Invenit

  • Le feu

    Henri Barbusse

    • Invenit
    • 16 Juin 2009

    Les années 1915 et 1916 ont marqué, pour Henri Barbusse, des dates décisives. C'est en 1915 qu'il a vécu Le Feu dans les tranchées du Soissonnais, de l'Argonne et de l'Artois, comme soldat d'escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d'infanterie où à s'était engagé. C'est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu'il a écrit son livre. Celui-ci, publié par les Editions Flammarion à la fin de novembre, remportera aussitôt après le prix Goncourt. Le Feu est considéré depuis près de trois quarts de siècle dans le monde entier comme un des chefs-d'oeuvre de la littérature de guerre, un des témoignages les plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne. Témoignage impérissable aussi : Le Feu, traduit dans la plupart des langues, continue de susciter chez les jeunes un immense intérêt. Le Feu est suivi du Carnet de guerre qui permet de remonter aux sources mêmes de la création du roman épique d'Henri Barbusse.

  • Simon Hantai, vers l'empreinte immaculee

    Alain Fleischer

    • Invenit
    • 30 Juin 2011

    Alain Fleischer revient sur lʼimpression laissée par une oeuvre sans titre de Simon Hantaï, quʼil accueillit au sein de la prestigieuse institution du Fresnoy mais dont il fut, surtout, le témoin privilégié de la genèse. À partir de cette toile née des limbes de la mémoire de Simon Hantaï et révélée à nouveau grâce aux technologies modernes, Alain Fleischer tente de déchiffrer cette « conversation » quʼoffre la peinture et déplie, à son tour, la fable singulière dʼun grand moment artistique.

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  • Friedrich, le naufrage du monde

    Nadine Ribault

    • Invenit
    • 18 Février 2022

    Des blocs de glace aussi magnétiques que menaçants.
    Une épave de bateau échouée dans un décor arctique.
    Lorsque Caspar David Friedrich peint La Mer de glace (1823-1824) à l'aube de la civilisation industrielle, l'art du paysage est encore un genre subalterne. Installée devant le tableau à la Kunsthalle de Hambourg, Nadine Ribault nous arrête sur ce moment sublime où le paysage devient la projection d'un monde qui court à sa perte.
    Dans cet essai puissant, l'autrice scrute cette scène tragique pour en faire jaillir le désenchantement du peintre face aux bouleversements que commençait à produire sur la nature l'industrialisation naissante. Familière déjà des rivages glacés avec ses Carnets de la Mer d'Okhotsk, c'est en puisant dans sa fine connaissance de l'histoire de la pensée romantique et en convoquant Mary Shelley, Novalis ou F. W. J. Schelling, qu'elle nous confronte aussi aux enjeux de notre époque et à l'étonnante modernité d'une toile qui pose cette décisive question : « où allonsnous en ce monde qui verra bientôt son naufrage ? »

  • Les manuscrits de Tagdempt Nouv.

  • La descente de la rivière en canoe

    Claude Minière

    • Invenit
    • 8 Avril 2022

    Un canoë descend une rivière sauvage. Des berges, puis d'autres berges. Des lits de branchages. La montagne, qui, sous l'orage, change de profil. Il est encore tôt - à l'aube - quand l'embarquement a lieu. Si tôt que les pagaies se taisent.
    Avec un sens profond de l'analogie et de la suggestion, Claude Minière fait de cet itinéraire aquatique un voyage dans le processus d'écriture poétique. Sur l'eau, les mouvements du corps rejoignent ceux du langage pour esquisser une cartographie intime. « En réalité

  • Courir avec Lucy

    Florence Saint-Roch

    • Invenit
    • 8 Avril 2022

    Sur le macadam, au moins deux fois par semaine, elle part courir avec Lucy. Oui, Lucy l'australopithèque, première marathonienne de l'humanité. Aussi complice, jumelle imaginaire, double littéraire.
    Dans une course-rêverie contre le temps, Florence Saint-Roch nous entraîne des rives de l'Aa à celles de l'Awash. Elle superpose les fragments en prose, haletants, comme autant de foulées parcourues avec Lucy pour évacuer les « antiques colères ». Courir avec Lucy est une ode aux projections mentales, celles que l'on garde de l'enfance et qui nous aident à « faire reculer la nuit ».

  • Courbet, l'origine d'un monde

    Christine Durif-Bruckert

    • Invenit
    • 22 Octobre 2021

    L'Origine du monde de Gustave Courbet lève le voile sur ce qui était resté caché et muet jusqu'alors.
    Par cette oeuvre audacieuse et radicale, le peintre dégage le corps d'un ordre biologique, social et culturel écrasant. Il consacre le sexe féminin en pleine lumière, celle née des longs voyages et des courses du désir. Mais comment penser pouvoir entrer dans ce réel si ce n'est en suivant les reliefs, les courbes et les clairs-obscurs du tableau ; si ce n'est en se laissant envahir par le souffle haletant de l'oeuvre, tout en consentant à ne pouvoir appréhender que par fragments, que par instants de clarté, ce corps réaliste qui est là si présent et déjà dans un recul infini ?
    Se trouver seule face à L'Origine du monde, c'est l'expérience que Christine Durif-Bruckert éprouve ici dans une langue qui se heurte à l'indicible, cherchant à saisir, entre voie poétique et approche phénoménologique, le va-et-vient inexorable d'une question sans réponse. Celle que nous pose l'intimité nouée au désir.

  • à la soupe !

    Laurent Petit

    • Invenit
    • 14 Janvier 2022

    Délirant, gourmet et musical, s'il y a un évènement à ne pas manquer dans la métropole lilloise, c'est bien le Festival International de la Soupe. Chaque 1er mai depuis 20 ans, le quartier de Wazemmes à Lille s'anime à l'occasion de la Louche d'Or, un concours burlesque, symbolique et festif créé par l'association Attacafa autour du thème fédérateur de la soupe : seul plat commun à tous les continents. La Louche d'Or accueille chaque année 40 000 personnes venues tenter leur chance et concocter la meilleure soupe ou simplement assister à une riche programmation artistique qui réunit 500 artistes et professionnel·le·s aux sensibilités diverses.

  • Nos mondes sauvages

    Collectif

    • Invenit
    • 10 Septembre 2021

    Dans le cadre de son 20e anniversaire, l'association Colères du présent a imaginé avec les éditions invenit une opération unique pour prolonger les débats et les propositions artistiques et littéraires qui fourmillent tous les ans au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras.
    Au fil des cinq chapitres - repousser, rencontrer, éprouver, sauvegarder, coopérer - le mook Nos mondes sauvages invite à repenser nos mondes à la lumière d'une notion polysémique et fondamentale dans l'histoire de la pensée, pure création culturelle :
    Le sauvage.
    Que reste-t-il encore aujourd'hui du monde sauvage tel qu'on l'a perçu et façonné pendant des siècles ? Des forêts de nuages et du bison d'Europe ? Que dit de nous et de nos sociétés contemporaines cette vision biaisée par nos imaginaires occidentaux ? Se pourrait-il que le sauvage soit en réalité enterré, travesti, en nous-même et dans nos rapports sociaux ?
    En associant artistes, auteurs et autrices de toute discipline (fiction, essai, poésie, photographie, illustration, bande dessinée), dont Guillaume Logé, Derf Backderf ou encore Panda Diouf, Nos mondes sauvages entend bien questionner cette notion plurielle.
    Une notion qui, longtemps réduite à l'alterité, nous pousse à l'introspection et nous confronte, collectivement, aux limites sociales, écologiques et économiques de notre époque.

  • Défense de s'afficher en public

    Collectif

    • Invenit
    • 10 Septembre 2021

    En ce 23 mars 2020, la France vit depuis une semaine un confinement aussi soudain qu'inattendu. Les villes sont vides, les rues mutiques, les entreprises désertes...
    Il convient désormais d'habiter le temps autrement.
    De cette jachère contrainte, les designers graphiques de l'Atelier Télescopique en font un établi. Tous les jours à heure fixe, ils partagent leurs humeurs sous la forme d'affiches. Seul mot d'ordre : rester positif.
    La célèbre réplique d'Anna Karina dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard donne le ton de cette aventure récréative. Références cinématographiques, musicales, chorégraphiques...
    Constituent au fil du temps un éphéméride original, recensé dans cet ouvrage.
    Créatif, l'exercice se veut ludique. Chacun est invité à décoder quotidiennement cette succession de citations, d'hommages et de détournements, plus ou moins explicites selon les jours, selon les auteurs. Obey, Bee Gees, Java, Monsieur et Madame, Boby Lapointe, George Abitbol, Zorro ou encore Émile Zola, les graphistes s'en donnent à coeur joie !

  • N'aie pas peur. jamais

    Baptiste Beaulieu

    • Invenit
    • 6 Novembre 2020

    Quelle simplicité en apparence que la poésie de Baptiste Beaulieu. Des mots pour chacun, des conseils en forme de mantras, une parole offerte et des pistes pour atteindre à une harmonie personnelle. En racontant l'autre, le poète se raconte. Il explore le mystère de la parole, du doute, de l'usurpation, de la fraternité... Un coeur qui s'ouvre, c'est un honnête homme en train de naître.
    On y retrouve tout ce qui a fait le succès de ses romans : une grande humanité, de la bienveillance, une mélancolie maitrisée, et une réflexion autour de la condition humaine, de la maladie, de la solitude et des chemins que trace, à l'aube, le soleil. Tout le recueil s'adresse directement au lecteur et tente de répondre avec lui à cette éternelle question : « Faut-il jamais avoir peur ? ».
    Ses inspirations sont nombreuses, variées, et vont de son quotidien de médecin généraliste jusqu'à Prévert ou Pessoa.

  • Eugène Leroy ; autoportrait noir

    Ludovic Degroote

    • Invenit
    • 23 Février 2011

    La démarche de l'autoportrait chez Eugène Leroy ne traduit en rien une marque de narcissisme : au contraire, le moi du peintre s'efface derrière les couches et grattages successifs pour ne laisser entrevoir que l'humanité et son expression ultime : l'art. Le peintre travaille plusieurs oeuvres en même temps, reprenant sans cesse ses toiles, parfois dix ans après. Cet inachèvement qui absorbe le temps est une invitation, pour Ludovic Degroote, à s'interroger en toute liberté sur l'expérience artistique de Leroy et son rapport à la peinture. Le poète voit dans cet Autoportrait noir un autoportrait de la peinture, la lumière réfléchissante de sa propre intériorité : " ce que j'aime dans l'oeuvre d'un peintre, comme dans un poème, c'est qu'il m'invite à rester dedans, à m'y retrouver ".

  • Quelques nuances de klein

    Teodoro Gilabert

    • Invenit
    • 3 Juillet 2020

    Un jour, il me demande si je peux l'aider à trouver la recette d'une peinture bleue lumineuse, veloutée et surtout dont l'aspect serait durable. Il avait tout essayé pour lier le pigment bleu outremer 1311 qu'il m'achetait : la colle de peau, l'huile de lin, la caséine? sans obtenir l'effet recherché.

  • Dora Maar, la femme invisible

    Combalia Victoria

    • Invenit
    • 14 Juin 2019

    Publié en 2013 par les Éditions Circe (Barcelone) est le fruit de plus de vingt ans de travail de Victoria Combalía sur la photographe, compagne de Picasso, femme de talent au caractère passionné, mélancolique et fantasque mais aussi très humaine et pleine d´humour. Elle avait été l'amante de Picasso entre 1936 et 1943, avait photographié Guernica et avait été le modèle exceptionnel de la série La femme qui pleure du peintre de Malaga.
    Dora Maar était fille d'un père yougoslave et d'une mère française mais avait été élevée en Argentine. Elle a tourné le dos à ses origines bourgeoises en devenant une militante politique de gauche, membre du groupe Contre-Attaque et amoureuse du philosophe et révolutionnaire Georges Bataille. En tant que membre du groupe surréaliste, Paul Eluard la présente à Picasso. Dans une scène célèbre au café Les Deux Magots, Dora le séduit en jouant d'un couteau entre ses doigts et ses longs ongles peints en rouge. Avec lui, elle vécu une passion tumultueuse, et mis en sourdine son activité créatrice. Elle devient sa muse, mille fois dépeinte dans sa beauté, mais surtout comme un masque souffrant et tourmenté. Abandonnée par l'artiste, elle se réfugie dans la religion et la peinture, vivant isolée dans son appartement parisien et dans sa maison de Ménerbes, dans le sud de la France. Dora Maar est décédée en 1997, laissant derrière elle une aura mystèrieuse. Victoria Combalía a eu le rare privilège de pouvoir parler longuement avec Dora Maar en 1994 et d'organiser une première rétrospective de son travail photographique et pictural en 1995. L'ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la vie de Dora Maar grâce aux documents inédits mis à disposition par ses héritiers et à leur reproduction.
    Victoria Combalià est contributrice de l'exposition rétrospective présentée au MNAM/Centre Georges Pompidou du 5 juin 2019 au 29 juillet 2019.

  • éparpillés, le chant des possibles

    Cali

    • Invenit
    • 6 Novembre 2020

    Un homme de feu raconte les autres hommes. Ses proches, ses disparus, ses passant majuscules, ses modèles simples, ses héros. Il raconte aussi des brins de vies, minuscules et fugaces, éternels et vivifiants comme un souvenir. Des hommages et des souvenirs qui prennent vie et se mettent à rire. Des traces de vivant. « Clip de quelques secondes » , Polaroïd de mots, croquis qui se mettent à bouger. Tout l'art de Cali est ici : une enfant joue, un grand père boxe, un aîné apparait, un chanteur prend la parole. Cali écrit comme on filmerait en 16 mm, avec du tremblé, du grain et du coeur. Conversations capturées, bouts de nuits et de promesse, mots d'amour sur un fil et caresses à la dérobée. Conteur du minuscule à la manière d'un Richard Brautigan qu'il vénère, l'homme est tout entier poète : en équilibre, sincère, et toujours à fleur de peau, dans une irrévérence bienveillante, debout les bras ouverts. Ça respire la peine qui prend le temps de sourire, les éclats de rire les soir de pluie, la promesse de l'amitié et la beauté qui danse sur les pores de la peau.

  • Dès la fin du xixe siècle, les artistes illustrent la vie des habitants du littoral de la Côte d'Opale. Une attention toute particulière est portée à la vie des enfants : jeux de plage, joie des baignades, dur labeur au côté des parents ou instants de repos après une longue journée forment pour les peintres et les sculpteurs des thèmes de prédilection.
    Cet ouvrage reproduit et commente un ensemble significatif d'oeuvres pour dire le quotidien des enfants de la mer il y a un peu plus d'un siècle. Entre les scènes intimistes de maternité, où transparaît une indéfectible tendresse, et les représentations plus sociales d'enfants occupés aux pénibles tâches liées à la pêche, c'est toute une palette de sentiments que font naître ces oeuvres dans le coeur du spectateur.

  • Dialogue avec Rothko

    Carolyn Carlson

    • Invenit
    • 14 Septembre 2020

    "Ce serait bien qu'on puisse construire partout dans les pays des lieux, des sortes de petites chapelles, dans lesquelles un voyageur ou un promeneur puisse méditer longuement sur un unique tableau accroché dans une petite salle" (Mark Rothko):
    Nul autre artiste ne rejoint aussi naturellement l'ambition de la collection Ekphrasis. En regard de cette fusion sensorielle entre l'oeuvre et celui qui la reçoit, la chorégraphe et danseuse Carolyn Carlson s'impose naturellement, elle qui préfère au terme "chorégraphie" celui de poésie visuelle.

  • Né dans une famille de tailleurs de pierre de la région belge de Soignies, Eugène Dodeigne apprend le métier dès l'âge de treize ans auprès de son père marbrier. De précoces dispositions le conduisent à l'école des Beaux-Arts de Tourcoing puis à celle de Paris. A la fin des années 1960, sa notoriété devient internationale : Belgique, Pays-Bas ou Allemagne accueillent ses sculptures, comme bientôt de nombreux lieux publics et parcs de musées à travers le monde.
    Ses pierres de Soignies parviennent à une grandeur monumentale dans des formes arrachées à la matière et qui disent l'Homme et la condition humaine. Déplaçant dans une modernité flagrante et singulière la leçon de Rodin et la silhouette inspirante de l'Homme qui marche, Eugène Dodeigne apparaît avec ses outils, sa vigueur, sa volonté farouche et son humanisme, comme un véritable emblème de la sculpture de notre temps, définitivement comme l'Homme qui sculpte.

  • Millet, pleins et déliés

    Marie-Hélène Lafon

    • Invenit
    • 18 Novembre 2017

    Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brulis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. À partir du tableau silencieux de Jean-François Millet conservé au musée du Louvre, Brûleuse d'herbes, elle nous entraine dans une histoire qui sent la fumée des brulis de mars, ou d'octobre. Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-telle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années.
    L'auteur imagine des vies pour cette brûleuse « esseulée » ;
    Le tableau devient dès lors un départ de pistes sur les traces de la Félicité d'Un coeur simple et de sa vie dans les fermes avant Madame Aubain ; ne se refusant pas à regarder du côté de l'antique, entre Vestale et Pythie ; ou d'une champêtre Marie de l'Annonciation, qui balancerait entre résignation et révolte, oraison et jacquerie ; les ailes diaprées de l'Archange s'arrondissant alors dans les bouffées moelleuses de la fumée.

  • Jouer à chat

    Olivia Rosenthal

    • Invenit
    • 17 Mai 2018

    Entouré de ses deux frères, le Mince et le Puissant, un jeune enfant vit dans une maison avec son doudou Félix qui l'aide et le rassure. Dans une ambiance lourde que l'enfant ressent sans bien la comprendre, Félix se disloque petit à petit et l'enfant en cache les morceaux partout dans l'habitation. Les adieux précipités du Puissant, l'abandon contraint de la maison avec le Mince qui disparaît bientôt lui aussi, plongent l'enfant dans la peur. Transporté dans un campement au delà du fleuve et entouré de gens qu'il ne connaît pas, c'est à un pacte qu'il devra son salut : le partage et la consommation avec une panthère des morceaux épars de Félix.
    À partir d'un ensemble de trois momies de chat de l'Égypte gréco-romaine, Olivia Rosenthal compose un récit énigmatique où se réactualisent les mythes égyptiens ; le lecteur y retrouvera quelques-uns des thèmes qui nourrissent l'oeuvre de l'auteure : l'abandon, la peur et les mécanismes mis en jeu dans l'enfance pour survivre en milieu hostile.

  • J'irai chanter sur vos tombes

    Marc Dufaud

    • Invenit
    • 6 Novembre 2020

    On connaît tous le début de la chanson de Boris Vian, « Le Déserteur ». Mais on ne connaît guère son histoire, celle d'un morceau de musique et de quelques paroles qui allaient diviser la France et bouleverser le destin de Boris Vian.
    Marc Dufaud a enquêté sur la création de cette chanson, l'une des plus connues au monde. Il nous raconte comment, en pleine guerre d'Algérie, Boris Vian forcera sa nature jusqu'à venir interpréter sur scène son brûlot pacifiste à travers un pays alors poujadiste. Hué, chahuté, cible d'attaques, Vian n'énonçait pas, il dénonçait. Au lance-flamme. Sourire narquois en coin. Sous prétexte de nous raconter l'histoire d'un texte mythique, l'auteur nous raconte de manière vivante et « swing » Boris Vian, le jazz, Paris et la province d'alors, et, surtout, l'engagement d'une époque où la chanson était encore une arme de contestation massive.

  • Edouard Pignon, l'ouvrier mort

    Yannick Kujawa

    • Invenit
    • 4 Juin 2021

    En 1982, Edouard Pignon accueille un visiteur dans son atelier pour le laisser contempler un tableau qu'il a réalisé trente ans plus tôt : L'Ouvrier mort, son "Guernica" comme le disait son ami Picasso. Un visiteur fasciné par cette scène sinistre et pourtant saisissante, à l'odeur de poussière. Sur la toile, encerclé de figures douloureuses, gît un homme des mines. De cette rencontre fictive imaginée par Yannick Kujawa naît une confession intense et intime, à la fois esthétique et politique.
    Le peintre, enfant des mines, nous fait toucher du doigt les grands mouvements sociaux qui ont animé le bassin minier du nord de la France, jusqu'à parfois s'emparer du pays tout entier. Il nous livre les clés de sa pratique artistique et de ses puissantes scènes sociales : des oeuvres comme "une gueule, un gosier d'huile et de couleurs" . Chez Pignon, peindre n'est qu'une autre manière de vivre. Vivre en résistance.
    Sentir et explorer l'existence dans toute sa matière. Pour que quelque chose se libère, s'anime, et se soulève avec dignité.

  • Après l'acquisition par la Ville de Soissons des toiles commandées à Lucien Jonas en 1928 pour le décor de la salle des fêtes de l'Hôtel de la Croix d'Or, des compositions inspirées par le monde de Watteau (originaire, comme Jonas, des environs de Valenciennes) et celui de Molière, les musées rendent hommage au peintre et à la folle décennie 1920 au travers d'un événement centré sur trois aspects de sa production : la conception et la réalisation de grands décors, de leur genèse à leur réalisation ; la confrontation répétée avec le monde des mineurs et la réalité des paysages industriels du Nord ; l'observation et la description de son cercle familial, au gré des séjours de villégiature sur le littoral normand et breton. Cet ouvrage, édité à l'occasion de l'exposition présentée à l'Arsenal de Saint-Jean-des-Vignes, révèle les différentes facettes de l'oeuvre d'un artiste qui, pour n'être pas moderne dans sa facture, n'en est pas moins un peintre et un dessinateur virtuose.

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