Livres en VO

  • La mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, victime au Pakistan d'un guet-apens mené par les corps spéciaux des marines américains, fixe un point de non retour - symbolique et matériel - pour le destin des démocraties occidentales : le crime devient justice. Le deuxième numéro d'Outis! questionne le sens de la fin d'Oussama Ben Laden. Une fin, en réalité, sans fin : la disparition de son corps sert à faire tenir debout son fantôme. Ben Laden a toujours été un spectre. Son apparition rend la guerre « infinie », la démocratie « sans limites », l'illégalité planétaire « légale », la justice du plus fort « raisonnable ». Elle représente l'occasion pour incarner la domination de l'incertitude qui gouverne une planète qui n'est pas gouvernable, et pour cette raison, du moins pour certains, terrorisante. La guerre contre la terreur, au fond, n'est autre qu'une guerre contre tout ce que nous ne connaissons pas. Contre le Néant. Contre la possibilité de dire Non.
    Avec les contributions de J. Alkatout, P. Amato, K. Ambos, M. Antonioli, A. Aponte Cardona, B. Aspe, D. Bartoli, I. Bonacossa, A. Brossat, A. Cera, M. Cancio Meliá, M. Delmas-Marty, E. Fronza, C. Galli et alii.

  • Don Giovanni élit une place comme lieu de rencontres amoureuses : place qui a été, autrefois, le théâtre de tortures et de morts. Pour Don Giovanni, la continuelle vision du monument dressé sur la grande place, en mémoire de l'homme libre penseur, est une constante inquiétude, une preuve fantastique terrible qui évoque crainte, angoisse, terreur et horreur. L'image du monument ligneux brûlant devient pour lui une forme d'obsession qui fait distinctement ressentir au grand personnage l'inexorable tragique épilogue de sa vie.
    Un groupe de dix personnes, hommes et femmes, poursuivent Don Giovanni, haï séducteur, avec l'intention manifeste de se venger : au fur et à mesure ils persécutent et déforment ses sens, la source de sa faculté d'aimer, afin de mutiler son goût, son ouïe, son odorat, son toucher et sa vue. Don Giovanni, défiguré dans son corps et humilié dans sa pensée, erre dans les capitales du monde, désespéré, dans l'incapacité présente d'aimer, destiné à mourir.

  • L'Europe ? L'impossible ? L'Europe aujourd'hui ne peut pas constituer un appui pour nous, elle n'est pas à même de promouvoir une forme radicale de démocratisation économique, sociale et culturelle du processus de globalisation. Il convient alors d'être à la hauteur du naufrage de l'Europe, de sa ruine actuelle, qui rappelle, sous des formes diverses, le carnage de la Grande Guerre il y a 100 ans. C'est la raison pour laquelle le cinquième numéro d'Outis ne se limite pas à proposer une enquête sur le travail (quand même important) de désarticulation et de refus de l'Europe de Bruxelles qui, au nom de la Nécessité, provoque une catastrophe sociale et culturelle très grave (comme en témoigne la situation tragique en Grèce). Outis essaie plutôt dans ce numéro d'exprimer la volonté de se soustraire à la logique déterminant la philosophie européenne. Outis ne veut pas appliquer une énième forme de devoir-être utopique, à savoir le topos selon lequel une autre Europe serait possible. La (post)Europe est l'impossibilité de l'Europe actuelle. En finir avec l'Europe signifie accorder une autre histoire à l'Europe - une histoire migrante et mineure.

    L'Europa? L'impossibile? L'Europa oggi non può rappresentare un sostegno in grado di promuovere una radicale forma di democratizzazione economica, sociale, culturale del processo di globalizzazione. Bisogna allora tentare di essere all'altezza del naufragio europeo, della sua rovina che ricorda, in forme diverse, la carneficina della Grande guerra scoppiata cento anni fa. Per questo motivo, il quinto numero di Outis, non si limita a indagare il pur decisivo lavoro di disarticolazione e rifiuto del sistema dell'Europa di Brussel, che, in nome della Necessità, scatena una catastrofe sociale e culturale pesantissima (vedi la tragica condizione della Grecia). Piuttosto, esprime l'esigenza di sottrarsi alla logica che determina la filosofia europea. Non immagina, in questo senso, un'ennesima forma di dover-essere utopico, ossia il topos secondo cui un'altra Europa sarebbe possibile. La (post)Europa è l'impossibilità dell'Europa di oggi. Farla finalmente con l'Europa vuol dire consegnare un'altra storia all'Europa - una storia differente, migrante e minore.

    Is Europe an impossible bet? Nowadays Europe does not embody a horizon we can focus on; its promoters cannot even support a radical economic, social and cultural democratization of the present process of globalization. What we need to face, is the complete failure of Europe, a collapse which has much in common with the breakdown of system of nations in Europe which took place last century and lead to World War I. In this 5th issue of Outis!, we do not simply account for various forms of resistance to this Brussels' Europe which has caused the collapse of countries like Greece. We also try to express the will to reject the logic determining the European (ultra-liberal) philosophy. Similarly, it is not our purpose to present a utopian or alternative model for «another Europe». Post-Europe is an impossibility based on today's Europe. Be rid of this Europe create another history for Europe a migrant and minor history!

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