Mimesis

  • Reconnaissant ses affinités avec les écrits de Walter Benjamin et Siegfried Kracauer, l'auteur élabore une histoire du « cinéma critique ». Il s'intéresse plus particulièrement à des films qui accordent une place importante aux « vaincus de l'histoire » (Walter Benjamin). Ce sont les vagabonds, les chiffonniers, les glaneurs, mais aussi les migrants, les fous ou les enfants au travail. Ce sont les « sans visage » (Arlette Farge) d'hier et d'aujourd'hui, broyés par le capitalisme triomphant. L'ouvrage se focalise ainsi sur des films qui, à travers la figure de l'exclu, portent un regard politiquement contestataire sur la « société régnante » (Siegfried Kracauer).

  • Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

  • Loin d'être une question purement technique, la question de la haute et de la basse définition des images soulève des enjeux très importants d'ordre esthétiques, économiques, épistémologiques et politiques. Elle traverse le 20ème siècle, mais acquiert une importance majeure avec la diffusion des images numériques à partir des années 1990, et détermine profondément les connotations et les valeurs qui sont aujourd'hui associées aux flux incessants d'images et de sons qui circulent à travers l'infrastructure des réseaux numériques et qui façonnent notre culture visuelle. Ce livre est le premier, au niveau international, à aborder cette question avec tous ses enjeux.

  • Il y avait autrefois le cinéma, la photo, la peinture. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images : l'entre-images. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les representations, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde, et un art. Les essais rassemblés dans ce livre ne cherchent pas à faire, directement, l'histoire ou la théorie de l'entre-images. Ils tentent plutôt d'en dessiner le champ, d'en formuler l'expérience. Un livre sur le cinéma, l'un des premiers sur l'art vidéo, où la photo est très présente, plus comme horizon et limite qu'en tant qu'art.
    Un livre attaché aux images, porté par leur passion.

  • En 1929, Eisenstein prononce une conférence lors de la grande exposition de cinéma et photo des avant-gardes internationales, à Stuttgart. Il y développe sa conception de l'art et du cinéma. Cet ouvrage propose une édition critique de ce texte fondamental : dans sa version initiale allemande et dans une traduction française inédite. Les variantes des différentes éditions et les notes additionnelles en russe sont également présentées. Dans sa deuxième partie l'ouvrage donne une définition du constructivisme au-delà du point de vue esthétique, en dessinant précisément le contexte culturel et politique de cette période. Sont enfin analysés les liens qu'Eisenstein a entretenu avec ce mouvement constructiviste - né dans les arts plastiques, étendu au théâtre et à la photographie, et enfin au cinéma.

  • Paris 1929. Eisenstein, Bataille, Buñuel : voilà l'histoire d'une série de rencontres et de coïncidences qui se produisent entre novembre 1929 et mai 1930, soit lors du séjour de Sergueï M. Eisenstein à Paris. Une période qui voit s'entrecroiser les vies et les activités intellectuelles d'Eisenstein, Georges Bataille, Luis Buñuel, ainsi que de James Joyce, Jean Painlevé et du groupe des ethnologues collaborant à la revue Documents. Le passage d'Eisenstein à Paris et ses contacts avec le milieu surréaliste « hétérodoxe » s'avèrent décisifs pour comprendre aussi bien la vision onirique et cruelle qui marquera le tournage de son film, non monté, Que viva Mexico ! (1931-32), que le « réalisme visionnaire » par lequel Luis Buñuel décrira la misère de l'Espagne rurale dans son documentaire Las Hurdes - Tierra sin Pan (1933).

  • Georges Canguilhem affirmait que la notion de milieu s'était constituée «- comme catégorie de la pensée contemporaine-». En effet, depuis que la biologie de Lamarck a établi le postulat de l'influence des milieux de vie dans l'évolution des espèces zoologiques et que le positivisme a repris à son compte cette notion en guise de charnière entre le biologique et le social, elle a trouvé nombre d'applications dans les domaines les plus disparates, de la technologie à la biologie, de l'ethnologie aux sciences politiques, jusqu'à l'esthétique et au droit. Cet ouvrage se propose de faire du milieu l'enjeu d'une ethnographie des médiations. Il s'agit de penser l'espace de l'action comme un espace toujours relationnel, et l'action comme étant toujours une interaction. Ainsi le milieu apparaît-il à la fois comme le lieu de toute relation à autrui (lieu interstitiel-: mi-lieu) et un espace doté de ses normativités propres, par principe multiples-: les milieux.

  • La culture humaine a toujours interrogé les pouvoirs des images. Mais qu'en est-il des pouvoirs des écrans ? Oui, ces surfaces intimement liées aux images d'une manière aussi évidente que mystérieuse, et qui montrent et cachent à la fois le visible. Le moment est venu d'interroger également leurs pouvoirs, car c'est précisément notre temps qui, de manière incontestable, nous fait vivre par(mi) les écrans. Cependant, ce même temps nous fait indirectement comprendre que les rapports des êtres humains aux écrans ne sont pas qu'une affaire de notre époque. C'est pourquoi une exploration collective, transhistorique et transdisciplinaire de ces rapports est conduite dans le présent volume par un groupe international de spécialistes en philosophie, culture visuelle, théorie du cinéma et des médias, neurosciences, psychologie et littérature.

  • Cet essai historique s'intéresse aux discours ayant pointé l'existence d'un rapport privilégié entre Wagner et le cinéma. Il s'agit de mettre en lumière les généalogies en vertu desquelles les milieux cinématographiques ont pu s'approprier une certaine esthétique propre au wagnérisme. Le lieu commun d'un Wagner proto-hollywoodien, tourmenté par l'« immersion » technologique, fait notamment débat. Une première partie aborde les réflexions ayant cherché à définir le cinéma en tant que synthèse des formes d'expression artistique, en revenant sur les propos de divers théoriciens du cinéma, le scénographe Adolphe Appia ou le cinéaste S.
    M. Eisenstein. Une seconde partie envisage la référence à Wagner dans le domaine de la musique pour le film, plus particulièrement au travers du leitmotiv. Ancrée d'abord dans le grand spectacle « muet », cette tradition s'est vue récemment revitalisée au travers de blockbusters comme Star Wars ou The Lord of the Rings.

  • La question de la reproduction technique obsède la modernité. Mais, en vérité, elle relance une question plus ancienne, et mal aimée : celle de la répétition. Simuler, copier, doubler, redire. On doit encore affirmer l´intérêt de tels gestes, mais aussi leur diversité. Plus que jamais, on voit proliférer aujourd´hui non seulement les reprises et les réappropriations dans tout art et tout média, mais aussi les reformatages et les retransmissions, les relocalisations et les réexpositions. Les arts - à l´ère de leur médiatisation exponentielle - et les médias - à l´ère de la possibilité de création diffuse - semblent devenir un vaste chantier d´archivage et de partage, de transformations et de réactualisations. Approché sous différents angles, le « re- » peut ainsi révéler ses multiples facettes.

  • Tout au long de son oeuvre philosophique qui s'étend sur près d'un demisiècle et une trentaine d'ouvrages, Gaston Bachelard (1884-1962) n'a cessé d'arpenter les continents, a priori si éloignés, de l'épistémologie et de la poétique. Dans cette entreprise intellectuelle majeure où l'imaginaire tient le premier rôle, il n'est pourtant presque jamais question des images matérielles, qui furent l'une des grandes affaires et l'un des grands lieux de questionnement de son époque : celles de la peinture, de la photographie, et surtout, du cinéma. C'est ce « problème-cinéma », souvent informulé dans les travaux du philosophe, parfois esquissé, sous-entendu autant qu'indéfiniment repoussé, qui fait l'objet de cet ouvrage.

  • Ce livre vise à questionner les outils méthodologiques et les fondations théoriques de l'activité de restauration afin de les appliquer sur un corpus d'oeuvres trop souvent délaissées : Bruce Conner, Carolee Schneemann, Anthony McCall, Paul Sharits, entre autres.
    Conçu comme un dialogue entre les exigences de systématisation théorique et les spécificités des oeuvres, l'ouvrage défend une méthodologie ouverte et dynamique, à l'instar des objets considérés. En mobilisant des concepts issus de champs différents bien que complémentaires - de l'histoire de l'art à l'esthétique, tout en passant par l'histoire technologique du film -, ce livre dévoile l'activité herméneutique sous-jacente à toute entreprise de restauration.

empty