La Decouverte

  • Numérisation, robotique, travail en réseau, industrialisation des services, ubérisation, néomanagement... ces notions et beaucoup d'autres évoquent les multiples visages des mutations du travail. Le travail encadré par les métiers et les qualifications, par une organisation stable et par un système de relations professionnelles établi, semble en voie de disparition. Bien souvent, ces mutations sont associées à une dégradation continue des conditions de travail. Cette inquiétude se comprend d'autant mieux que les transformations du travail affectent tous les domaines d'activité sans que ces changements apparaissent comme des progrès visant à améliorer les conditions de travail. Le plus souvent, ils se présentent comme des réponses aux contraintes imposées par le capitalisme financier et par la mondialisation.
    Pourtant, si le pessimisme peut être compris, ce n'est pas la meilleure manière d'analyser la révolution du travail dans laquelle nous sommes engagés. Car derrière les désordres et les frustrations, de nouveaux métiers et d'autres manières de travailler se constituent également et il est important de les décrire et de les expliquer afin de savoir dans quels mondes du travail nous entrons. Tel est l'objet de ce livre qui aborde successivement trois grandes questions : les effets des innovations techniques, les nouvelles formes d'organisation du travail et de management, les mutations des conflits du travail.

  • Il est communément acquis que la confiance est la vertu élémentaire de toute vie sociale : sans confiance, les conduites de nos semblables seraient imprévisibles et dangereuses, alors qu'elle permet d'anticiper leurs actions et réactions. Mais l'établissement de la confiance repose sur des dispositifs culturels, institutionnels, sociaux et, souvent, imaginaires et religieux. Or, force est de reconnaître que nos sociétés contemporaines sont perturbées par des crises de confiance aux manifestations très diverses : mise en cause des élites politiques, du savoir scientifique et de l'expertise, succès des théories du complot, etc. Dans le même temps, ces crises n'empêchent pas la construction d'autres modalités de la confiance. S'il importe donc d'analyser la manière dont elle est affaiblie, voire détruite, il faut aussi saisir la production continue de la confiance sous des formes nouvelles.
    Tel est l'objet de cet ouvrage collectif, qui réunit des contributions originales de chercheurs mobilisant nombre de disciplines des sciences humaines et sociales : histoire, anthropologie, psychologie, économie, sociologie, sciences politiques, sciences de la communication... Ces approches plurielles contribuent à éclairer un thème qui embrasse la totalité de la vie des sociétés et peut se décliner en de multiples questions et objets.

  • Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de « crise des migrants », ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle « crise » parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ?
    Pour les auteur·e·s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des États européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre États membres qui est supposé fonder l'Union européenne.
    Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la « crise » nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.

    Sous la direction de Annalisa Lendaro, Claire Rodier et Youri Lou Vertongen.

  • La pratique du soin et la préservation de la santé ont toujours représenté une préoccupation majeure pour l'ensemble des sociétés humaines, depuis les premières organisations sociales jusqu'à nos jours, et ce, sur tous les continents. L'approche archéologique et anthropologique adoptée dans cet ouvrage permet de retracer, sur plusieurs dizaines de milliers d'années, la manière dont les groupes humains ont appréhendé la maladie, le handicap et le soin. De la préhistoire à l'époque contemporaine, les contributeurs et contributrices nous racontent aussi la diversité des pratiques, car à chaque mal correspond un remède déterminé par des normes sociales et des choix contextuels.
    Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire entre archéologues, anthropologues, biologistes et historiens qui, dans une double approche sociale et biologique, se posent la question du soin et de la santé à l'échelle des individus comme des populations.

  • Nos manières de manger, comme ce que nous mangeons, ne tiennent pas seulement à nos besoins, nos cultures et nos goûts. Car tout un ensemble de normes juridiques, d'accords commerciaux et de recommandations de santé entend diriger notre alimentation. Le statut et la définition même des aliments que nous consommons relèvent de cette intense production normative, qui ne cesse de se déployer au nom de notre bien-être, de nos traditions et de nos terroirs.
    C'est cet univers méconnu qu'explorent les auteurs de cet ouvrage, à partir d'une série d'études de cas fort éclairantes. Ils montrent ainsi que rien n'échappe à la construction de normes et de valeurs, alors que la multiplication des échanges et la circulation des produits alimentaires élargissent constamment l'espace des choix et des goûts. Mais aussi que nos conduites alimentaires sont loin d'être totalement déterminées par le pouvoir des normes. Alors que nous savons ce qui est sain, beaucoup préfèrent manger ce qui est réconfortant et commode à cuisiner, parfois au risque de leur santé. La diversité des rapports à l'alimentation est ainsi illustrée ici par plusieurs études relatives aux pratiques des enfants, des hommes et des femmes.

  • S'il est un spectre qui hante l'Europe des XIXe et XXe siècles, c'est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu'elle s'invente avec l'industrialisation, est d'abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
    Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d'un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement - féministes, jocistes ou révolutionnaires.
    En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l'ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l'Europe contemporaine.

  • Comment l'affirmation berbère s'est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? À rebours des clichés sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali entreprend dans ce livre de définir un cadre d'analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L'occupation française a-t-elle pu être un agent d'intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l'Algérie ? Y a-t-il eu une « politique kabyle » de la France ? Pourquoi les berbéro-nationalistes du PPA-MTLD, critiques envers sa doctrine arabo-islamique, sont-ils restés minoritaires ? Y a-t-il eu au sein du FLN, entre 1954 et 1962, une guerre entre « Arabes » et « Kabyles » ? Pourquoi dans les régions berbérophones de l'Est, l'affirmation berbère n'est-elle pas aussi ancienne qu'en Kabylie ? Et comment expliquer qu'à l'indépendance, en 1962, ces régions se soient positionnées de façon différente vis-à-vis du régime d'Ahmed Ben Bella ?
    S'écartant des sentiers battus de l'essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l'auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie... Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des « récits identitaires » en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans ce pays.

  • En 1989, la chute du mur de Berlin s'est accompagnée d'une plus libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises, laissant croire à l'abolition progressive des frontières. Cette chimère fut rapidement démentie par l'apparition, dans différentes régions du monde, de conflits visant à redéfinir les territoires et les souverainetés, de nouvelles affirmations nationalistes et de mouvements sociaux appelant au retour des frontières perçues comme des protections économiques, culturelles et sociales.
    Cet ouvrage retrace, à travers l'étude de cas particulièrement éclairants, cette évolution planétaire. Il montre ainsi comment, au sein même de l'Europe, de nombreux mouvements ont revendiqué l'instauration de nouvelles frontières après les guerres de l'ex-Yougoslavie, et de quelle manière la mondialisation et la construction européenne ont renforcé de petits territoires, les émancipant de leurs voisins. Récemment, bien des pays ont édifié des murs et fermé leurs frontières afin de se protéger de vagues migratoires vues comme dangereuses : entrons-nous dans un monde où seules les marchandises, les informations et les élites mondialisées circuleront librement ? À quoi les frontières servent-elles ? À qui profitent-elles ? À qui manquent-elles ?

  • À l'instar de l'anthropologie, de l'histoire et de la sociologie, l'archéologie impose de ne pas restreindre les savoirs aux seuls territoires lettrés et aux cultures de l'écrit. Elle replace les connaissances et apprentissages humains dans une perspective de très longue durée, soit près de trois millions d'années au cours desquelles apparaît et se développe le langage articulé, principal vecteur de la transmission. À travers l'étude de la matérialité des supports, des dispositifs d'apprentissage et des lieux de savoir, cette discipline apporte également un éclairage original sur les phénomènes de transmission et de socialisation des connaissances dans les sociétés humaines passées et présentes, que ce soit lors d'activités quotidiennes informelles ou dans des cadres professionnels et intergénérationnels plus structurés.

    Avec les contributions de : D. Arribet-Deroin, M. Bats, G. Bellan, B. Bril, J.-L. Dessalles, A. Högberg, S. Hurard, C. Jacob, P. Johansson Keraudren, A. Kadri, F. Labaune-Jean, A. Lehoërff, C. Michel, J.-P. Nguede Ngono, M.-I. Ortega-Cordellat, G. Pontarotti, O. Rivero, V. Roux, M. Smith, J. Sofaer

  • La dénonciation globale des inégalités sociales ne suffit pas, car toutes les inégalités ne se « valent » pas : certaines sont visibles, d'autres le sont moins, certaines sont perçues comme injustes, d'autres ne le sont pas. Il ne suffit donc pas de décrire et de mesurer les inégalités sociales, il faut aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l'action des individus. Tel est l'objet de ce livre collectif original, organisé en quatre thèmes.
    Alors que les inégalités sociales se creusent, la représentation des inégalités en termes de classes s'estompe. Alors que la conscience des inégalités semble s'accentuer, mais sans déboucher pour autant sur des formes d'action collective intégrées et fortement organisées. Comment construire une lecture de la vie sociale à partir des inégalités ? Comment se constitue l'« économie morale » de ceux qui sont confrontés aux plus violentes de ces inégalités ?
    La définition des inégalités est toujours associée à des principes de justice. En ce domaine, sociologie et philosophie politique ont partie liée : il faut savoir quels sont les principes de justice mobilisés par les individus qui fondent les sentiments d'injustice. Par ailleurs, les inégalités sociales ne sont pas seulement des faits, ce sont aussi des expériences affectant l'identité des acteurs et les interactions sociales participant à la production des inégalités. Comment vit-on avec les inégalités sociales, comment s'en accommode-t-on plus ou moins, comment l'expérience des injustices est-elle construite, comment se mobilise-t-on contre les inégalités ? Enfin, si les sociologues sont souvent devenus des spécialistes des inégalités sociales, il faut se demander en quoi leur travail et leur critique sont susceptibles de peser sur la vie politique et sociale. En fait, il importe de se demander si la sociologie est utile et comment.
    Avec des contributions de : Anne Barrère, Luc Boltanski, Fabienne Brugère, Alain Caillé, Jacques Donzelot, François Dubet, Marie Duru-Bellat, Michel Forsé, Michèle Lamont, Didier Lapeyronnie, Catherine Marry, Danilo Martuccelli, Alain Renaut, Pierre Rosanvallon, Dominique Schnapper, François de Singly, Marc-Henri Soulet, Nikola Tietze, Alain Touraine, Michel Wieviorka.

  • Au coeur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque.
    L'archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire - avec les premiers Hominidés quittant l'Afrique - au XXIe siècle. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.
    Confrontant les données archéologiques, historiques, génétiques, géographiques, démographiques et linguistiques, Archéologie des migrations propose un réexamen critique des sources disponibles. Cet ouvrage a pour ambition de mettre en perspective de nouvelles hypothèses scientifiques et d'aller au-delà de la simple observation des mouvements de population, en abordant notamment les contacts entre les migrants et les sociétés qu'ils rencontrent.

    Avec des contributions de :
    Jean-Paul Demoule, Eva-Maria Geigl, Pascal Picq, Peter Bellwood, Jean-Jacques Hublin, Jérôme Dubouloz, Colin Renfrew, Patrice Brun, Vincenzo Bellelli, Ana Delgado Hervas, Claudia Moatti, Christophe Sand, Augustin Holl, Bruno Dumezil, Jean-Luc Boudartchouk, Vincent Carpentier, Paul Salmona, Marc Terrisse, Susan Peabody, Christian Grataloup, Theresa A. Singleton, Anne Richier et Nicolas Weydert, Krish Seetah, Dirk Hoerder, Sophie Bouffier, Isabelle Catteddu, Philippe Joutard.

  • Face à l'urbanisation croissante de la planète et à la mondialisation qui donnent parfois l'impression d'une homogénéité globale, la comparaison internationale entre villes est devenue un enjeu majeur. Nombre d'organisations publiques et privées classent ainsi les métropoles selon des critères standardisés. Dans le champ académique, la circulation transnationale et les injonctions à l'internationalisation des recherches nourrissent les démarches comparatistes. Mais pourquoi et comment comparer ? Quels sont les avantages, les difficultés, les limites et les pièges de la comparaison ?
    Cet ouvrage réunit une vingtaine de chercheurs en sociologie urbaine, qui pratiquent dans leurs travaux la comparaison internationale. Leurs contributions illustrent en quoi, et à quelles conditions, la comparaison peut permettre de mieux analyser les structures sociospatiales, les processus, les normes et les catégories de pensée. Elles montrent aussi, au-delà de l'approche monographique souvent adoptée dans l'étude des villes, ou en complément de celle-ci, comment différentes façons de comparer permettent de monter en généralité et de développer l'inventivité théorique.

  • La charia, normativité référée à l'islam et à ses textes fondateurs, appartient à ces vocables constamment utilisés et jamais étudiés, ou si peu. Il n'existe en tout cas aucun ouvrage de langue française tentant d'aborder la question, non pas dans ses représentations fantasmées, mais dans ses formes et ses pratiques concrètes, vide que ce livre entend combler. L'objectif est de le faire « au temps présent », dans le phénomène de référencement à la charia que l'on peut observer à l'oeuvre dans le contexte contemporain, tout en ne négligeant pas la nouvelle dimension politique que ce terme et ses usages n'ont manqué de prendre.
    Les rapports du droit à la référence islamique ont connu des bouleversements profonds au cours des cent cinquante dernières années. Aux niveaux législatif et judiciaire, les instances du droit ont eu à se prononcer sur la place de la charia dans les différents systèmes juridiques. L'ouvrage s'attache à observer comment la formulation des règles référées à l'islam, leur usage et leur autorité sont fonction du contexte social, politique et institutionnel de chaque État.
    Faut-il en conclure à la relativité de la charia ? Au lieu de chercher à connaître la nature de la règle islamique, il convient davantage d'observer, en contexte, comment ces règles sont invoquées, élaborées et mises en oeuvre dans le cours ordinaire de la vie de sociétés où la présence musulmane est importante.

  • Phénomène sans précédent dans l'histoire de l'humanité, l'allongement de la vie humaine est en train de révolutionner durablement le xxie siècle, sur tous les continents. Pourtant, l'ampleur de ces mutations et leurs nombreuses implications restent largement méconnues.
    L'ambition de ce livre est d'en dresser un panorama complet en montrant comment cela bouleverse la condition humaine et sociale, le régime temporel de nos existences, ainsi que les manières de vivre ensemble. Dans une société où coexistent désormais quatre générations aux expériences et aspirations sensiblement différentes, les formes de solidarité sont à repenser. De même, comment faut-il protéger et soigner dans des sociétés de vie longue ? Quels sont le sens et le prix du prolongement de la vie ? Comment concilier longévité et qualité de vie ? Autant de questions aux implications à la fois sociales, éthiques, médicales et économiques.
    À partir du croisement d'approches pluridisciplinaires et dans une perspective de comparaisons internationales, cet ouvrage a pour ambition de dresser un état des savoirs et des réflexions sur la question de la longévité. Non seulement il circonscrit les multiples défis posés par l'allongement de la vie, mais il offre une lecture essentielle pour comprendre comment nos sociétés pourraient se saisir de cette révolution afin d'en faire une opportunité pour tous et toutes.

  • Dans un contexte de durcissement pénal et d'accroissement de la population carcérale, la question du devenir à long terme des délinquants mérite un intérêt particulier. L'idée selon laquelle les expériences délinquantes sont transitoires semble aller de soi, sans que l'on sache vraiment quand, pourquoi et comment s'ordonne cette perte d'attraction des conduites transgressives. Jusqu'ici, les sciences sociales tout comme les praticiens, notamment dans le monde francophone, se sont focalisés sur les entrants et les persistants et ont ostensiblement ignoré les sortants de la délinquance. C'est pourtant un enjeu social et politique important qui mobilise, à des niveaux divers, des centaines de milliers de professionnels en France.
    Il y avait donc un vide académique à combler, un champ de recherche à défricher et ce premier ouvrage en langue française pose un premier jalon dans cette direction. Il regroupe les éclairages d'auteurs reconnus qui abordent les sorties de délinquance à travers l'analyse des expériences individuelles, des dynamiques sociétales et de l'action publique en croisant différentes disciplines et en articulant théories, méthodologies et données empiriques.

  • Dans ce livre, " tout y passe : les racines historiques, les fondements philosophiques, politiques ou religieux, les principes constitutifs, la définition floue de l'économie sociale et l'impossible détermination de ses contours en raison de son extrême diversité, son identité et ses facteurs de différenciation avec l " l'autre économie" [...]. Le tout nourri d'exemples concrets et d'observations issues du terrain ", écrit dans sa préface le délégué interministériel à l'innovation et à l'économie sociale Frédéric Tiberghien. Cet ouvrage expose avec clarté les grandes interrogations ou controverses qui traversent ce secteur : faut-il opposer économie sociale et économie solidaire ? L'avenir - que certains prédisent brillant - de l'économie sociale n'est-il envisageable qu'en proportion inverse des défaillances du marché et des échecs des politiques publiques ? L'économie sociale constitue-t-elle un bon vecteur pour redonner le pouvoir au citoyen et au territoire ? Saura-t-elle dépasser son complexe d'infériorité et se définir une unité au-delà de ses mouvances, de ses chapelles, de ses familles ? À toutes ces questions, ce livre n'apporte pas une réponse monolithique, mais des " regards croisés " que chaque lecteur pourra réagencer selon ses préoccupations.

  • En étudiant cinq grandes « raisons » qui organisent le monde contemporain - mémoire et oubli dans les identités ; rapports religions et sociétés civiles ; place de l'animal et du sacrifice ; stigmatisation et exclusion jusqu'aux généocides ; synthèse possible par l'anthropologie elle-même - l'anthropologue Mondher Kilani propose une synthèse globale, ambitieuse et lumineuse , du monde contemporain.

  • Notre époque connaît un important accroissement des inégalités de patrimoine ainsi que de leur reproduction d'une génération à l'autre. Cette tendance suscite un regain d'intérêt pour les questions de succession et d'héritage, plus complexes qu'une approche étroitement statistique pourrait le laisser supposer. Au point de vue de l'économiste, il convient en effet d'adjoindre celui de l'historien, du sociologue, ou de l'anthropologue - autrement dit, d'envisager l'héritage sous un angle pluridisciplinaire. C'est ce que propose cet ouvrage qui, se concentrant sur la transmission des biens matériels, s'attache à en étudier les dimensions techniques et symboliques. Quels déterminants interviennent dans le choix du destinataire d'un legs, au sein de la famille, à une institution, un musée ou une fondation ? La prise en compte de la succession à venir intervient-elle dans les choix faits au présent, notamment celui de signer ou non un contrat de mariage ? Comment la possibilité d'un héritage à venir est-elle utilisée par les légataires, et à quelle(s) fin(s) ? En révélant la diversité des formes de l'héritage et des logiques qu'elles recèlent en France et ailleurs, cet ouvrage invite à envisager sous un nouveau jour une réalité coextensive aux sociétés humaines.

  • Pourquoi et comment l'infection VIH percute-t-elle la vie des immigrés d'Afrique subsaharienne en France ? Première étude quantitative d'ampleur menée par des chercheurs et des associations au sein de cette population particulièrement touchée par le virus, l'enquête ANRS Parcours a retracé en 2012-2013 les trajectoires migratoires, sociales, administratives et de santé de ces immigrés. Elle met en relief les difficultés d'installation, les bouleversements familiaux et professionnels à l'arrivée en France, et leurs conséquences en termes de santé.
    Plus qu'une recherche en santé publique, Parcours est une étude sur l'immigration en provenance de cette région du monde, une immigration marquée par des années de fragilité administrative et d'insécurité au quotidien. Elle met au jour les facteurs structurels qui pèsent, souvent de façon durable, sur l'installation des immigrés en France et accroissent leurs risques d'être infectés par le VIH une fois sur place. Elle montre aussi l'importance des dispositifs qui mettent en oeuvre le principe d'universalité de l'accès aux soins (AME, PASS, associations humanitaires) et la nécessité de les garantir.
    Car la lutte contre le sida, véritable maladie de la précarité, passe par la réduction des inégalités de santé.

    Cette recherche a été conduite sous la responsabilité scientifique d'Annabel Desgrées du Loû (IRD), France Lert, Rosemary Dray-Spira et Nathalie Bajos (Inserm) et Nathalie Lydié (Santé publique France). Elle a été financée par l'Agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), avec le soutien de la Direction générale de la santé et de l'agence Santé publique France.

  • Le cancer reste aujourd'hui encore une maladie grave, souvent mortelle. Pour les malades, l'espoir repose sur des stratégies médicales diversifiées et des relations singulières nouées avec les soignants et avec les proches. Si la vie personnelle des patients se réorganise à l'annonce de la maladie, les rapports entre soignés et soignants sont bouleversés par les innovations biomédicales et les changements dans l'organisation du travail des praticiens.
    Dans ses pratiques quotidiennes, la cancérologie porte à l'extrême une tension centrale de la biomédecine contemporaine, entre l'évolution vers une prise en charge sanitaire qui se veut de plus en plus « personnalisée » et les exigences propres à la médecine scientifique, « fondée sur des preuves », notamment en termes de standardisation des procédures.
    Au-delà des discours convenus, d'allure scientiste et souvent enchantée, cet ouvrage collectif se propose d'étudier les conditions économiques, éthiques, psychologiques, politiques et institutionnelles des innovations biomédicales et les effets sociaux de leur diffusion. Il montre ainsi comment ces changements dessinent de nouvelles expériences de la maladie chez les patients et leurs proches.

  • En octobre 2017, une enquête montrait qu'un jeune Français sur deux rejetait l'idée selon laquelle « le mot communisme fait ancien, dépassé ». Plus d'un quart des sondés exprimait une opinion positive sur la « pensée de Karl Marx ».
    Malgré la disparition de l'URSS, l'effondrement du Parti communiste, les séquelles laissées par le stalinisme et la doxa affirmant qu'« il n'y a pas d'alternative », le spectre de Marx hante toujours l'imaginaire français. Nul hasard à cela : la vie intellectuelle comme l'histoire politique de la France ont été durablement marquées par les présences multiples de Marx.
    Deux siècles après la naissance de ce dernier, en 1818, cet ouvrage offre un éclairage historique et sociologique sur la façon dont la pensée de Marx a été reçue dans le contexte français, du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il propose non pas une nouvelle interprétation de Marx, mais un décryptage des formes complexes qu'y a prises son oeuvre.
    Analysant la place et l'influence de Marx dans le débat intellectuel, politique et artistique français, de l'extrême gauche à la droite aronienne, et jusque dans le monde colonial francophone, les contributeurs de cet ouvrage proposent un regard singulier qui permet de comprendre les usages - et mésusages - d'une oeuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.

  • Dès l'après-Seconde Guerre mondiale, l'accès au travail rémunéré a été au coeur des revendications des mouvements féministes occidentaux. En parallèle, cette question de l'activité laborieuse a constitué un champ privilégié pour les travaux de recherche pionniers sur les femmes. En ce début de XXIe siècle, marqué par une « crise » économique de long terme, une augmentation de la précarisation et un chômage endémique liés aux politiques néolibérales, l'analyse de la place des femmes et des hommes sur le marché du travail reste un passage obligé pour comprendre, beaucoup plus largement, les formes nouvelles de la domination masculine.
    Rassemblant une trentaine d'auteur·e·s issu·e·s de différentes disciplines et pays, Je travaille, donc je suis propose d'éclairer, dans une perspective internationale et à travers des objets d'étude novateurs, les débats contemporains articulant genre et travail. Cet ouvrage s'appuie sur une hypothèse forte : le travail est une fenêtre sur le monde social - sur ses hiérarchies, ses tensions, mais aussi sur ses transformations - et l'analyse de la place des femmes et des hommes sur le marché du travail doit rester au coeur de toute réflexion sur l'émancipation des femmes.

  • Comment vivent les femmes chinoises aujourd'hui ? Quel est leur statut et quelles places occupent-elles dans la Chine contemporaine ? En quoi les bouleversements économiques et sociaux depuis les années 1980 ont-ils modifié leurs situations et leur accès aux droits ? Observe-t-on des mutations dans leurs rapports à la famille, à l'éducation, au travail et à l'emploi ou encore à la sexualité ? Comment sont-elles représentées au cinéma ?
    Autant de questions auxquelles cet ouvrage collectif, résolument pluridisciplinaire, entend répondre. Anthropologues, démographes, historiens, sociologues et politistes réfléchissent aux mutations que connaît la société chinoise contemporaine, en centrant leur analyse sur les rapports de genre. Au-delà des situations contrastées des femmes chinoises, ce sont les rapports entre les hommes et les femmes et leurs représentations qui sont mis en exergue. En faisant se succéder chapitres de synthèse et enquêtes de terrain, cet ouvrage donne à voir la réalité foisonnante, hétérogène et nuancée, des rapports sociaux contemporains en Chine.

  • En quoi l'actuel renouveau de l'Asie plonge-t-il ses racines dans une " longue durée globale " ? Quelle est la nature des changements structurels accompagnant la croissance démographique, le développement de l'Etat et du commerce, l'accumulation localisée des richesses et des savoirs ? Comment rendre intelligibles une expansion géographique des flux d'échange et le déploiement parfois concomitant du capitalisme à l'échelle nationale, puis mondiale ? Pour la première fois en France, un ouvrage réunit anthropologues, économistes, polilologues, sociologues et historiens pour répondre à ces questions et esquisser les grandes lignes d'un nouveau programme de recherche : l'Histoire globale. Celle-ci recouvre d'abord une analyse du rôle crucial du monde non européen dans l'histoire de l'humanité pour sortir enfin d'une démarche trop " eurocentrée ". Elle constitue ensuite un profond renouvellement de l'analyse en termes de système-monde, au-delà des oeuvres incontournables de Braudel et de Wallerstein. Elle inclut enfin l'analyse comparative des processus de mondialisation. Le pari de cet ouvrage est de présenter l'Histoire globale à partir de textes classiques ou inédits de quelques-uns de ses auteurs les plus marquants. Un prologue propose une synthèse de ses problématiques et recherches les plus caractéristiques, en soulignant leurs enjeux épistémologiques pour les sciences sociales. Les contributions de Beaujard, Bentley, Goody, Hall et Chase-Dunn éclairent les processus pluriséculaires d'intégration intercontinentale ; celles d'Aglielta, Arrighi et Silver, Gills et Denemark, Wallerstein abordent la naissance, le développement et les crises du capitalisme global ; les écrits de Berger, Goldstone, Norel, Pomeranz, Wong analysent les liens entre les épisodes de croissance et de créativité culturelle récurrents (ou " efflorescences "), et les processus de mondialisation.

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