Maison Des Sciences De L'homme

  • Pauvre petit blanc : le mythe de la dépossession raciale

    Sylvie Laurent

    • Maison des sciences de l'homme
    • 24 Septembre 2020

    Depuis une dizaine d'années, un nombre considérable de Blancs pensent être les nouvelles victimes d'un « racisme anti-blanc », d'une « discrimination inversée », d'un « remplacement » et pour les plus extrémistes, d'un « génocide blanc ».Ces discours, propres aux sympathisants d'un nationalisme ethno-racial, ont motivé l'élection de Donald Trump à la présidence des EU et menacent d'entériner sa réélection en novembre 2020.Dans de très nombreux ouvrages, cette crispation communautariste blanche est souvent présentée comme une réaction politique à la mondialisation néolibérale et aux inégalités nouvelles qui en résultent, à l'immigration dite « massive » et surtout au développement d'une société multiculturelle en passe d'assurer un bouleversement démographique et culturel.Pourtant, ces discours sur le « déclin » même relatif des Blancs américains ne résiste pas à l'étude des données disponibles sur l'inégalité réelle et les positions de pouvoir entre Noirs, Hispaniques et Blancs.En réfléchissant à la construction historique d'une identité nationale ethno-raciale aux EU, Sylvie Laurent démonte le nouveau mythe du Blanc victime qui a déjà traversé l'Atlantique (Brexit, par exemple) et qui invisibilise des inégalités raciales pourtant toujours criantes.Elle dévoile avec brio que ce discours est en réalité l'ultime tour de passe-passe de la domination blanche aux États-Unis, qui s'approprie la posture de l'opprimé pour préserver un ordre social chahute´ par l'élection de Barack Obama et l'activisme des minorisés.

  • Les papas en danger ?. des peres a l'assaut des droits des femmes

    Leport Edouard

    • Maison des sciences de l'homme
    • 20 Janvier 2022

    Depuis le milieu des années 1970, des associations défendant les droits des pères - à l'image de SOS Papa ou de Les papas = Les mamans - ont imposé l'idée dans le débat public que les pères séparés seraient éloignés de leurs enfants par une justice favorisant les femmes.Après trois années d'enquête auprès de ces militants, le sociologue Edouard Leport révèle à contrario une réalité sombre: une part non négligeable des pères mobilisés sont accusés de violences conjugales ou de violences envers leurs enfants et tous sont en procédure de divorce conflictuelle. En off, lors des permanences des associations, les langues se délient et le combat de ces pères se révèle finalement très éloigné des préoccupations éducatives et des revendications d'égalité des sexes qu'ils affichent dans la sphère médiatique. Pour payer moins de pensions alimentaires et faire taire les dénonciations de leurs enfants et de leurs ex-femmes, ces hommes sont prêts à tout. Ils demandent notamment la reconnaissance médicale d'un « syndrome d'aliénation parentale » - une dangereuse théorie qui prétend que les accusations des enfants à l'égard de leurs pères sont nécessairement mensongères dans le cadre d'une séparation conflictuelle.En matière de violence ces pères engagés ne sont malheureusement pas des exceptions: le nombre d'accusations les concernant reflète les violences que subissent les femmes et les enfants lors des séparations des parents.Aussi, Edouard Leport nous propose de déconstruire l'argumentaire bien ficelé de ces pères engagés, de sorte qu'il ne puisse plus être invoqué innocemment pour défendre la préséance des hommes.

  • Océans

    Collectif

    • Maison des sciences de l'homme
    • 26 Mai 1999
  • Grossophobie - sociologie d'une discrimination invisible

    Carof Solenne

    • Maison des sciences de l'homme
    • 10 Juin 2021

    Depuis les années 1990, des associations, comme Allegro Fortissimo et plus récemment Gras politique, ainsi que des militantes et autrices comme Gabrielle Deydier, ont imposé un nouveau terme pour parler des discriminations liées au poids: la grossophobie. La tendance « body positive », résultat de ces mobilisations contre les normes esthétiques et pondérales dominantes, a renouvelé les problématiques propres aux mouvements féministes et queer, mettant à nouveau la question du corps au coeur des revendication des militantes dans le monde entier.Pourtant, les réseaux sociaux demeurent saturés d'« humour » grossophobe et la tyrannie de la minceur continue de sévir, générant mal-être, troubles du comportement alimentaire ou encore pratiques d'autocensure. Plus grave encore, les études chiffrées sur la grossophobie montrent qu'au-delà d'un certain poids les discriminations se systématisent. Elles ont lieu à l'embauche, au travail, mais aussi sur les applications de rencontre, dans les salles de sport, chez le médecin et même dans l'intimité, avec la famille.Avec cet ouvrage, Solenne Carof, signe une des premières études sociologiques sur la grossophobie en France. Que vivent les personnes très corpulentes dans une société comme la nôtre? Que révèle le stigmate de gros ou de grosse des normes qui pèsent différemment sur les hommes et sur les femmes? Quelles conséquences cette stigmatisation a-t-elle sur les personnes concernées? Au fil de son enquête, l'autrice dévoile les rapports de pouvoir qui se nichent dans la question du poids et structurent les hiérarchies propres à notre société.Une étude décisive pour mettre en évidence l'importance d'une discrimination encore peu condamnée, tant socialement que juridiquement.

  • Walter benjamin au micro. un philosophe sur les ondes (1927-1933) Nouv.

    Walter benjamin au micro. un philosophe sur les ondes (1927-1933)

    Baudouin Philippe

    • Maison des sciences de l'homme
    • 5 Mai 2022

    Durant près d'une centaine d'interventions au microphone sur les antennes de Berlin et Francfort entre 1929 et 1933, Walter Benjamin s'est efforcé de dépasser des formes journalistiques de pur divertissement. Qu'il s'agisse de ses chroniques littéraires ou de ses contes radiophoniques pour enfants, le philosophe berlinois s'efforce de repenser le matériau sonore diffusé sur les ondes.Ce livre comprend en outre les deux seuls témoignages sonores connus à ce jour, extraits de la pièce radiophonique pour enfants Chahut autour de Kasperl, diffusée à la radio de Cologne le 9 septembre 1932, ainsi qu'une interview de Stéphane Hessel réalisée par Philippe Baudouin pour France Culture, dans laquelle il témoigne reconnaître la voix de Benjamin dans le personnage de Kasperl.Ce livre est une réédition augmentée du livre de Philippe Baudouin paru en 2009 aux Éditions de la Maison des sciences de l'homme. Il a reçu le prix Inathèque décerné par l'Institut national de l'audioviosuel.

  • Racisme et jeu video

    Derfoufi Mehdi

    • Maison des sciences de l'homme
    • 6 Mai 2021

    En 2007, le monde du jeu vidéo est secoué par une violente polémique au sujet du jeu vidéo Resident Evil 5. Ce dernier est accusé de faire commerce du racisme, en invitant à se glisser dans la peau d'un américain blanc body-buildé, missionné dans une région africaine anonyme, et tuant des dizaines d'hommes et de femmes noires présentées comme de dangereux zombies infectés du virus T. Depuis, la communauté des joueurs et joueuses de jeux vidéo interpelle régulièrement les créateurset créatrices des jeux sur les questions du racisme et du sexisme.Dans son ouvrage, Mehdi Derfoufi analyse les rapports de force qui structurent l'industrie du jeu vidéo, dévoilant comment le racisme se niche parfois insidieusement au coeur de scénarios de jeux vidéo à succès. Il nous invite à nous questionner. Quels sont les pays qui pèsent sur les milliards d'eurosdu marché mondial du jeu vidéo? Qui sont les game designerset auteurs des jeux? Comment les représentations racistes sont-elles véhiculées à travers les personnages et les imaginaires vidéoludiques?L'auteur nous dévoile avec brio les logiques racialisantes à l'oeuvre au sein d'un marché économique très concurrentiel où des stéréotypes exotisants servent régulièrement à faire vendre un jeu. Il nous montre aussi comment la division internationale du travail et la hiérarchie économico-politique Nord/Sud pèse sur le marché du jeu vidéo et ralentit l'émergence de nouvelles représentations. Pourtant, de nombreux espoirs, notamment dans les pays du Sud participent au renouvellement de la culture geek: face aux violences racistes, la riposte s'organise.

  • Fukushima, dix ans apres - sociologie d'un desastre

    Asanuma-Brice Cecile

    • Maison des sciences de l'homme
    • 4 Mars 2021

    Le 11 mars 2011 à 14h46, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami atteignant par endroit plus de 30 mètres de hauteur. À l'Est du Japon, 54 des 174 villes côtières sont englouties par la vague, ainsi que la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi... Trois des six réacteurs de la centrale fusionnent alors, entraînant un désastre nucléaire sans précédent. Plus de 160 000 personnes sont évacuées du département en quelques semaines et se sont trouvées sans logement.Cécile Asanuma-Brice, résidente permanente au Japon dans le cadre de ses recherches en sociologie urbaine au CNRS, était présente au moment des faits. Par la suite, la codirection d'un laboratoire de recherches sur les suites de la catastrophe de Fukushima lui a donné une place de choix pour suivre la gestion politique de ce désastre nucléaire.Dans cet ouvrage, elle analyse les différentes dimensions de la catastrophe, notamment au travers de témoignages qu'elle a recueilli en japonais auprès des résidents (réfugiés ou non), du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, et du Premier ministre, Naoto Kan, tous deux en poste au moment des faits. Leurs récits dissonants interrogent les modalités de gestion de l'ignorance et du droit à savoir. Dans des circonstances qui mettent en jeu la vie de millions de personnes, qui régit l'accès à des informations de santé publique vitales? Qui peut décider de la non-évacuation d'une ville sinistrée ou du relogement des populations dans une ville radioactive?L'ouvrage est une mémoire vive, archives inédites d'un désastre, mais aussi, une analyse scientifique des politiques de relogement des réfugiés, des enjeux des mesures de radioactivité et du suivi psychologique des populations traumatisées.Autant de questionnements pour comprendre, ne pas laisser faire et surtout ne pas refaire.

  • Radicalisation

    Farhad Khosrokhavar

    • Maison des sciences de l'homme
    • 14 Novembre 2019

    La radicalisation est un phénomène vieux comme le monde, mais c'est surtout après les attentats du 11 septembre aux États-Unis qu'il a connu son heure de gloire dans les analyses des sciences sociales ainsi que dans les organismes de sécurité des différents pays. Dans le monde anglo-saxon, le nombre d'ouvrages et d'articles qui lui sont consacrés se compte par milliers, en France pour des raisons idéologiques la notion est plutôt marginalisée.Par son ouvrage, Farhad Khosrokhavar entend combler ce vide. Il réfléchit aux causes subjectives, mais aussi et surtout sociales, politiques, idéologiques qui font qu'un individu se radicalise et se fige dans cette attitude d'inflexibilité, de violence et de guerre totale contre la société.Il suit les méandres de ce phénomène en se concentrant sur l'islam radical, tout en soulignant que ce n'est pas le seul registre qui combine l'action violente et une vision idéologique extrémiste.L'ouvrage propose une interprétation des phénomènes de radicalisation jihadiste en Europe et dans le monde arabe et se conclut sur une analyse d'un nouveau type de radicalisation, celui qui résulte de l'afflux des jeunes Européens vers la Syrie.

  • Lutten klein, vivre en allemagne de l'est - une societe en transition

    Mau Steffen

    • Maison des sciences de l'homme
    • 18 Novembre 2021

    Avec Lütten Klein, Steffen Mau offre un livre aussi personnel qu'instructif. Son étude, rédigée avec beaucoup d'empathie, repose sur une profonde expertise en sciences sociales. Elle réussit non seulement à mieux comprendre la vie en RDA mais aussi le changement du système après la réunification. En prenant l'exemple du lotissement préfabriqué éponyme de Rostock où l'auteur lui-même a grandi, celui-ci analyse, sous une forme à la fois originale et biographique, la constitution sociale de l'Allemagne de l'Est dans cette phase de transformation qui se poursuit jusqu'à ce jour. Il révèle les failles sociales déjà inhérentes à la société de la RDA et montre à quel point celles-ci se sont creusées au cours des décennies suivantes.

  • Migrations - une nouvelle donne

    Wihtol De Wenden C.

    • Maison des sciences de l'homme
    • 12 Décembre 2016
  • Dans son ouvrage à grand succès, Andreas Reckwitz présente une théorie globale de la modernité où il analyse le changement structurel de la modernité industrielle vers la société des singularités de la modernité tardive. S'appuyant sur de nombreuses études empiriques issues des sciences sociales et culturelles, il examine le processus de singularisation dans l'économie, le monde du travail, la technologie numérique, les modes de vie et la politique du début du XXIe siècle. Il montre à quel point ce processus est étroitement lié à la culturalisation du social, il en révèle les dynamiques contradictoires en présentant les aspects plus sombres de cette société des singularités qui certes produit de grands gagnants, brillants et rayonnants, mais qui génère aussi ses propres inégalités et de grands perdants.

  • Alors que le nombre d'inscrits dans le service public d'emploi allemand et français atteint des records historiques, cet ouvrage s'intéresse à leur prise en charge et à leur trajectoire. En comparant l'expérience respective des usagers et des conseillers dans les deux institutions, il explique pourquoi un grand nombre de chômeurs sont dirigés vers des emplois à temps partiel, alors que les conseillers ne sont pas enthousiasmés par cette idée. Il souligne ainsi le rôle du service public d'emploi (sa structuration interne, la division du travail qui y règne et les outils fournis aux conseillers) à l'égard de la précarisation sur le marché de l'emploi. Pour cela, l'auteur mobilise plusieurs mois d'immersion au sein d'agences, des dépouillements d'archives historiques et des traitements de données statistiques. Son ouvrage se singularise par rapport aux enquêtes antérieures sur le service public d'emploi: d'abord, il procède à une comparaison franco-allemande point par point, qui permet de confronter l'expérience concrète qu'en font les publics; ensuite, il permet de comprendre comment la précarité est construite par le biais d'échanges administratifs entre quatre murs.

  • A la suite de l'attitude dominante des catholiques pendant l'affaire Dreyfus, les gouvernements de Défense républicaine (avec Waldeck-Rousseau) et du Bloc de gauches (avec Combes) ont adopté des mesures très anticléricales qui ont mené le conflit de deux France (la « fille aînée de l'Eglise » et celle issue de la Révolution) aux bords de la guerre civile. Dans cette conjoncture, on s'acheminait soit vers un « Concordat renforcé », soit vers une séparation autoritaire dans la filiation de la Constitution civile du clergé de 1790.Pourtant 1905 a été l'année d'un surprenant changement de cap et, aux très vifs affrontements parlementaires de 1902-1904 (Bloc contre bloc), a succédé la fabrication d'une « loi de liberté », élaborée, dans le « calme », par des majorités divergentes suivant les articles, et où des députés opposés au principe de Séparation ont, pourtant, contribué à façonner la loi séparant les Eglises et l'Etat. La République doit désormais assurer la « liberté de conscience » et garantir « le libre exercice des cultes » dans le cadre d'un ordre public démocratique (fin de l'anticléricalisme d'Etat), tout en supprimant tout aspect officiel de la religion ainsi que le « budget des cultes » (fin du cléricalisme d'Etat).Cette double règle posée, restait à déterminer comment elle serait appliquée et ce fut tout l'enjeu des discussions portant sur la transmission des biens (400 millions or), la dévolution des édifice religieux propriété publique (églises, cathédrales, ...), les caractéristiques des associations cultuelles et, surtout, l'ampleur de la liberté donnée aux manifestations religieuses dans l'espace public (vêtement religieux, processions ostentatoires, ...). Au conflit séculaire de deux France s'est ajouté un conflit interne aux gauches républicaines au pouvoir, où des personnalités politiques, qui croyaient partager un idéal commun, se sont retrouvées défendre des options divergentes. A cela s'est ajouté une bataille des égos qui a, notamment, mis aux prises Jaurès et Clemenceau. Au final, les solutions les plus libérales ont triomphé et Briand parvint à dominer le débat, en affrontant des « faits dérangeants » (Weber), et en usant de divers stratagèmes à la manière des personnages de Marivaux.L'ouvrage décrit et analyse les différents facteurs structurels (un « alignement des planètes » écrit l'auteur) et les interactions entre acteurs qui ont rendu possible ce virage politique sans équivalent dans notre histoire républicaine. Centré sur le « moment 1905 », il constitue, de loin, l'étude la plus complète jamais écrite sur la construction de la loi de séparation, mesure qui se situe toujours au centre de la laïcité française. Cette étude traque les légendes mémorielles et les faits non pris en compte par l'historiographie. Ce faisant, elle renouvelle l'approche de la Séparation en montrant l'importance du contexte international (guerre russo-japonaise et ses conséquences dans les rapports franco-allemand), la référence constante à des modèles étrangers (Mexique, Etats-Unis, ... avec l'incorporation d'un élément « anglo-saxon » dans la loi), les différentes stratégies des forces politiques et religieuses et les quatre types de séparation qui se sont affrontées. L'auteur décrypte comment une loi logiquement impossible (la séparation que voulaient les militants divergeait totalement de celle acceptable par les électeurs) est, cependant, devenue un fait majeur de l'histoire du XXe siècle. Au final, Jean Baubérot propose 32 thèses qui permettent de percevoir la loi de 1905 sous un jour nouveau, de préciser en quoi elle est « libérale », et il fournit des matériaux essentiels pour réfléchir aux questions permanentes liées à la liberté de conscience, à l'histoire de la gauche française, ainsi qu'aux aspects spécifiques de la laïcité en France.L'ouvrage se termine par un « Bonus », qui donne quelques extraits d'un roman inachevé de l'auteur, montrant la formation très atypique de Briand, élément essentiel de sa réussite et par deux annexes: un glossaire sélectif d'expressions d'époque permet de saisir la culture politique qui a imprégné la confection de la loi; l'exposé synthétique des propositions et des projets qui l'on précédée de 1903 à 1905 (et des extraits de la loi de séparation mexicaine de 1874) permet de cerner les inflexions majeures qui l'ont rendue « libérale »

  • La nature domestique - symbolisme et praxis dans l'ecologie des achuar

    Philippe Descola

    • Maison des sciences de l'homme
    • 26 Septembre 2019

    À l'heure où l'Amazonie connaît une crise majeure affectant la planète dans son ensemble, il est indispensable de (re)lire ce classique de l'anthropologie de la nature, qui a fait l'objet d'un nouveau travail éditorial et propose une préface inédite.Isolés dans la forêt du haut Amazone, les Jivaro Achuar d'Amazonie équatorienne domestiquent dans l'imaginaire un monde sauvage qu'ils ont peu transformé. En peuplant la jungle, les rivières et les jardins de parents animaux et végétaux qu'il faut séduire, contraindre ou cajoler, cette ethnie guerrière donne à la nature toutes les apparences de la société. À partir d'une ethnographie minutieuse de l'économie domestique, l'auteur montre que cette écologie symbolique n'est pas réductible à un reflet illusoire de la réalité, car elle influence les choix techniques des Achuar et, sans doute même, leur devenir historique.Philippe DESCOLA est anthropologue. Professeur au Collège de France où il occupe la chaire d'anthropologie de la nature et directeur d'études à l'EHESS, il a dirigé le Laboratoire d'anthropologie sociale de 2000 à 2013. Il est l'auteur de nombreux ouvrages. Médaille d'or du CNRS en 2012, Philippe Descola est membre de la British Academy et de l'American Academy of Arts and Sciences.

  • La mutation du politique. des utopies a la mondialisation Nouv.

  • La fabrique du patrimoine

    Nathalie Heinich

    • Maison des sciences de l'homme
    • 3 Septembre 2009

    Par quelles opérations un édifice ou un objet se trouve-t-il intégré au corpus du patrimoine ."Quelles sont les étapes de la " chaîne patrimoniale ", depuis le premier regard jusqu'à l'éventuelle obtention du statut juridique de " monument historique " ? Quels sont les critères mis en oeuvre par les chercheurs de l'Inventaire pour décider que tel château, telle ferme, tel tableau d'église possède ou non une valeur patrimoniale ? Quelles émotions animent les mobilisations des profanes en faveur des biens à préserver ? Et finalement, sur quelles valeurs fondamentales repose la notion même de patrimoine ?.
    Telles sont les questions auxquelles répond ce livre, à partir d'enquêtes au plus près du terrain. Car c'est dans le détail des procédures, des propos enregistrés, des scènes et des gestes observés que l'on peut réellement comprendre comment - c'est-à-dire pourquoi les limites du patrimoine n'ont cessé, en une génération, de s'étendre, englobant désormais non seulement la " cathédrale " mais aussi la " petite cuillère" selon les mots d'André Chastel définissant le service de l'Inventaire , voire, tout récemment, la borne Michelin.
    Appliquant à la question patrimoniale les méthodes de la sociologie pragmatique, cette étude s'inscrit dans la perspective d'une sociologie des valeurs, tentant d'élucider ce qu'on entend aujourd'hui dans notre société par l'ancienneté, l'authenticité, la singularité ou la beauté - et qu'on en attend.

  • Politique au jour le jour - 1930-1933

    Siegfried Kracauer

    • Maison des sciences de l'homme
    • 11 Avril 2017
  • Laisser partir - euthanasie, l'exception

    Philippe Bataille

    • Maison des sciences de l'homme
    • 17 Octobre 2019

    L'euthanasie fait débat.Cela fait vingt ans que des législations françaises entretiennent l'espoir de partir dignement chez ceux que la maladie condamne.Plusieurs ont pourtant fui en Belgique ou en Suisse.D'autres ont eu moins de chance. Ils sont morts seuls, suicidés.Philippe Bataille raconte leur combat et celui de leurs proches.Avec une grande finesse, le sociologue prolonge les débats éthiques qui laissent sans recours les désespérés qui demandent à partir.La clandestinité ne recule pas, elle devient la règle.La loi ne met pas fin à toutes les injustices, elle les renouvelle.Privés de droits, des condamnés réclament.Qui les entend?

  • Une histoire visuelle de solidarnosc

    Szczepanska Ania

    • Maison des sciences de l'homme
    • 14 Janvier 2021

    Les grèves d'août 1980 aux chantiers navals Lénine de Gdansk et la révolution pacifique qui en suivit furent essentiels dans la sortie du communisme en Europe centrale. Plus qu'un syndicat, Solidarnosc fut un « mouvement social total », selon les termes d'Alain Touraine et de Michel Wieviorka, car il croisa trois ordre d'action: syndical, démocratique et national, donnant lieu au premier syndicat libre et autonome en Pologne populaire. Quarante ans plus tard, au-delà des désillusions ainsi que des guerres mémorielles et politiques qui se jouèrent après 1989, le moment de cet éveil des consciences nationales et internationales continue à fasciner. Il interroge les formes de mobilisation et d'engagement dont sont capables les acteurs d'une société pour imaginer l'impossible et le faire advenir.À travers des événements choisis au tournant des années 1980 et leurs multiples représentations visuelles, Ania Szczepanska interroge l'idée même de solidarité en confrontant les traces de ce passé révolutionnaire. Elle éclaire tout autant ses mythes que ses figures invisibles, mises à l'écart du récit dominant. Spécialiste du cinéma polonais et des images d'archives, l'auteure pense la manière dont les images, qu'elles soient cinématographiques ou impures comme les images d'observation de la police ou les images dites amateurs, contribuent à nous faire connaître le passé, à le transmettre et à façonner les contours de nos imaginaires, par leur puissance mobilisatrice et leur richesse interprétative.

  • Ce livre porte sur les analyses et les enquêtes effectuées tant par des chercheurs en sciences sociales que par des praticiens humanitaires et des défenseurs des droits de l'homme dans des contextes de guerre, de génocide et de crimes de masse. Ici, praticiens et chercheurs se donnent pour but commun l'exploration des logiques qui ont gouverné et gouvernent leurs pratiques. En effet, dans certaines situations, ces catégories d'acteurs interviennent simultanément et en fonction d'objectifs qui conduisent parfois à des coopérations, des rapprochements mais aussi à des affirmations d'hétérogénéité de leurs démarches. À partir de leurs expériences en Syrie, au Rwanda et en République démocratique du Congo, les auteurs traitent de l'un ou plusieurs des thèmes suivants: les déterminants locaux des tueries de masse, les modalités des conduites de secours et leurs effets, les actions des agences multilatérales onusiennes, les activités de la justice pénale internationale et des institutions judiciaires nationales, les engagements des organisations de défense des droits humains...

empty