9782228909907

  • D'Alger à La Mecque, de Bagdad à Belgrade, l'empire ottoman s'étendait au plus fort de son apogée sur un territoire immense. Ses glorieux sultans s'appelaient Bayezid, qui anéantit les chrétiens à la bataille de Nicopolis en 1396, Mehmed le Conquérant, qui s'empara de Constantinople en 1453, ou Soliman le Magnifique, qui assiégea Vienne en 1529.
    Cet empire était belliqueux et son régime sous la tyrannie d'un conseil, le " divan ", tenu assis ou à cheval, présidé par le sultan.
    Fondé par un peuple nomade originaire des steppes asiatiques, il recueillit l'hérédité de l'Empire romain d'Orient. Officiellement musulman, il régna sur des millions de sujets chrétiens et accueillit à bras ouverts les exilés juifs chassés par l'intolérante Europe de la Renaissance. Nulle curiosité cependant à l'égard de l'Occident, partagé jusqu'au XVIIIe siècle entre peur et fascination face à ces Barbares qui le menaçaient jusqu'à ses frontières et contre lesquels il lança d'incessantes croisades. Puis, l'histoire s'inversa, et c'est l'État turc, victime d'un modèle désormais archaïque, qui subit à la fin de la Première Guerre mondiale le démantèlement de tous ses territoires par son ancien rival.
    À l'heure où l'on se demande si la Turquie, rejetée par l'Union européenne, ne va pas renouer avec la sphère d'influence de l'ancien empire ottoman, Alessandro Barbero reparcourt cette histoire, avec sa vivacité et son talent de plume habituels, des Seldjoukides au XIe siècle à Mustafa Kemal au XXe siècle, en éclairant d'une autre vérité historique un prétendu " choc des civilisations ".

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