Joelle Losfeld

  • Milkman

    Anna Burns

    • Joelle losfeld
    • 11 Février 2021

    Bien que se déroulant dans une ville anonyme, Milkman s'inspire de la période des Troubles dans les années soixante-dix, qui ensanglanta la province britannique durant trente années. Dans ce roman écrit à la première personne, une jeune fille, non nommée excepté par le qualificatif de « soeur du milieu » - grande lectrice qui lit en marchant, ce qui attise la méfiance -, fait tout ce qu'elle peut pour empêcher sa mère de découvrir celui qui est son « peut-être-petit-ami » ainsi que pour cacher à tous qu'elle a croisé le chemin de Milkman qui la poursuit de ses assiduités. Mais quand son beau-frère se rend compte avant tout le monde de tous les efforts qu'elle fait et que la rumeur se met à enfler, soeur du milieu devient « intéressante ». C'est bien la dernière chose qu'elle ait jamais désirée. Devenir intéressante c'est attirer les regards, et cela peut être dangereux. Car Milkman est un récit fait de commérages, d'indiscrétions et de cancans, de silence, du refus d'entendre, et du harcèlement.

  • Cimetière d'étoiles

    Richard Morgiève

    • Joelle losfeld
    • 14 Janvier 2021

    El Paso, Texas, 1963. Huit ans après la disparition du tueur en série appelé le Dindon *, les lieutenants Rollie Fletcher et Will Drake enquêtent sur la mort suspecte d'un Marine. Ce ne sont pas des modèles de vertu mais la vertu n'a jamais résolu une affaire criminelle. La ténacité, si. Plus Fletcher et Drake progressent dans la recherche de la vérité, plus cet absolu leur échappe, plus l'enquête se révèle être une hydre aux multiples visages. La mort à tous les étages: voilà ce qu'ils auront au menu et qu'ils feront passer avec des balles blindées et des amphétamines. Pas de castagnettes mais des poings américains. Comme seule loi, la loi du talion version country : pour un oeil les deux, pour une dent toute la gueule. On remplit les cimetières comme on peut et on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. En témoigne cette pluie d'étoiles mortes qui tombe du drapeau américain à la fin du livre.

  • Effroyables jardins

    Michel Quint

    • Joelle losfeld
    • 7 Septembre 2000

    " certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de maurice papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience.
    Il semble que ce même jour, il ait attendu la sortie de l'accusé et l'ait simplement considéré à distance sans chercher à lui adresser la parole. l'ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. a chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé.
    Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé : - sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ? " l'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à verdun et de son père, ancien résistant.

  • Les invités

    Richard Gwyn

    • Joelle losfeld
    • 7 Avril 2022

    Un homme seul habite la maison que lui a léguée sa tante, dans le massif gallois des Black Mountains, occupant ses journées et ses nuits à lire les ouvrages de la bibliothèque. Un matin, il découvre une tente bleue dans son jardin, d'où sortiront au fil des jours des visiteurs étranges. L'une s'invite dans sa cuisine pour lui proposer du thé, un autre, aux allures de vagabond, entreprend sans tarder le réaménagement total du potager. Chacun raconte son histoire et prétend que la tente est la sienne. Le temps s'étire, les certitudes chancellent... Ce bal drolatique et incessant d'invités se poursuivra-t-il ou devro nt-ils tous retourner dans leur monde ?
    Ce huis clos niché dans les montagnes galloises nous mène à des questionnements sur le rapport entre histoire et Histoire, entre rêve et réalité, et sur la vie comme énigme à déchiffrer, dans une ambiance de réalisme magique à la Jorge Luis Borges.

  • Le Cherokee

    Richard Morgiève

    • Joelle losfeld
    • 17 Janvier 2019

    1954, USA : alors qu 'il fait sa tournée de nuit à la première neige, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l'Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un chasseur Sabre, sans aucune lumière. Et sans pilote. C'est le branle-bas de combat. L'armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il se retrouve confronté à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure... Et on peut tomber amoureux d'un agent du FBI.

  • Tout ce qui brûle

    Lisa Harding

    • Joelle losfeld
    • 10 Mars 2022

    Sonya est une jeune mère célibataire, ancienne comédienne en mal de paillettes, au besoin irrépressible d'amour et de reconnaissance. Elle aime plus que tout son fils de quatre ans, Tommy, et avec leur chien Herbie ils forment un trio indéfectible. Dans la banlieue dublinoise, la famille vit en vase clos, au rythme des excès de Sonya : excès de vitesse, excès d'amour, excès d'alcool. Car Sonya boit, parfois au point de mettre la vie de son fils en danger.
    Un jour, son père fait un retour décisif dans sa vie, et l'emmène dans un couvent réaménagé en centre de désintoxication pendant que Tommy est placé par l'assistance sociale. Seule, Sonya va devoir affronter les angoisses et la paranoïa qui ressurgissent, raccrochée à cette volonté de reformer sa famille, pour, enfin, apprendre à composer une vie normale avec Tommy.
    Lisa Harding livre un roman au réalisme sans fard, tenant le juste équilibre entre humour et émotion. Porté par l'urgence de son personnage, Tout ce qui brûle fait avant tout le portrait d'une relation fusionnelle qui unit une mère à son fils.

  • Elmet

    Fiona Mozley

    • Joelle losfeld
    • 3 Janvier 2020

    John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des soeurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d'une voisine pour toute éducation.
    Menacé d'expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu'il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L'assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants...
    Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d'une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l'ensemble du roman.

  • Les œuvres de Jean Meckert t.8 : la ville de plomb

    Jean Meckert

    • Joelle losfeld
    • 7 Octobre 2021

    La ville de plomb, c'est le titre d'un roman qu'écrit Marcel, un tout jeune dessinateur industriel, pour se libérer du quotidien, pour exprimer sa peine, ses espoirs et surtout l'impression pesante que fait le monde sur son âme d'adolescent. Mais la ville de plomb, c'est aussi Paris, le Paris de Belleville, que Jean Meckert, dans ce livre d'un réalisme puissant, fait vivre intensément grâce à une intrigue simple : Étienne et Marcel sont épris d'une dactylo, Gilberte. Leur inquiétude, leur timidité, leur inexpérience de la vie, leur sensualité qui se cherche les rendent tous trois terriblement maladroits.
    Sans doute Gilberte trouvera-t-elle avec Marcel le chemin d'un bonheur possible... Rien n'est moins sûr. Le débat, si l'on peut dire, reste ouvert, ce débat navrant d'âmes de faibles avec un monde fort, fermé, un monde de rats, un monde impitoyable, un monde de plomb.

  • Des jours sans fin

    Sebastian Barry

    • Joelle losfeld
    • 11 Janvier 2018

    Chassé de son pays d'origine par la Grande Famine, Thomas McNulty, un jeune émigré irlandais, vient tenter sa chance en Amérique. Sa destinée se liera à celle de John Cole, l'ami et amour de sa vie.
    Dans le récit de Thomas, la violence de l'Histoire se fait profondément ressentir dans le corps humain, livré à la faim, au froid et parfois à une peur abjecte. Tour à tour Thomas et John combattent les Indiens des grandes plaines de l'Ouest, se travestissent en femmes pour des spectacles, et s'engagent du côté de l'Union dans la guerre de Sécession.
    Malgré la violence de ces fresques se dessine cependant le portrait d'une famille aussi étrange que touchante, composée de ce couple inséparable, de Winona leur fille adoptive sioux bien-aimée et du vieux poète noir McSweny comme grand-père. Sebastian Barry offre dans ce roman une réflexion sur ce qui vaut la peine d'être vécu dans une existence souvent âpre et quelquefois entrecoupée d'un bonheur qui donne l'impression que le jour sera sans fin.

  • Raser les murs

    Marc Villard

    • Joelle losfeld
    • 3 Février 2022

    SDF, prostituées, migrants, voleurs sont les héros et les héroïnes de ces neuf nouvelles.Histoires de meurtre, de règlements de compte ou de mains tendues, Marc Villard saisit - sans aucun misérabilisme et avec l'empathie qui caractérise son oeuvre - ces personnages dans leur quotidien le plus trivial comme dans leurs instants les plus tragiques. Sur fond de jazz, il nous emmène là où la violence sociale entraîne parfois la violence physique - des bas-fonds du dix-huitième arrondissement de Paris au Nouveau-Mexique, entre le jour et la nuit. Pendant que certains mènent l'enquête, d'autres ont quelque chose à fuir.Ces hommes et ces femmes prouvent s'il en est besoin que l'échec n'est jamais magnifique. Marc Villard leur redonne une dignité qu'ils ont oubliée.

  • Les vieilles

    Pascale Gautier

    • Joelle losfeld
    • 5 Janvier 2010

    Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect.
    Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n'est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez te coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des moeurs...
    Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge? Aussi, l'arrivée de Nicole, une " jeunesse " qui entame tout juste sa retraite, et l'annonce d'une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien. Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contre-pied de certaines idées reçues sur la vieillesse.
    On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses précédents textes.

  • Une arche de lumière

    Dermot Bolger

    • Joelle losfeld
    • 6 Janvier 2022

    En Irlande, à l'aube des années 1950, Eva Fitzgerald fuit les terres familiales et sa prison domestique pour s'engager dans une longue et singulière traversée. De la vie de bohème à Dublin aux étendues ardentes du Kenya colonial, en passant par le Maroc et ses rues animées, les drames qui jalonneront son voyage ne cesseront pourtant de la ramener vers les siens : un fils homosexuel, qu'il faudra protéger de la cruauté du monde, une fille qu'elle verra emprunter, comme elle, les voies de plus en plus étriquées du mariage. Jusqu'à cette « arche de lumière » - une caravane blottie en pleine nature où elle trouvera refuge en compagnie d'un chien et de quelques fantômes du passé...
    Véritable odyssée, Une arche de lumière explore un dilemme cornélien : celui d'une femme indéfectiblement liée à sa famille mais prête à tout pour accomplir ses désirs d'indépendance et son droit au bonheur. En renouant ici avec l'un des membres de la famille Goold Verschoyle, découverte dans Toute la famille sur la jetée du Paradis, Dermot Bolger dresse le portrait intime d'une héroïne au destin assurément romanesque.

  • Mendiants et orgueilleux

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 31 Octobre 2013

    Dans les rues du Caire, Gohar, ex-philosophe devenu mendiant, sillonne avec nonchalance les ruelles de la ville et croise des figures pittoresques et exemplaires. Dans ce petit peuple où un manchot, cul-de-jatte, subit les crises de jalousie de sa compagne, on rencontre aussi Yéghen, vendeur de hachisch, laid et heureux, et Set Amina, la mère maquerelle. Il y a aussi Nour El Dine, un policier homosexuel, autoritaire mais très vite saisi par le doute à mesure que progresse son enquête.
    Un meurtre a eu lieu, celui d'une jeune prostituée...

  • Nous avons les mains rouges

    Jean Meckert

    • Joelle losfeld
    • 16 Janvier 2020

    C'est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges.
    Quatre mois avant Sartre, il s'attaque à la Résistance et à l'épuration qui a accompagné la Libération.
    De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d'Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand.
    Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d'un réseau de résistants qui n'a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d'autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s'engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte.
    Pour ses partisans qui n'ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d'égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu'il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d'Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre.
    Passionnant document sur un moment d'Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain.
    Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche

  • Des milliers de lunes

    Sebastian Barry

    • Joelle losfeld
    • 19 Août 2021

    Bien qu'il s'agisse d'une histoire à part entière, nous retrouvons Winona Cole, la jeune orpheline indienne lakota du roman Des jours sans fin, et sa vie dans la petite ville de Paris, Tennessee, quelques années après la guerre de Sécession.
    Winona grandit au sein d'un foyer peu ordinaire, dans une ferme à l'ouest du Tennessee, élevée par John Cole, son père adoptif, et son compagnon d'armes, Thomas McNulty. Cette drôle de petite famille tente de joindre les deux bouts dans la ferme de Lige Magan avec l'aide de deux esclaves affranchis, Tennyson Bouguereau et sa soeur Rosalee. Ils s'efforcent de garder à distance la brutalité du monde et leurs souvenirs du passé. Mais l'État du Tennessee est toujours déchiré par le cruel héritage de la guerre civile, et quand Winona puis Tennyson sont violemment attaqués par des inconnus, le colonel Purton décide de rassembler la population pour les disperser.
    Magnifiquement écrit, vibrant de l'esprit impérieux d'une jeune fille au seuil de l'âge adulte, Des milliers de lunes est un roman sur l'identité et la mémoire, une sublime histoire d'amour et de rédemption.

  • Les fainéants dans la vallée fertile

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 12 Octobre 1999

    La fainéantise est élevée au rang des valeurs supérieures dans cette famille cairote : galal l'aîné n'a pas bougé de son lit depuis sept ans, rafik a renoncé à épouser la femme qu'il aime de peur qu'elle trouble sa somnolence.
    Serag, le plus jeune des frères veut commettre la folie d'aller travailler en ville au grand dam du vieil hafez qui exprime sa fureur en ces termes : " qu'est-ce que j'entends ? tu veux travailler ! qu'est-ce qui te déplaît dans cette maison ? fils ingrat ! je t'ai nourri et habillé pendant des années et voilà tes remerciements ! " albert cossery en appelle ici au sommeil comme d'autres à l'insurrection armée.

  • Les parapluies d'Erik Satie

    Stéphanie Kalfon

    • Joelle losfeld
    • 9 Février 2017

    En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l'auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu'il compose. Observateur critique de ses contemporains, l'homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l'absence d'originalité de la société musicale de l'époque, et son refus des règles lui vaut l'incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. Son isolement artistique est à peine compensé par les amitiés qu'il noue avec Conrad, son frère, Contamine de Latour ou Claude Debussy. L'excentricité d'Erik Satie se paie par la solitude, l'alcool et l'angoisse d'être passé à côté de son siècle, à côté de sa vie.

    Les parapluies d'Erik Satie n'est ni une biographie, ni une hagiographie. Ce n'est pas non plus une fiction, mais c'est comme un roman sur le mal-être et la vie artistique, une création littéraire autour d'un personnage réel, rythmée comme les Gymnopédies.
    Les parapluies d'Erik Satie est le premier roman de Stéphanie Kalfon, qu'elle a conçu à la fois comme un hommage et comme un témoignage sur la vie du musicien. Si Erik Satie à trente-quatre ans ne sait pas encore qui il est, le lecteur de Stéphanie Kalfon reconnaîtra dans cet individu marginal et mélancolique l'une des figures de la musique, incarnée d'une part grâce à un style vif et enlevé qui réussit à faire entendre ses compositions et, d'autre part, à travers les nombreuses réflexions ironiques de Satie qui émaillent le récit : il prête son regard au lecteur, qui est lui-même confronté à la cruauté de la société de la Belle Époque.

  • Le corps de ma mère

    Fawzia Zouari

    • Joelle losfeld
    • 24 Mars 2016

    La narratrice tunisienne raconte sa mère. Comme le lui dit l'une de ses amies, il t'aura fallu une révolution (des jasmins) pour oser parler de tes rapports avec elle. Le sujet n'est pas tabou mais dévoiler, au sens figuré comme au sens propre, la personnalité maternelle n'est pas une affaire facile. D'autant que le silence familial a toujours été la règle. Raconter l'intime c'est mettre un sens à tout ce qui a été, est et sera. C'est essentiel aussi pour comprendre ce que sont et seront les bouleversements politiques et sociologiques. Fawzia Zouari raconte avec pudeur et authenticité la vie des femmes bédouines tunisiennes, la révolte de l'héroïne qui a dû parcourir un si long chemin pour se libérer sans la renier d'une tradition ancestrale à l'égard du rôle des femmes. La vivacité de l'écriture, la drôlerie de certaines situations, l'inspiration parfois lyrique fait songer aux écrits de Taos Amrouche.

  • Le testament caché

    Sebastian Barry

    • Joelle losfeld
    • 3 Septembre 2009

    Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien.
    Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée. L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société. Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement.
    Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande. A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant

  • Les hommes oubliés de Dieu

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 22 Février 2000

    Dans ce recueil de cinq nouvelles, les personnages d'albert cossery survivent dans le plus total dénuement.
    Mais ils sont aussi extraordinaires par le regard qui leur donne la vie. on a rarement lu dans la littérature contemporaine des descriptions aussi aiguës, émouvantes, dramatiques de la pauvreté et de la misère mais toujours abordées avec humour et dérision. premier livre d'albert cossery, les hommes oubliés de dieu fut publié au caire en 1927 et traduit en plusieurs langues. il fut notamment publié aux etats-unis, en 1940, grâce à henry miller.

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  • Une ambition dans le désert

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 15 Juin 2000

    Samantar, le héros de ce livre, déjoue le projet monstrueux du cheikh ben kadem, premier ministre de l'émirat de dofa, qui organise des attentats pseudo-révolutionnaires dans son propre état pour attirer l'attention des grandes puissances, peu intéressées par un pays sans richesses à exploiter.
    Ben kadem illustre les ravages du désir de puissance. samantar, c'est la philosophie, la flemme et la beauté. l'action se passe à bagdad.
    Comme toujours, albert cossery fait couvre de visionnaire en anticipant sur la guerre du golfe. l'ouvrage a été publié en 1984 par les éditions gallimard. il ne manquait plus que ce titre pour que soient réunies les oeuvres d'albert cossery dans la collection arcanes aux éditions joëlle losfeld.
    " cossery a le sphinx pacha dans les veines.
    Sa seule raison sociale : l'amour sous tous les épidermes. ce dandy solitaire ne cesse de se dire que le monde est peuplé d'imposteurs, que la joie d'être peut être captée dans le cristal d'une brève seconde en marge de la comédie humaine. " patrice delbourg - l'événement du jeudi

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  • La violence et la dérision

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 22 Février 2000

    Ce roman a pour cadre une ville du proche-orient gouvernée par un tyran grotesque.
    Un petit groupe de contestataires a décidé de le combattre avec pour arme principale la dérision. ils orchestrent donc, à son insu, une subtile campagne d'affichage qui provoque l'hilarité de la population. cette fable, contée avec un humour souvent féroce, illustre un des thèmes privilégiés d'albert cossery : la force des hommes libres contre l'idiotie des nantis.
    " c'est la condition humaine réécrite à la façon de beckett, avec beaucoup de joie de vivre en plus.
    " jean-claude le covec - le figaro magazine " sous le souriant scepticisme de façade, ce sont bien - pour reprendre le titre du roman - la violence et la dérision que dénonce un auteur décidément subtil. " jean-maurice de montrémy - la croix " ses huit ouvrages font l'éloge du dénouement, érigé en art de vivre, et de la paresse, conçue comme une philosophie et, surtout, une "façon de réfléchir".
    " marion van renterghem - le monde

  • La maison de la mort certaine

    Albert Cossery

    • Joelle losfeld
    • 12 Octobre 1999

    " tapie au sommet de la venelle des sept filles, la maison de si khalil, le propriétaire dégoûtant, craquait sous la rafale et achevait de se convertir en ruines.
    Il faut dire l'atroce vérité. cette maison ne tenait debout que par miracle. seuls, des fils de putain, aveuglés par une misère abjecte, pouvaient abriter leur chétive existence entre ces murs délabrés. une vulgaire baladeuse de marchand de laitues, passant dans la venelle, la faisait chanceler sur sa base. aussi, pour prévenir tout danger, avait-on interdit l'accès de la venelle à tout genre de véhicule ; et même à certains vendeurs ambulants, dont la voix trop puissante risquait - par des déplacements d'air néfastes - de précipiter la catastrophe.
    "

  • Hérésies glorieuses

    Lisa Mcinerney

    • Joelle losfeld
    • 24 Août 2017

    Après quarante ans d'exil, Maureen retourne à Cork pour retrouver son fils, Jimmy, qu'elle a été forcée d'abandonner. Une nuit, lorsqu'elle tue un inconnu en le frappant violemment à la tête, elle déclenche une série d'événements qui va secouer toute la ville de Cork et révéler différents personnages en marge de la société irlandaise.
    Ryan, 15 ans, qui deale et donnerait tout pour ne pas ressembler à son père alcoolique. Sa petite-amie Karine, magnifique et issue d'une classe aisée, avec laquelle il vit un amour pur et passionné, jusqu'à ce que la réalité les rattrape.
    Tony, dont l'obsession qu'il voue à sa voisine menace de les détruire, lui et sa famille. Georgie, une prostituée qui feint une conversion religieuse aux répercussions désastreuses.
    En renouant avec son fils Jimmy, Maureen découvre qu'il a grandi dans le quartier le plus dangereux de la ville et qu'il est devenu un gangster redoutable, mais cette meurtrière involontaire est heureuse de pouvoir compter sur lui pour la sortir de cette situation. En cherchant tous les moyens possibles pour expier ses nombreux péchés, et en premier lieu le meurtre qu'elle a commis, Maureen risque cependant de détruire le plan mis en place par Jimmy, et surtout de les mettre tous en danger.

    Dans un style vrai, cru et aussi poétique, Lisa McInerney dresse le portrait touchant, drôle et irrésistible de personnages pris au piège, qui voudraient s'en sortir mais courent tout droit à leur perte.

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