Littérature générale

  • Michel Fize poursuit sa réflexion sur la société contemporaine et dresse un état des lieux des « abîmes actuels » : économiques, sociaux, politiques, écologiques, intellectuels, moraux. Il constate que si l´individualisme est préférable au collectivisme totalitaire, le libéralisme au socialisme d´État, la démocratie à la dictature, les grands principes finissent toujours par être pervertis. L´individualisme est devenu égoïsme et autoritarisme, le libéralisme aliénation et exploitation des plus modestes, la démocratie « démocratisme ». Nous devons passer d´un « individualisme de la marchandise » à un « individualisme de la liberté » qui retisse le lien social avec les autres, et fasse que nous soyons à nouveau ensemble, et pas simplement côte à côte, nous dit-il.

  • Faruk Šehic s'engage en 1992, à vingt-deux ans, dans l'armée bosnienne et il traverse la guerre civile yougoslave au commandement d'une compagnie de 130 soldats. Blessé, démobilisé à la fin des hostilités en 1995, il écrit et publie de la poésie. Ses proses, âpres et féroces, en font l'une des voix le plus authentiques de l'ex-Jugoslavie, chef de file de la « génération mutilée » née en 70. Šehic place au centre de son oeuvre l'expérience de la guerre, pour en raconter le quotidien, la banalité et la brutalité, mais aussi ses replis d'humanité. Dans les interstices laissés libres par le sang, la violence et la rage résignée, Faruk Šehic laisse s'infiltrer une étrange poésie qui parvient à retrouver la personne qui se terre, apeurée, sous le masque du soldat, et qui tente de donner un sens de fortune à ce qu'elle vit.

  • L'Iran est un pays en transition, entre passé et présent, au carrefour de civilisations contiguës et indépendantes, entre Orient et Occident, modernité et tradition. Une République... islamique, qui devrait être une démocratie... religieuse... dans les faits une oligarchie d'ayatollahs et de pasdarans. Au coeur de l'Iran, Téhéran, sa capitale, avec ses différentes âmes, est une femme qui enchante ses interlocuteurs. Comme toutes les Shéhérazade, elle susurre les mots justes. Elle convainc. Elle vous enchantera vous aussi, si vous décidez de voyager. Et comme une mine de rubis, vous serez ouverts à l'influence des rayons du soleil.

  • L'amitié

    Pavel A. Florenski

    • Mimesis
    • 24 Octobre 2017

    Forme de connaissance la plus accomplie, l'amitié occupe une place d'exception dans l'oeuvre et la pensée de Pavel A. Florensky, l'un des plus grands penseurs russes du XXe siècle. Se déployant dans l'action, elle se nourrit de la foi absolue en Dieu et serait l'émanation directe, sur terre, de la puissance divine.
    Figurant parmi les lettres publiées en 1914 dans le traité La Colonne et le fondement de la vérité, somme de la culture et de la pensée religieuse russes, Pavel Florensky s'adresse ici, sous forme épistolaire, à Sergej S. Troickij, mort dans des circonstances tragiques quelques années auparavant. D'un lyrisme inégalé, ce texte est le fragment d'un dialogue ininterrompu avec l'ami de toujours.

  • Giovanni Pascoli (1855-1912), poète majeur de l'époque moderne et contemporaine italienne, marque la transition entre le XIXe siècle de Carducci ou Leopardi et le « siècle bref ». Davantage que D'Annunzio, il a été un inventeur de formes et de sensibilités dont la poésie italienne - de Montale à Pasolini à Raboni - lui est encore redevable. Il a surtout poussé la recherche poétique, et son « impensé » éclairant, jusque dans les ressorts du signifiant et des contenus par quoi la mémoire personnelle peut se fondre au vaste architexte. La poétique qui se dégage de ces textes, dont l'essai sur l'enfance-poésie (Il fanciullino) en est la parfaite synthèse au moment où l'élégie, comme la prise de position citoyenne et l'écoute de l'inconscient, réanime le débat littéraire, en fait une oeuvre actuelle.

  • Après des nombreuses années consacrées à l'enseignement, après tous ces textes, ces multiples images, ces innombrables voix qu'il nous a révélés, nous saluons Jean-Paul Manganaro par un voyage au coeur de son univers intellectuel. Traducteur inlassable, commentateur inspiré, essayiste dont la pensée fuit les cadres conventionnels, il a dessiné les contours d'un nouveau baroque qui suit un chemin jalonné de noms aussi variés que Carlo Emilio Gadda, Italo Calvino ou Totò, en passant par Antonin Artaud, Carmelo Bene, Federico Fellini, Spiro Scimone, François Tanguy, Maguy Marin ou Lina Prosa, pour n'en citer que quelques-uns. Nous réunissons ici les textes des amis et des collègues de Jean-Paul Manganaro, mais aussi des personnes dont le travail a pu entrer en résonance avec le sien, ou du moins avec sa constellation de pensée.

    Camille Dumoulié est professeur de Littérature Comparée à l'Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

    Anne Robin est maître de conférences en Langue, littérature et civilisation italiennes médiévales à l'Université de Lille 3.

    Luca Salza est maître de conférences en Histoire des idées et Littérature italienne moderne et contemporaine à l'Université de Lille 3.

  • Campagnes publicitaires, programmes de télévision, plateformes de communication, interactions via web, stratégies de marketing, conversations, stations de métro, immeubles, villes, instants de la vie quotidienne, expériences politiques et univers scientifiques: nous exprimons dans chacun de ces milieux des textes que la sémiotique enseigne à interpréter. Gianfranco Marrone, semiologue qui s'inscrit dans la grande tradition de la sémiotique italienne commencée par Umberto Eco, invite son lecteur à examiner avec un regard neuf sa réalité quotidienne, dans le but de découvrir la polysémie du langage dans la société contemporaine.

  • Sept essais composent ce livre consacré à l'oeuvre de Flaubert qui souvent s'interrogeait par métaphores sur son esthétique. C'est pour cela qu'on a pensé de commencer par l'analyse des métaphores dans sa Correspondance, où l'homme réfléchit toujours sur l'auteur et sur l'art. Les deux essais suivants concernent Madame Bovary et le quatrième le véritable livre sur rien : Salammbô, le roman où les images prolongent l'exotisme de l'histoire et de la forme. La forme qui devient séduction de mots dans l'Éducation sentimentale, où la rhétorique paralyse les personnages devenus le portrait d'un Occident impuissant. Les tentatives de séduire de la part des personnages principaux ne débouchent sur rien, car ils ne sont pas même capables d'aimer. Ils ne peuvent qu'imiter jusqu'à dégoûter de plus en plus leur auteur qui a généré Hérodias et l'Orient-mirage dont son donjuanisme fait partie.

  • Montaigne et la coutume

    Guillaume Cazeaux

    • Mimesis
    • 2 Septembre 2015

    La coutume constitue l'un des thèmes majeurs des Essais. Montaigne est fasciné par son pouvoir immense sur notre vie, tant individuelle que collective, et par l'extrême diversité des formes qu'elle est susceptible de lui donner. Dans le contexte de la découverte du Nouveau Monde, il pense l'inquiétante relativité de nos coutumes, de nos lois, de nos croyances ; dans celui, tragique, des guerres de religion, il préconise de s'en tenir à celles qui, dans leur durée, ont su garantir la paix. Montaigne n'a de cesse de libérer son jugement du joug de la coutume, mais, conscient du danger de sa démarche, dissuade ses lecteurs de trop vouloir l'imiter. Il nous dépeint ainsi un homme aux trois quarts automate qui, en tant qu'être social, ne saurait se libérer qu'intérieurement de la tyrannie de la coutume. Ce n'est qu'en tant qu'individu qu'il peut prétendre agir sur elle dans le but de « faire bien l'homme ».

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