Mimesis

  • Dans ce livre, Michael Marder décortique les espèces végétales et en extrait les sucs qui ont alimenté le discours philosophique pendant des siècles. En choisissant douze espèces botaniques qui correspondent à douze philosophes significatifs, il retrace une histoire de la philosophie à travers l´évolution des relations entre humains et végétaux. À l´aide d´images et de métaphores végétales, ce livre nous ouvre une voie à travers le dense sous-bois et les racines enchevêtrées de la philosophie. Du platane de Platon aux nénuphar de Luce Irigary, des poires de Saint Augustin aux pommiers de Heiddegger, des tulipes de Kant aux tournesols de Deridda, il nous invite à un cheminement accessible à tout lecteur.

  • « Passion mêlée de terreur », le sublime traverse le négatif, il est iconoclaste, et il touche au dénouement de l'esprit - voilà des traits qui doivent éveiller autant que déconcerter la pensée sur l'art moderne, sinon la pensée tout court. Par où qu'on l'approche - à travers ses moments fondateurs chez Longin, Burke et Kant, ou par les Lumières dans un XVIIIe siècle qui le discutait vivement, ou bien encore plus proche de nous dans un contexte «¬postmoderne¬» - le concept du sublime se révèle essentiel et étonnamment moderne. Revisiter le sublime aujourd'hui revient justement à saisir une actualité toujours impeccablement renaissante, et il est passionnant de voir s'élargir et se préciser sa portée au fil des études présentées dans ce volume. Rassemblant une équipe internationale et interdisciplinaire de chercheurs, il sera donc question du sublime dans des domaines des plus divers de la contemporanéité, des arts à l'espace urbain, de l'esthétique au politique. »

  • Ce recueil d´essais sur Jacques Derrida aborde des sujets aussi divers que l´écriture, la lecture, les problèmes de traduction et l´économie, en croisant des questions métaphysiques fondamentales : l´humanisme, le temps, l´infini. Dans toutes ces problématiques, la déconstruction opère des « détours », c´est-à-dire des déviations, introduisant des différences par rapport à la façon ordinaire que nous avons de les concevoir - ce qui nous permet d´en apercevoir la nature radicalement évènementielle. Car c´est là que nous découvrons le véritable contenu du concept instituant et constitutif de la déconstruction : celui de la différence. Ce dont ce mot est la trace, ce dont il représente le diagramme, est le fait qu´une différence se soit produite, que quelque chose soit arrivé et arrive. La déconstruction, comme l´a écrit Derrida, est en effet « ce qui arrive ».

  • Il y a deux lignes au sein de la pensé moderne. L'une a créé le consensus chez la plupart des philosophes du XXe siècle¬ : c'est la ligne de la finitude, du manque, de la contingence comme clés d'accès au sens de l'être. Pour cette ligne, la philosophie comme science de l'absolu est un rêve fini. Heidegger en a été le champion. Cependant, une autre ligne traverse la pensée moderne, une ligne mineure, en dépit de la renommée de ses représentants. Henri Bergson en France, William James aux États-Unis, Alfred North Whitehead en Angleterre, Giovanni Gentile en Italie ont lancé un défi au paradigme dominant en donnant voix à l'hypothèse d'une immanence absolue, dénuée de toute négativité. Rocco Ronchi reprend cette ligne pour jeter les bases d'une ontologie du procès. Il réhabilite les notions de l'Un, de l'Infini, de la Cause. Il dialogue avec les sciences de la nature contemporaines. Il revient à l'ancien rêve de la philosophie spéculative.

  • Cet ouvrage se propose d´examiner comment le réel émerge dans l´art et la création sonore contemporains - ou comment ils y basculent. Lorsqu´elles relèvent moins de la création que de la capture, lorsqu´elles accueillent le concret sans apparence de médiation, à quoi les oeuvres nous donnent-elles donc accès ? Field recording, renouveaux du ready-made, vie des formes cinématographiques. entre arts sonores, arts visuels, design et cinéma, il semble que la théorie comme la pratique des arts accompagnent une certaine fortune du réalisme dans le paysage philosophique contemporain. Il s´agira de montrer que les arts viennent y puiser concepts et méthodes et, réciproquement, que le champ des pratiques artistiques constitue une pierre de touche pour de nombreux philosophes se réclamant du réalisme aujourd´hui.

  • Georg Simmel observait que la ville est un lieu de croisements, de combats et de conflits, à partir desquels l´habitant affirme sa différence. Cet ouvrage va explorer l´importance de son oeuvre en croisant différentes disciplines (philosophie, sociologie, anthropologie, théorie de l´architecture). Une lecture singulière de l´espace urbain, axée autour de concepts-clés : modernité, espace, grande ville, sociabilité urbaine. Il s´agit d´interroger la question du paysage, celle de la culture urbaine, de l´organisation spatiale, ou encore les questions de la frontière, de la limite, de l´argent, des réseaux, jusqu´à la problématique très actuelle de la place de « l´étranger dans la ville ».

  • Que sont les Big Data, ou données massives ? Quel est leur fiabilité ? Quel sont les problèmes que ces données - massivement utilisées dans différents domaines de recherche - posent lorsqu'elles sont anciennes, douteuses, partielles, malhonnêtes ou « sensibles » ? Quel est l'effet sur le monde scientifique du traitement de plus en plus rapide des Big Data par l'intelligence artificielle, et qu'est-ce que cela signifie pour notre société ? Aujourd'hui plus que jamais ces questions sont au coeur d'un débat à l'échelle mondiale. Cet ouvrage sérieux, nécessaire et engagé prône une recherche moins rapide mais plus fiable, où les temps de production, de communication et d'analyse des données massives soient ralentis, en faveur d'une science participative et responsable. Un plaidoyer pour le retour de l'éthique dans la recherche scientifique, avec des principes-guide pour faciliter la transformation des Big Data en connaissances fiables.

  • Louis Althusser est l´initiateur d´une ambitieuse tentative de relecture de l´oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d´orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d´une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l´effervescence intellectuelle d´une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l´intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd´hui encore.

  • Dans le Paris des années Trente, Laure - nom de plume de Colette Peignot - a vécu sa brève existence à l´ombre du dionysiaque, animée par un désir d´expériences extrêmes, d´intensité et de transgression, vers ce qu´elle espérait être une liberté. Cet essai a pour but de nous restituer une Laure au delà de la débauche érotique, dans sa dimension d´artiste et femme engagée politiquement. Les Ecrits publiés posthumes ont révélé une écrivaine secrète, refusant toute compromission dans son engagement : sa conception de la lutte politique comme dépense de soi allant jusqu´à la mort c´est ce qui la distingue de ses maîtres-amants, le surréaliste Jean Bernier, le marxiste anti-stalinien Boris Souvarine et le sulfureux Georges Bataill

  • Peut-on interpréter la pensée de Marx comme un ultime accomplissement de l'idéalisme allemand ?
    Dans cet essai, Diego Fusaro analyse l'ontologie marxienne au-delà des apparences et des lieux communs avancés par le marxisme classique, pour souligner les points de ressemblance - qui ne seraient pas immédiatement évidents - entre la pensée du philosophe allemand et la démarche classique de l'idéalisme.
    Ce qui en ressort, c'est le paradoxe d'un conflit : d'un coté, la volonté manifeste de Marx d'abandonner l'idéalisme hégélien, de l'autre, son évidente persistance à se situer sur ce terrain.

  • Freud accuse les philosophes d'agir comme des paranoïaques qui produiraient des projections mythiques. Cette violente attaque porte sur la valeur de vérité des productions philosophiques.
    Mais quel est le rapport entre philosophie et mythe ? Quelle est la relation entre les contenus métaphysiques et l'individu qui les produit ? L'ouvrage examine l'hypothèse freudienne en trois temps.
    D'abord, il la reconstitue à partir des textes de Freud. Ensuite, il étudie sa cohérence logique, ses sources extérieures, ses présupposés philosophiques et épistémologiques. Enfin il applique cette grille de lecture révisée aux philosophes et à Freud lui-même.
    Le lien métapsychologique entre la vérité métaphysique et l'individu qui la produit apparaît alors sous un jour nouveau.

  • Nous vivons dans un « temps de catastrophes » que le progrès technologique ne semble plus à même de contrer. Or, les crises écologiques récentes (de Tchernobyl à la « vache folle ») ne seraient-elles pas liées à d'autres événements qui ont marqué à jamais le destin de l'humanité - comme les génocides qui suivirent la Conquête de l'Amérique, ou encore la Shoah ? Voilà la question à laquelle s'attaque ce livre, à travers une lecture originale de l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss. Dressant un portrait intellectuel inédit de l'anthropologue français, Salvatore D'Onofrio montre en quoi les idées de cet intellectuel rebelle et non consensuel fournissent des clés pour penser à la fois l'avènement de la catastrophe et les possibilités d'en sortir. Véritable manifeste anthropo-écologique, ce livre propose d'envisager un nouveau rapport à la nature. C'est ce que Lévi-Strauss avait appris au contact des Amérindiens du Brésil et dont l'humanité a grandement besoin.

  • Le concept d'espace se développe tout au long de l'oeuvre de Gaston Bachelard. A partir des premières analyses des espaces descriptifs et géométriques d'une connaissance approchée de la réalité scientifique, jusqu'aux évolutions d'une topoanalyse des espaces heureux, nous trouvons différentes approches de ce sujet. C'est ainsi qu'à travers le monde des sciences, de l'imaginaire et enfin d'une dialectique constitutive, nous pouvons apprécier l'évolution naturelle de cette catégorie philosophique. Ce livre se propose d'illustrer les différents processus d'un vaste champ de recherche, à travers une analyse théorique et théorétique tout autant que poétique.

  • L'importance exceptionnelle que les différentes formes de religion ont eu dans l'histoire de l'humanité est tout à fait étonnante. Au lieu de concentrer leur attention sur la situation existentielle en tant que dimension vécue dans le présent, les êtres humains ont cherché le plus souvent à expliquer son sens dans la référence à l'au-delà. La raison de cette tendance semble avoir été dictée surtout par le fait que pour l'être doué de conscience de soi la mort est impensable, inacceptable. Ce texte analyse le problème de la recherche d'un sens ultime, qui de fait apparait inatteignable, comme le montrent les expériences des grands philosophes de la modernité ayant souligné les limites de la pensée et du langage. Toutefois le message évangélique du Christ garde toute sa validité en tant que mystère de l'anéantissement de Dieu dans l'amour.

  • L'ouvrage parcourt les grandes évolutions des conceptions et pratiques occidentales du pouvoir (de Homère au totalitarisme) pour mettre en évidence la dimension imaginaire mythique qui sous-tend les représentations et les normes rationnelles du politique. Car, la politique peut-elle se comprendre uniquement comme un fait rationnel, contractuel, comme l'a soutenu la modernité ? Ou la fabrication de ce « corps politique » ne suppose-t-elle pas, un imaginaire collectif qui le fonde et lui confère une identité particulière ? Comment ces grands récits ont-ils évolué pendant les derniers siècles où l'Europe a essayé de leur substituer une rationalité nouvelle faite de contrat, de droit et de contrôle démocratique ?

  • Corto Maltese naît en 1967 sous la plume du grand dessinateur vénitien Hugo Pratt. Presque cinquante ans après, Corto est devenu non seulement un personnage culte de la meilleure graphic novel européenne, mais aussi un vrai mythe littéraire du XXème siècle, un anti-héros qui préfère la liberté et la fantaisie à la richesse. Dans ce livre, Stefano Cristante, en plus de revivre les voyages et les aventures du marin le plus ironique de tous les temps, se concentre sur l'un des aspects qui font de lui un personnage très actuel :
    Corto Maltese est un « étranger », un apatride en perpétuelle errance.
    Ce n'est pas un hasard si son image unit le caractère méditerranéen à une culture anglo-saxonne. En confrontant efficacement les principaux sociologues du XXème siècle qui ont analysé la figure de l'« étranger » (Sombart, Weber, Simmel, Park), Cristante montre de quelle manière la capacité d'innovation de Hugo Pratt consiste, justement, dans le choix de mettre au premier plan des personnages hors de l'ordinaire et marginaux, qui d'habitude sont relégués aux rôles de « méchants » des bandes dessinées.

  • L'objet de ce livre est de saisir un aspect fondamental de la culture marocaine et arabo-musulmane manifesté principalement entre son ambivalence permanente et son oscillation constante entre la chose et son contraire dans divers textes et contextes : le corps, la société, le culinaire, la sexualité.
    Il s'agit aussi de voir comment la culture marocaine est vue de l'extérieur, par exemple comment est vue la culture culinaire marocaine par les voyageurs français du XIXe siècle ou comment les anthropologues américains installés au Maroc dans les années soixante considéraient certains phénomènes comme la circoncision, Aicha Kandicha, Le Marocain.

  • Composé de huit articles en français et en anglais présentant des travaux récents sur la philosophie de Locke, ce volume enrichi par la publication d'un manuscrit inédit de William Whiston ls retiendra l'attention des historiens de la philosophie, de la religion et de la pensée politique. Locke rééchissait sur la relativité de la connaissance par rapport aux données de l'expérience. Son analyse conduisait à l'établissement d'une théorie de la connaissance basée sur la distinction entre le savoir qui repose sur des «idées juste et vraies», et l'opinion qui dépend de l'histoire. Elle concerne aussi la connaissance de la conduite publique et privée des hommes, des réalités morales et politiques et de la certitude à laquelle elles peuvent parvenir.
    Auteurs qui ont collaboré au projet: Peter Alexander, Geneviève Brykman, Jean-Pierre Cléro, Gabriela Dragnea Horvath, Paul Schuurman, Luisa Simonutti, Jean-Michel Vienne.

  • Dans cet ouvrage collectif des spécialistes de philosophie de l'art et d'esthétique, au lieu de se borner à critiquer le système actuel du monde de l'art - qui privilégie la valeur marchande - nous proposent une pensée et une action s'appuyant sur un tout autre modèle : celui du don avec ses ambiguités. A la base de ces travaux, le célèbre Essai sur le don (1924) de l'anthropologue Marcel Mauss. Les textes ici réunis cherchent à poursuivre la réflexion que le MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) mène depuis 1981 dans d'autres domaines (sociologie, anthropologie, justice, etc.) en l'appliquant au monde de l'art contemporain. Pour remettre l'art ''les pieds sur terre'' : ni envolée romantique dans le surhumain, ni absorption totale par le système du marché et des institutions artistiques.

  • Un dimanche, une oeuvre, cycle de conférences initié en 1997 au Centre Pompidou par le critique d'art et commissaire d'expositions Marc Archambault, se voulait l'occasion de porter un regard approfondi et singulier sur une oeuvre choisie dans les collections du Musée, par un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art. Cela avait lieu tous les dimanches à 11h30, à l'IRCAM d'abord puis dans la Petite salle, au premier sous-sol du Beaubourg. Vu le jour et l'heure, c'était un pari. Il a été gagné.
    Cet ouvrage, publié grâce à la complicité et à l'amitié des contributeurs, est un hommage à Marc Archambault et l'affirmation d'une conviction qui était la sienne : si l'amour de l'art existe, il ne se manifeste vraiment que dans les rencontres, toujours personnelles, avec des oeuvres, par définition singulières.

  • Que reste-t-il de l'élément philosophique, après avoir supprimé les théories et les opinions ? Il ne reste que le nu, qu'il faut examiner avec les moyens les plus efficaces : le songe et l'intuition. Ce livre expose la philosophie de Leonardo Vittorio Arena, sa tentative d'absorber le nihilisme par une nouvelle construction.

  • Cinq décennies après sa parution, ces relectures de l´esthétique d´Adorno ancrent leurs analyses dans la chair sensible des oeuvres et opérerent sans cesse un va-et-vient entre oeuvres et concepts. Ces réflexions révisent certaines thèses globalisantes en traçant une voie médiane entre le plaidoyer pour une anarchie des singularités contre un retour au régime de la spécificité soi-disant moderniste d´une part, et la défense d´un concept d´art comme opérateur classificatoire contre sa dissolution dans l´hétérogénéité des pratiques de l´autre. Il s´agit également de penser ces phénomènes d´un point de vue généalogique, pour comprendre les raisons qui ont conduit à la destruction du système des Beaux-arts, puis à l´avènement de l´art contemporain. Un plaidoyer en faveur de l´esthétique, à l´heure où le matériau devient l´impensé de certaines philosophies.

  • L'interrogation sur la subjectivité animale touche aux fondements de la philosophie et conduit à la remise en cause des dichotomies classiques : corps et âme, matière et pensée, sujet et objet. Si les animaux sont des sujets à part entière, comment accéder à leur spécificité et penser leurs différences ? Peut-on comprendre la différence anthropologique sans la saisir comme une séparation radicale ? Contre tout égalitarisme, notre recherche est fondée sur la notion de différence, entre l'homme et l'animal et, plus radicalement, entre les façons particulières d'être-au-monde des vivants. Dans cette perspective la philosophie de Merleau-Ponty peut donner une clé de lecture pour sortir de l'impasse entre une pensée incapable de reconnaître les variations et une pensée de la séparation radicale.

  • Les spécialistes de la pensée de Hobbes ont souligné l'importance de son troisième grand tour à travers l'Europe (1634-1636) et de son séjour à Paris, pour le développement de son système philosophique. Cette étude analyse les débats philosophiques et scientifiques qui ont eu lieu dans la capitale française pendant ces années là, et qui se révélèrent décisifs pour la naissance de la philosophie de Hobbes. Un travail qui compare pour la première fois et de façon détaillée les pensées de Mersenne et de Hobbes, dont on souligne les analogies et les différences au niveau méthodologique et épistémologique. On y aborde également la question du rapport des deux philosophes au mécanisme et à la révolution scientifique. Cette étude porte également sur la figure de Descartes, dont on évolue la contribution essentielle au développement de la pensée hobbesienne.

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