Littérature traduite

  • Cette étude fondamentale a révolutionné notre connaissance de l'opinion publique sous le IIIe?Reich. Une histoire des «?Allemands ordinaires?» dans une région emblématique, la Bavière, où Adolf Hitler fit ses premiers pas. La reconstitution vivante et minutieuse d'un quotidien marqué par le conformisme, l'inertie, l'adhésion, la peur ou le renoncement.
    Comment «?l'homme de la rue?», prompt à s'enthousiasmer pour les défilés nazis, réagit-il au boycott des commerces juifs, aux attaques contre le clergé, à la brutalité des SS et à la répression des opposants?? Quelles furent les réactions des églises, des ouvriers, des classes moyennes, du patronat et de l'aristocratie??
    À rebours d'une interprétation longtemps partagée par les historiens, Ian Kershaw entend rompre avec l'image d'une domination totale de la population par un régime répressif.

  • Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables ; cinq hommes qui se sont aussi fourvoyés, parfois lourdement, sur certains sujets. Darwin n'a pas bien évalué les effets de « dilution » dans la transmission des caractères génétiques ; Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Pauling s'est fait « coiffer au poteau » dans la découverte de la structure de l'ADN ; Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison.
    Il ne s'agit pas d'énumérer leurs erreurs, mais plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements qui ont permis, à leur façon, à la science d'avancer.
    C'est à une véritable enquête policière que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.

  • « L'art, c'est la création propre à l'homme?», aime-t-on répéter avec Victor Hugo. Est-ce à dire pour autant que la capacité à apprécier la beauté du monde est exclusivement réservée à notre espèce?? Mais alors comment comprendre, par exemple, que le paon mâle ait développé, pour courtiser les femelles, une queue si voyante et volumineuse qu'elle en diminue ses propres chances de survie??
    Cet apparent paradoxe est au coeur de la réflexion de Charles Darwin, qui donne au sens proprement esthétique à l'oeuvre dans la sélection sexuelle animale une place cruciale dans l'évolution du vivant. Bousculant les présupposés de la philosophie de l'art autant que les attentes de ses disciples, il pose ainsi les fondements d'une histoire naturelle de l'esthétique, riche de surprises et de perspectives nouvelles.
    De la fameuse expédition du naturaliste anglais sur le Beagle aux travaux les plus récents des sciences cognitives, en passant par les apports de l'archéologie préhistorique, de l'anthropologie, de la psychologie expérimentale et même de l'ornithologie, cette enquête interroge le passage du sens esthétique animal à la naissance de l'art et révèle le rôle décisif de la beauté dans notre propre évolution.

  • À la lueur d'une bougie, Howard Carter scrute l'intérieur de la tombe du pharaon Toutankhamon. Il cligne des yeux. Derrière lui, on s'agite, on l'interroge?: «?Que voyez-vous?? - Des merveilles?!?» répond-il. La découverte sera suivie de dix années de labeur, de fouilles minutieuses. Aujourd'hui, l'archéologue garde en main la pioche et la truelle, mais il n'hésite pas à se servir du tomodensitomètre, de l'ADN, ou du scanner haute définition. Les techniques d'investigation progressent et les mystères du pharaon s'éclaircissent.
    Eric H. Cline nous livre une fascinante histoire de l'archéologie. Fort de plus de trente ans de chantiers de fouilles, en Grèce et au Levant, il nous entraîne dans un Grand Tour haletant à travers les âges et les continents?: Pompéi, Troie, Ur, Copán... mais encore Chauvet, Göbekli Tepe, Santorin, Teotihuacán, Machu Picchu... Il nous guide aussi dans le panthéon des archéologues, à la rencontre d'un Heinrich Schliemann ou d'une Kathleen Kenyon, non sans parfois démythifier quelques figures tutélaires d'une aventure souvent collective.
    Son récit, au style enlevé, donne les clés pour comprendre l'archéologie en rendant compte des avancées les plus récentes. Il dévoile aussi à chacun les techniques aujourd'hui employées pour repérer, dater, fouiller, conserver... en une passionnante initiation.

  • La société de cour de Norbert Elias (1897-1990) s'est imposé comme un classique au croisement de l'histoire, de la sociologie et de l'anthropologie. Les trois articles rassemblés ici s'inscrivent dans le sillage de cet ouvrage. Ils prolongent la réflexion d'Elias sur la transformation de la noblesse seigneuriale en aristocratie curiale, en l'élargissant à de nouveaux domaines.
    D'un célèbre tableau de Watteau à l'avènement du " style kitsch " en passant par la poésie baroque allemande, Elias déploie ses analyses érudites et sensibles, éclairant les liens entre les configurations politiques et sociales, les structures psychologiques et les formes esthétiques. Chemin faisant, c'est un Elias plus intime qui se découvre, celui qui lisait et écrivait des poèmes, aimait Watteau et Mozart.

  • Et si notre Univers n'était qu'un parmi d'autres ? Et si chaque homme possédait une infinité de doubles ? Idée folle ? Pas si sûr. Multivers, mégavers, plurivers... Cette idée n'est pas neuve. Dès l'Antiquité, des philosophes comme Démocrite ou Lucrèce en ont évoqué la possibilité. Au XXe siècle, elle revient en force sur le devant de la scène. Pour les théoriciens du Big Bang comme pour ceux de la mécanique quantique, elle est une hypothèse qui permet de résoudre quelques-unes des questions demeurées sans réponse : par quel miracle les lois de l'Univers sont-elles réglées de telle façon que la vie y est possible ? Comment deux théories en apparence irréconciliables, la Relativité générale et la physique quantique, peuvent-elles être assemblées en un seul système unificateur ?
    En un style clair et accessible, Tobias Hürter et Max Rauner racontent la vertigineuse épopée des théories physiques, faite de changements radicaux de paradigme et de violentes controverses. Ou quand la physique devient métaphysique, et la science rejoint la fiction...

  • Années 1950. La télévision déferle dans les salons. Live. La communication instantanée explose. Le moment remplace l'histoire. Pour Marshall McLuhan, la combinaison inédite de l'image et de l'électricité nous précipite dans un « village global », condamnant à tout jamais l'homme typographique patiemment formé par l'écriture alphabétique et l'imprimé.

    Analysant les effets des changements techniques sur la communication, les cultures, les sociétés et la politique depuis l'époque médiévale, McLuhan livre avec La Galaxie Gutenberg, son oeuvre majeure. « Le médium est le message », résume-t-il. Une idée toujours pertinente à notre époque où triomphe une culture de l'image qui semble nous ramener à un stade pré-alphabétique, rythmé par le flot ininterrompu des sentiments et des réactions immédiates.

    Préface de Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS, directeur de la revue Hermès.
    Postface de Jean Paré, traducteur de Marshall McLuhan.

  • Logos et Lemme, oeuvre de maturité du philosophe japonais Yamauchi, nourrit l'ambition de relier ces « deux ailes de la pensée mondiale » que sont l'Orient et l'Occident.
    L'auteur propose ainsi de faire se rencontrer la pensée occidentale, qu'il identifie au logos grec, et la pensée orientale, dont il voit le principe dans le lemme, soit ce que l'on saisit intuitivement ou que l'on se donne pour acquis afin de poursuivre un raisonnement.
    Si, en effet, d'Aristote à Kant, le logos se manifeste par une logique ramenée au principe d'identité, au principe de (non)contradiction et au principe du tiers exclu, Yamauchi entreprend de montrer que le lemme représente un mode de pensée de plein droit, qui prend notamment la forme d'une discipline mentale rigoureuse dans le bouddhisme du Grand Véhicule. Il en trouve le modèle dans le Traité du milieu de Nagarjuna, qui incorpore le lemme dans un raisonnement en quatre moments - le tétralemme, lequel enveloppe, selon le philosophe japonais, le tableau complet de l'esprit humain.
    Parcourant de manière à la fois érudite et spéculative le champ mondial de la pensée, l'auteur convoque et interroge la logique d'Aristote et le bouddhisme indien, Parménide et le taoïsme, la dialectique hégélienne et la philosophie de Nishida, faisant dialoguer le rationalisme occidental et la pensée « lemmique », en vue de bâtir par-delà les déchirures tragiques du XXe siècle un véritable pont entre l'Orient et l'Occident.

  • Tito ; une vie

    Joze Pirjevec

    • Cnrs
    • 14 Septembre 2017

    Voici enfin traduite en français la grande biographie de Tito par Joze Pirjevec, saluée mondialement comme l'ouvrage le plus abouti sur l'ancien maître de la Yougoslavie. Fondée sur une quantité impressionnante d'archives inédites - découvertes à Belgrade mais aussi aux États-Unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en Allemagne -, l'étude de Pirjevec explore les zones d'ombre, fait revivre les paradoxes et les ambiguïtés d'un Tito que rien ne semblait destiné à se hisser au rang des chefs d'État les plus influents du XXe siècle.
    Comment ce fils d'apprenti, ancien ouvrier d'usine, est-il parvenu à s'emparer du Parti communiste yougoslave ? Quelle fut la nature de son engagement dans les Brigades internationales du temps de la guerre d'Espagne_? Comment comprendre son rôle de partisan, passé maître dans l'art de la guérilla, durant l'occupation de son pays par les nazis ? Quelle fut sa responsabilité dans le massacre des Croates oustachis en 1945 ? Staline a-t-il vraiment cherché à l'empoisonner ? Comment, dans l'après-guerre, Tito s'est-il imposé comme l'une des principales figures des non-alignés ?
    Pirjevec n'élude aucune de ces questions, poussant son enquête dans les replis les plus intimes de ce grand amateur de femmes et de luxe, fasciné par le pouvoir qu'il exerça d'une main de fer malgré quelques timides concessions à la démocratie.

    Préface de Jean-Arnault Dérens.

  • Fûdo le milieu humain

    Tetsurô Watsuji

    • Cnrs
    • 17 Février 2011

    Fûdo En bref L'oeuvre majeure d'un grand philosophe japonais.
    Le livre Fûdo est l'oeuvre la plus connue de Watsuji Tetsurô. Publié en 1935, sans cesse réédité au Japon, traduit dans les grandes langues occidentales (anglais, espagnol, allemand...) ainsi qu'en Chine et en Corée, ce livre magistral était jusqu'alors inconnu du public français.
    Fûdo est un essai sur la relation des cultures avec leur cadre géographique, envisagé notamment sous l'angle du climat. Si, à première vue, on peut ainsi le rattacher à la théorie de l'influence des climats, le point de vue de Watsuji est radicalement neuf. Écartant d'emblée le déterminisme environnemental, qui considère en principe de l'extérieur le rapport entre nature et culture, il veut saisir de l'intérieur la manière dont les sujets humains vivent leur environnement, et comment ils expriment cette relation.
    Une plongée sensible et intuitive dans le vécu des milieux humains, des fraîches matinées du printemps japonais aux sombres journées d'hiver de l'Europe occidentale, en passant par les plaines immenses de la Chine du Nord, la moiteur des nuits de Singapour, les montagnes décharnées du désert arabique, les eaux trop " arides " de la Méditerranée...

  • En bref La véritable histoire de la Bible racontée par l'un des plus grands historiens du christianisme.
    Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante? Qui les a fixées? Comment ont-elles été diffusées? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout, n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, d'agir, sur notre langage et notre culture que la Bible. Des rouleaux de la mer Morte aux laboratoires les plus sophistiqués de paléographie, en passant par saint Jérôme, la Réforme, la critique textuelle, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.

  • Voici retracée l'extraordinaire aventure de cette langue, des origines de Rome à nos jours, en passant par les monastères carolingiens, le mouvement humaniste, les écoles jésuites, les clubs de conversation. Langue des vainqueurs, langue administrative, langue des érudits, langue scolaire et langue de l'Église.

    Le latin sous toutes ses formes a façonné nos représentations, produit d'innombrables trésors de foi et de culture. Et offert un support indispensable à la bonne santé de ses nombreux cousins, le français, l'italien, l'espagnol. Comment croire après un tel livre que le latin est une langue morte ?

  • D'Afrique en Palestine

    Edward Wilmot Blyden

    • Cnrs
    • 12 Septembre 2019

    Au cours du XIXe siècle, le « voyage en Orient » était pratiquement devenu chez les intellectuels européens un rite de passage qui donna lieu à un grand nombre de récits. Le voyage de Blyden, publié à Manchester en 1873, est le premier dû à un observateur afro-américain. Edward Wilmot Blyden (1832-1912) est né dans les Antilles britanniques et réside au Liberia d'où il partira en 1866 pour se rendre à Londres, puis à Malte et de là à Alexandrie, au Caire, au Liban et en Palestine.
    Cultivé, imprégné des voyages antérieurs, de la Bible, attiré par la religion musulmane, il se montre sagace, attentif et particulièrement sociable auprès de protagonistes les plus divers. Sa position d'Afro-Américain le rend plus sensible à certaines situations. Il mentionne à plusieurs reprises les Africains qu'il a croisés, les fidèles d'une mosquée à Jérusalem, les pèlerins bambaras au Caire mais aussi des communautés généralement ignorées des auteurs occidentaux de l'époque, comme les coptes. Les antiquités égyptiennes, fruit à ses yeux d'une civilisation africaine, sont l'objet d'une véritable passion qui l'expose à des savoureuses aventures semi-comiques.
    Ce voyage d'Afrique en Palestine est le récit singulier d'un auteur entre plusieurs cultures.

  • Kojin Karatani, éminent intellectuel japonais contemporain, est un lecteur critique de Marx : son livre Transcritique (2001) marque un engagement proche des positions de Slavoj Zizek ou de Toni Negri.

    Paru dix ans plus tard, Structure de l'histoire du monde propose une histoire globale du monde qui se démarque de la pensée de Marx. Au lieu de privilégier les modes de production, ce sont les modes d'échange qui sont mis en avant. Ils recouvrent les relations entre les hommes mais aussi celles entre les hommes et la nature, les marchandises n'en constituant pas l'élément exclusif.

    Au carrefour de la sociologie, de l'anthropologie, de l'économie, c'est une autre histoire mondiale, multiple et stratifiée que nous expose cet ouvrage, tressant ensemble échanges, formations sociales et formes de pouvoir. Réciprocité du don et du contre-don, protection contre soumission, monnaie et marchandise, voici quelques-uns des modes d'échange qui constituent la trame de cette Structure de l'histoire du monde.

    Un ouvrage riche, appelant de nouvelles manières de penser et de vivre notre présent.

  • Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ?
    En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés.
    Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la « doctrine » postulée de Mein Kampf qu'à sa « poétique » conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.

  • Une introduction historique aux théories politiques, de la Renaissance à nos jours.

    Un manuel utile et intelligent, didactique et précis, sur les grandes théories politiques qui ont irrigué l'histoire de la pensée européenne et façonné notre modernité. Une synthèse accessible qui, de Locke à Walzer en passant par Rousseau, Habermas, Kant, Rorty, présente chacun de ces auteurs, décrypte leur apport, analyse leur héritage, s'attache à comprendre les influences croisées entre théories libérale, républicaine, communautariste. L'organisation du volume permet au lecteur d'entrer de plain-pied dans la pensée des auteurs et des courants étudiés, qu'ils soient descriptifs ou normatifs.
    Un panorama général sur les grandes philosophies du vivre-ensemble et une boîte à idées mise à la disposition des lecteurs et des citoyens.

  • En bref Une immersion dans les communautés rurales d'Anatolie centrale au
    tournant des années 1950. Grandeur et servitude du paysan turque. Le livre
    L'oeuvre qui a rendu célèbre Mahmout Makal. Un témoignage saisissant sur la vie
    misérable des campagnes turques et leur difficile passage au XXe siècle. La
    découverte de traditions ancestrales, celles de paysans longtemps privés de
    parole, la fois fiers et soumis, naïfs et madrés, durs à la peine et
    profondément marqués par la religion. Le quotidien d'hommes et de femmes ayant
    jusqu'alors échappé aux révolutions des villes. Les travaux et les jours au
    pays du croissant et de l'étoile. Que reste-t-il en eux des traces du fier
    passé ottoman, sous l'apparente résignation d'individus brisés par leur
    impitoyable condition? Un récit sans fard qui a permis au paysan turc de faire
    entendre sa voix pour la première fois, et qui marque l'apparition d'une couche
    lettrée dans les campagnes. L'auteur Fils de paysan, Mahmout Makal est devenu
    instituteur en 1947, et a enseigné dans divers villages de sa région.
    Emprisonné un temps après ses premiers écrits, il continuera de dénoncer les
    conditions misérables de la paysannerie au cours de sa carrière au sein de
    l'Education nationale. Arguments * Un classique de la collection « Terre
    humaine »

  • Le pont, en tant que construction permettant de franchir un obstacle, symbolise l'ouverture. Il incarne le lien, la cordialité et la fraternité, là où le mur représente la fermeture, l'isolement et le repli sur soi. Mais si le pont est destiné à être un lieu de passage, il ne se révèle pourtant pas toujours un trait d'union entre les hommes.

    Cet ouvrage s'intéresse à neuf ponts situés dans des zones de post-conflit ou de crise et franchissant des « frontières » (Moldavie-Transnistrie, Chine-Corée du Nord, Géorgie-Abkhazie, Palestine-Israël, Grèce-Turquie, etc.), dont l'étude est nourrie de retours historiques, d'observations de terrains, et d'interviews de riverains. Quelle est la place des ponts dans les zones de crise et dans les processus de paix, et leur impact sur la vie quotidienne des populations qui les empruntent ? Sont-ils véritablement des liens ou renforcent-ils au contraire la séparation déjà existante ? Alors qu'ils figurent souvent parmi les premières cibles d'un conflit, leur reconstruction est-elle perçue par les populations comme un véritable facteur de réconciliation ? Autrement dit, les ponts parviennent-ils véritablement à réunir des populations qui ont été divisées ?

    À la fois lieux de migrations et points de contrôle, le pont à la fois sépare et unit. C'est cette dialectique fragile et mouvante, marquée souvent d'arbitraire qu'Alexandra Novosseloff aborde avec rigueur et engagement afin que les situations géopolitiques humainement inacceptables ne tombent pas dans l'indifférence diplomatique du statu quo.

    Avec les contributions de Renaud Dorlhiac, Elina Jonsson et Katarina Mansson.

  • Avec ses centaines de morts, son demi-million de personnes déplacées, principalement afro-américaines, et ses huit millions d'hectares submergés, la grande crue du Mississippi de 1927 fut la plus dévastatrice de l'histoire des États-Unis.
    Elle se propagea du Nord au Sud dans un environnement dégradé par des décennies d'interventions humaines, au premier rang desquelles la déforestation, l'assèchement des zones humides et le remplacement de la petite propriété agricole par d'immenses plantations en monoculture.
    Après avoir retracé cette histoire et analysé ses causes, Susan Scott Parrish explore l'intense réponse culturelle qu'elle a suscitée. Les Américains parurent d'abord se ranger derrière la « grande machine de secours » fédérale, mais de profondes fractures ne tardèrent pas à se rouvrir. Les gens du Sud dénoncèrent, d'un côté, les « eaux yankees », réminiscences de la guerre de Sécession, de l'autre, le confinement des Afro-Américains dans des camps de concentration et le « retour de l'esclavage à Dixie ».
    L'auteur montre qu'il revint à des artistes et écrivains de génie, tels Bessie Smith, William Faulkner ou Richard Wright, de façonner la sensibilité publique à l'événement et lui donner un sens. Elle montre aussi qu'à l'orée des années 1930 les catastrophes écologiques médiatisées étaient devenues, au même titre que les totalitarismes ou les crises économiques cycliques, des phénomènes centraux de la modernité.

  • Pie XII a-t-il été le « pape de Hitler», le « pape silencieux », comme le veut une légende noire ? Qu'en a-t-il vraiment été de la politique de Rome à l'égard du nazisme ? De Pie XI et de son secrétaire d'État, Eugenio Pacelli, face à Hitler ? De Pacelli, devenu Pie XII, au regard de la Guerre et de la Solution finale ?
    L'historien Hubert Wolf livre ici une enquête sans précédent sur les rapports entre le Saint-Siège et le IIIe Reich. Grâce aux archives inédites du Vatican, il révèle le secret des audiences papales et la lutte des factions, à la Curie, autour de la prière du Vendredi saint ou du projet de mise à l'Index de Mein Kampf. Il nous montre aussi comment l'expérience de la nonciature en Allemagne, l'histoire religieuse de ce pays mais aussi l'échec de la tentative de paix proposée par la diplomatie romaine, ont pu influencer l'action du futur Pie XII. Rompant avec les schémas manichéens et les instrumentalisations idéologiques, cet ouvrage documenté, pondéré, renouvelle notre regard sur le pape le plus controversé du XXe siècle et constitue une clarification exceptionnelle d'un grave épisode de l'histoire contemporaine.

  • Agents secrets, techniques de codage, infiltrations, intox, manipulations. L'espionnage est une pratique presque aussi vieille que l'humanité, déjà mentionnée dans la Bible et L'Art de la guerre de Sun Tzu.

    Le sabotage, la subversion, la déstabilisation de l'adversaire ? Autant de stratagèmes déjà rodés par Alexandre le Grand, Jules César, Gengis Khan, Guillaume le Conquérant, passés maîtres dans l'art du camouflage et de la désinformation. KGB, CIA, Stasi, Mossad et autres services d'espionnage ne feront que perfectionner ces pratiques.

    C'est en historien et en expert reconnu, que Wolfgang Krieger dévoile ce panorama sans précédent des espions de tous les pays et de tous les temps.

  • Des 30 000 Américains résidant à Paris en 1939, 5 000 sont restés dans la capitale à l'arrivée des Allemands. Citoyens d'un pays neutre, ils pensaient n'avoir rien à craindre. Ils se trompaient. À partir d'archives, Charles Glass donne vie et voix à ces Américains pris entre Résistance et collaboration. On découvre ainsi que l'Hôpital américain de Neuilly couvre l'une des principales filières d'évasion d'aviateurs alliés, que Sylvia Beach, première éditrice de James Joyce et intime d'Hemingway, maintient sa librairie ouverte contre vents et marées ou encore que le self-made-man Charles Bedaux, qui inspira à Chaplin son film « Les Temps Modernes », élabore des projets mégalomaniaques pour le compte des nazis tout en fomentant un complot contre Hitler.
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  • Au tout début du XXe siècle paraissaient, sous l'impulsion coloniale allemande, les premiers récits de voyage écrits par des Africains dans une langue africaine (hors arabe) : les Safariza Wasuaheli, collectés par Carl Velten auprès de quatre informateurs et relatant des expéditions des années 1890. Nés en swahili, entre oralité et écriture, alphabets arabe et latin, ces textes sont les témoins passionnants d'une rencontre entre les mondes européens, arabes et africains.
    Liés ou non à la colonisation, ces récits sont le fruit des auxiliaires : guides, traducteurs, caravaniers indépendants longtemps restés les « compagnons obscurs » des Européens, ils offrent un intéressant regard croisé sur l'histoire africaine du XIXe siècle. L'explorateur et colonisateur est bien là, mais apparaît sous un jour souvent moins héroïque que dans ses propres récits.
    Nous transportant de la côte swahili à l'intérieur des terres, le long des pistes commerciales ou lors d'expéditions de « pacification », ces récits nous livrent tout un pan de l'histoire caravanière du continent. De l'Afrique à l'Europe, jusqu'en Russie et aux confins de l'Asie, ils nous permettent de relire les contacts de culture - plus ou moins violents - à l'oeuvre au XIXe siècle.
    Cet ouvrage constitue la première traduction française de ces récits, enrichi d'une introduction qui situe en contexte ces textes étonnants.

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