 21 Octobre 2014

    Non une histoire de la poésie anglaise (de tels projets existent déjà), mais un effort pour saisir ce qui fait sa spécificité, son « anglicité », ce qui, malgré les différences d'époques et de tempéraments, réunit des auteurs comme Chaucer, Shakespeare, Milton, Keats, Tennison : poésie d'un peuple dont le réalisme et l'empirisme n'excluent pas l'élan vers le sublime et qui jusque dans l'épopée admet le quotidien voire le trivial ; fortement conditionnée par une langue panachée, qui associe, depuis Leland et Chaucer, le fonds anglo-saxon, proche du commun et du familier, riche en accents et en monosyllabes, et le fonds franco-latin, avec ses polysyllabes et sa faculté à produire de l'abstrait, et ainsi baignant dans le réel tout en visant au delà, étrangère à la mimesis qui gouverne la poétique française pour inventer l'anaktisis, qui est moins imitation que recréation, regénération. Oeuvre d'un savant mais d'abord d'un poète et d'un poète en langue française, cette méditation, illuminée par la citation de mille textes merveilleusement commentés, dépasse largement l'étude de la poésie anglaise, elle revient, en lui donnant le cadre le plus large, sur les réflexions qu'inspirait à Claudel dans un court essai étincelant le parallèle de Shakespeare et de Racine ; et enfin, bien au-delà et à chaque instant (voir les pages consacrées à l'allitération ou aux traductions, ou cette définition de la prosodie : la parole qui chante), invite le lecteur à réfléchir sur l'être même de la poésie.

  • L'infiniment proche

    Michael Edwards

    • Corlevour
    • 25 Janvier 2016

    Extrait :
    SARDANAPALE.
    VI Et ce regard !
    Qui sort de la masse du roi, allongé dans une rêverie sauvagement calme.
    Allongé aussi par le tableau, par le sens de l'oeuvre.
    Devant ces corps rayonnants, seins ronds et pleins, fesses charnues, poses, offerts au mo- narque et à ton pinceau.
    Il supprime tout, corps, tissus, métaux, maçonnerie, l'insurmontable pullulement des choses.
    N'es-tu pas transi à considérer ce regard, assassin de la réalité ?
    Qui fixe deux abîmes, la somptueuse conflagration et la région glaciale du coeur, ses eaux vives englouties ?
    Sardanapale approuve d'en haut le spectacle absolu, dernier couchant d'un monde enfermé dans une salle.
    Il regarde la mort regarder par ses yeux.

  • Racine et Shakespeare

    Michael Edwards

    • Puf
    • 2 Novembre 2004

    Michaël EDWARDS est un écrivain anglais et français, poète et traducteur, comparatiste émérite, auteur de nombreux ouvrages sur la création littéraire et artistique. Il est professeur au Collège de France où il a été élu en 2003.


    L'auteur poursuit ici, sous un angle inédit, la comparaison entre Racine et Shakespeare que Stendhal n'avait fait qu'amorcer. Ces deux "géants" de la littérature illuminent les différences des langues dans leur rapport avec le réel. Mais chacun cherche à sa façon "à faire pressentir une langue vraiment humaine au-delà de notre babil". La tragédie ne parle pas selement du bonheur comme du malheur, mais se préoccupe de traduire tous les possibles de la condition humaine.


    Poursuivant la comparaison entre Racine et Shakespeare amorcée par Stendhal, l'auteur montre comment chacun cherche à sa façon "à faire pressentir une langue vraiment humaine au-delà de notre babil". Ces deux écrivains illustrent, selon M. Edwards, les différences des langues dans leurs manières de se concevoir et d'habiter le monde. La poésie française apparaît "centripète" quand l'anglaise est "centrifuge" : Racine aspire à la plénitude et à la pureté, Shakespeare tend vers la foison du multiple. La tragédie ne parle pas seulement du malheur et du bonheur mais se préoccupe aussi de traduire tous les possibles de la condition humaine.

  • Shakespeare ; le poète au théâtre

    Michael Edwards

    • Fayard
    • 30 Septembre 2009

    Pourquoi le plus grand poète anglais a-t-il choisi d'écrire avant tout pour le théâtre ?
    Telle est la question essentielle que pose michael edwards, lui-même poète, essayiste et grand spécialiste de shakespeare, à qui il a déjà consacré plusieurs livres.
    En étudiant comment shakespeare oeuvre en poète dans tous les aspects d'un travail pour la scène, il montre que la multiplicité des personnages dans chaque pièce l'incite à renoncer à une seule perspective et à soumettre sa vision au jugement de situations concrètes. shakespeare dépasse le lyrisme du moi en se hasardant sans cesse dans le je des personnages, même secondaires. il transforme ainsi la poésie en parole, maintient l'oralité, et devient le « poète des autres ». pour développer ses idées, michael edwards a sciemment choisi des pièces moins connues : les deux gentilshommes de vérone, peines d'amour perdues, troilus et cressida, mesure pour mesure, tout est bien qui finit bien et cymbeline. couvrant toute la carrière de shakespeare, elles sont particulièrement aptes à éclairer la question, et se révèlent d'une richesse insoupçonnée. elles lui permettent également de redéfinir le théâtre - lieu autre, à la fois matériel et fictif, image parfaite de ce changement du réel et du moi qui serait la tâche fondamentale de la poésie.
    En suivant inversement le travail du dramaturge dans les sonnets, michael edwards propose une lecture claire et passionnante de ces poèmes mystérieux qui explique enfin leur sens et leur place dans l'oeuvre de shakespeare.
    Après de l'émerveillement (fayard, 2008), michael edwards nous livre cette méditation originale sur le théâtre et sur la poésie. elle fut l'objet de ses cours au collège de france qui suscitèrent un grand intérêt lors de leur diffusion par france culture.

  • Terre de poésie

    Michael Edwards

    • Espaces 34
    • 1 Janvier 2003

    Peut-on envisager une terre de poésie ? - une terre faite poésie grâce à des actes d'écriture qui, renonçant à la maîtriser et à la posséder, lui feraient le don d'une parole révélatrice ? La poésie serait l'invention de la terre : à la fois une création et une découverte, le lieu de la venue progressive de ce qui est. Dans son nouveau recueil d'essais, conçu comme un ensemble mobile, Michael Edwards se fait explorateur de la terre proche en examinant des poèmes, des lieux, des tableaux, des langues. S'il interroge des poètes aussi divers qu'Ovide, Dante et Shakespeare, il écoute surtout les romantiques anglais (Wordsworth, Keats, Constable), qui posaient de la façon la plus aiguë la question de la terre-poésie, et la poésie française de maintenant (Bonnefoy, Jaccottet) où la question revient dans toute sa richesse.

  • Le bonheur d'être ici

    Michael Edwards

    • Fayard
    • 9 Février 2011

    " Le bonheur nous hante, comme un beau souvenir ou un rêve, comme une perte et une promesse ".
    Tels sont les premiers mots de Michael Edwards qui nous propose de réfléchir à des manières contrastées de concevoir la vie sur terre, résumées dans deux expressions : le bonheur d'être (Claudel) et n'importe ois hors du monde (Baudelaire). Faut-il situer le bonheur dans un ailleurs, au risque de dévaloriser la Terre et de rejeter le cadeau, le présent, qui nous est fait ? Ou approfondir le bonheur de l'ici, dans l'espoir de trouver l'infini dans l'inépuisable fini, et de voir chaque être, chaque objet irradié par l'inconnu, le neuf, le possible ? Comment la littérature, la peinture et la musique découvrent-elles et chantent-elles ce bonheur, au sein d'un monde aussi malheureux et malade ? Dans cet essai qui renoue avec De l'émerveillement, Michael Edwards nous invite à méditer sur le plaisir de la poésie et de l'art, en commentant notamment des oeuvres de Rousseau, Proust, Valéry, Whitman, Manet ou Haendel.
    Mais il s'attarde aussi de façon originale sur l'enfer de Dante, la joie dans L'Ecclésiaste ou tout simplement sur l'extase du passant sur le pont des Arts.

  • à la racine du feu

    Michael Edwards

    • Caracteres
    • 30 Avril 2009

    Une belle anthologie (1972-1985) du poète anglais et français, professeur de poétique au Collège de France, accompagnée de fusains de Catherine Day.
    Poésie de la vie immédiate qui répète le monde, l'éveille pour en prendre possession.
    « Nous appelons le monde dans le domaine du poème, « lieu enchanté ». La « démarche spirituelle » consiste à lutter, aussi longtemps qu'il faut, pour accéder, dans l'acte d'écrire, au réel en son être là, puis reconnaître qu'il nous échappe et nous attend toujours.
    Le poème est donc une fenêtre en verre dépoli, une porte entrebâillée. » « Maintenant est / l'instant / inacceptable »

  • L'étrangèreté

    Michael Edwards

    • Gallimard
    • 14 Janvier 2010

    Poètes, critique littéraire, traducteur, professeur au Collège de France, Michael Edwards a choisi de nous parler ici de l'étrange, de l'étrangeté, de l'étranger.
    En s'appuyant sur des expériences personnelles de visions étranges de lieux familiers, d'impressions étranges dans la foule, de perceptions étranges du moi et de l'étrangeté d'une langue étrangère, il nous amène à considérer comme une aubaine « l'étrangèreté ».
    Dans une langue orale magnifique, voici l'oeuvre d'un poète nous conduisant à vivre comme un enrichissement et même comme une nécessité la recherche de l'étranger en l'autre et en soi-même.

  • Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur les plus célèbres parfums français enfin révélé.
    Pour la première fois, les parfumeurs, les couturiers, les créateurs de flacons et les dirigeants des grandes maisons de parfums, parlent de leur art comme ils ne l'ont jamais fait. Un voyage fascinant dans l'univers des parfums au travers de leur histoire du savoir faire français, illustré par une iconographie superbe et rare, des photographies, des croquis, des dessins et des documents d'archives.
    De Jicky à Opium, chaque parfum cache une histoire passionnante. Découvrez comment les couturiers Coco Chanel, Christian Dior, Paco Rabanne et Yves Saint-Laurent ont exprimé leur style et leur griffe dans leurs parfums : comment les parfumeurs ont créé de nouvelles fragrances aux accords uniques comme Chanel n° 5 ou Angel, et comment les designers inspirés par un nom, un thème, une fragrance ont façonné des flacons superbes pour Rochas ou Nina Ricci.
    Parfums de légende est un livre dédié à tous les amoureux du parfum.

  • Shakespeare et la comedie de l'emerveillement

    Michael Edwards

    • Desclee de brouwer
    • 13 Février 2003

    Les comédies de Shakespeare sont moins connues en France, et moins appréciées, que ses tragédies.
    Le présent essai montre donc l'importance de ces pièces, qui vont du Songe d'une nuit d'été à La Nuit des rois et trouvent dans La Tempête leur accomplissement. L'idée court aussi, d'Aristote à Bergson en passant par Hobbes, Baudelaire et Freud, que le rire relève du ridicule. Or, la vision comique de Shakespeare est tout à fait éloignée de ce point de vue étrangement sombre. Elle passe par trois phases successives l'allégresse, qui nous rapproche des sources obscures et réjouissantes de la vie ; le malheur, qui nous met en présence du mal de vivre et de la mort ; l'émerveillement, qui permet de franchir un seuil pour pénétrer dans un réel renouvelé.
    Le rire éclate alors devant la perception soudaine d'un monde qui change et d'un moi capable de se transformer.

  • Lecons de poesie

    Michael Edwards

    • Puf
    • 1 Février 2001

    La collection est dirigée par Michel Delon, professeur à l'Université de Paris X - Nanterre et Michel Zink, titulaire de la chaire de littérature médiévale au Collège de France. Elle souhaite accompagner et rendre visible la transformation des études littéraires grâce à l'histoire des idées et des mentalités, il s'agit d'ouvrir des perspectives, de rendre possible de nouveaux objets de recherche.

  • Un monde meme et autre

    Michael Edwards

    • Desclee de brouwer
    • 18 Janvier 2002

    D'où vient que le monde parfois nous surprend, nous apparaît " sous un autre Jour " ? Nous croyions le connaître et soudain l'herbe sous nos pieds, les arbres, un vieux mur...
    Nous semblent appartenir à un réel plus profond et plus attirant, situé au coeur de l'espace et du temps. Rien ne semble changé et pourtant tout est différent. Pour comprendre cette apparition d'un monde même et autre, les répétitions qui se produisent sur la terre mais aussi l'oeuvre répétitive de l'art, l'auteur du présent essai a dû faire un long détour, par la poésie (Dante, Ovide, Eliot), la peinture (Poussin, Balthus), la musique (Beethoven, Byrd, Bach) et la philosophie (Platon, Aristote, Nietzsche), cela en dialogue continuel avec des récits bibliques (tout particulièrement celui de la Genèse) d'une étonnante modernité intellectuelle et littéraire.
    De la répétition pure du paradis aux Variations Goldberg, en passant par les deux rires de Sara ou la révélation paulinienne, c'est la nature même du temps qui est ici méditée. L'auteur a dû aussi revenir à d'autres visions du lieu terrestre recommencé : un lac en Auvergne, un Jardin en Bourgogne, une tour de livres à Cambridge, qui lui semblaient donner un sens, une direction, à toutes les formes de l'art et de la pensée.
    Il lui a fallu enfin comprendre pourquoi il écrivait ce livre en une langue étrangère, le français figurant à son tour, dans l'acte prosaïque, le monde réellement autre et autrement réel.

  • Sous une forme élégante et à un prix des plus modiques, la synthèse, par eux-mêmes, de la pensée des plus grands esprits de notre temps.

  • Après Shakespeare et la comédie de l'émerveillement, qui offre une idée nouvelle de la comédie et du rire, et Racine et Shakespeare, qui poursuit sous un angle inédit la comparaison que Stendhal avait amorcée, voici un troisième livre de Michael Edwards sur Shakespeare, une réflexion poétique et originale sur l'oeuvre de la tragédie, sur ce qu'elle accomplit au-delà de la catastrophe.
    Si Shakespeare descend dans l'abîme de la condition humaine, en s'aventurant plus loin, peut-être, qu'aucun autre écrivain, c'est parce qu'il a la force de voir, en effet, à la fin de l'action quand tout se dénoue, des ressources neuves de vie et de poésie. Issu d'un cours prononcé au Collège de France en 2003-2004, le livre cherche à élucider l'ensemble des tragédies de Shakespeare dans leur rapport avec la crise intellectuelle de son époque et avec la tragédie en général - avec la nature tragique du réel, la forme tragique de l'histoire.
    Fondée sur une érudition discrète et éclairante, cette pensée vigoureuse revient sans cesse à la grande question ontologique, aux enjeux du verbe être, tels que Shakespeare les approfondit pièce après pièce, en faisant rayonner dans son théâtre le célèbre monologue d'Hamlet.

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