Littérature générale

  • À New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l'américaine, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

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  • dans une petite ville d'alabama, au moment de la grande dépression, atticus finch élève seul ses deux enfants, jem et scout.
    homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un noir accusé d'avoir violé une blanche. celui-ci risque la peine de mort. ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès et reçut le prix pulitzer en 1961. il ne suffit pas en revanche à comprendre pourquoi ce roman est devenu un livre-culte aux etats-unis et dans bien d'autres pays, pourquoi, lors d'une enquête réalisée aux etats-unis en 1991, sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, il arrivait en seconde position, juste après la bible.
    la vérité est que, tout en situant son histoire en alabama à une époque bien précise, harper lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. racontée par scout avec beaucoup de drôlerie, cet ouvrage tient du conte, de la court story et du roman initiatique. " il a la légèreté et le poids que recherche le véritable amateur de roman et cette vertu si rare de pouvoir être lu à tout âge, quelle que soit l'éducation qu'on ait reçue, de quelque pays que l'on vienne, à quelque sexe que l'on appartienne.
    on y trouvera nécessairement un univers communiquant avec le sien par le miracle de l'écriture et de l'enfance ", écrit isabelle hausser dans la postface qu'elle a rédigée pour ce livre.

  • Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.
    Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées.
    Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

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  • Un petit Marseillais d'il y a un siècle : l'école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père... Lorsqu'il commence à rédiger ses Souvenirs d'enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s'éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus. La Gloire de mon père. dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l'avènement d'un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine la timide maman, l'oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius. César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d'école primaire... Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu'ils deviennent un film. C'est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l'écrivain. le réalisera. " Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. "

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  • Le plus beau livre sur l'amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines. Marcel rencontre le petit paysan, Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées.
    Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d'enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu'il considérait comme un diptyque, s'achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l'amitié avec le merveilleux Lili, sans doute le plus attachant de ses personnages. Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d'une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs.
    Je ris un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. "Il ne faut pas toucher les pièges des autres, dit-il. Un piège, c'est sacré ! - Je n'allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l'oiseau. " Il s'approcha : c'était un petit paysan. Il était brun, avec un fin visage provençal, des veux noirs et de longs cils de fille.

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  • En 1940, le jeune Parisien Paul-Emile, qui souhaite rejoindre la Résistance, gagne Londres où le Special operation executive créé par Churchill le recrute. Il est chargé, en compagnie d'autres Français avec qui il suit un entraînement intense, de retourner en France pour y grossir les rangs de la Résistance invisible. Pendant ce temps, le contre-espionnage allemand veille.

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  • Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L'enquête de police n'aboutira jamais.
    Des années plus tard, au début de l'été 2018, lorsqu'un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d'imaginer qu'il va se retrouver plongé dans cette affaire.
    Que s'est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier?
    Avec la précision d'un maître horloger suisse, Joël Dicker nous emmène enfin au coeur de sa ville natale au fil de ce roman diabolique et époustouflant, sur fond de triangle amoureux, jeux de pouvoir, coups bas, trahisons et jalousies, dans une Suisse pas si tranquille que ça.

  • Les vacances à la treille se poursuivent.
    Mais ne se ressemblent plus : lili doit travailler aux champs avec son père, et marcel rencontre isabelle, la fille du poète loïs de montmajour. puis ce sera l'arrivée eu classe de sixième et l'entrée en scène de l'inénarrable lagneau... poussé par ses lecteurs, et pour son propre plaisir, pagnol décide de transformer son diptyque en tétralogie, et ses souvenirs d'enfance en authentique roman de formation, du côté de kim ou du livre de la jungle.
    Dans le temps des secrets (1960), le jeune marcel trahit - provisoirement - l'amitié de lili pour l'illusion de l'amour, et pagnol l'écrivain prouve, lorsqu'il croque le poète alcoolique et sa grotesque épouse, qu'il n'a rien perdu de sa vis comica. le projet prend de l'ampleur, et le livre se termine sans s'achever, dans l'attente du temps des amours. " la reine, naturellement, c'était elle, et le chevalier, c'était moi.
    Vous commençâmes par la fabrication de nos costumes, car comme toutes les filles, elle adorait se guignoliser. "

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  • Après la mort du bossu et la vente des romarins, manon et sa mère s'installent dans la grotte de baptistine.
    Quelques années plus tard, manon trouve l'occasion de se venger...
    Pagnol s'est souvent adapté lui-même, passant aisément du théâtre au cinéma. ici, il fait le chemin inverse, et adapte un film en roman : manon des sources (1963), deuxième partie de l'eau des collines, est la " mise en roman " du film éponyme, tourné dix ans plus tôt. on en retrouve tous les personnages, et on est émerveillé de voir que les dialogues, qui sont souvent, mot à mot, les mêmes, " s'entendent " aussi bien sur la page que sur l'écran.
    Manon des sources sera une sorte de testament : pagnol ne réalisera jamais jean de florette et n'écrira plus de fiction. " le murmure était plus fort, c'était une chanson tintante et cristalline... elle s'arrêta, éleva la petite flamme au-dessus de sa tête, et vit sur le sol danser une étoile : comme elle se penchait, un visage monta vers elle, et c'était le sien. "

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  • Jean de Florette

    Marcel Pagnol

    Au village des bastides blanches, on hait ceux de crespin.
    C'est pourquoi lorsque jean cadoret, le bossu, s'installe à la ferme des romarins, on ne lui parle pas de la source cachée. ce qui facilite les manoeuvres des soubevran, le papet et son neveu ugolin. qui veulent lui racheter son domaine à bas prix... jean de florette (1962), premier volume de l'eau des collines, marque, trente ans après pirouettes, le retour de pagnol au roman. c'est l'épopée de l'eau nourricière sans laquelle rien n'est possible.
    Marcel pagnol y développe l'histoire du père de manon, évoquée sous forme de flash-back dans le filin manon des sources (1952). les dialogues sont savoureux, et la prose aussi limpide que dans les souvenirs d'enfance. quant au papet et à ugolin, à la fois drôles et terrifiants, ils sont parmi les créations les plus complexes de pagnol. " tri comprends, s'ils avaient bu l'eau de la citerne, c'est sûr qu'ils seraient morts tous les trois, et moi ça m'aurait embêté.
    D'avoir bouché la source, c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. mais si, à cause de ça, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions.

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  • Les hauts de hurle-vent

    Emily Brontë

    • Fallois
    • 13 Septembre 2000

    Publié en 1847, par un auteur mystérieux qui signait Ellis Bell, Wuthering Heights - devenu, sous la plume inspirée de Frédéric Delebecque, Les Hauts de Hurle-Vent - ne reçut pas d'abord un accueil enthousiaste.
    Le roman ne ressemblait à rien de connu. Le style fut jugé cru et grossier. On était certes impressionné par cette lecture, mais comme on peut l'être par un spectacle dérangeant, voire révoltant. Le public victorien il était déjà victorien en effet, puisque la reine Victoria régnait depuis dix ans - fut choqué, conformément à ce qu'on attend de ce public. Celui des Etats-Unis fut plus scandalisé encore et des voix indignées s'élevèrent pour réclamer une interdiction.
    La postérité a opéré un retournement complet. Le roman d'Emily Brontë a acquis un statut quasi shakespearien, en ce sens que chacun peut le lire au premier degré, mais que les spécialistes ne cessent de proposer des interprétations de plus en plus recherchées. La fascination qu'exerce chacun des personnages, l'intérêt constamment soutenu que suscitent les événements, l'élégance acérée de l'écriture, remarquable de force et d'économie, font que quiconque le prend en main ne le lâche pas, et que qui l'a lu une fois ne peut manquer d'y revenir tout au long de sa vie.
    Mais les commentateurs professionnels ont accumulé sur cette oeuvre une masse d'exégèses qu'aucun autre roman britannique n'a atteinte. Comme il est difficile de choisir entre elles, on souscrit volontiers à l'opinion de l'universitaire californien J. Hillis Miller, qui dit qu'il n'y a pas de vérité cachée à trouver, mais que la substance du roman est si riche, si polyvalente, que chacune des interprétations contient une part de vérité.
    HENRI SUHAMY

  • L'année de cinquième : la découverte de la " vocation " poétique ; lagneau, le cancre héroïque et encore et toujours lili, qui, en compagnie de marcel, soutient joseph lors d'une partie de boules d'anthologie...
    Annoncé comme " à paraître " dès la sortie du temps des secrets, le temps des amours (1977) sera différé par un pagnol pris par d'autres projets et qui, peut-être, retardait le moment de quitter les héros de son enfance. personne n'y croyait plus lorsque, trois ans après la mort de l'écrivain. ses proches trouvèrent dans ses dossiers un certain nombre de chapitres achevés qui, mis bout à bout, constituaient ce temps des amours si longtemps attendu.
    Plus hétéroclite que les trois premiers. ce quatrième volume contient pourtant certaines des plus belles pages de pagnol, notamment une histoire de la peste à marseille à laquelle l'écrivain tenait particulièrement. " ce n'est que bien plus tard que je découvris l'effet le plus surprenant de ma nouvelle vie scolaire : ma famille, ma chère famille, n'était plus le centre de mon existence. "

  • Marius

    Marcel Pagnol

    Le port de marseille, dans les années vingt.
    Marius, le fils de césar, patron du bar de la marine, est partagé entre son amour pour fanny la petite marchande de coquillages, et son désir de prendre la ruer, de parcourir le monde... lorsque marcel pagnol, en 1929, fait représenter marius sur une scène parisienne, sans doute ne se doute-t-il pas que ses personnages deviendront aussi célèbres qu'harpagon ou monsieur jourdain. deux ans plus tard, pagnol et alexander korda en tirent un film, raimu, charpin, orane demazis, pierre fresnay reprennent leurs rôles, et la pellicule les immortalise.
    Ils feront le tour de la terre.... " quand tu me parles sur ce ton, quand lu m'espinches comme si j'étais un scélérat... je ne dis pas que je vais pleurer, non, mais moralement, tu me fends le coeur. "

  • Fanny

    Marcel Pagnol

    Depuis le départ de marius, césar est de plus en plus coléreux et ses amis en font les frais.
    Lorsque fanny apprend qu'elle attend un enfant de marins, le déshonneur la guette... deux ans après marins, pagnol reprend dans fanny (1931) ses personnages où il les a laissés. les spectateurs du théâtre de paris retrouvent avec enthousiasme fanny, césar, panisse, escartefigue, monsieur brun, honorine, orane demazis et charpin sont au rendez-vous., mais pas raimu, fâché avec le directeur de la salle, est remplacé par harry baur.
    En 1932. marc allégret tourne fanny, et raimu reprend le rôle que pagnol a écrit pour lui. le succès du film fanny est aussi grand que celui de marins. des années trente aux années soixante, plusieurs remakes en sont réalisés. wallace beery, emil janings, charles boyer ont interprété césar. maurice chevalier, lui, a été, en 1961, un paraisse hollywoodien. " cet enfant, quand il est né, il pesait quatre kilos...
    Ceux-là, c'est sa mère qui les a faits. maintenant, il arrive à sept... ces trois kilos de plus, c'est trois kilos d'amour. "

  • César

    Marcel Pagnol

    Vingt ans ont passé.
    Marius est devenu garagiste à toulon, fanny est la riche madame panisse, et césar le parrain de césariot, le fils de fanny, élève à polytechnique. lorsque panisse meurt, il veut que le jeune homme apprenne qu'il n'était pas son véritable père... en 1936, pagnol décide de conclure l'histoire de ses héros marseillais. il est maintenant cinéaste et c'est directement pour l'écran qu'il écrit césar, dont il publie cependant le texte.
    Il démontre avec maestria que, pour lui, théâtre et cinéma ne sont pas fondamentalement différents : l'important, ce sont l'auteur, ses personnages et les mots qu'ils prononcent. raimu, charpin, fresnav, orane, demazis, artificiellement vieillis. retrouvent leur rôle dans ce film mélancolique : le vingt ans après de pagnol. " tu es un emmerdeur, césar, pas autre chose. très bon dans le fond, et très sensible, mais d'une fréquentation intolérable.
    Tu vis tout seul, parce que personne ne veut rester avec toi. tu as fait fuir les garçons, tu as fait fuir les bonnes, tu as fait fuir les clients, tu as même chassé ton fils. "

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  • Topaze

    Marcel Pagnol

    Un modeste professeur, honnête, naïf et méprisé, se trouve embauché par un conseiller municipal véreux qui veut l'utiliser comme prête-nom...
    Topaze, créé en 1928, est le premier succès théâtral de pagnol. c'est sa grande comédie de caractères, la plus classique, la plus moliéresque de ses pièces. le personnage de topaze devient aussitôt une figure archétypale du théâtre français. la pièce a donné lieu à trois films : le premier de louis gasnier (1932. avec louis jouvet), et deux de pagnol lui-même (1936, avec arnaudy, puis 1950, avec fernandel).
    D'autres suivront. tant qu'il y aura des comédiens. topaze tentera les meilleurs. " c'est exactement l'histoire du chimpanzé de ma mère. quand elle l'a acheté, il était maigre, il puait la misère, mais je n'ai jamais vu un singe aussi affectueux. on lui a donné des noix de coco, on l'a gavé de bananes, il est devenu fort comme un turc, il a cassé la gueule à la bonne. il a fallu appeler les pompiers...
    "

  • En 1881, Marx et Darwin voisinaient dans la région londonienne sans se connaître. Ils ne se sont sans doute jamais vus, mais leur rencontre n'aurait rien eu d'invraisemblable.
    Marx admirait l'auteur de L'Évolution des espèces (1859). Il lui avait dédicacé un exemplaire du Capital (tome I, 1867). Darwin était pour lui le héros qui avait mis définitivement fin à l'«aliénation religieuse» en sapant scientifiquement par ses découvertes les fondements des récits bibliques, réduits à l'état de fables.
    Darwin voyait en Marx un esprit généreux mais quelque peu chimérique, promettant l'avènement d'un nouveau Paradis Terrestre, mais il n'était pas insensible à son matérialisme foncier.
    Ils avaient des ennemis communs: Darwin était surnommé «le chapelain du Diable» par les milieux anglicans, piliers d'une société victorienne qui vouait aux gémonies le chantre de la révolution prolétarienne.
    En 1881, ils étaient tous les deux d'une santé chancelante. Darwin disparaîtra en 1882 et Marx en 1883.
    Ilona Jerger imagine qu'ils étaient soignés par le même médecin, nommé Beckett, un philanthrope libre-penseur qui s'intéressait tout autant à leurs idées qu'à leurs maladies et leur témoignait la même sympathie active.
    Il avait perçu leurs affinités profondes. Il mesurait leur stature intellectuelle, en un mot leur génie.
    Beckett est bien entendu un personnage de fiction. C'est aussi un confident de tragédie. Il accompagnera ses deux amis jusqu'à leur mort.
    Unité de temps (1881), unité de lieu (Londres, où habite Marx dans un quartier fort modeste, et la campagne avoisinante où Darwin réside bourgeoisement), unité d'action (la rencontre et la mort de deux des plus grands esprits du XIXe siècle) donnent au récit la cohérence et la force d'une pièce classique.
    L'oeuvre se compose des visites alternées de Beckett à ses deux illustres patients, dépouillés par la maladie de tout faux-semblant. Sous le regard à la fois lucide et chaleureux du praticien, deux portraits contrastés et fraternels se dégagent peu à peu des conversations, des confidences, des souvenirs, des accès d'humeur ou des rêves, des défaillances ou des espoirs dont Marx et Darwin nous font les témoins.
    Nous partageons leurs derniers mois. Nous revoyons aussi le film de leurs vies.
    La réussite de ce livre, fondé sur une connaissance approfondie des deux oeuvres laissées par les deux grands savants, comme de la bibliographie qu'ils ont inspirée, c'est que les exposés d'idées n'entravent ni n'alourdissent la reconstitution colorée de la vie quotidienne. Une vie quotidienne perçue dans toutes ses dimensions : la dimension tragique puisque la mort est déjà à l'oeuvre, la comédie, par la multiplication des notations réalistes délicatement humoristiques, la finesse de l'analyse psychologique, notamment dans les rapports de Marx et de Darwin avec leur entourage.
    Il s'agit d'un premier roman mais où s'affirment déjà une maîtrise intellectuelle, un talent narratif et des qualités d'expression admirablement servies par la traduction de Bernard Lortholary.

  • Pascal, le puisatier, est veuf.
    Cependant, entre son ami félipe et sa fille aînée, la sage patricia, qui élève ses jeunes soeurs, il est un homme heureux. mais patricia faute avec un bel aviateur qui part pour la guerre, et qui est porté disparu... la fille du puisatier (1940) est la seule réalisation de pagnol durant la guerre. c'est un film en prise sur l'époque. il est relativement méconnu, malgré le face à face unique qu'il présente entre les deux acteurs fétiches de pagnol, raimu et fernandel.
    Charpin fait des merveilles en boutiquier enrichi. josette day, compagne du cinéaste au moment du tournage, endosse le rôle traditionnel de la jeune première séduite.

  • La femme du boulanger s'est enfuie avec un berger. Le boulanger se saoule et ne fait plus de pain. Tous les habitants du village - y compris les ennemis légendaires, l'instituteur et le curé - s'unissent pour retrouver la femme du boulanger. Le marquis prend la direction des opérations...
    Ultime adaptation de Giono par Pagnol (ici un passage de Jean le Bleu), La Femme du boulanger (1938), partition musicale pour Raimu et orchestre, est sans doute l'oeuvre la plus célèbre du cinéaste. Chaque scène a acquis le statut de classique, et c'est après avoir vu et revu ce film, un de ses préférés, qu'Orson Welles a demandé - trop tard - à rencontrer Raimu, qu'il jugeait le plus grand acteur du monde.
    " Je l'ai vu ce matin, sur sa figure, brusquement elle m'aime d'amour. Et tu ne sais pas ce qu'elle m'a dit ? Elle m'a dit : "Si tu es un homme, trouve-toi derrière l'église à cinq heures, avec un cheval : tu m'emporteras où tu voudras. "Elle quitte son mari, sa boulangerie, ses sous, son pain. Elle veut tout perdre pour moi. À cinq heures derrière l'église... "

  • À la recherche du temps perdu est l'un des plus grands livres du XXe siècle. De Proust on a dit qu'il était toute la littérature, comme Bach était toute la musique. Pourtant, nombreux sont encore ceux qu'il intimide ou qu'il déconcerte. Cette introduction a été composée à leur intention par l'un des meilleurs connaisseurs de son oeuvre, Bernard de Fallois, qu'une savante publication universitaire, la revue Genesis, qualifie de «proustien capital». Mais que l'on se rassure. Peu soucieux d'en imposer par le poids de l'érudition, Bernard de Fallois vise surtout la limpidité, la concision, la clarté qui n'exclut pas, bien au contraire, la densité de son propos. Il parvient à mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il faut savoir pour lire intégralement cette oeuvre capitale, pour admirer sa nouveauté, mesurer sa grandeur qui va de pair avec un génie comique rarement égalé depuis Molière.
    Cette introduction est également complétée par un précieux recueil de maximes et de pensées glanées au cours des pages de la Recherche. Elles rappellent que notre plus grand romancier fut aussi le plus parfait continuateur des moralistes du Grand Siècle.

     

  • Pas si calme...

    Helen Zenna Smith

    • Fallois
    • 19 Septembre 2018

    Pas si calme relate l'épopée quotidienne de six jeunes Anglaises engagées volontaires dans le service ambulancier pendant la guerre de 14. Leur mission: recueillir les corps martyrisés des morts et des blessés, transporter les survivants souvent abominablement mutilés ou hurlant de douleur, jusqu'aux hôpitaux qui pour beaucoup seront leur dernière demeure. Ces «glorieuses filles d'Angleterre» vont découvrir la géographie de l'Enfer, ce que l'on appelle la «zone interdite», un désert labouré d'obus qui sépare les tranchées de l'arrière. Au terme de chaque voyage macabre dans le froid et dans la nuit, de nouvelles épreuves les attendent: les corvées de caserne les plus rebutantes, les nuits sans sommeil, l'insalubrité, l'invasion de la vermine, la plus innommable des pitances militaires.
    Lorsqu'il parut en 1930 le livre fit scandale. La traduction française (1931) reçut néanmoins le prix Séverine décerné au meilleur roman conçu pour promouvoir la paix dans le monde.
    Il fut ensuite oublié. Il reparaît aujourd'hui dans une version nouvelle.
    Helen Zenna Smith est le pseudonyme d'Evadne Price (1897-1985), qui transposa sur le mode de la fiction le journal minutieusement tenu par l'une de ses amies.
    Simone de Beauvoir écrit dans La Force de l'âge que la lecture de cet irrécusable témoignage l'avait bouleversée.

     

  • Pourquoi la Grèce ?

    De Romilly-J

    • Fallois
    • 9 Septembre 1992

    Les textes de la grèce antique ont pénétré d'abord le monde romain, puis toute la culture européenne ; et leur influence s'exerce encore en notre temps, de cent façons.
    Pourquoi ? telle est la question que jacqueline de romilly se posait vaguement au cours de ses recherches sur telle ou telle oeuvre grecque et qu'elle aborde enfin de front. ces textes et cette culture de la grèce antique avaient-ils donc en commun quelque chose de particulier, pour justifier une influence pareille ? la réponse est que toutes ces oeuvres cherchaient, de façon constante, obstinée, délibérée, à atteindre l'universel, c'est-à-dire, précisément, ce qui pourrait toucher les hommes, en tous temps et en tous lieux.
    Cela fut le cas pour la grèce en général, et plus encore pour l'athènes du ve siècle. cette tendance a pris des formes diverses ; simplification des personnages, symboles, mythes, formulations abstraites, tentatives pour fonder des sciences de l'homme, tout se rejoint. le livre le montre en une série de chapitres : homère et pindare, d'abord, puis athènes, avec sa démocratie et le développement de la réflexion politique, l'invention de l'histoire, de la tragédie, de la philosophie.
    Chaque fois, la même tendance est serrée de près, et permet de comprendre l'originalité des oeuvres. dans ce livre, jacqueline de romilly ne défend pas, comme ailleurs, le grec, mais bel et bien la grèce, et le caractère unique de son apport à notre civilisation, qu'elle marque encore de façon vivante.

  • Suivi de «Aux sources de la Recherche du temps perdu». Textes transcrits, annotés et présentés par Luc Fraisse, professeur à l'Université de Strasbourg.
    Avec ce recueil de nouvelles et de textes divers inédits[1] nous remontons aux sources de la Recherche du temps perdu.
    Dans les années où il ébauche le roman qui deviendra Jean Santeuil, Proust, âgé d'une vingtaine d'années, compose de courts textes de fiction, qui sont autant d'esquisses où l'on peut déjà entrevoir les personnages, les situations, les réflexions qui jalonneront la carrière mondaine, la vie affective et l'évolution spirituelle du Narrateur depuis son enfance dans Du côté de chez Swann jusqu'à l'illumination du Temps retrouvé.
    Cet ensemble paraît en 1896 avec une préface d'Anatole France. Il a pour titre Les Plaisirs et les Jours. S'il est salué par quelques critiques amicales, son importance littéraire n'est guère perçue avant le début des années 1920, c'est-à-dire après la mort de l'auteur, dont on ne peut plus méconnaître le génie. Mais il retombe dans l'oubli jusqu'au début des années cinquante, lorsque Bernard de Fallois, avec Jean Santeuil (1952) et Contre Sainte-Beuve (1954) jusqu'alors inédits, met en pleine lumière la genèse de l'oeuvre proustienne.
    C'est alors que Bernard de Fallois, «?le proustien capital?» selon l'heureuse expression de Mme Nathalie Mauriac, découvre, en rassemblant des manuscrits dispersés, un ensemble de neuf nouvelles initialement destinées à figurer dans Les Plaisirs et les Jours, et dont aucune n'avait jamais été publiée, pas même en revue.
    Il en fit une analyse méthodique dans un chapitre de sa thèse de doctorat, chapitre qui a été tout récemment publié (Proust avant Proust).
    Ces textes portent la marque d'un travail approfondi?: corrections, variantes, repentirs, changements de noms, par exemple.
    La plupart de ces courts récits obéissent aux lois du genre?: mise en scène d'une situation, péripéties, chute finale. Dans quelques cas il s'agit d'une libre méditation esthétique et philosophique («?Après la 8e Symphonie de Beethoven?»). On y voit le jeune écrivain multiplier les expérimentations narratives suggérées parfois par ses lectures mais déjà résolument engagé dans le processus de création qui annonce par bien des signes l'oeuvre future.
    Une question se pose d'emblée?: pourquoi Proust a-t-il écarté des Plaisirs ces textes qui étaient mentionnés dans le sommaire initial intitulé «?Le Château de Réveillon?» et en a-t-il laissé quelques-uns dans un état de relatif inachèvement?? Il faut évidemment peser la réponse avec la plus grande circonspection.
    Sans doute considérait-il qu'en raison de leur audace ils auraient pu heurter un milieu social où prévalait une forte morale traditionnelle. Sans recourir à l'érudition biographique, cette interprétation n'est certainement pas arbitraire si l'on songe au rigorisme des «?gens de Combray?», tel qu'il est évoqué dans la première partie de Du côté de chez Swann, par exemple.

    En effet le thème dominant de ces oeuvres, c'est l'analyse de «?l'amour physique si injustement décrié?» (Swann) en des termes qui annoncent et préfigurent Sodome et Gomorrhe, soit directement soit par voie de transposition.
    C'est donc en partie, sous le voile d'une fiction transparente, un «?Journal intime?» de l'écrivain. La prise de conscience de l'homosexualité y est vécue sur le mode exclusivement tragique, comme une malédiction. On n'y trouvera aucune de ces notations comiques, introduites ici ou là tout au long de la Recherche, et qui confèrent à l'oeuvre toutes les couleurs de la vie, même au sein des drames les plus sombres. Mais Proust est déjà là avec sa parfaite maîtrise de l'expression. L'influence stylistique des contemporains, d'Anatole France à Henri de Régnier, de Paul Hervieu à Robert de Montesquiou, y est sensible. Tout comme celle des modes de l'époque mais la phrase porte déjà la marque du classicisme. Certes, on ne rencontre guère l'éblouissante pyrotechnie verbale où l'art de la métaphore filée, tour à tour ironique et poétique, souvent déconcertante dans son apparente fantaisie et toujours rigoureuse et suggestive, ne cesse de nous enchanter. Ces pages inédites n'ont pas la perfection de la Recherche mais précisément elles nous aident à la mieux comprendre en nous révélant ce que fut son début.
    (Autre hypothèse?: Proust aurait écarté ces textes parce qu'ils déséquilibraient Les Plaisirs et les Jours. C'est possible mais rien ne vient étayer cette interprétation.) Le volume est complété par un ensemble de documents présentés par Luc Fraisse sur les sources de la Recherche?: notes de lectures, analyses d'ouvrages philosophiques, ébauches préparatoires de passages devenus célèbres (comme le début si souvent cité?: «?Longtemps je me suis couché de bonne heure?»), brèves notations sur les modèles masculins de Gilberte, première esquisse de la rencontre entre Charlus et Morel, ou bien encore ce «?divertissement?» en alexandrins intitulé «?À l'ombre des jeunes gens en fleurs?».
    On se souvient que le jeune Narrateur, dans ses promenades solitaires mais souvent exaltées autour de Combray, dans la vaine recherche d'une grande idée philosophique autour de laquelle organiser ses impressions, désespérait de devenir jamais «?le premier écrivain de l'époque?». Il espérait néanmoins - plaisamment - y parvenir grâce aux relations de son père, à l'aide du gouvernement et de la Providence.
    Nous voyons bien, en lisant attentivement Le Mystérieux Correspondant, qu'il avait déjà très tôt trouvé seul, résolument et sûrement, et sans l'aide d'aucune puissance extérieure, le chemin de son grand rêve.

    Cet exceptionnel ensemble sortira au moment où l'on célébrera le centième anniversaire de l'attribution du Prix Goncourt à Proust pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919).

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