Littérature générale

  • Les oeuvres de Guy de Maupassant prennent vie dans une société française fin-de-siècle brisée par la guerre franco-prussienne, et marquée par l'évolution vers un individu sans foi, mélancolique et désoeuvré. Emblème de cet esprit décadent et individualiste, le célibataire, figure littéraire importante, affirme sa liberté, se dresse à contre-courant des valeurs traditionnelles et menace l'ordre établi.
    Maupassant mène alors son lecteur à la conclusion tragique d'une réalité sans amour et sans espoir. Si, dans ses oeuvres, le célibataire vit en véritable libertin, il est aussi vieillissant et empli de regrets. Dans l'impasse, seul face à lui-même, il s'interroge sur ses choix?: une vie à deux aurait-elle été plus douce?? Maupassant innove, décrivant ses célibataires-solitaires dans ce qu'ils ont de tragique, pris au piège d'un mode de vie qui les détruit.
    Cette étude porte un regard anthropologique sur la crise de l'identité masculine à la fin du xixe?siècle. L'époque est troublée, les identités et les rôles sexués changent. Les hommes, dont la virilité est remise en cause par l'émancipation progressive des femmes, semblent ainsi peu à peu ne plus savoir quel rôle jouer. Dans ce contexte, le célibataire de Maupassant incarne le mal/mâle du siècle, un homme en crise qui finit par se désintégrer dans la folie.

  • Né en Tunisie dans une modeste famille juive de langue maternelle arabe, formé dans les écoles de l'Alliance israélite universelle puis au lycée Carnot de Tunis, enfin à l'université d'Alger pendant la guerre et en Sorbonne à la Libération, Albert Memmi (1920-2020) se situe au carrefour de trois cultures et a construit une oeuvre abondante d'essayiste, mais aussi de romancier, sur la difficulté pour un minoritaire né en pays colonisé de trouver son propre équilibre entre Orient et Occident. De l'âge de 16 ans à sa disparition, il a tenu un journal, où il a recueilli ses rêves et ses cauchemars, ses doutes et ses illuminations, ses espoirs et ses désillusions, ses joies et ses frustrations?: une somme de réflexions au jour le jour qui éclairent d'une lumière crue un «?siècle épouvantable?» mais qui constituent aussi les fondations d'une oeuvre universelle.

    Qui est le jeune homme que nous suivrons pas à pas, de ses 16 ans à la quarantaine, dans ce premier volume du Journal?? Un minoritaire en pays dominé, né pauvre et honteux de ses origines, mais avide de culture et désireux d'en faire son destin?? Un enfant qui ne possède d'autre langue que «?le pauvre patois du ghetto?», mais rêve de maîtriser celle de Rousseau et de Gide, d'égaler - qui sait... - son maître Jean Amrouche, ou même le monumental François Mauriac?? Cet adolescent pacifiste, un peu dandy, brutalement confronté à la guerre et à la nécessité de prendre parti, ou ce Juif acculturé qui fait peu à peu l'expérience de sa condition, découvre les ostracismes dont il est de tous bords entouré, et qui apprend à s'en défendre??
    Que cherche-t-il?? Vivre à Tunis, en se calfeutrant dans les «?valeurs-refuge?» et les traditions de sa communauté, ou s'enfuir à Paris pour se mesurer à la modernité occidentale?? Étudier la médecine, la philosophie ou les sciences humaines?? S'étourdir dans les divertissements ou affronter le monde et ses contradictions, au risque de s'y brûler??
    Quelles sont ses ambitions, enfin?? Lutter parmi les siens au sein de mouvements de jeunesse ou se tenir à distance de tout militantisme pour mieux analyser les situations?? Défendre ses convictions par la plume ou s'inventer un monde de fiction capable de transcender ses déchirures intimes??
    L'âge d'homme arrivé, ce jeune inconnu déchiré, devenu Albert Memmi, s'est clairement défini comme colonisé à travers le Portrait du colonisé et comme Juif par le Portrait d'un Juif. Pendant la guerre, il a fait l'expérience de la souffrance physique et de l'engagement?; plus tard, s'éloignant des siens sans les renier, il a appris - sans jamais se compromettre - à en découdre avec l'Occident et avec l'altérité. Par l'écriture de deux romans autobiographiques, il s'impose comme écrivain de langue française?; comme enseignant-chercheur en philosophie et sociologie, il collabore avec Aimé Patri, Daniel Lagache et Georges Gurvitch à l'élaboration d'une pensée humaniste aux prises avec les défis de «?ce siècle de sciences, de progrès et d'effroyable bêtise?».
    L'extraordinaire itinéraire individuel que révèle ce Journal 1936-1962 possède sa moralité. Il prouve avec une exemplarité éblouissante que rien n'est jamais joué d'avance, que tout se conquiert?: en dépit de ses origines, au-delà de sa condition et malgré l'état cataclysmique du monde, le jeune homme parvient à percevoir, loin des «?vérités absolues?», la promesse effective de tous les possibles, les hypothèses infinies que nous offre l'existence.

  • Proclamation du statut des Juifs en 1940, occupation italoallemande en 1942 et 1943, théâtre de l'affrontement entre les forces de l'Axe et celles des Alliés : la Tunisie a été mêlée de près aux convulsions de la Seconde Guerre mondiale.
    Le Journal de guerre d'Albert Memmi nous parle, au jour le jour, de ces événements, commentant le conflit, la défaite française, les lois antisémites de Vichy, la société coloniale contemporaine et la montée des discriminations en Tunisie. « Apprenti-philosophe » âgé d'à peine vingt ans et farouchement pacifiste, l'auteur se trouve d'abord affecté dans un bureau de recrutement de la main-d'oeuvre juive, puis s'engage volontairement dans un camp de travail forcé, pour vivre au contact « des souffrances physiques et des détresses morales » infligées à sa communauté. Né d'une rude épreuve personnelle, le Journal d'un travailleur forcé constitue un témoignage rare sur les camps de travail sous tutelle italienne ou allemande, mais c'est aussi un texte littéraire dans lequel bien des engagements de l'oeuvre future d'Albert Memmi trouvent leur origine.
    Pour ce jeune auteur, c'est dans cette écriture expérimentale du réel, à la première personne et sans compromis, que s'est jouée l'expérience fondatrice : celle de sa future vocation d'écrivain.

  • Oser, résister

    Jean Malaurie

    • Cnrs
    • 22 Juin 2018

    Ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l'image et l'informatique.
    Oser, résister et s'aventurer ! C'est la philosophie de vie que Jean Malaurie poursuit depuis les années 1950 et son inoubliable combat pour les légendaires Inuit de Thulé, menacés par une scandaleuse base nucléaire au coeur de leur territoire.
    Réfractaire-résistant à l'ordre nazi, Jean Malaurie est un grand scientifique, géomorphologue devenu géophilosophe, et un défenseur résolu de l'alliance des sciences humaines et naturelles.
    Le père fondateur de la collection Terre Humaine réunit ici des réflexions rares et précieuses sur son parcours intellectuel, sur l'écologie humaine ou l'enseignement supérieur. Il nous découvre aussi des pans plus intimes de sa personnalité singulière.

  • Découvrir un pays revient toujours à mettre ses pas dans les traces de ceux qui nous y ont précédés. Quand il s'agit d'écrivains ou d'artistes, ces traces sont des mots et des images que le voyage fait confusément ressurgir dans notre mémoire pour nous aider à vivre plus intensément le présent. C'est le défi de ce livre?: partir en Tunisie en compagnie de grands écrivains français qui l'ont traversée à quatre moments du xixe?siècle?: Chateaubriand en 1807, Dumas juste avant la révolution de 1848, Flaubert pour écrire Salammbô en 1858 et Maupassant, vers la fin du siècle. Leurs récits sont très contrastés?: promenade érudite, journal de voyage picaresque, carnet de repérage littéraire, reportage de presse. Une diversité de points de vue qui témoigne d'intentions et de sensibilités différentes, mais qui enregistre aussi les étapes d'une irréversible métamorphose sous l'effet de l'Histoire. Avec une formidable leçon politique?: c'est le regard anticolonial de Flaubert et de Maupassant qui nous donne l'image la plus authentique de l'identité tunisienne, de ce qu'elle persiste à être en dépit de l'occupation française.

  • Alors que l'histoire de la presse célèbre volontiers ses grands hommes, elle n'a jusqu'ici accordé quasiment aucune place aux femmes journalistes, qu'elles aient été célèbres en leur temps comme Delphine de Girardin, Séverine ou Titaÿna, ou des écrivaines reconnues comme George Sand ou Colette. Pourtant, dès le XVIIIe siècle, des femmes créent et dirigent des feuilles périodiques. Les femmes journalistes du XIXe siècle, qui écrivent un journalisme de chronique directement issu du bel esprit des salons, sont leurs héritières.
    Cet ouvrage raconte la progression des femmes dans les journaux généralistes et la manière dont elles ont réussi à s'infiltrer et parfois à s'imposer dans l'article politique, dans la chronique judiciaire, dans la chronique des sports et dans le grand reportage. Ces femmes ont dû inventer des pratiques, créer des postures et imposer des écritures. Pour faire passer leur prose dans le journal, elles ont pu privilégier la narration, la fiction, l'écriture intime aussi. Subalternes elles-mêmes, elles ont par ailleurs souvent choisi d'enquêter sur les exclus de la société.
    Cet essai montre aussi combien il serait caricatural d'affirmer l'existence d'un modèle unique de la femme journaliste qui s'opposerait à son pendant normatif masculin. Car il existe une infinité de façons d'être femme journaliste.
    Marie-Ève Thérenty nous présente ici un panorama des femmes journalistes, du XIXe siècle et de l'entrée dans l'ère médiatique à 1944. Après l'octroi du droit de vote aux femmes françaises, les contraintes professionnelles et les enjeux ne sont plus tout à fait les mêmes. Néanmoins, dans un univers de presse encore hiérarchisé et discriminant, les femmes journalistes ont continué parfois de mobiliser les dispositifs décrits dans cet ouvrage qui se conclut donc par l'observation de trois cas plus contemporains : Françoise Giroud, Marguerite Duras et Florence Aubenas.

  • "Notre quotidien, au Parlement, c'est d'être interrompues de manière intempestive, de subir en bruit de fond les bavardages et parfois les moqueries, de ne pas être écoutées. Prendre la parole pour dire que nous ne voulons plus subir les violences sexistes ou sexuelles que certains hommes nous infligent : voici l'urgence."

  • « Jamais des régimes politiques meurtriers, tels le nazisme ou le stalinisme, ne s'en prirent autant aux langues qu'ils tentèrent de régimenter, de violer et d'annexer. Le cauchemar de la novlangue de George Orwell n'a pas par hasard été rêvé au XXe siècle. » Voici les mots de Georges-Arthur Goldschmidt dans ce livre qui offre une réflexion sur le langage tel que chacun le parle, une rare leçon de philosophie avec Descartes, Leibniz, Wittgenstein, de littérature en compagnie de Flaubert, Kafka, Mann, Handke.

    Un éloge de la traduction, à tous les sens du terme.

  • Tunisie, An I

    Albert Memmi

    Tunisie 1955-1956 : de retour au pays après de longues études à Alger puis à Paris, Albert Memmi assiste à la révolution nationale qui aboutit à l'Indépendance. Il en décrit au jour le jour le déroulement dans un récit minutieux, journal d'une libération collective et d'une émancipation personnelle. Témoin des doutes d'un jeune intellectuel aux identités multiples, ce journal intime montre aussi la naissance d'une ambition littéraire qui veut se faire connaître bien au-delà de son pays natal. Le jeune écrivain qui espérait partager les destinées de la nouvelle nation doit se résoudre à l'exil, mais au fil de l'Histoire qui avance, son journal, fourmillant de témoignages inédits, nous offre - de Bourguiba à Mendès France - les portraits, pris sur le vif, de ceux qui ont fait l'actualité, mais aussi de belles figures de second plan qui font revivre cette société tunisienne à la recherche d'elle-même.

  • Portraits

    Albert Memmi

    La réédition, en un seul volume, des grands textes d'Albert Memmi.

  • Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs africains d'expression française n'est pas né en un jour. Il lui a fallu s'imaginer, se fabriquer, se faire connaître et reconnaître par un Congo en proie aux convulsions de l'Histoire. Tout s'est décidé pour lui à la fin des années 1960, quand son goût de l'expérience créatrice s'est changé en un besoin, toujours plus impérieux, de construire son propre univers, dense et homogène. L'anonyme Marcel Ntsoni invente la figure flamboyante de Sony Labou Tansi, écrivain explosif qui, en marge de l'ordre littéraire, ne craint rien ni personne, dans son projet hyperbolique de fonder une nouvelle littérature. Entre les coups d'État et les fièvres révolutionnaires, le Congo a beau traverser des tempêtes, l'apprenti grand écrivain ne désarme pas. La société devient paroxystique ? À l'écriture d'aller plus loin encore en lui administrant son paroxysme à elle, jusqu'à faire voler en éclats ses normes et ses institutions.
    Scénarios existentiels et fictions compensatoires aident le jeune Sony à modeler son oeuvre et son identité, mais l'exposent aussi à de multiples contradictions : affirmer publiquement son statut d'écrivain et assouvir sa haine du régime au pouvoir ; s'attaquer à une France taxée de néocolonialisme et tenter d'y diffuser ses écrits ; démolir les figures d'autorité et partir en quête de conseillers, d'intercesseurs et de pères littéraires.
    Pour l'essentiel inédits, les premiers écrits donnent l'image d'une création débondée, véritable geyser de lave, de boue et de sang. Dans l'espace privé des manuscrits, tout peut se dire, des folies les plus intimes aux visions les plus impitoyables. Vivre l'écriture comme le seul absolu, au-delà des tabous, telle est l'expérience hors norme sur laquelle Sony Labou Tansi cherche à édifier la destinée qu'il s'est choisi : devenir écrivain, au sens radical du terme, c'est-à-dire démiurge.

  • Oeuvres complètes

    Jacques Roumain

    • Cnrs
    • 5 Juillet 2018

    Jacques Roumain (1907-1944) peut être considéré comme le premier grand écrivain haïtien contemporain. Au cours de sa brève existence, il devient tour à tour journaliste, chroniqueur, homme politique - autant activiste qu'idéologue et théoricien -, poète, nouvelliste, ethnologue, archéologue, diplomate, romancier enfin. Enracinée dans la culture haïtienne qu'il défend avec vigueur, alimentée par les cultures et les littératures de son temps tant européennes que du continent américain, son oeuvre a ouvert un nouveau chapitre de la pensée haïtienne : celui de la modernité.

    Coordinateurs de l'édition critique : Léon-François Hoffmann et Yves Chemla.

  • Si l'Allemagne vient tard au théâtre (les premières salles ouvertes au public datent du XVIIIe siècle), la scène allemande est aujourd'hui l'une des plus vivantes du monde : le territoire compte 300 salles publiques.
    Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion de Bertolt Brecht, ce théâtre connaît un formidable essor. Mais la partition du pays reconfigure les activités des metteurs en scène. En RFA, les réalisateurs s'opposent frontalement à leurs aînés, qui ont traversé sans heurts le nazisme. Refus de l'académisme, mises en scène innovantes, tension entre provocation et éducation : c'est le Regietheater. La RDA connaît une évolution comparable, quoique plus timide. La Guerre froide est aussi une guerre de théâtres : RFA et RDA, pendant quarante ans, rivalisent dans le soutien apporté à leurs institutions théâtrales respectives, jusqu'à ce que la réunification et la crise économique conduisent à fermer certains d'entre eux, à en regrouper d'autres ou à réduire leurs activités.
    A travers cette reconstitution historique, cette étude s'impose comme la référence pour mieux comprendre l'esthétique particulière du théâtre allemand contemporain et son incroyable vivacité.

  • Cette étude aborde les questions que le témoignage sur un génocide engage au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Elle est essentiellement centrée sur les grands témoignages portant sur la Shoah : Primo Levi, Tadeus Borowski, Germaine Tillion et Jorge Semprun, Dan Pagis et Paul Celan, Lanzmann et Adorno. Elle se propose de déplier trois figures qui se recoupent sans se recouvrir, celle du survivant, celle du témoin et celle de l'écrivain.
    Un essai sensible qui, au-delà de la Shoah, apporte sa contribution au débat sur le génocide et son écriture, l'écriture de l'indicible.

  • Marseille, le Mexique précolombien et l'Irlande gaëlique, le Théâtre Alfred-Jarry et le Théâtre de la Cruauté, l'asile de Rodez, la conférence du Vieux-Colombier, l'émission censurée Pour en finir avec le jugement de dieu, l'exposition Van Gogh à l'Orangerie : ces lieux et ces événements jalonnent l'existence d'Antonin Artaud et marquent le déploiement d'une oeuvre essentielle.
    Sa disparition, le 3 mars 1948, donne le signal d'un « emportement » autour de sa mémoire. Peu de créations, au cours du dernier demi-siècle, auront été l'objet d'autant d'appropriations critiques, littéraires ou théâtrales. Aux faits et aux écrits se sont souvent substituées des histoires frappantes, parfois délirantes, formant un récit édifiant dont nous sommes loin d'avoir mesuré les effets sur notre lecture d'Artaud.
    Loin des fabulations et des conversions, cet essai suit la trajectoire d'une vie et le tracé d'une oeuvre qui, dans « une terrible lutte contre le langage », a cherché « un impossible écrit ».

  • Alors même que la crise économique et l'absence de leadership au Parti socialiste lui ouvrent un spacieux boulevard, la gauche de la gauche présente un visage curieusement douloureux. Non seulement elle avance en ordre très dispersé (Nouveau Parti anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti communiste français, Parti ouvrier indépendant, Lutte ouvrière...), mais elle semble être la proie d'une langueur indicible.
    L'extrême gauche plurielle se cherche et ne se trouve plus. La clef de la survie au long terme réside-t-elle dans le dépassement ? Les divers mouvements qui composent l'archipel vont-ils abjurer leurs fondamentaux ? Jusqu'où peut-on aller ?
    Cet ouvrage se propose d'interroger les extrêmes gauches, de la composante trotskiste au néo-stalinisme, en passant par l'anarchisme, l'ultra gauche, et les théories post-situationnistes.
    Une étude ambitieuse et innovante pour décrypter la gauche de la gauche.

  • L'une des réponses les plus singulières à la Grande Guerre a sans nul doute été l'écriture littéraire de l'expérience guerrière. Par milliers, auteurs connus et inconnus (Henri Barbusse, Agust Stramm, Ernst Jünger, Léon Werth, Maurice Genevoix, Kurt Heynicke) se sont saisis de leur vécu au front pour en rendre compte par le roman ou la poésie. Par ses relations avec le public, les milieux littéraires ou la censure, ce "dit" de la guerre a su prendre une place centrale dans les sociétés en guerre.
    Légitimés par l'expérience du front et répondant à une demande de sens, ces textes ont en effet longtemps rencontré un large succès auprès de ceux qui n'ont pas connu l'enfer de la guerre.

  • Poèmes

    Sony Labou Tansi

    • Cnrs
    • 27 Août 2015

    « Pour moi, on n'est écrivain qu'à condition d'être poète ». Sony Labou Tansi (1947-1995) est connu et célébré comme romancier et dramaturge. Mais qui connaît son oeuvre poétique ? De cette terra incognita, seuls témoignaient quelques poèmes éruptifs lancés à la volée dans la presse et aussitôt relégués aux oubliettes de l'éphémère. À la mort de l'écrivain, on découvre dans ses papiers une multitude de poèmes manuscrits, inédits. L'ensemble constitue une mosaïque de recueils et de fragments qui obéit à un dessein aussi cohérent que son théâtre et son oeuvre romanesque. La présente édition génétique les reprend tous dans le continuum chronologique de leur écriture autographe, telle qu'elle a pu être reconstituée à partir des manuscrits, de la correspondance et des entretiens.

  • Fins de partie

    Emmanuel de Waresquiel

    Dix écrivains devant la mort.

    . Julien Gracq, Paul Léautaud, Stefan Zweig, Robert Brasillach, Jacques Rigaut et Jacques Vaché, Gérard de Nerval, Benjamin Constant, le Prince de Ligne.

    Quand la vie bascule, l'homme est à nu. De ces destins si différents, l'auteur raconte les illusions et les doutes, les rêves et les cauchemars, la lumière et la nuit, non pas tant par le récit de leurs derniers instants que par celui de leur vie, à la lumière de la mort, comme une présence obsédante qui les habite, les nourrit, les oriente. On vit d'autant mieux que l'on se sait mortel : ce livre, parcouru par une réflexion sur la mort, est aussi une méditation sur la vie, une invitation à la célébrer. Ces écrivains sont très divers. Ils n'ont de commun qu'une même passion de lecture de l'auteur.

  • Nabokov ; le jeu baroque

    Sabine Faye

    • Cnrs
    • 23 Mai 2019

    Vladimir Nabokov (1899-1977), l'auteur célèbre des romans Lolita et Ada, est un écrivain aux multiples facettes. Imprégné de culture classique, passant d'une langue à l'autre, d'un pays à l'autre, il se démarque de ses contemporains et crée une oeuvre jubilatoire qui joue avec les codes et les conventions littéraires.
    Les habitudes de perception du lecteur sont constamment mises en question : une telle indétermination favorise les jeux d'illusions et les dédoublements caractéristiques de l'esthétique baroque. Le masque et le miroir sont les instruments privilégiés de cette écriture poétique.
    C'est cet univers en perpétuelle métamorphose, où se mêlent mise en abyme du récit, rêves et trompe-l'oeil, qui nous est présenté en détail dans cet ouvrage.

  • Albert Thibaudet

    Michel Leymarie

    Albert Thibaudet (1874-1936) est le critique littéraire de la Nouvelle Revue française dans l'entre-deux-guerres et l'auteur d'une fameuse Histoire de la littérature française. Héritier, il vit comme un boursier. Humaniste à la culture encyclopédique, disciple de Bergson, il analyse aussi finement le radicalisme que le traditionalisme de Barrès ou de Maurras. Enraciné dans sa Bourgogne natale, il est ouvert à bien des cultures. « Poilu de l'arrière », patriote et pacifique, il est un européiste convaincu. René Rémond voit en cet observateur avisé de la vie intellectuelle et politique de la Troisième République (La République des professeurs, Les Idées politiques de la France...) le fondateur de l'histoire des familles politiques.

    Fondée sur de nombreuses sources et des inédits, cette biographie intellectuelle actualisée s'attache à montrer les facettes d'un homme singulier dont quelques titres ou formules célèbres masquent parfois la richesse et la diversité des apports. Jugée centrale en son temps puis quelque peu oubliée, l'oeuvre féconde de cet extraordinaire agent de liaison entre littérature, histoire et philosophie est rééditée et redécouverte ces dernières années. Elle le mérite.

  • Ecrivain, poète, philologue, professeur d'université. Qui était vraiment J.R.R.
    Tolkien, le père de la Fantasy moderne ? Un anarchiste ? Un romantique ? Un croyant ? Un militariste ? Un raciste ? Que n'a-t-on prétendu sur celui qui est considéré comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle et dont l'oeuvre continue de fasciner des millions de lecteurs.
    Étudiant de près la vie et les écrits du maître, interrogeant ses amitiés, ses goûts littéraires et ses choix esthétiques, revenant sur les étapes de sa formation universitaire et littéraire, analysant ses réactions aux évènements de son temps, Isabelle Pantin nous offre sa première grande biographie intellectuelle.
    Grâce à cette étude scientifique et littéraire sans équivalent, Le Seigneur des anneaux apparaît - dans toutes ses dimensions, de la poésie au mythe, du conte au roman d'aventure - comme l'aboutissement d'une oeuvre défiant toutes les catégories traditionnelles de l'histoire littéraire, et constituant un véritable monde. La seule mythologie du XXe siècle.

  • L'alimentation suscite aujourd'hui de multiples interrogations. Cet ouvrage se propose d'en faire le tour en exposant le plus simplement et le plus complètement possible l'état des connaissances scientifiques. Quels sont les déterminants du comportement alimentaire ? Comment les comportements alimentaires évoluent-ils au cours d'une vie ? Quels en sont les marqueurs culturels ? Les évolutions historiques ? Comment fabrique-t-on, et a-t-on fabriqué au cours de l'histoire, les aliments ? Comment les conserve-t-on ? Comment gérer les ressources ? Quels sont les différents systèmes alimentaires ? Qu'en est-il aujourd'hui des questions de famine ? Quelles relations entretiennent la nutrition et la santé ? Comment gérer les risques alimentaires dans des filières industrialisées ? Quel encadrement juridique pour l'alimentation ? Quels liens entre l'alimentation, l'environnement et l'occupation du territoire ? C'est à toutes ces questions, et à bien d'autres, que répond cet ouvrage, en 127 chapitres. L'alimentation exige la pluridisciplinarité, aussi les auteurs rassemblés viennent-ils de communautés aussidiverses que les sciences humaines et sociales, les sciences biologiques et médicales, les sciences des aliments, et les sciences environnementales.

    Un panorama complet pour tout comprendre des enjeux de l'alimentation au XXIe siècle.

    Catherine Esnouf, ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts, Jean Fioramonti, physiologiste, et Bruno Laurioux, historien, ont co-dirigé cet ouvrage en s'appuyant sur les compétences des communautés scientifiques des différents organismes et établissements de recherche.

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