Paris

  • Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, une femme des classes supérieures que rien ne destine à entrer dans l'arène politique, découvre que l'exploitation sexuelle des filles pauvres est organisée par le gouvernement britannique. Tel est le scandale qui lui commande de s'engager dans sa « guerre sainte ». Josephine Butler (1828-1906) rencontre bien des obstacles dans sa croisade : policiers, militaires, médecins, politiques et hommes d'Église, ils tenteront tous de la faire taire. La fille de bonne famille sera amenée à braver de multiples interdits, à accepter maintes compromissions. Les voyages de cette protestante non-conformiste dans l'Europe des années 1870-1880, notamment dans les bas-fonds de Londres, Bruxelles, Paris, l'inscrivent aussi dans le journalisme moderne. Tous les efforts de Josephine Butler seront finalement couronnés de succès, et les lois anglaises réglementant la prostitution abrogées.

  • L'animal serait-il devenu notre alter-ego ? Pour les antispécistes, cela ne fait aucun doute. Selon eux, il faudrait ouvrir en grand les portes des zoos, attribuer aux animaux des droits subjectifs ainsi qu'une représentation politique qui les mettraient à égalité avec nous et, bien entendu, s'abstenir de les consommer jusque dans leurs productions naturelles : les fourrures bien sûr, mais aussi la laine et le cuir, sans oublier lesoeufs, le miel et la soie, tous produits issus de la domestication.
    Dans une langue claire et souple, cet ouvrage, entre l'essai et le pamphlet, s'attache à démonter l'un après l'autre les arguments de l'idéologie antispéciste, mais aussi ceux, du véganisme, de la collapsologie et de l'écologie radicale. Sans nier la nécessité d'améliorer le sort des animaux dans notre société, l'auteur rappelle que le monde humain s'est bâti sur la différence homme-animal. Et que, par conséquent, mieux vaudrait maintenir la part d'altérité des animaux plutôt que de vouloir les humaniser à tout prix.

  • Les éditeurs : chronique du monde de l'édition 1970-2021 Nouv.

    En dépit de sa tournure atypique, romanesque, satirique, humoristique et poétique, cette chronique brosse un tableau réaliste et parfaitement documenté du monde de l'édition. Ce n'est ni une autobiographie ni une chronique littéraire ni un roman, sinon un roman vrai jusque dans les moindres détails. Elle privilégie une réflexion libre mais sans concession sur la création littéraire et son environnement éditorial. À travers deux visions d'un même monde, l'une, existentielle, vue de l'intérieur, l'autre, sociologique perçue de l'extérieur, prennent corps 45 ans d'une vie d'auteur riche en rebondissements et dominée par la lumière d'un sourire, le chant d'une flûte et une mystérieuse histoire d'amour. Comme dans le kaléidoscope de la vie, on y passe du rire aux larmes, de la réflexion au lyrisme, de l'amour à la haine, du succès à l'échec, des humanistes aux escrocs... D'un éditeur l'autre, nous voilà entraînés, du sous-sol au grenier, dans les secrets d'un monde resté inconnu. S'y croisent des personnages hauts en couleur et des situations tour à tour pittoresques, picaresques ou ténébreuses mais toujours plongés dans cette atmosphère à l'épaisseur balzacienne qu'aucun auteur en renom, enfermé dans sa thébaïde, ne verra ni ne dira jamais.

  • Il y a plusieurs manières de réduire les opposants au silence. Dans les pays totalitaires c'est la prison ou l'assassinat, dans nos pays dits démocratiques c'est le discrédit, le mépris pouvant aller jusqu'au lynchage médiatique, moins inhumain certes mais tout aussi définitif. Alors que le communisme a fait près de cent millions de morts, c'est toujours le qualificatif "fasciste", dont ceux qui emploient le terme ne connaissent même pas la définition, qui claque sur vous comme une porte de prison. Vous aimez votre pays : vous êtes fasciste, vous glorifiez les couples hétéro : vous êtes homophobe, donc fasciste, vous émettez des réserves sur l'islam : vous êtes islamophobe, nouvelle donne du fascisme, vous êtes flics ou gardiens de prison : vous ne pouvez qu'être "fascistes". C'est cette idéologie qui, à travers les mots, est omniprésente pour cataloguer les nouveaux damnés.

    Si ces pestiférés sont marqués à l'encre indélébile, d'autres, en étant au mauvais endroit, au mauvais moment, ont été meurtris dans leurs chairs, parfois assassinés. Ce sont ceux que l'auteur appelle les damnés conjoncturels : ceux qui ont croisé une bande sauvage, ceux qui n'ont pas donné la cigarette qu'on leur réclamait, ceux qui ont eu un mot ou un geste de trop, celles enfin qui, par leurs tenues vestimentaires, ont attiré le regard des nouveaux inquisiteurs.

    Privés de leurs droits inaliénables de sécurité et de protection, bafoués, humiliés, ces nouveaux damnés de la terre de France, brisent ici le mur du silence pour s'affirmer face aux mondialistes islamo-gauchistes ou libéraux, aux jeunes asociaux dont la violence ne cesse de monter. Le fossé entre eux et les damnés est devenu abyssal, mais, en poursuivant leurs attaques contre la nation, ils ne sont pas loin d'encourir la colère d'un peuple poussé à bout.

  • Depuis une trentaine d'années, voire plus, notre pays s'enlise dans l'abandon de son identité : celle de la famille, de la religion, de la culture, pour laisser place à une société multiculturelle vouée à l'im-migration incontrôlée, à la décadence politique au profit d'un totalitarisme encore feutré mais où la violence fait force de loi.

    La politique dévoyée des droits de l'homme a sapé les responsabilités régaliennes de l'État. Que ce soit à propos du traitement de la violence, de l'école qui a perdu sa fonction d'instruire au nom d'un égalitarisme forcené ; de l'islam qui étend ses tentacules dans toutes les sphères de la société ; de l'abandon des lois naturelles au profit d'une minorité agissante qui pousse à un changement an-thropologique de la famille et de la reproduction encore jamais vu ; de l'art contemporain qui s'émancipe allègrement d'un patrimoine multi-centenaire au profit de l'ère du vide.

    Ce livre rassemble des billets d'humeur, des réflexions suscitées par la lecture de journaux, d'informations ubuesques et qui décrivent l'inanité des politiques et des journalistes face à la crise abyssale que traverse la France qui, sans un sursaut drastique, ne saurait se relever. Un livre mal-pensant à l'humour corrosif.

  • Avec Le mirage mondialiste, Olivier Piacentini dévoile secteur par secteur les méthodes de formatage et d'asservissement des populations, alors que nous, peuples européens, croyons vivre encore dans des systèmes démocratiques où règne la souveraineté populaire. En apparence sans doute, mais, depuis trente ans, nous sommes soumis au régime du mondialisme imposé par les puissances financières, mais aussi et surtout infusé dans notre quotidien par les télévisions -notamment les séries et téléréalités-, les radios, les journaux, le cinéma, les musiques nouvelles -disco et rap-, l'art notamment contemporain, les sports, la publicité et le marketing, les divertissements...

    L'idéologie mondialiste s'insinue partout. Dans la presse, elle nous fait croire qu'il n'y a pas d'alternatives. Dans les divertissements, elle nous fait miroiter un monde ouvert plus beau, plus passionnant, plus libre à travers des oeuvres dont le financement dépend largement aujourd'hui de la superclasse mondiale. Peu à peu, les peuples se laissent glisser dans le "paradis mondialiste", en croyant entrer dans le progrès et la modernité.

    Or, c'est de leur liberté, de leur souveraineté, de leur survie en tant que nation qu'ils se dépouillent sans même en avoir conscience. Dans un langage accessible au plus grand nombre, ce livre, extrêmement documenté et non dénué d'humour nous invite à ouvrir les yeux.

  • Contrairement à beaucoup de maîtres, Hector Berlioz n'est pas issu d'un milieu propice à l'éclosion du génie musical. Mais, poussé par une ferveur irrésistible, il va étudier seul, jusqu'à l'entrée au Conservatoire, en 1824. La même année, il signe sa première oeuvre, la Messe solennelle, puis, tout en préparant le concours du prix de Rome, il compose, en 1830, à 27 ans, La Symphonie fantastique, coup de tonnerre dans la production du temps. De retour à Paris après son séjour à la villa Médicis, il participe au tumulte du romantisme et fréquente Nerval, Hugo, Balzac, Delacroix, Paganini et Liszt...

    Organisateur de concerts et critique musical, il va produire des chefs-d'oeuvre, reflets de sa vie sentimentale agitée et de ses lectures : Harold en Italie (1834), Roméo et Juliette (1839), La Damnation de Faust (1846), Les Troyens (1858)... et, preuves de son éclectisme : la Symphonie funèbre et triomphale (1840), L'Enfance du Christ (1854), ou l'opéra-comique Béatrice et Bénédict (1862)...

    Après une existence difficile, Berlioz s'éteint en 1869. Reconnu à l'étranger, il sera longtemps boudé en France avant d'être justement célébré.

    Publié en 2003, cet ouvrage, illustré d'une vingtaine de documents pour beaucoup inédits, est réédité pour le 150ème anniversaire de la mort d'un des plus grands compositeurs français.

  • Grande figure musicale du XXe siècle, Pablo Casals (1876-1973) a porté le violoncelle au premier rang de l'orchestre classique et révolutionné sa technique. Contemporain de Charles Lamoureux, Richard Strauss et Albéniz et Granados, Saint-Saëns et Fauré et aussi d'Ysaye, Menuhin, Furtwängler il fut l'un des plus grands interprètes de son temps, un chef éminent, un compositeur fécond, créateur de l'orchestre Pau Casals qu'il dirigea de 1910 à 1937 et du légendaire trio Cortot-Thibaud-Casals qu'il anima de 1906 à 1933.
    Homme de convictions, épris de liberté, combattant opiniâtre des dictatures, il refuse de jouer en Union soviétique dès 1917, en Allemagne à l'avènement d'Hitler en 1933, en Espagne à la victoire de Franco en 1939, puis dans tous les pays qui, aux lendemains de la guerre, pactisent avec l'Espagne franquiste. Exilé à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, de 1939 à 1956, il se consacre au secours des réfugiés catalans.
    En 1950, devant son refus d'interrompre son exil, les musiciens du monde entier se déplacent dans les Pyrénées pour célébrer avec lui le 200e anniversaire de la mort de Bach. C'est le premier festival de Prades, le premier d'une longue série. S'appuyant sur des sources inédites, cette première biographie en français reconstitue une existence exceptionnelle qui éclaire l'histoire musicale, culturelle et politique du XXe siècle.

  • A travers l'histoire d'une famille quercynoise que François Sauteron déroule dans son environnement campagnard, est reconstituée la tragédie de septembre 1963 où Casimir, le patriarche, élimine avec l'aide de sa femme et de sa fille, un gendre parasite et violent.

    Ce récit est exact, dans ses moindres détails, l'auteur ayant recueilli de nombreux témoignages, mais également côtoyé les protagonistes de ce drame. Certains verront peut-être dans ce livre un essai de réhabilitation et penseront que ce jury de paysans, jugeant l'un des leurs, n'avait pas été assez clément.

    D'autres, choqués par l'horreur des faits, s'étonneront de la sentence prononcée. Auraient-ils eu de nos jours le même procès ? Au-delà de ce drame, c'est une approche ethnosociologique d'un monde rural aujourd'hui disparu, qui nous est proposée.

  • A l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la naissance de l'Etat d'Israël, le 14 mai 1948, l'auteur s'interroge sur le conflit israélo-arabe, mais surtout sur deux conceptions opposées du sionisme et de l'identité d'Israël : " Israël doit-il rester un Etat spécifiquement juif, selon le souhait de ses pères fondateurs, ou bien doit-il devenir un Etat occidental comme les autres, dans lequel l'identité juive serait reléguée à la seule sphère privée ? ".
    Pierre Lurçat, est l'auteur de plusieurs essais sur le sionisme, Israël et l'islam radical, parmi lesquels Le Sabre et le Coran (2005), Pour Allah jusqu'à la mort (2008) et La trahison des clercs d'Israël (2017).

  • L'antisémitisme n'est certes pas né en 1900 (l'affaire Dreyfus en porte témoignage), mais il s'est développé parmi une importante fraction de l'opinion publique et chez de nombreux intellectuels dès le début du XXe siècle. L'installation à Paris - à Montmartre, puis à Montparnasse - de jeunes artistes juifs venus des pays de l'Est (Chagall, Soutine, Kisling, Pascin, etc.) ou d'Italie (Modigliani) contribue à créer un courant d'hostilité, car ils révolutionnent la perception des formes et des couleurs contre certaines traditions picturales françaises. Cet ostracisme n'affecte pas que les peintres. Il répond à une idéologie de rejet d'individus supposés être peu travailleurs, âpres au gain, intrigants... Ce que reprennent des hommes politiques, des journalistes, des écrivains. Mais c'est entre 1940 et 1944, sous l'Occupation (partie la plus importante du livre), que se déchaînent les extrémistes à la radio, dans la presse, dans la littérature : notamment Céline, Brasillach, Rebatet, Léon Daudet...

    Dans ce livre, Jacques Lambert, se référant à des faits précis, traite de la littérature, de la peinture, du cinéma, du théâtre, du music-hall, de la chanson, du journalisme,... qui n'échapperont pas, surtout durant la Seconde Guerre mondiale, à ce phénomène de l'antisémitisme qui va diviser les Français : certains, à des degrés divers, collaboreront avec les représentants de l'Allemagne nazie, d'autres entreront en résistance, en particulier plusieurs Juifs courageux tels que les époux Aubrac, Jean-Pierre Aumont ou Jeanne Modigliani, fille du peintre... Ce livre, riche d'informations et d'anecdotes soigneusement contrôlées, passionnera tout lecteur épris de vérité en une époque qui voit refleurir en France (mais pas seulement) des comportements haineux et agressifs envers la communauté juive.

  • A partir de trois registres de délibérations municipales comparés à d'autres sources, cet ouvrage raconte l'histoire de Saint-Jean-de-Maruéjols pendant la Révolution française. Il évoque notamment le destin des protestants cévenols, la politisation de la France rurale, le poids de la violence pendant la Terreur, etc.

  • Tout semblait opposer Mme de Staël à la reine Marie-Antoinette. Pourtant, en 1793, quand la Convention décide de traduire la veuve Capet devant le tribunal révolutionnaire, Mme de Staël publie un pamphlet : Réflexions sur le procès de la reine par une femme. Pamphlet ou plutôt plaidoyer pour la reine sacrifiée à la logique jacobine. Mais, au-delà de cette défense, Mme de Staël s'interroge sur la violence révolutionnaire. Elle en dénonce la surenchère, voyant dans le procès de la reine - et sa condamnation assurée une démagogie propice au déchaînement de la Terreur. Enfin, après avoir essayé de réfuter certaines accusations portées contre Marie-Antoinette, Mme de Staël en appelle aux mères et aux femmes "de toutes les classes de la société" que, dit-elle, on immole à travers la reine. Ultime argument, ultime secours qui donne à ce texte brillant et passionné toute sa modernité.
    La récente publication de la Correspondance de Marie-Antoinette (1770-1793), la réalisation du film Marie-Antoinette par Sofia Coppola, avec dans le rôle-titre Kirsten Dunst, film tourné à Versailles et qui sera projeté au festival de Cannes 2006, avant de sortir dans les salles, en juin aux USA, en août en France, montre que l'exécution de la reine continue à nous habiter.
    Dans une postface pertinente, Monique Cottret analyse le texte de Mme de Staël en le situant dans le contexte révolutionnaire et en le rapprochant des écrits de Saint-Just, Robespierre et Chateaubriand.

  • Pour tous les réformateurs sociaux du me siècle, changer la société implique de changer radicalement l'école.
    Aussi débattent-ils passionnément des problèmes de l'éducation et de la formation du citoyen. L'ouvrage rassemble un grand nombre de textes publiés entre 1830 et 1881, qui sont replacés dans leur contexte et commentés. Certains sont dus aux grandes figures de l'époque, d'autres sont peu connus, voire inconnus, extraits de brochures populaires, d'almanachs, ou encore de tracts. Parmi les noms célèbres : Louis Blanc, Cabet, Fourier, Gambetta, Godin, Victor Hugo, Gustave Lefrançais, Lissagaray, Benoît Malon, Proudhon, Raspail, Renouvier, Saint-Simon, Flora Tristan, Varlin, Paul Bert...
    Pour cette frange de la société allant de la gauche républicaine à l'extrême gauche radicale, la question scolaire trouvera son aboutissement provisoire avec les lois établissant l'école laïque, gratuite et obligatoire, que Jules Ferry fera voter entre 1879 et 1882. Mais beaucoup des problèmes soulevés à l'époque . restent néanmoins d'une actualité saisissante.


  • les normes comme les déviances sont évolutives, les normes fabriquent les déviances, et réciproquement.
    à travers différents thèmes, un certain nombre de jeunes historiens de l'université de nanterre, placés sous la direction de monique cottret, interrogent la politique, la religion et la culture pour rendre compte de la diversité et de la complexité du vivant. des guerres de religion du xvie siècle à la révolution française, des récollets de la nouvelle france, au réformateur évangélique john wesley puis au sulfureux père girard, amant de la jeune cadière, voilà le champ de leurs réflexions et de leurs questions.
    mais, in fine, il s'agit d'interroger l'histoire, discipline née au siècle des lumières et que le xxe siècle semble vouloir éradiquer, comme si tenter de comprendre la barbarie, c'était l'accepter, préférant remplacer l'analyse par la commémoration et le raisonnement par les bons sentiments. cette lecture décapante des institutions n'est pas dépourvue d'humour et s'agrémente de quelques gravures libertines mettant en scène des curés libidineux.


  • L'auteur dresse l'inventaire du vocabulaire spécifique à l'architecture méridionale entre les XVIe et XIXe siècles. Puisant ses sources dans la langue d'oc, il permet d'appréhender l'histoire locale des techniques de construction.

  • C'est un livre à deux voix. Tout d'abord, celle de Jules Elkaïm, juif d'Oran, né en 1895, appelé sous les drapeaux en 1915 et versé dans le corps des zouaves qui, comme fantassins, serviront sur tous les champs de bataille. Envoyé sur le front des Dardanelles, puis en 1916 dans la Somme, Jules participera à l'offensive du Chemin des Dames en 1917 où son unité est décimée. Blessé, les pieds gelés, malade, il échappe à l'hécatombe, mais est affecté en 1918 en Lorraine jusqu'en 1921. En tout, 62 mois d'armée qu'il racontera dans un manuscrit:
    Épisodes vécues des Dardanelles à la Lorraine.
    Autre voix: celle de sa fille, l'auteur du livre, qui, par-delà le temps, dialogue avec son père pour forcer les silences, tous les non-dits de la guerre, qui rappelle aussi la vie des Juifs dans l'Algérie du début du xxe siècle, comme celles des années qui suivront la Grande Guerre jusqu'à la mort du père en 1982. Ainsi lui tend-elle un miroir où ses souvenirs propres se mêlent à une vie à la fois simple et tumultueuse, où son propre imaginaire prolonge la narration.
    Enfin, en écho au zouave enthousiaste envoyé au casse-pipe, l'auteur fait entendre la voix des poètes et des écrivains qui vécurent 14-18 : Apollinaire, Giono, Cendrars, Céline, JÜnger. ..

  • Le 2 mars 1916, au fort de Douaumont, le capitaine Charles de Gaulle, monté en ligne la veille à la tête de la 10e Compagnie du 33e RI, est fait prisonnier. S'agit-il d'une capture au terme d'un combat acharné ou, selon certains témoins, d'une reddition, attitude alors inconcevable pour des offi ciers d'active ? C'est l'une des questions majeures de cet ouvrage où l'on suit de Gaulle, de son arrivée comme lieutenant au 33e RI commandé par le colonel Philippe Pétain, et son engagement à Dinant-sur-Meuse où il est blessé, à son affectation comme capitaine sur le front de Champagne, puis de son envoi à Verdun.
    Prisonnier en Allemagne de 1916 à décembre 1918, de Gaulle, meurtri et humilié, doutant de son avenir militaire, ronge son frein, tout en mûrissant sa pensée et sa réfl exion.
    La guerre terminée, il est affecté non loin de Varsovie comme instructeur d'offi ciers polonais contre les bolcheviks, puis à l'École militaire de Saint-Cyr, avant d'enseigner à l'École supérieure de guerre, grâce à la protection constante du maréchal Pétain dont il rejoindra l'État-Major avec le grade de commandant.
    Nommé en 1933 lieutenant-colonel, il oeuvre activement pour sa carrière. Mais, en 1938, de Gaulle, qui a écrit - à la demande du Maréchal - un livre que celui-ci laisse dormir depuis des années, décide de le faire paraître sous son nom : ce sera La France et son armée. Une histoire de dédicace achèvera de brouiller les deux hommes. Le 1er juin 1940, de Gaulle est promu général de brigade ; le même mois, Paul Reynaud, nouveau président du Conseil, le nomme sous-secrétaire d'État à la Guerre. Le 11 juin, en pleine débâcle, de Gaulle croise Pétain une dernière fois. Une page est tournée.
    Cet ouvrage, étayé par de nombreux témoignages, ainsi que par des documents d'archives, n'est ni un panégyrique du futur chef de la France libre, ni un pamphlet contre le premier président de la Ve République. C'est un récit qui permet de constater que Charles de Gaulle n'a jamais été un véritable offi cier de troupe et que son comportement au front, contrasté et controversé, lui a probablement sauvé la vie. Un élément de plus pour éclairer une grande fi gure.

  • La politique du général de Gaulle vis-à-vis de l'Union soviétique obéissait à trois axes majeurs : aspiration à l'indépendance et à la grandeur de la France, importance de la Russie et de sa place dans le monde, car la « Sainte Russie » éternelle était, aux yeux du Général, « Bien plus forte que toutes les théories et tous les régimes ».
    Dès son arrivée au pouvoir, de Gaulle entreprend de rendre à la France son prestige et de la libérer de l'emprise étrangère, ce qui correspondait aux aspirations des dirigeants soviétiques visant à développer des relations égales et privilégiées avec les pays d'Europe occidentale, tout en jouant des divergences préexistantes entre la France et l'Allemagne, comme entre les Alliés au sein de l'Alliance atlantique.
    Durant les deux mandats du Général, les relations entre les deux pays évoluent en fonction de leurs intérêts géopolitiques qui devaient tenir une place prépondérante dans la construction d'un monde futur non encore qualifié de « multipolaire ». Mais aussi dans la construction européenne dont la Russie aurait dû être un élément indispensable et dont on mesure désormais à quel point l'absence nuit à une Europe aujourd'hui en déconstruction. D'où la célèbre formule du général de Gaulle aussi incomprise que critiquée : « de l'Atlantique à l'Oural ». Mû par l'intérêt supérieur de l'État, il put, en quelques années, redonner à son pays un statut de puissance mondiale, libérée de toute présence étrangère sur son territoire, indépendante dans ses actes au sein d'un monde occidental dominé sans partage par les États-Unis depuis la fi n de la Seconde Guerre mondiale.
    Durant les onze années de pouvoir gaulliste, des contacts « tout azimut » se développent avec l'Union soviétique, coopération stratégique et active que les successeurs du Général - à commencer par Georges Pompidou - remirent en question. Peu à peu, en effet, disparut la grandeur gaullienne qui laissa place au pragmatisme traditionnel d'une France qui, croyant gagner au jeu de l'Europe, renonçait peu-à-peu à toute chance de trouver une place de choix entre les deux Grands.

  • Jean Hugo a créé en soixante-dix ans de carrière plus d'un millier de dessins et de peintures, plusieurs centaines de décors et costumes de théâtre, trente vitraux, trois cents gravures et gouaches illustrant une centaine de livres rares. Ses mémoires l'inscrivent dans une lignée rare de peintres-écrivains où il côtoie Delacroix et Fromentin. Mais son grand oeuvre, plus grand que sa peinture et ses écrits, c'est lui, c'est sa vie.
    Sa vie de fils et de père, d'ami et de camarade, de descendant d'un géant dont le poids "annihila" deux générations de Hugo. C'est cette vie, enfouie sous trente ans de silence, qu'Henri Gourdin reconstitue, en alternance avec des portraits de Jean Cocteau et Raymond Radiguet, Marcel Proust et Pablo Picasso, Max Jacob, Georges Auric, Christian Bérard... renouvelés par le témoignage de leur ami Jean Hugo.

  • Mondialisation et totalitarisme : les deux termes semblent antinomiques, la mondialisation étant présentée comme une libération aux antipodes du totalitarisme, hypertrophie du nationalisme. Or, nous n'avons jamais autant subi un tel conditionnement, un tel rejet de tout ce qui n'entre pas dans les vues du politiquement correct comme du réalisme économique.
    Sous nos yeux se met en place un système insidieux, souriant, en réalité phagocytaire. Délocalisations, concentration des entreprises, destruction des emplois, concurrence déloyale, laxisme en matière d'immigration, complaisance avec le communautarisme, le but est clair : asservir Nations et États, araser les particularismes, saper la démocratie, abaisser le niveau culturel, uniformiser les modes et les goûts pour parvenir à une gouvernance mondiale sans précédent. Parallèlement à la transformation des peuples occidentaux en consommateurs passifs et assistés, gavés de fêtes et de jeux, se développe une exploitation forcenée du tiers-monde, de ses richesses et de ses travailleurs, ressort de l'enrichissement accru des puissants privant les pauvres du nécessaire pour accroître leur abondance.
    Depuis des décennies, un totalitarisme d'un nouveau genre tisse sa toile, substituant à la violence d'État le conditionnement par le marketing et les nouvelles technologies.
    Dans cet essai, Olivier Piacentini décortique l'avènement des nouvelles oligarchies financières qui, ayant supplanté le pouvoir des États, déroulent un programme de domination planétaire visant à changer le cours de la vie humaine, voire transformer l'humain. Une perspective glaçante que voilà cinquante ans avaient pressentie Aldous Huxley et Georges Orwell.

  • Depuis quarante ans, gauche et droite ont découragé l'entreprise et le travail, ridiculisant le goût de l'effort quand ils ne l'ont pas diabolisé, en privilégiant une politique de loisirs, une société festive. L'auteur montre aussi que l'État accable les entreprises sous les charges et les impôts, mais aussi en appliquant à la lettre les directives européennes souvent insensées. En opposition, Évelyne Tschirhart a rassemblé les témoignages de femmes et d'hommes appartenant à divers domaines qui se sont réalisés dans leur travail malgré les difficultés et les aléas inhérents à toute carrière. Ils en parlent avec fierté et émotion, évoquant l'amour du métier et des valeurs que celui-ci transmet. Un plaidoyer pour la liberté d'entreprendre, gage de l'accomplissement de soi.

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