Autrement

  • Quant un tueur assassine plusieurs femmes dans le quartier, savoir si la Place Séoul doit rester ou non piétonnière devient un sujet secondaire.
    Nommé grand reporter, Gilles aménage avec sa femme Juliette dans le duplex d'une résidence cossue, derrière la gare Montparnasse, décorée de colonnes dues à l'architecte Bofill. À peine arrivés, Gilles et Juliette sympathisent avec Ruth, la reine du tag, surnommé la passionaria des squats, et avec William Wallace, son compagnon, rédacteur en chef de La vie de château, improbable journal hébergé dans un squat. Précisément, les squats sont au coeur des discussions. Avant que la rumeur d'un serial killer ne les détrône...

  • Beaubourg presque déserté, le Forum qui ne désemplissait pas, dégorgeant ses colonnes de passagers indistincts, le quartier Latin où ne se remarquaient plus que les squats murés. Les gens de la rue, pour la plupart, transhumaient vers ces lieux protégés du vent que sont les gares, les couloirs et les stations du métro, les galeries marchandes, les passages. Mais les plus jeunes, comme elle, préféraient encore marcher sans fin à ciel ouvert.

    Photographies de Stéphanie Léonard.

  • « A l'angle de la rue Censier et de la rue de Mirbel, un arbre aux branches étrangement sinueuses se détache en ombre chinoise contre la fac, dans la lueur des réverbères : on le dirait sorti de quelque tableau fantastique. Un arbre fantôme, pareil à celui que Babette avait peint sur le mur de la pièce principale, au-dessus de la cheminée. Autour des rameaux, elle avait inscrit des maximes dans les médaillons en forme de coeur. "Peace and love", c'était l'époque. »

  • Phil et Pierre travaillent comme intérimaires dans un centre de tri postal. Ils profitent d'une grève pour aller respirer l'air marin à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sur la côte vendéenne. Lors d'une halte sur l'autoroute, ils croisent Hélène, une jeune femme qui leur demande de l'emmener. Quelques heures plus tard, ils arrivent à Saint-Gilles et s'installent dans la maison de la grand-mère de
    Pierre. Le week-end promet d'être agréable. Hélène se révèle fort sympathique.
    Le lendemain, Hélène reste introuvable. Peu après midi, Phil aperçoit son corps gisant entre deux rochers...

  • Atteinte d'un cancer en phase terminale, Laure remonte la rue du Faubourg du Temple et passe devant le n° 43. Un camion rempli de vitres est arrêté au feu rouge et dans ses reflets, Laure voit une femme égorger un homme. L'image fugitive lui a permis de distinguer un bras décharné d'où descend un filet rouge. Seule à avoir vu ce crime, Laure, confrontée à sa conscience, raconte sa vision à l'accueil où une personne lui indique qu'elle est peut-être due aux médicaments qu'elle absorbe. Persuadée que cette femme n'a pas tué par plaisir, Laure se met en quête de la retrouver.
    Dans une pharmacie, elle l'identifie à cause de son bras blessé. Les deux femmes, Laure & Madeleine sympathisent. Cette dernière court les marabouts pour soigner sa copine qui, au bout de deux semaines, retrouve sa peau rose et sort bien plus souvent avec son mari Gérard. Alors qu'ils sont allés danser dans une boîte, Madeleine les retrouve et met Laure dans l'obligation de la
    présenter. Plusieurs semaines passent sans qu'elles ne se voient. Un après-midi, Laure se repose dans sa chambre lorsque Madeleine sonne à sa porte et entre. Quelques heures après, en se réveillant, Laure pressent le drame. Gérard en rentrant, a voulu téléphoner. Croyant qu'il allait la
    dénoncer, Madeleine l'a tué avant de découper son corps en morceaux répartis ensuite dans des sacs poubelle. Laure reste prostrée dans son appartement jusqu'à ce qu'un des fils de Gérard enfonce la porte. Puis en quelques lignes, suit la narration de l'entrevue entre Laure et la juge où
    déjà les accusations d'hallucinée fusent sur son compte car Madeleine reste introuvable. Pourtant, Laure est sûre de son existence et pour preuve, elle cite un dialogue qui porte autour d'un couteau à pain. Mais est-ce si évident oe

  • Je suis remonté par Bastille, où, sur sa colonne, le génie doré se plaignait toujours qu'on lui ait piqué sa mobylette, et j'ai pris le boulevard Beaumarchais, m'arrêtant devant plusieurs magasins d'appareils photographiques, en me demandant s'il fallait que je prenne une photo de Romain au moment où je l'enverrais dans les autres nuages de la vie.

    Photographies de Stéphanie Léonard.

  • Préambule : 1960. dans un village d'Algérie, le lieutenant Santenac dirige une patrouille pour interpeller un convoyeur de fonds dénoncé par Rachid. Les soldats le découvrent au lit avec une femme. Il est abattu, l'Algérienne remise aux gendarmes. Toute sa vie Santenac restera obsédé par le regard de cette femme ayant compris que Rachid, son mari, s'est cruellement vengé d'avoir
    été cocu.
    Le 19 juin 2004, Jean-Marc découvre Paris. Entré dans un bar à vins, il est abordé par un sexagénaire qui lui offre une cigarette et se présente sous le nom de Santenac. Lors d'une nouvelle rencontre, le lendemain, l'ancien lieutenant commence à interroger Jean-Marc qu'il soupçonne de désertion. Le surlendemain, devant son insistance, Jean-Marc avoue qu'il se prénomme Omar.
    Entre -temps, il a rencontré Esther, une jeune femme qui fait la manche. L'ayant ramenée dans sa chambre, il couche avec elle, puis d'abord penaud d'avoir cédé à la tentation, il s'accorde vite l'absolution grâce à la phrase « tout est permis au combattant qui se donne à Dieu ». La fête de la musique commence à remplir les rues. Jean-Marc rencontre son contact et apprend que les « frères » vont agir dans chaque arrondissement de Paris. Il regagne sa chambre où l'attend une ceinture d'explosifs avec laquelle transformé en bombe humaine quelques heures plus tard, il sacrifie de nombreux innocents. Plusieurs jours après, on découvre le corps de Santenac dans une chambre d'hôtel. Rongé par les fautes qu'il a couvertes en 1960 dans le village algérien, il s'est suicidé avec son arme.

  • François Mareuil possède la passion des vieux livres. Il pourrait passer sa vie à fréquenter les bouquinistes mais le destin en décide autrement. Mareuil le Lillois qui, à cette époque, partage la vie de Pauline, connaît son premier chagrin d'amour. La jeune femme le quitte pour épouser le député local. Parti à l'armée, François intègre Saint-Cyr, puis un service occulte de l'Etat, appelé
    « L'Unité ». Il part alors exercer de nombreuses années la profession officieuse de barbouze un peu partout dans le monde.
    Lorsqu'il retrouve Lille après des années de tribulations, il y crée « Evènementiel sécurité » une compagnie de surveillance composée d'anciens flics ou de mercenaires. Un jour, tôt le matin, son ancien amour Pauline lui téléphone et lui donne rendez-vous dans un bar à 18 heures...

  • Ayant subi deux échecs, un divorce et une pièce ratée, le narrateur décide de s'installer plusieurs mois à Nice pour retrouver son équilibre. Chaque matin, il prend son petit déjeuner au café du coin. Voilà qu'un matin, le barman commente la mort de Charles Mallori, un habitué de l'établissement. Retraité âgé de 74 ans, il s'est jeté dans le vide depuis une terrasse. Et le barman
    insiste en désignant le narrateur « il venait tous les soirs, à la place qu'occupe monsieur ». Montré du doigt à propos de ce drame, le narrateur est taraudé par le doute. Il estime que le barman l'a associé sciemment à l'affaire. Son opinion se confirme en constatant le lendemain que cet individu suspect a disparu. L'homme était un messager. Mais pour le compte de qui et pourquoi oe
    Enquêtant sur Mallori, il découvre que celui-ci venait de retrouver l'assassin de sa nièce, morte il y a quelques années. Le retraité avait même acheté un revolver pour l'abattre. Les choses commencent à devenir plus claires lorsque le narrateur se rend compte que sa jeune voisine fait partie des comploteurs. Trois semaines plus tôt, elle l'avait séduit sur la plage avec tant d'ardeur
    qu'il en avait perdu sa montre. A présent, c'est elle qui lui remet un message « il va falloir payer la note » et une mallette dans laquelle il devra ranger mille billets de 50 euros. S'il lui restait des doutes, un inconnu, revolver en main, va les dissiper. Il rappelle au narrateur comment, quelques mois avant son mariage avec une fille de la haute, il a séduit Raphaëlle, une serveuse de 17 ans.
    Apprenant le mariage de son suborneur elle était enceinte - elle s'est suicidée le jour de la cérémonie. Oncle Mallori, voyant le narrateur à Nice, a confié sa vengeance à l'inconnu. Mais celui-ci l'a poussé dans le vide et a monté ce plan nettement plus lucratif. À présent, le narrateur sait qu'il doit payer sinon un faux témoin remettra sa montre (où figure son nom) à la police en précisant l'avoir trouvée près du corps de Mallori.

  • Le narrateur, Ingmar Pehrsson, est né à La Seyne sur Mer (Var) de parents suédois bohèmes venus travailler aux chantiers navals. Depuis l'âge de six ans (et il en a 14), lui l'intello gringalet a pour ami un gamin du même âge mais d'un milieu plus fruste. Il s'agit de Paul Sastre, catégorie voyou sympathique, est le sixième enfant d'une lignée de treize, tous de pères différents. Quelques
    jours après le Noël de 1978, Ingmar est tout fier de venir montrer à son ami le vélo tout neuf qu'il a reçu. Mais Paul se moque et s'étonne qu'il n'ait pas demandé une Mobylette. Une réflexion amicale mais vexante pour le jeune cycliste qui n'a pas le temps de répliquer car Paul l'entraîne chez Tarzan, un ancien leader syndical, victime d'un accident du travail. Comme ce reclus est
    absent, les adolescents en profitent pour fouiller la maison. Paul s'enfuit après avoir mis la main sur une arme redoutable, un Walther P.38. parvenu sur la plage des Sablettes, il fait mine de viser ce qui l'entoure jusqu'au moment où il tire une vraie balle, puis une autre et une autre avant de prêter le Walther à Ingmar qui se souvient que Paul lui souriait. Après c'est le trou noir. La police
    n'a jamais identifié le coupable et pour retrouver ce salopard, Ingmar est entré dans la police. Paul est mort il y a 27 ans et depuis cette date, chaque année, peu après Noël, il se rend sur la plage où il revoit le corps de son ami, la moitié du visage en moins. Ils ne sont plus que deux à se rappeler ce drame : le lieutenant Ingmar et l'assassin, l'assassin et le lieutenant Ingmar !

  • Le narrateur anonyme de cette histoire, est étudiant à la faculté de Nanterre. Il se retrouve engagé comme chargé de production par monsieur K, patron d'une boite de diffusion de CD, « Le Maquis », rue Rodier, Paris. Les affaires végètent jusqu'au jour où K rencontre Aldo, fraîchement arrivé de Bretagne, venu lui soumettre une version jazz rock du célèbre « Ils ont des chapeaux ronds ». Bien qu'il s'agisse d'une « grosse bouse », K. accepte de la diffuser et en peu de temps, le succès frappe à la porte. Les stations radio programment le morceau de façon répétée tandis que les ventes atteignent des centaines de milliers d'exemplaires. Les trois musiciens Rico, Gwen et Noémie se produisent à la télévision et relancent encore les ventes. K découvre alors qu'Aldo l'a grugé. Celuici, prévoyant un succès, a fondé six mois plus tôt les « éditions des 3 matelots » sur le compte desquelles il a déposé les droits de « Ils ont des chapeaux ronds ». Mais K a de la ressource et lorsqu'il reçoit Rico, le patron du groupe, qui vient réclamer de l'argent, il lui fait comprendre que c'est la faute d'Aldo s'il ne peut rien lui verser. Le lendemain, lorsque le narrateur se réveille, il découvre qu'un drame s'est joué dans la nuit car Rico, bien chauffé par K, a supprimé Aldo. Il décide de ne plus travailler pour K et reprend ses études. Plusieurs mois plus tard, il découvre que les « éditions des 3 matelots » sont à présent domiciliées rue Rodier. La gérante s'appelle Nabila K. car jusqu'alors secrétaire du « Maquis », elle a épousé son patron avant de racheter les « 3 matelots » pour un euro symbolique.

  • Cool, man, c'est mon histoire. Puis ça revient comme une lame de fond : les nuits sur les Zildjian, la caisse claire de Tony Williams, les boeufs avec l'Art Ensemble. Long way from home. Trois coupures dans ma poche. Ma tronche dans "Downbeat". Je pleure pas, non je pleure pas. Pilé en deux, je lâche le Lavazza ; ulcère de merde. Je ferme les yeux. Mille piqûres et les cuisses au sulfure de Betty, sa bouche d'orage.

    Photographies de Stéphanie Léonard.

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