Mimesis

  • Il y a un avant et un après Welles, tant l'auteur de ­Citizen Kane­ a laissé sa marque dans l'histoire du cinéma et a inspiré des vocations. Ce livre questionne son héritage. Où ses images sont-elles imitées et comment son cinéma se prolonge-t-il dans d'autres oeuvres­ ? Qu'est-ce qui, de Welles, passe chez d'autres cinéastes­ ?

  • Reconnaissant ses affinités avec les écrits de Walter Benjamin et Siegfried Kracauer, l'auteur élabore une histoire du « cinéma critique ». Il s'intéresse plus particulièrement à des films qui accordent une place importante aux « vaincus de l'histoire » (Walter Benjamin). Ce sont les vagabonds, les chiffonniers, les glaneurs, mais aussi les migrants, les fous ou les enfants au travail. Ce sont les « sans visage » (Arlette Farge) d'hier et d'aujourd'hui, broyés par le capitalisme triomphant. L'ouvrage se focalise ainsi sur des films qui, à travers la figure de l'exclu, portent un regard politiquement contestataire sur la « société régnante » (Siegfried Kracauer).

  • Politiques du désir : pour une condition relationnelle Nouv.

    Les Politiques du désir plaident pour la force du questionnement qui ne croit pas aux solutions radicales. Ni le pardon, ni la réconciliation facile, ni le dialogue flamboyant ou belligérant. Mais la conscience que, quoiqu'on fasse, on est face aux Érinyes, aux déesses de la vengeance. Que les forces auxquelles nous avons affaire nous dépassent de loin: la force de l'intelligence artificielle, la force des masses (et pas du tout la raison de la cité) et les tornades affectives du monde virtuel; les marginaux et les contre-réactions de ceux qui seront submergés par les conséquences de la crise pandémique actuelle. Je plaide pour la solution tragique des Euménides - c'est la force de notre humanité qui transformera les Érinyes en Euménides.

  • Ces Celtic Wonder Tales, première collection de récits d´Ella Young, datent de 1910 et ont été publié en traduction française en 1966. Bien qu´elle continue à écrire de la poésie, c´est surtout avec ces rédactions de légendes irlandaises traditionnelles, illustrés par son amie la militante féministe Maud Gonne, que Young se fait connaître. L´auteure a essayé de s´approcher de ce que devaient être les légendes originales, traditionnellement confiées à la transmission orale, scandés et chantés, puis plus tardivement rédigés - dans les siècles chrétiens-carolingiens - donc bien altérés, chaque copiste y apportant sa petite variante. Ces contes merveilleux décrivent l´origine du monde avec la venue sur la terre d´Irlande des dieux et des Dê Danaans, les attaques des puissances des ténèbres qu´ils subissent, les combats formidables qui s´ensuivent.

  • A partir d'une filmographie de plus de cent long métrages et d'autant d'actualités filmées, ce livre propose un travail de pionnier sur la place du cinéma dans la biographie du guérilléro. La réflexion suit un fil historique qui part des films tournés par sa famille en 1932, elle retrace les films à succès qui ont marqué sa formation, pour s'attacher enfin aux actualités et biopics, concomitants de films d'artiste réalisés jusqu'en 2018. Fondé sur l'évolution technique du cinéma et des médias, le livre analyse les appropriations nationales de la figure de Guevara. Les perspectives culturelles et méthodologiques croisées permettent de renouveler grandement l'approche historique d'une figure marquante du siècle passé, réduite de nos jours encore à un contour rebelle ou marchand.

  • Les religions du Tibet

    Marcelle Lalou

    • Mimesis
    • 17 Août 2021

    Ce texte fondateur, à l'époque de sa parution, a marqué un progrès considérable dans les travaux sur ce que l'on appelait « le lamaïsme ». Grâce à sa connaissance exceptionnelle du Tibet et à une documentation abondante pour l'époque, Marcelle Lalou a pu donner un aperçu de l'ensemble de la richesse et de la variété des religions tibétaines. La religion prébouddhique des Bon-po, les possibles influences chrétiennes anciennes, l'histoire du bouddhisme au Tibet dans ses grandes étapes et ses réformes principales, puis les aspects de la vie religieuse et les grandes constructions de monastères et de temples, jusqu'au développement considérable des pratiques tantriques, font l'intérêt de ce travail scientifique inégalé.

  • Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

  • Michel Fize poursuit sa réflexion sur la société contemporaine et dresse un état des lieux des « abîmes actuels » : économiques, sociaux, politiques, écologiques, intellectuels, moraux. Il constate que si l´individualisme est préférable au collectivisme totalitaire, le libéralisme au socialisme d´État, la démocratie à la dictature, les grands principes finissent toujours par être pervertis. L´individualisme est devenu égoïsme et autoritarisme, le libéralisme aliénation et exploitation des plus modestes, la démocratie « démocratisme ». Nous devons passer d´un « individualisme de la marchandise » à un « individualisme de la liberté » qui retisse le lien social avec les autres, et fasse que nous soyons à nouveau ensemble, et pas simplement côte à côte, nous dit-il.

  • Avec Fragments d´une philosophie de l´erreur et de la douleur, du mal et de la mort, paru en 1937, Giuseppe Rensi adopte un style de pensée brève. « La philosophie - note-t-il - n´est pas vérité, mais point de vue ». A ce titre l´ébauche, le fragment, la forme courte, saisissent au mieux comme toute pièce poétique la furtivité de la pensée, en dessinant un espace textuel interrompu et brisé, le plus approprié pour saisir le hasard, la violence et l´absurde qui affectent selon lui l´ordre ontologique et axiologique du monde. Fragments représente l´un des témoignages les plus puissants de cette douloureuse certitude. Face au Mal triomphant, cependant, rien n´a pu détruire la pensée de ce moraliste dont le scepticisme ne se sépare jamais de l´ironie et de l´humour.

  • La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.

  • Tchernobyl herbarium : fragment d'une conscience en éclat Nouv.

    Le pari de ce livre est de prolonger la prise de conscience du désastre de Tchernobyl. Il insiste sur le besoin de penser, signifier, symboliser, aussi irreprésentable soit-elle, la conscience que cet événement a fragmentée. Afin d'ouvrir la voie à un mode de vie plus en accord avec l'environnement. C'est le pari de chercher à penser l'impensable, à représenter l'irreprésentable. Mais en proposant, au lieu d'une analyse dépassionnée, des méditations à propos d'expériences personnelles. Au lieu de photographies ou de peintures, des rayogrammes, créés par l'empreinte directe de spécimens d'un herbarium radioactif. Comme toujours chez Marder, les plantes sont nos guides, nous reconnectant à la terre (désespérément contaminée), illuminant la signification des ruines.

  • L'institution de la forme - essais sur la normativite Nouv.

    Quelle est l'origine du droit comme forme, et quel contenu a cette forme ? Selon Nietzsche, la modernité peut se passer d'un droit hérité, mais non de la « nécessité qu'il y ait un droit ». Aujourd'hui cette nécessité ne se nomme plus Dieu, ni tradition, et pourtant elle reste présente avec autant de force que par le passé, principalement à travers la puissance de la forme. C'est bien cette question de l'institution de la forme qui, au XXe siècle, a retenu l'attention de juristes et de philosophes. Le présent ouvrage cherche à retracer les lignes directrices et à saisir l'essence de cette discussion, qui a su mettre en son centre la loi et l'origine de la normativité qui lui est propre.

  • Loin d'être une question purement technique, la question de la haute et de la basse définition des images soulève des enjeux très importants d'ordre esthétiques, économiques, épistémologiques et politiques. Elle traverse le 20ème siècle, mais acquiert une importance majeure avec la diffusion des images numériques à partir des années 1990, et détermine profondément les connotations et les valeurs qui sont aujourd'hui associées aux flux incessants d'images et de sons qui circulent à travers l'infrastructure des réseaux numériques et qui façonnent notre culture visuelle. Ce livre est le premier, au niveau international, à aborder cette question avec tous ses enjeux.

  • C´est dans l´histoire que nous pensons, et à l´épreuve de l´histoire. Les balisements de la pensée par l´histoire, leurs façons parfois douloureuses de se heurter doivent être questionnés. L´idée même d´Histoire n´échappe pas à la nécessité de ce questionnement. L´Histoire, à l´épreuve de l´histoire est un ouvrage collectif, international et pluridisciplinaire qui multiplie les points de vue et les perspectives. L´histoire de l´Afrique autant que la pensée africaine a fait l´objet de refoulements massifs, dans la pensée occidentale. Ces pensées et ces histoires ont une place privilégiée, mais pas exclusive, dans ce volume. En plus de la pensée historienne et de la philosophie, ce livre s´ouvre à des pratiques artistiques, pour affirmer que l´universel ne peut être approché que par une pensée plurielle. Un récit, quelques poèmes, viennent illustrer ce que peut l´écriture.

  • Dans ce livre, Michael Marder décortique les espèces végétales et en extrait les sucs qui ont alimenté le discours philosophique pendant des siècles. En choisissant douze espèces botaniques qui correspondent à douze philosophes significatifs, il retrace une histoire de la philosophie à travers l´évolution des relations entre humains et végétaux. À l´aide d´images et de métaphores végétales, ce livre nous ouvre une voie à travers le dense sous-bois et les racines enchevêtrées de la philosophie. Du platane de Platon aux nénuphar de Luce Irigary, des poires de Saint Augustin aux pommiers de Heiddegger, des tulipes de Kant aux tournesols de Deridda, il nous invite à un cheminement accessible à tout lecteur.

  • Dès les débuts du cinématographe, les opérateurs réalisent des vues, geste premier qui concrétise lors du tournage les plans virtuels qui composeront le film, mais geste imparfait qui nécessite de faire plusieurs prises qu'il faudra ensuite retravailler et assembler. À travers l'analyse de la notion de « prise », cet ouvrage collectif questionne la nature de ce geste cinématographique. Que prend-t-on et comment ? Quelle poétique, quelle éthique et quelle politique entourent cette prise de vues et de son ? Grâce à une enquête sur le processus de création, la notion de prise permettra de construire une histoire à rebours du film et de sa représentation.

  • Faruk Šehic s'engage en 1992, à vingt-deux ans, dans l'armée bosnienne et il traverse la guerre civile yougoslave au commandement d'une compagnie de 130 soldats. Blessé, démobilisé à la fin des hostilités en 1995, il écrit et publie de la poésie. Ses proses, âpres et féroces, en font l'une des voix le plus authentiques de l'ex-Jugoslavie, chef de file de la « génération mutilée » née en 70. Šehic place au centre de son oeuvre l'expérience de la guerre, pour en raconter le quotidien, la banalité et la brutalité, mais aussi ses replis d'humanité. Dans les interstices laissés libres par le sang, la violence et la rage résignée, Faruk Šehic laisse s'infiltrer une étrange poésie qui parvient à retrouver la personne qui se terre, apeurée, sous le masque du soldat, et qui tente de donner un sens de fortune à ce qu'elle vit.

  • Ce que nous ne savons pas des valeurs fait partie des derniers grands textes de Roman Ingarden, écrits dans les années soixante lorsqu'il se consacre à l'élaboration d'une ontologie des oeuvres d'art et des valeurs tant artistiques qu'esthétiques. Le statut des valeurs morales y occupe également une place prédominante car il engage la réalité humaine dans ses dimensions culturelles, sociales et politiques. Cette investigation permet à Ingarden de redéployer la forme singulière de ses analyses ontologiques visant à clarifier la structure formelle des valeurs, les conditions de leur émergence, la source de leur valence autant que le caractère énigmatique de leur statut, entre réalité, intentionnalité et idéalité.

  • L'intitulé de cet ouvrage s'inspire du projet de linéalogie de l'anthropologue britannique Tim Ingold. Dans Une brève histoire des lignes (2011), Ingold se propose en effet d'explorer l'espace commun entre plusieurs activités théoriques et pratiques apparemment très éloignées ("marcher, tisser, observer, chanter, raconter une histoire, dessiner et écrire"), en posant les fondements d'une "anthropologie comparée de la ligne" .
    Comme Ingold, nous choisissons donc de nous situer dans l'espace de l'in-between, afin d'essayer de tisser les fils qui se nouent entre l'écrit et l'espace, les textes et l'architecture : "L'étymologie de texte c'est "tissu" et la ligne c'est un fil de lin. Mais les textes sont des tissus inachevés : aux lignes (les fils de trame) manque l'attache des fils verticaux (les fils de chaîne) dans le tissu achevé"

  • Il y avait autrefois le cinéma, la photo, la peinture. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images : l'entre-images. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les representations, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde, et un art. Les essais rassemblés dans ce livre ne cherchent pas à faire, directement, l'histoire ou la théorie de l'entre-images. Ils tentent plutôt d'en dessiner le champ, d'en formuler l'expérience. Un livre sur le cinéma, l'un des premiers sur l'art vidéo, où la photo est très présente, plus comme horizon et limite qu'en tant qu'art.
    Un livre attaché aux images, porté par leur passion.

  • « Passion mêlée de terreur », le sublime traverse le négatif, il est iconoclaste, et il touche au dénouement de l'esprit - voilà des traits qui doivent éveiller autant que déconcerter la pensée sur l'art moderne, sinon la pensée tout court. Par où qu'on l'approche - à travers ses moments fondateurs chez Longin, Burke et Kant, ou par les Lumières dans un XVIIIe siècle qui le discutait vivement, ou bien encore plus proche de nous dans un contexte «¬postmoderne¬» - le concept du sublime se révèle essentiel et étonnamment moderne. Revisiter le sublime aujourd'hui revient justement à saisir une actualité toujours impeccablement renaissante, et il est passionnant de voir s'élargir et se préciser sa portée au fil des études présentées dans ce volume. Rassemblant une équipe internationale et interdisciplinaire de chercheurs, il sera donc question du sublime dans des domaines des plus divers de la contemporanéité, des arts à l'espace urbain, de l'esthétique au politique. »

  • Ce recueil d´essais sur Jacques Derrida aborde des sujets aussi divers que l´écriture, la lecture, les problèmes de traduction et l´économie, en croisant des questions métaphysiques fondamentales : l´humanisme, le temps, l´infini. Dans toutes ces problématiques, la déconstruction opère des « détours », c´est-à-dire des déviations, introduisant des différences par rapport à la façon ordinaire que nous avons de les concevoir - ce qui nous permet d´en apercevoir la nature radicalement évènementielle. Car c´est là que nous découvrons le véritable contenu du concept instituant et constitutif de la déconstruction : celui de la différence. Ce dont ce mot est la trace, ce dont il représente le diagramme, est le fait qu´une différence se soit produite, que quelque chose soit arrivé et arrive. La déconstruction, comme l´a écrit Derrida, est en effet « ce qui arrive ».

  • Célèbre dans l'histoire du théâtre pour avoir fondé en 1887 le Théâtre-Libre qui révolutionna la mise en scène moderne, André Antoine consacra la dernière partie de sa vie au cinéma et à la critique, tournant huit films entre 1915 et 1922. Inspiré par les théories naturalistes d'Emile Zola, il appliqua au nouvel art une méthode rigoureuse reposant sur l'expérience du milieu, dans la continuité de sa pratique théâtrale.
    L'ouvrage analyse l'opération cinématographique qu'Antoine mobilise à chacun de ses films selon le protocole expérimental qui lui est propre : investigation, écriture, tournage et direction d'acteurs. C'est l'objet de cet ouvrage que de définir cette méthode, de ses origines scientifiques à son application par le metteur en scène dans le domaine du théâtre, et surtout du cinéma. Cette étude repose sur une analyse approfondie des films, des archives de production, des archives personnelles d'Antoine et de ses nombreux écrits.

  • Pourquoi, partout et de tout temps, les hommes ont-ils voulu offrir des sacrifices à leurs dieux ? Pour leur plaire et s'attirer leurs faveurs ? Pour les remercier sans rien demander en échange ? Qu'est-ce qui se cache derrière ce rite? Hubert et Mauss, éminents spécialistes des religions, pensent que si le sacrifice est « l'instrument privilégié de communication entre l'homme et les forces supérieures », comprendre son langage signifie cueillir l'essence de la religiosité primitive.

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