9782743613662

  • De la clemence

    Sénèque

    • Rivages
    • 16 Septembre 2005

    Le traité De la clémence été écrit par Sénèque au commencement du règne de Néron et s'adresse directement au jeune empereur. En tant que philosophe-précepteur, Sénèque y prodigue une série de suggestions pour que le souverain, détenteur à l'époque d'un pouvoir illimité, ne se transforme
    pas en tyran. La clémence s'avère alors une vertu cardinale, que Sénèque va soigneusement distinguer de ce vice qu'est à ses yeux la miséricorde. Il ne s'agit pas en effet de tout pardonner ou de laisser les crimes impunis, marque de faiblesse de la part d'un souverain, mais d'éviter la cruauté, c'est-à-dire la multiplication démesurée de la souffrance du coupable. La clémence se
    définit donc comme "la tempérance dans les peines requises". Alternant exemples historiques et préceptes philosophiques, Sénèque utilise toutes les ressources de sa rhétorique pour orienter les dispositions du nouveau César vers ce qu'il estime être la voie d'un gouvernement sage.
    Le moins que l'on puisse dire, à la lecture de la vie de Néron par Suétone, est que ce projet n'est pas exactement parvenu a exécution. Apres avoir évoqué les actes louables ou inoffensifs de l'empereur, assez peu nombreux, le biographe énumère ses frasques et ses violences. Plus soucieux de faire valoir ses talents de chanteur, d'acteur ou de conducteur de char que de gouverner un empire, Néron semble en effet avoir fait du caprice une règle de vie, au mépris total de l'exigence de tempérance affirmée par Sénèque. L'épisode fameux de l'incendie de Rome symbolise au mieux cette volonté de laisser son empreinte par un acte aussi spectaculaire que destructeur. C'est donc au plus grand soulagement de ses sujets que ce souverain mourut "sans ami ni ennemi".

empty