Arts et spectacles

  • Le pari de ce livre est de prolonger la prise de conscience du désastre de Tchernobyl. Il insiste sur le besoin de penser, signifier, symboliser, aussi irreprésentable soit-elle, la conscience que cet événement a fragmentée. Afin d'ouvrir la voie à un mode de vie plus en accord avec l'environnement. C'est le pari de chercher à penser l'impensable, à représenter l'irreprésentable. Mais en proposant, au lieu d'une analyse dépassionnée, des méditations à propos d'expériences personnelles. Au lieu de photographies ou de peintures, des rayogrammes, créés par l'empreinte directe de spécimens d'un herbarium radioactif. Comme toujours chez Marder, les plantes sont nos guides, nous reconnectant à la terre (désespérément contaminée), illuminant la signification des ruines.

  • Reconnaissant ses affinités avec les écrits de Walter Benjamin et Siegfried Kracauer, l'auteur élabore une histoire du « cinéma critique ». Il s'intéresse plus particulièrement à des films qui accordent une place importante aux « vaincus de l'histoire » (Walter Benjamin). Ce sont les vagabonds, les chiffonniers, les glaneurs, mais aussi les migrants, les fous ou les enfants au travail. Ce sont les « sans visage » (Arlette Farge) d'hier et d'aujourd'hui, broyés par le capitalisme triomphant. L'ouvrage se focalise ainsi sur des films qui, à travers la figure de l'exclu, portent un regard politiquement contestataire sur la « société régnante » (Siegfried Kracauer).

  • Il y a un avant et un après Welles, tant l'auteur de ­Citizen Kane­ a laissé sa marque dans l'histoire du cinéma et a inspiré des vocations. Ce livre questionne son héritage. Où ses images sont-elles imitées et comment son cinéma se prolonge-t-il dans d'autres oeuvres­ ? Qu'est-ce qui, de Welles, passe chez d'autres cinéastes­ ?

  • A partir d'une filmographie de plus de cent long métrages et d'autant d'actualités filmées, ce livre propose un travail de pionnier sur la place du cinéma dans la biographie du guérilléro. La réflexion suit un fil historique qui part des films tournés par sa famille en 1932, elle retrace les films à succès qui ont marqué sa formation, pour s'attacher enfin aux actualités et biopics, concomitants de films d'artiste réalisés jusqu'en 2018. Fondé sur l'évolution technique du cinéma et des médias, le livre analyse les appropriations nationales de la figure de Guevara. Les perspectives culturelles et méthodologiques croisées permettent de renouveler grandement l'approche historique d'une figure marquante du siècle passé, réduite de nos jours encore à un contour rebelle ou marchand.

  • Photographie & cinema

    Philippe Dubois

    • Mimesis
    • 23 Septembre 2021

    Photographie & cinéma. Dans ce titre, c'est le & qui importe le plus. Loin d'opposer deux médiums, de vouloir les appréhender dans leur spécificité ou leur ontologie, par exemple en jouant l'immobilité de l'une contre le mouvement de l'autre, il s'agit ici de les croiser, de les mixer, jusqu'à une certaine in-différence. Non pas l'un contre l'autre, mais l'un avec l'autre, voire dans l'autre. Telle est la posture de base de cet ouvrage, une sorte de synthèse des recherches effectuées depuis des années par l'auteur dans ce domaine intermédiaire, et qui se développent avec un point de vue cohérent, débouchant sur une pensée de l'avenir des images, au-delà d'une opposition finalement peut-être archaïque.

  • à quoi pensent les films Nouv.

    à quoi pensent les films

    Jacques Aumont

    • Mimesis
    • 21 Octobre 2021

    Les oeuvres de l'esprit sont-elles simplement le réceptacle et le véhicule d'un sens qu'on y aurait déposé, et qui se transmettrait tel quel ? Il semble bien que non, et qu'elles aient au contraire, dans la production de significations et d'émotions, un rôle propre à jouer, par leur insertion dans des dispositifs socialement ajustés, mais aussi par leurs qualités propres, y compris et surtout leurs qualités formelles. C'est de cette capacité de faire sens qu'il est ici question, à propos des oeuvres de cinéma. La thèse centrale de cet ouvrage est que les films, s'ils ne «pensent» pas comme les humains, ont cependant, par leur jeu sur les propriétés des images mouvantes, la capacité de produire des sens neufs - et que la tâche première de toute théorie de l'analyse de film est de s'attacher à cette précieuse aptitude à l'invention.

  • Image et culture : anthropologie historique de la création Nouv.

    L´objet de ce livre sont les processus, les mécanismes et les dispositifs d´acculturation de l´art, dans le double sens de la reconnaissance des liens complexes et mouvants qui l´attachent à la sphère sociale plus large, et de sa transformation progressive en pièce détachée de l´industrie culturelle. Il s´agit d´un regard archéologique, au sens foucaldien du terme, qui exploite la transdisciplinarité des études visuelles (le tournant de l´art vers l´image) et de l´anthropologie culturelle (le tournant de l´esthétique vers le culturel), mais en même temps vise à réintroduire un esprit critique qui fait défaut, nous semble-t-il, ou bien reste marginal dans le discours théorique contemporain sur l´art.

  • Le présent ouvrage s'attache à explorer, selon un schéma analytique souple et ouvert, quelques facettes du cinéma expérimental contemporain. Il s'emploie à revisiter des oeuvres de cinéastes reconnus (Ken Jacobs, Gustav Deutsch, Bill Morrison), mais se penche également sur des artistes dont la production reste encore largement à défricher (Abigail Child, Siegfried Fruhauf, Péter Lichter). Images peintes, images brûlées, images en état de décomposition matérielle, images oblitérées, images en miroir, etc. : les oeuvres que ces essais prennent en ligne de mire ont en propre d'élaborer des modalités neuves et hétérogènes du visible. Aussi diversifiées soient-elles, les images dont il est ici question s'aimantent et se recoupent en ce qu'elles se donnent elles-mêmes pour enjeu.

  • Dès les débuts du cinématographe, les opérateurs réalisent des vues, geste premier qui concrétise lors du tournage les plans virtuels qui composeront le film, mais geste imparfait qui nécessite de faire plusieurs prises qu'il faudra ensuite retravailler et assembler. À travers l'analyse de la notion de « prise », cet ouvrage collectif questionne la nature de ce geste cinématographique. Que prend-t-on et comment ? Quelle poétique, quelle éthique et quelle politique entourent cette prise de vues et de son ? Grâce à une enquête sur le processus de création, la notion de prise permettra de construire une histoire à rebours du film et de sa représentation.

  • Loin d'être une question purement technique, la question de la haute et de la basse définition des images soulève des enjeux très importants d'ordre esthétiques, économiques, épistémologiques et politiques. Elle traverse le 20ème siècle, mais acquiert une importance majeure avec la diffusion des images numériques à partir des années 1990, et détermine profondément les connotations et les valeurs qui sont aujourd'hui associées aux flux incessants d'images et de sons qui circulent à travers l'infrastructure des réseaux numériques et qui façonnent notre culture visuelle. Ce livre est le premier, au niveau international, à aborder cette question avec tous ses enjeux.

  • Il y avait autrefois le cinéma, la photo, la peinture. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images : l'entre-images. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les representations, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde, et un art. Les essais rassemblés dans ce livre ne cherchent pas à faire, directement, l'histoire ou la théorie de l'entre-images. Ils tentent plutôt d'en dessiner le champ, d'en formuler l'expérience. Un livre sur le cinéma, l'un des premiers sur l'art vidéo, où la photo est très présente, plus comme horizon et limite qu'en tant qu'art.
    Un livre attaché aux images, porté par leur passion.

  • L'intitulé de cet ouvrage s'inspire du projet de linéalogie de l'anthropologue britannique Tim Ingold. Dans Une brève histoire des lignes (2011), Ingold se propose en effet d'explorer l'espace commun entre plusieurs activités théoriques et pratiques apparemment très éloignées ("marcher, tisser, observer, chanter, raconter une histoire, dessiner et écrire"), en posant les fondements d'une "anthropologie comparée de la ligne" .
    Comme Ingold, nous choisissons donc de nous situer dans l'espace de l'in-between, afin d'essayer de tisser les fils qui se nouent entre l'écrit et l'espace, les textes et l'architecture : "L'étymologie de texte c'est "tissu" et la ligne c'est un fil de lin. Mais les textes sont des tissus inachevés : aux lignes (les fils de trame) manque l'attache des fils verticaux (les fils de chaîne) dans le tissu achevé"

  • Célèbre dans l'histoire du théâtre pour avoir fondé en 1887 le Théâtre-Libre qui révolutionna la mise en scène moderne, André Antoine consacra la dernière partie de sa vie au cinéma et à la critique, tournant huit films entre 1915 et 1922. Inspiré par les théories naturalistes d'Emile Zola, il appliqua au nouvel art une méthode rigoureuse reposant sur l'expérience du milieu, dans la continuité de sa pratique théâtrale.
    L'ouvrage analyse l'opération cinématographique qu'Antoine mobilise à chacun de ses films selon le protocole expérimental qui lui est propre : investigation, écriture, tournage et direction d'acteurs. C'est l'objet de cet ouvrage que de définir cette méthode, de ses origines scientifiques à son application par le metteur en scène dans le domaine du théâtre, et surtout du cinéma. Cette étude repose sur une analyse approfondie des films, des archives de production, des archives personnelles d'Antoine et de ses nombreux écrits.

  • En 1929, Eisenstein prononce une conférence lors de la grande exposition de cinéma et photo des avant-gardes internationales, à Stuttgart. Il y développe sa conception de l'art et du cinéma. Cet ouvrage propose une édition critique de ce texte fondamental : dans sa version initiale allemande et dans une traduction française inédite. Les variantes des différentes éditions et les notes additionnelles en russe sont également présentées. Dans sa deuxième partie l'ouvrage donne une définition du constructivisme au-delà du point de vue esthétique, en dessinant précisément le contexte culturel et politique de cette période. Sont enfin analysés les liens qu'Eisenstein a entretenu avec ce mouvement constructiviste - né dans les arts plastiques, étendu au théâtre et à la photographie, et enfin au cinéma.

  • De la photo par Hill d'une petite pêcheuse de New Haven, Walter Benjamin a écrit que « le réel [y] a en quelque sorte brûlé le caractère d'image ». Ce n'est pas seulement à ce cliché de 1845 qu'il faut appliquer un tel jugement mais à l'ensemble de la photographie argentique. Tout au long de son histoire, l'image photographique a fait l'objet d'une suspicion sur sa véritable nature. Tantôt on a voulu la maquiller en représentation artistique et tantôt la réduire à une simple trace de réel. Mais il est peut-être temps, à présent que son histoire est achevée, de faire face à son hétérogénéité foncière. De Talbot à Boiffard, de Stieglitz à Walker Evans, des Becher à Denis Roche, la photographie aura été révélatrice d'une impureté beaucoup plus générale.
    Une impureté qui concerne aussi les autres arts mais que, sous leur vernis d'idéalité, nous n'avons pas su reconnaître.

  • Porno-théo-kolossal

    Pier Paolo Pasolini

    • Mimesis
    • 24 Novembre 2016

    Porno-Théoo-Kolossal est le traitement du film éponyme que Pasolini s'apprêtait à tourner juste avant sa mort en 1975. Inédit en français, ce récit allégorique raconte l'histoire du voyage initiatique qu'accomplissent un Roi Mage et son serviteur pour se rendre à l'endroit où est né le Messie. Partis de Naples, ces deux personnages suivent l'étoile du berger à travers un long périple qui les mène d'abord à Sodome (Rome), puis à Gomorrhe (Milan) ensuite à Numance (Paris) et enfin à Ur. Au départ animés par le désir d'atteindre la vérité, les deux protagonistes réalisent finalement que dans la réalité il n'y a aucune vérité ultime à découvrir : ni le Messie ni le Paradis n'existent...

  • Nombreux sont ceux qui ont cru à la mise en scène du pédé qui rôde dans la nuit à ses risques et périls, tué par un jeune homme et par quelques autres voyous fascistes et homophobes. Ils y ont cru par désinformation, par indifférence, par automatisme, par antipathie envers Pasolini, quelques-uns aussi par peur. Ils ont tous dogmatiquement épousé la thèse ofcielle, fermant les yeux sur ses évidentes contradictions et faisant taire leurs propres scrupules de vérité.
    Pédé, et c'est tout retrace la généalogie du dernier roman de Pasolini, Pétrole, publié posthume en 1992. L'ouvrage aurait été mis sous presse tronqué d'un ensemble de pages décisives. Cette reconstruction, qui jette enn une nouvelle lumière sur la mort de Pasolini, porte sur la découverte de nouveaux matériaux inédits que Pasolini conservait parmi les feuillets du manuscrit et qui sont ici publiés pour la première fois.

  • Cet ouvrage se propose d´examiner comment le réel émerge dans l´art et la création sonore contemporains - ou comment ils y basculent. Lorsqu´elles relèvent moins de la création que de la capture, lorsqu´elles accueillent le concret sans apparence de médiation, à quoi les oeuvres nous donnent-elles donc accès ? Field recording, renouveaux du ready-made, vie des formes cinématographiques. entre arts sonores, arts visuels, design et cinéma, il semble que la théorie comme la pratique des arts accompagnent une certaine fortune du réalisme dans le paysage philosophique contemporain. Il s´agira de montrer que les arts viennent y puiser concepts et méthodes et, réciproquement, que le champ des pratiques artistiques constitue une pierre de touche pour de nombreux philosophes se réclamant du réalisme aujourd´hui.

  • Paris 1929. Eisenstein, Bataille, Buñuel : voilà l'histoire d'une série de rencontres et de coïncidences qui se produisent entre novembre 1929 et mai 1930, soit lors du séjour de Sergueï M. Eisenstein à Paris. Une période qui voit s'entrecroiser les vies et les activités intellectuelles d'Eisenstein, Georges Bataille, Luis Buñuel, ainsi que de James Joyce, Jean Painlevé et du groupe des ethnologues collaborant à la revue Documents. Le passage d'Eisenstein à Paris et ses contacts avec le milieu surréaliste « hétérodoxe » s'avèrent décisifs pour comprendre aussi bien la vision onirique et cruelle qui marquera le tournage de son film, non monté, Que viva Mexico ! (1931-32), que le « réalisme visionnaire » par lequel Luis Buñuel décrira la misère de l'Espagne rurale dans son documentaire Las Hurdes - Tierra sin Pan (1933).

  • Nous vivons dans un monde où l´on est sans cesse confronté à l´infiniment grand et à l´infiniment petit, que les sciences ne cessent d´explorer : les nanotechnologies sont aussi vertigineuses que les images galactiques. Du coup, la mesure des choses semble de plus en plus relative. Le domaine des arts semble lui aussi affecté par cette perturbation des échelles. Il nous semble qu´aujourd´hui le changement d´échelle est l´un des paradigmes qui nous permet de saisir les oeuvres d´arts. Ce livre rassemble des articles qui nous invitent à une lecture transversale de cette question à travers des disciplines variées (médecine, psychologie, neurologie, physique quantique ainsi qu´urbanisme, architecture, photographie, théâtre). Des passerelles, des rapprochements, des formes de dialogue tout à fait passionnants.
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  • En 1975, Laura Mulvey publie Plaisir visuel et cinéma narratif, texte polémique qui met en lumière la manière dont la forme filmique serait structurée par l'inconscient de la société patriarcale. C'est l'essai fondateur des études féministes sur le cinéma.
    Rédigés entre 1975 et 2011, les textes choisis dans ce volume sont marqués par la redécouverte féministe de la psychanalyse et les transformations induites par le développement des technologies numériques. Qu'elle s'attache à des genres ou à des auteurs incontournables (le western, le mélodrame, Ophüls, Hitchcock, Godard), qu'elle incarne l'avènement d'un « spectateur pensif », qu'elle analyse les paradoxes de l'esthétique hollywoodienne ou la compilation de films de propagande coloniale, Laura Mulvey fait preuve d'une cinéphilie active et engagée.

  • Cet essai historique s'intéresse aux discours ayant pointé l'existence d'un rapport privilégié entre Wagner et le cinéma. Il s'agit de mettre en lumière les généalogies en vertu desquelles les milieux cinématographiques ont pu s'approprier une certaine esthétique propre au wagnérisme. Le lieu commun d'un Wagner proto-hollywoodien, tourmenté par l'« immersion » technologique, fait notamment débat. Une première partie aborde les réflexions ayant cherché à définir le cinéma en tant que synthèse des formes d'expression artistique, en revenant sur les propos de divers théoriciens du cinéma, le scénographe Adolphe Appia ou le cinéaste S.
    M. Eisenstein. Une seconde partie envisage la référence à Wagner dans le domaine de la musique pour le film, plus particulièrement au travers du leitmotiv. Ancrée d'abord dans le grand spectacle « muet », cette tradition s'est vue récemment revitalisée au travers de blockbusters comme Star Wars ou The Lord of the Rings.

  • La question de la reproduction technique obsède la modernité. Mais, en vérité, elle relance une question plus ancienne, et mal aimée : celle de la répétition. Simuler, copier, doubler, redire. On doit encore affirmer l´intérêt de tels gestes, mais aussi leur diversité. Plus que jamais, on voit proliférer aujourd´hui non seulement les reprises et les réappropriations dans tout art et tout média, mais aussi les reformatages et les retransmissions, les relocalisations et les réexpositions. Les arts - à l´ère de leur médiatisation exponentielle - et les médias - à l´ère de la possibilité de création diffuse - semblent devenir un vaste chantier d´archivage et de partage, de transformations et de réactualisations. Approché sous différents angles, le « re- » peut ainsi révéler ses multiples facettes.

  • Un essai sur le cinéma de la sensation consacré à la filmographie du réalisateur mexicain contemporain Carlos Reygadas. Le but est de cartographier, en partant d´une analyse précise de l´esthétique reygadienne, une certaine pratique « décroissante » du cinéma contemporain, qui cherche à élargir la sensibilité grâce à une extension audacieuse du dispositif cinématographique vers des sensorialités « autres » (végétales, animales, enfantines). Ce travail s´attache à prendre la mesure de l´écart iconoclaste du cinéma de Reygadas par rapport aux normes de composition du cinéma «classique». En sabotant le sujet implicite du regard cinématographique, en affectant le spectateur de devenirs-autres, de bifurcations de la sensibilité, d´excroissances de la perception, l´esthétique du sensible mise en oeuvre par Reygadas est une véritable politique du sensible.

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