Le Pommier

  • Petite Poucette

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 30 Mars 2012

    Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer ! Pour Michel Serres, un nouvel humain est né, il le baptise " Petite Poucette ", notamment pour sa capacité à envoyer des messages avec son pouce.
    Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, - le passage aux nouvelles technologies - tout aussi majeure, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
    Devant ces métamorphoses, suspendons notre jugement. Ni progrès, ni catastrophe, ni bien ni mal, c'est la réalité et il faut faire avec. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître. mais il faut lui faire confiance !

  • éclaircissements : entretiens Nouv.

    éclaircissements : entretiens

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    • Le pommier
    • 4 Mai 2022

    Communément célébré pour sa parole lumineuse, Michel Serres a été souvent critiqué pour la complexité de ses livres, notamment les premiers. Paru en 1992, Éclaircissements s'était donné pour mission de rendre le travail du philosophe transparent et limpide. La discussion menée par Bruno Latour, qu'il connaissait bien, a permis à Michel Serres de s'exprimer librement et sincèrement tout en simplifiant son propos. Un dialogue amical mais sans concession où l'on apprend beaucoup sur sa formation intellectuelle (la guerre, les sciences renouvelées), sur les enjeux de ses livres et le dessein global d'une oeuvre qui, à ce moment, n'en était encore qu'au premier tiers : 24 livres sur 80 ! Michel Serres explicite les raisons de son passage des sciences à la philosophie, sa position singulière, construite sur la remise en cause du progrès des sciences devant Hiroshima et la responsabilité scientifique : « J'ai été formé intellectuellement par les révolutions intérieures à la science, et philosophiquement par le rapport de la science à la violence. » Pour construire l'avenir, notamment celui de la cohabitation des hommes et de la nature, il insiste sur l'importance du droit, du récit, incarnation nécessaire, de la beauté de la langue, qu'il cultive, ou celle de la pluridisciplinarité, qu'il prônera activement. Avec le recul, on est étonné de voir à quel point il était lucide sur l'état du monde et sur ce qui nous attendait.

  • C'était mieux avant !

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 8 Août 2017

    Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre :

    « Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : « C'était mieux avant ». Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert.
    Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts.
    Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera ».

    Michel Serres

  • La nature est eternellement jeune, belle et généreuse : portrait de George Sand en écologiste Nouv.

    La nature, George Sand la connaît bien : elle gère de main de maître les 250 hectares de son cher domaine de Nohant, jardine trois à quatre heures par jour avec une « passion d'abrutie », selon ses propres mots, herborise, dans le Berry, à Toulon, dans les Alpes, constitue avec son fils Maurice un herbier fantastique... Sa curiosité s'étend même aux oiseaux, aux papillons, aux fossiles. Qu'elle conteste certaines classifications de son temps, et la postérité lui donnera souvent raison.

    Sa plus belle preuve d'amour pour la nature ? Une série de textes qu'elle écrit pour la protection des forêts, et notamment celle de Fontainebleau. Dans une tribune parue dans le journal Le Temps en 1872, elle pose le problème de la déforestation dans les termes actuels de l'écologie politique.

    Si, en 1830, elle défendit la cause des femmes, en 1848, la République, son dernier combat, en 1872, sera en faveur de la nature. Écoféministe, George Sand le fut bien avant l'heure. C'est cet aspect de son oeuvre que Gilles Clément et Patrick Scheyder se proposent de faire découvrir dans ce recueil de ses textes les plus importants consacrés à la nature.

  • Morales espiègles

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 27 Février 2019

    " Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises.
    Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'austère en pouffant de rire. " Michel Serres

  • Dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, maltraitance animale, pollutions... De plus en plus de voix s'élèvent pour demander la reconnaissance des droits de la nature afin de mieux protéger le vivant, les forêts, les rivières ou encore les glaciers. Pourquoi la personnalité juridique ne serait-elle réservée qu'aux humains et aux entreprises ?

    Sans attendre la révolution juridique qu'une telle reconnaissance suppose, des juges, dans de nombreux pays, n'hésitent déjà pas à invoquer l'ordre public écologique et l'urgence à changer de paradigme.

    Les juristes de Notre Affaire à Tous dressent un état des lieux de la question au moment où les droits de la nature s'affirment de plus en plus au sein de la société civile, et lèvent les doutes que cette perspective pourrait inspirer au regard des mécanismes offerts par le droit de l'environnement et de la démocratie environnementale. Car une évidence s'impose : le passage de l'anthropocentrisme à l'écocentrisme ne pourra se faire en dehors du droit.

  • Les Parisiens déconfinés profitant des charmes de la forêt de Fontainebleau ignorent souvent qu'ils la doivent à une sorte de ZAD constituée, au XIXe siècle, par les peintres de Barbizon et la célèbre romancière George Sand.

    Dès 1840 en effet, l'État décide d'y abattre des arbres centenaires et de planter à leur place des pins, de meilleur rapport. Des jeunes gens s'élèvent alors contre cette décision et entendent bien lutter, au nom de l'art, pour préserver la forêt. Tout comme les actuels faucheurs de maïs OGM, ils vont la nuit arracher les pieds de pin ! S'ensuivent un procès et une habile campagne de presse menée par les activistes, qui, à la stupéfaction générale, l'emporteront ! Le premier parc naturel au monde est né à Fontainebleau, bien avant celui de Yellowstone aux États-Unis (1872).

    En 1872, l'État est de nouveau prêt à abattre la forêt pour payer les dommages de la guerre de 1870. C'est au tour de George Sand de se mobiliser. Dans une magnifique tribune de douze pages parue dans le journal Le Temps, elle écrit le premier texte résolument écologique en France. Elle annonce que la déforestation assèche la planète, elle pointe (déjà) la surexploitation des ressources, la déforestation en Amazonie... La forêt, à ses yeux, est un bien incessible, propriété de l'humanité, non de l'État ou des riches. Elle obtiendra gain de cause au terme de ce combat qui fait d'elle la première des écoféministes.

    Patrick Scheyder revient sur cette histoire méconnue capable d'inspirer les jeunes générations (et les moins jeunes), qui trouveront dans cette ZAD du siècle romantique les racines d'une conscience sensible de la nature.

  • Accelerer la résonance !

    Hartmut Rosa

    • Le pommier
    • 5 Janvier 2022

    Avec la « résonance », Hartmut Rosa a proposé un concept pour remédier à l'accélération hégémonique et réifiante du capitalisme rentier et spéculatif, qui nous condamne à la croissance et à la surchauffe. Pour lui, la transformation en profondeur de nos sociétés ne se réalisera que si nous acceptons d'entrer dans un nouveau rapport au monde, marqué par une relation « responsive » avec lui.

    En quoi cette résonance peut-elle bien consister concrètement ? Et surtout en quoi pourrait-elle aider les jeunes générations à vivre avec la réalité de l'Anthropocène, chaque jour plus prégnante ? La résonance, au contraire de l'éducation au « développement durable », semble un nouveau paradigme à même de faire advenir un autre monde, où ne s'opposeraient plus humains et non-humains.

    Avec Hartmut Rosa, le temps est venu d'écouter ce que le monde a à nous dire...

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  • Relire le relié

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 6 Novembre 2019

    « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? ».

    Michel Serres

  • Proust et le temps : un dictionnaire

    Isabelle Serça

    • Le pommier
    • 16 Mars 2022

    « Qu'est-ce donc que le temps ? disait saint Augustin, si personne ne m'interroge, je le sais ; si je veux répondre, je l'ignore. » A` la fois variable t dans une équation, sentiment de la durée bien décrit par Bergson ou encore scène ou` se déroule l'histoire des hommes en société... ?

    Sous la forme d'un mini-dictionnaire permettant cette pluralité d'approches, écrivain, physicien, linguiste, géochimiste, historien, neurobiologiste, plasticien ou encore économiste se proposent de croiser leurs conceptions du temps avec celles de Proust, dans l'oeuvre duquel il est le personnage principal (à moins que ce ne soit la mémoire...).

    Autant d'invitations à des promenades buissonnières à travers les sciences, les arts et les lettres, sous le regard du plus grand maître du temps : Proust lui-même !

  • Soleil : mythes, histoire et sociétés

    Carenini Emma

    • Le pommier
    • 2 Mars 2022

    On ne compte plus les livres sur la nuit. La nuit est romantique, mystérieuse, elle est propice aux fantasmes, aux réflexions. Le soleil, en revanche, semble être l'astre délaissé de la pensée, presque banal à force d'être toujours là. Le soleil se montre, par définition, en plein jour, il n'a rien à cacher. S'il est honoré par la poésie ou la littérature, il est rare qu'on parle du soleil pour lui-même, qu'on cherche véritablement à savoir ce qu'il est, ce qu'on en a pensé, ce qu'il nous dit de nous. Bref, « le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement » (La Rochefoucauld). Pour le voir, il faut une lunette, donc un intermédiaire.

    Pourtant, le soleil a profondément modelé les manières de penser de toutes les civilisations, de tous les peuples. Des croyances des Incas aux astronomes modernes, des éclipses antiques à la fusion nucléaire, de l'Ecclésiaste à Zarathoustra, des haruspices romains aux collapsologues contemporains, le soleil a connu une infinité d'interprétations, et n'a jamais signifié la même chose. De quoi nos représentations du soleil sont-elles le miroir ? Que disent de nous, à travers les âges et les pensées, nos façons de regarder, d'étudier ou de vénérer le soleil ? Au fond, avec le soleil, ce sont des représentations de la nature et de l'homme qui se font jour. Pour nous qui voyons notre existence commune menacée par le désordre climatique, quelles leçons peut-on tirer de cette archéologie ?

  • Le contrat naturel

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 12 Septembre 2018

    Dans cet essai fondateur, d'une actualité brûlante plus de 30 ans après sa première parution, Michel Serres définit les concepts d'une philosophie universelle de l'écologie.
    A partir du constat de l'impact des activités humaines sur l'équilibre global de la planète, qui atteste que l'humanité est devenue équipotente à un Etre-Monde, le philosophe démontre l'irruption du Monde comme acteur majeur de l'Histoire. L'état de violence "sans limite" entre l'Homme et le Monde appelle l'élaboration d'un nouveau droit, à fonder sur un Contrat naturel qui complèterait le Contrat social établi entre les hommes.
    30 ans après sa parution, l'ouvrage n'a rien perdu de son caractère visionnaire. On n'a même jamais eu autant besoin de le relire...

  • Habiter

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 6 Octobre 2021

    Depuis l'embryon lové dans le ventre de sa mère jusqu'aux métropoles qui couvrent la Terre de leurs lumières permanentes, les humains habitent le monde de mille et une façons. Mais les animaux et, plus étonnant, les végétaux ont eux aussi, bien avant nous, conçu des demeures où vivre. Des grottes aux cathédrales en passant par les cabanes et les hôtels, de la coquille au terrier, Michel Serres nous dévoile les secrets d'architectures séduisantes et multiples, nous en montre le sens et esquisse ainsi, par biomimétisme, le monde de demain. Édité à l'origine avec une riche illustration, ce texte, empreint de poésie, est pour la première fois rendu disponible dans une édition courante sans les images.

  • Nos années glorieuses

    Bruno Testa

    • Le pommier
    • 5 Janvier 2022

    Années 1950 et 1960. Un village de la plaine du Forez avec ses deux usines, ses prés et ses vaches, sa Cité ouvrière. Les garçons vivent encore à l'heure des frondes et des oiseaux qu'on déniche. Les jeunes filles rêvent toujours au prince charmant en lisant Nous Deux. Les femmes font la lessive au lavoir du canal. Les hommes, qui ne quittent jamais leurs bleus de travail, vont à la chasse, à la pêche, jouent aux boules, s'enivrent à la buvette ou à l'amicale laïque. Les vieux Italiens, d'anciens paysans venus autrefois travailler le verre, continuent de bêcher la terre pour ne pas faillir à la tradition.

    Pourtant, avec le néon, le formica et le frigidaire, le progrès commence ici ou là à pointer le bout de son nez. La radio et la télé apportent des nouvelles d'ailleurs, fissurent le huis-clos du village. Bientôt, très bientôt, le monde ne sera plus tout à fait le même. C'est du moins ce que dit la rumeur...

  • Augustin Berque, géographe, philosophe et orientaliste, est une figure discrète, mais dont l'oeuvre irrigue en réalité la pensée contemporaine. Ses pas, du Maroc au Japon en passant par l'Europe, l'ont mené à porter un regard sur les liens qui unissent les peuples à leur environnement, sur les liens qui font de nature et culture un chemin commun.

    Dans ce livre d'entretiens avec Damien Deville, jeune géographe et anthropologue, Augustin Berque revient sur son parcours d'intellectuel, de la géographie à la philosophie, il commente les grands événements qui l'ont traversé, décrit l'évolution du Japon, les douleurs de l'archipel tout comme les espoirs qu'il peut offrir au monde ; il porte son regard sur une nouvelle discipline, la mésologie - la science du milieu - qui permet de penser autrement les liens que nous entretenons à l'autre, humains comme non humains ; il invite enfin à habiter autrement la Terre en repensant territoires, architectures et démocraties.

    À l'heure où les peuples n'ont jamais été aussi séparés, où les relations se brisent, où les crises perforent nos sociétés, où les fossés n'ont jamais été aussi profonds, il existe, dans les approches forgées par Augustin Berque, des voies pour évoluer dans ces mondes incertains, des méthodes pour tisser le lien, des solutions pour réparer, ici comme ailleurs, le ciment de nos sociétés.

  • Le livre vert 2022

    Emeric Challier

    • Le pommier
    • 8 Décembre 2021

    Océan, climat, sols, biodiversité, économie... Les meilleurs spécialistes de chaque domaine se donnent rendez-vous tous les ans, au mois de juin, pour signer un livre blanc de la question environnementale : un livre vert ! Dans cet état des lieux de la planète seront réunis et présentés, de façon accessible et concise, les résultats de la recherche et toutes les informations que le citoyen éclairé est en droit de connaître. Réunissant une cinquantaine d'auteurs et édité en partenariat avec de grandes institutions, cet ouvrage collectif réunit des contributions vulgarisées, chacune assez courte et enrichie de nombreuses illustrations et de schémas. Découvertes récentes, diagnostics, situation de la recherche... La réflexion s'articule autour de grandes parties thématiques : « Croissance et environnement », « Nature et environnement », « Société », « Régulation et réglementation ». Sciences de la vie et de la terre et sciences humaines se croisent et se répondent pour exposer les éléments objectifs destinés à nourrir la décision politique.

  • Le poulailler métaphysique

    Xavier Galmiche

    • Le pommier
    • 18 Août 2021

    L'autre jour, j'ai tué ma volaille : un vieux canard dont le renard avait emporté le dernier compagnon et qui traînait sa neurasthénie sur le bord de la mare ; une poule bleue boiteuse. « La ferme, on l'a achetée pas trop cher, et pas trop loin de P. la capitale où se trouve le travail ; on la retape dans ce qui reste de temps. Rurbains nous sommes, en rurbains nous agissons. J. rêvait de retrouver un jardin, moi d'adopter des bêtes, des poules surtout.

  • La Fontaine

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 2 Juin 2021

    La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres, dans les différents moments de sa pensée.
    Ce livre en est l'ultime témoignage.
    Serres explore tout d'abord les Fables comme de prodigieux palimpsestes qui peuvent constituer autant de voyages vers les origines de notre pensée : sa « source corporelle et cognitive » inscrite dans toute une « gestuelle » de la fable, la « source des rapports sociaux » qui remontent par le biais de la fable jusqu'au totémisme. En des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, Serres montre alors comment ces fables mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses qui concernent de très près notre manière de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau dont il scrute les balancements les plus subtils.
    On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.
    Jean-Charles Darmon

  • Du temps où les pingouins étaient nombreux... Jean-Jacques Audubon (1785-1851) Nouv.

    Nantais d'origine, Jean-Jacques Audubon (1785-1851) fut le pionnier américain par excellence. Célèbre pour son ouvrage illustré Les Oiseaux d'Amérique, il se donna pour projet d'identifier, de décrire et de peindre tous les oiseaux du continent nord-américain. Son originalité ? Tous les volatiles sont représentés non pas isolés sur la page, mais dans leur environnement, ou plutôt leur écosystème.

    Henri Gourdin est parti sur les traces d'Audubon et nous donne de sa vie et de son oeuvre un double éclairage : le peintre des oiseaux est un représentant à la fois d'un certain romantisme d'inspiration français et du sentiment écologiste en train de naître. Est-ce si étonnant quand on sait, comme le résumait Jean d'Ormesson, que « le romantisme, c'est l'introduction de la météorologie dans la littérature » ?

    Dans cette narrative non fiction rédigée dans un style enlevé, fourmillant d'anecdotes et d'analyses percutantes, précieuses pour repenser notre rapport au vivant, le héros de la National Audubon Society apparaît dans toute sa vérité et sa complexité : artiste et scientifique, peintre et écrivain, chasseur et amoureux de la nature...

  • Delta, un triangle anthropocène Nouv.

    Delta, un triangle anthropocène

    Fanny Taillandier

    • Le pommier
    • 27 Avril 2022

    Delta?: une lettre d'alphabet pour ces «?dunes que le vent déplace et que l'eau transporte?»?; une lettre pour une zone vivante, modelée par la nature, que la main humaine a modelée à son tour. Delta?: une forme parfaite, un triangle anthropocène - car, au fil des siècles, le pouvoir aménageur a fait du delta du Rhône une zone de ressources, avec des conséquences multiples, parfois désastreuses et toujours complexes, sur le biotope. Dans ce territoire à la fois sauvage et pratiqué depuis des millénaires, se superposent strates géologiques et mythologiques, tandis que l'empire de l'humain sur le non-humain se diffracte en des myriades d'autres rapports de domination, et d'autres mémoires.

    Débordant la monographie documentaire, Fanny Taillandier poursuit sa série «?Empires?» et excelle ici, avec la Camargue pour creuset, à mêler les voix afin de donner à voir les logiques antagonistes qui innervent le territoire et d'évoquer des paysages somptueux, travaillés par nos mythes et nos croyances. Ce delta vaut pour tous les deltas du monde. Et, alors que la géographie s'entremêle de récits et de poésie, on croise, au hasard des paysages changeants d'eau et de sel, une diseuse de bonne aventure, des hors-la-loi magnifiques, des ingénieurs fantasques, un tueur en série et un grutier mystique, qui, tous, rappellent le tissu magique de nos représentations

  • Le réchauffement climatique et les désastres écologiques provoqués par les activités humaines imposent peu à peu l'idée d'une « transition écologique », c'est-à-dire d'une nécessaire transformation de nos modes de vie pour la préservation des écosystèmes terrestres. Mais en quoi devrait consister cette « transition » ? À adopter des écogestes ? À éduquer au développement durable ?

    Pour Michel Magny, notre ambition devrait être autre. Dans cet essai, il commence par mettre en perspective la question de la transition en considérant, sur la très longue durée, les processus qui, depuis 7 millions d'années, sont à l'origine des sociétés humaines et ceux qui, depuis 3,8 milliards d'années, ont permis l'évolution, le développement et le maintien de la communauté des vivants sur la planète. Transitions longues, donc, qui aboutissent deux communs : le commun social, que nous avons en partage entre humains, et le commun biotique, en partage entre humains et non-humains.

    Sur la base de cette analyse, celle qu'il esquisse, copernicienne, prend le contre-pied de l'idéologie néolibérale dominante en s'articulant autour d'un projet écologique et social complet, borné par les limites mêmes de notre planète. Sa boussole ? Maintenir la durabilité de ces deux communs essentiels hors desquels nous perdons à la fois notre essence et notre existence : celui qui nous fait humains, celui qui nous fait vivants.

  • La forêt vierge d'Amazonie n'existe pas

    Stéphen Rostain

    • Le pommier
    • 13 Octobre 2021

    Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel.
    Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole - du plus néfaste au plus bénéfique -, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée.
    Un livre bienvenu, et de plus illustré de nombreuses images méconnues, mais saisissantes, dont les oeuvres du grand photographe Sebastião Salgado.

  • Odyssée pour une terre habitable

    Francois Prouteau

    • Le pommier
    • 3 Novembre 2021

    Crise climatique, effondrement de la biodiversité, pandémies et autres catastrophes...
    Les raisons ne manquent pas pour expliquer la vogue de la collapsologie.
    François Prouteau nous propose plutôt de relire l'Odyssée, matrice de notre civilisation, et y puise des leçons pour inspirer l'anthropologie et la politique de demain, aussi bien que les pratiques écologiques nécessaires à la sauvegarde de notre maison commune.
    Oui, 2020-2030 sera le temps d'une odyssée écologique, le plus grand défi posé à la décennie. Il faut, tel Ulysse, mettre le cap sur une Terre habitable. Plus que jamais fragiles et reliés, entre humains et non-humains, nous sommes à un nouveau commencement, au début d'un périple semé d'embûches. Saurons-nous saisir cette opportunité ? Être résilients dans les épreuves ? Accueillir le vivant avec hospitalité ?

  • De grands pans du vivant disparaissent jour après jour. Une crise de la biodiversité est en cours : tel est le constat sur lequel les scientifiques s'accordent. Mais que cela signifie-t-il vraiment, et en quoi cela nous concerne-t-il tous ?

    Sous la supervision de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle, les auteurs de ce livre se proposent de comprendre ce qui se cache derrière la notion de « biodiversité ». Leur objectif ? Montrer le rôle vital qu'elle joue dans le fonctionnement même de nos sociétés et, en cela, les risques que sa disparition engendre.

    Car un constat indubitable découle des connaissances scientifiques que nous avons acquises : la perte de biodiversité met en péril nos sociétés. Face à un futur plus instable, plus incertain, c'est notre résilience collective qui est remise en question. D'où l'urgence de s'emparer d'un sujet qui n'est pas qu'une affaire de sciences naturelles ni seulement d'engagement en faveur du vivant.

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