Filtrer
Langues
Prix
BRICE MATHIEUSSENT
-
Portrait somptueux d'une femme incarnant à elle seule l'histoire, tragique et sublime, du Paradis perdu de l'Amérique, Dalva, dès sa parution en 1989, était voué à devenir un classique instantané : un livre culte qui allait inspirer toute une génération d'écrivains à porter un nouveau regard sur l'âme de leur pays, et toute une génération de lecteurs à s'aventurer dans les grands espaces du roman américain. À travers la destinée de cette femme éminemment libre, indomptable et sensuelle, c'est en effet l'épopée de l'Amérique tout entière, ses mythes fondateurs, la majesté de ses paysages sauvages, mais aussi la part d'ombre de ses origines, qui est ressuscitée sous nos yeux. Roman d'amours et d'aventures, saga familiale, ode à l'espoir envers et contre toutes les violences de l'Histoire - depuis le génocide de la nation indienne jusqu'aux ravages d'une modernité cynique et cupide en passant par le traumatisme du Vietnam -, Dalva, à l'image de son inoubliable héroïne, est un livre pour l'éternité.
-
« Les trois longues nouvelles de Légendes d'automne occupent une place singulière dans l'oeuvre de Jim Harrison. Chacune d'elles a la dureté limpide et tranchante d'un cristal de roche arraché tel quel aux profondeurs de la psyché humaine. Jamais sans doute l'écrivain ne retrouva ensuite la pureté et la puissance de ces nouvelles compactes, marquées au sceau de l'excès et de la démesure. La vengeance est l'obsession de la première, la métamorphose le thème élégiaque de la deuxième, un destin tragique irrigue la dernière. Jamais non plus dans la production ultérieure, certes prolixe et généreuse de Jim Harrison, la folie, la mort, les carnages, les délires, l'errance et le vice, la cupidité et l'égoïsme, les aberrations du comportement et de l'Histoire ne s'entrelaceront avec autant de violence et de grâce aux beautés chatoyantes des êtres et du paysage américain. » Brice Matthieussent
-
Belfast, début des années 1990. La ville vit au rythme des slogans de haine, des bombes, des assassinats. Pourtant, au coeur de l'incendie se niche toujours le quotidien. Dans les rues aux murs de briques vivent les victimes de l'histoire qui s'écrit dans le sang. Ici et là, on a appris à faire abstraction, on sort entre amis et on boit, beaucoup, on tombe amoureux, souvent, on trafique la misère, surtout. Jake Jackson, le catholique, et son ami Chuckie Lurgan, le protestant, ainsi que que tout ce que Belfast compte de brinquebalants, sont l'incarnation de cette existence à l'intensité dramatique. Au fond de leurs immenses bières, dans l'urgence d'un rire ou d'un mot d'amour, il y a tout ce qu'il reste d'humanité.
Le roman «culte» d'un écrivain «culte», trop rare depuis vingt ans. -
Dans la gueule de l'ours
James A. Mclaughlin
- Rue de l''échiquier
- Fiction
- 16 Janvier 2020
- 9782374251981
Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu'il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d'un ours abattu vient chambouler son quotidien : s'agit-il d'un acte isolé ou d'un braconnage organisé ? L'affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui. Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d'exposer le passé de Rice.
-
D'une fête à l'autre, en équilibre sur une ligne de coke, Clay et ses amis errent dans Los Angeles, suspendus au-dessus de l'abîme. Mais dans ce monde factice où règne l'alcool, le sexe et l'argent, difficile de se sentir en vie et de trouver un sens. Le premier roman vertigineux de Bret Easton Ellis dresse l'état des lieux glacial d'une jeunesse en perdition.
C'est l'écrivain américain le plus doué de sa génération.
Alexandre Fillion, Madame Figaro Traduit de l'américain par Brice Matthieussent -
Sans en parler, le narrateur a pris une décision : le lendemain matin, il quittera sa compagne et leurs deux jeunes fils. Il ne veut plus de Susan, cette femme « dont il sait presque tout ». Après six années de vie commune, quelques mensonges, deux garçons à élever qu'il adore, le narrateur est à bout de souffle, conscient que le désir a déserté la maison. Il entrevoit ce qu'il perdra en partant, mais il croit trop à l'amour pour accepter une vie qui en est dénuée. Au cours de la longue nuit précédant son départ, il repense à son histoire avec Susan. Dans l'évocation inoubliable et souvent impitoyable de leur temps ensemble, il analyse les angoisses, les espoirs et les joies que provoque la vie avec une autre personne. Est-il possible de bien vivre en couple ? Le bonheur ne résulterait-il pas d'un apprentissage ?
Intimité est un livre sur les raisons de s'aimer et sur les raisons de se quitter. Avec une incroyable finesse et une beauté parfois douloureuse, Kureishi déroule le drame conjugal dans ce qu'il a de plus prosaïque : « L'amour est un sale boulot, impossible de garder les mains propres. »
-
Orgueilleux, emphatique, looser provocateur, Arturo Bandini bourlingue dans l'Amérique des années trente. Enfermé dans un placard qui lui sert de " bureau ", errant de petits boulots en grosses galères, Bandini veut être écrivain. La Route de Los Angeles publiée après la mort de John Fante, marque la naissance d'un anti-héros culte et le début d'une oeuvre flamboyante.
" John Fante, avant les beatniks, a raconté l'aventure des laissés-pour-compte, des ivrognes. La Route de Los Angeles, c'est déjà le bréviaire d'une Amérique vulgaire et mal élevée. " Jacques-Pierre Amette, Le Point Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent -
Journaliste sportif accompli mais écrivain raté, Frank Bascombe vivote en solitaire dans une banlieue chic du New Jersey, d'où il observe son voisinage avec une ironie débonnaire. Ce matin, comme chaque année, il se rend avec son ex-femme sur la tombe de leur fils. Regagnant sa banlieue, par cette journée presque ordinaire, Bascombe se prend à réfléchir, à rêver d'un destin différent.
-
Il n'est guère difficile de rencontrer John Fante : il suffit de suivre, au travers de ses livres, la truculente saga d'Arturo Bandini, fils d'un poseur de briques venu des Abruzzes pour s'installer dans le Nouveau Monde au début de ce siècle, rejeton ironique d'une famille aux joies et aux drames bruyants établie à Boulder, Colorado. Si l'oeuvre de John Fante n'est pas autobiographique au sens strict, elle l'est de façon plus subtile, plus littéraire.
La Croix -
Dernier recueil de poésie publié avant la mort de Jim Harrison, La positions du mort flottant (en anglais Dead man's float) est un livre qui aborde de front les grands thèmes de la mort, de la vieillesse, du Temps... Son titre fait référence à une position utilisée par les nageurs pour se préserver lors de longues courses. S'il s'agit bien d'une technique de survie - pour Harrison, celle qui lui permet d'affronter la maladie, les séances de chirurgie, mais aussi d'appréhender l'approche de la mort et la perception de son corps vieillissant, toujours plus faible - les poèmes, pourtant, font bien plus que flotter.
Car Harrison trouve, par l'écriture, un moyen de transformer le négatif en une opportunité d'introspection, de retour à la vie - ce qui le rapproche encore et toujours de l'enfance, les souvenirs, et ce qui reste, encore, au quotidien, pour lui qui sait qu'il n'a plus d'avenir à construire. Alors que la mort approche, il se concentre sur les petites choses de son monde quotidien, sur les souvenirs toujours vivaces qui le séparent, à peine, de son enfance.
Comme s'il pouvait toujours, "soixante-huit ans plus tard (...) habiter le corps de ce garçon sans penser au temps écoulé depuis". Et comme si la vieillesse, au final, ne faisait rien d'autre que rejoindre l'enfance.
-
« L'oeuvre de Jim Harrison danse, galope, tangue vers le large, embrasse l'infini d'un continent sans limites. Julip rassemble trois récits. Avec Chien Brun, d'abord, qui continue à crapahuter vers d'introuvables chimères en nous servant une nouvelle rasade de confessions impudiques, avec Philip Caulkins, un prof de 50 ans qui a le tort d'aimer Ezra Pound et qui sera chassé de son université. La troisième nouvelle raconte la pitoyable odyssée d'une délurée de 20 ans, Julip, qui trimbale son "joli morceau de cul" de bars en motels, cette Zazie aux semelles de vent ne semble pas avoir d'autres pénates que son vieux break Subaru.
Né sous le signe du coyote, Jim Harrison ne s'apprivoise pas. Par ces temps de sieste prolongée, il nous remet debout et nous offre bien plus qu'une tranche d'exotisme : une cure de sauvagerie. ».
André Clavel, L'Express
-
Revoici Chien Brun dans de nouvelles aventures rocambolesques : quittant son Michigan natal, il part vers l'Ouest pour écumer Hollywood à la recherche de sa peau d'ours magique.
Rencontres improbables (un scénariste qui ressemble comme deux gouttes d'eau à " Big Jim ", quelques starlettes affriolantes), quiproquos burlesques et dialogues hilarants dans " l'Usine à rêves " que l'auteur de La Route du retour connaît bien pour y avoir commis quelques scénarios.
Suivent deux novellas émouvantes, où des hommes mûrs, sinon âgés, découvrent sur le tard qu'ils ont perdu leur vie à la gagner.
L'érotisme rajeunit et sauve in extremis des " deux démons calvinistes que sont le travail et l'argent ". Et, si les voyages forment la vieillesse, pourquoi ne pas visiter Barcelone et Paris, plutôt que de s'encroûter dans ce " Disneyland fasciste " qu'est devenue l'Amérique ?.
-
Lorsque Manfred se découvre une douleur inconnue au bas du ventre, il devine immédiatement ce qu'elle présage mais décide de ne pas tenter de la soulager et de n'en parler à personne. Pas même à Emma, son épouse qui l'a quitté il y a vingt ans mais qu'il continue tout de même à rencontrer une fois par mois sur le même banc du même jardin public. Dans une veine plus intimiste que «Ripley Bogle», Robert McLiam Wilson signe avec ce roman le portrait complexe et émouvant d'un homme qui, au crépuscule de sa vie, cherche dans la douleur la clé d'une rédemption sans doute impossible.
-
Dans ces mémoires à la troisième personne, l'écrivain au crépuscule de sa vie livre ses souvenirs : enfance, mariage, création littéraire, amours et amitiés, célébration des plaisirs de la table, alcools et paradis artificiels... Jim Harrison revient sur des épisodes tantôt fondateurs tantôt anecdotiques de son existence, un exubérant pied de nez à la mort qui se profile.Véritable testament littéraire, ces humbles et ultimes confessions en marge de toutes les conventions sont à l'image de Big Jim : plus libre, plus touchant et plus provocateur que jamais.
-
Péninsule nord du michigan.
Terre d'errance de chien brun, métis indien. membre d'un clan détonnant, il va devoir composer entre détresse charnelle et blessures à l'âme. la faute à qui ? une dentiste nymphomane et une lesbienne prénommée gretchen. pas dit qu'il s'en sorte indemne... trois républicaines. bien mariées, bien installées. mais qui, depuis toujours, en pincent pour un sulfureux don juan. a tel point qu'elles souhaitent mettre fin à ses jours...
Last but not least, un homme, l'auteur, romançant sa propre existence, passée entre la campagne et la ville, les relais gastronomiques, sa compagne, dostoïevski, whitman, et ses maîtresses... trois novellas. plusieurs voix. désabusées, conquérantes ou gloutonnes. a l'image même d'harrison.
-
Voici enfin une rétrospective en français de l'oeuvre de Saul Leiter. Ce livre rassemble la plus importante sélection de photographies et de tableaux issus des archives Leiter et offre une plongée aussi poétique que sublime dans l'oeuvre du génie de la couleur. Un prix très accessible (35€) pour un « petit beau-livre » de 312 pages généreux en images avec ses 230 reproductions.
-
Personnages secondaires
Joyce Johnson
- Éditions Cambourakis
- Cambourakis Poche
- 18 Août 2021
- 9782366246032
Jack Kerouac raconté par celle qui partageait sa vie au moment de la publication de Sur la route. Un récit vivant qui apporte un nouvel éclairage sur la "Beat generation", du point de vue des femmes.
-
Québec Bill Bonhomme
Howard frank Mosher
- Éditions Cambourakis
- Cambourakis Poche
- 4 Avril 2018
- 9782366243338
Réédition en poche du premier roman de Howard Frank Mosher, disparu en janvier 2017. «Québec Bill Bonhomme» entraîne son fils Wild Bill dans une rocambolesque aventure de contrebande de whisky à travers le grand Nord américain. Une partie de plaisir et une chasse à l'homme : le Carcajou - l'incarnation du mal - se met bien vite à leurs trousses. Une épopée fabuleuse totalement délirante et diablement maîtrisée.
-
Big book julip / la femme aux lucioles / l'été où il faillit mourir
Jim Harrison
- 10/18
- Littérature Étrangère
- 12 Novembre 2020
- 9782264074850
Péninsule nord du Michigan. Terre d'errance de Chien Brun, métis indien. Membre d'un clan détonnant, il va devoir composer entre détresse charnelle et blessures à l'âme...
Trois républicaines. Bien mariées, bien installées. Mais qui, depuis toujours, en pincent pour un sulfureux don Juan. À tel point qu'elles souhaitent mettre fin à ses jours...
D'anciens copains de campus aujourd'hui bien rangés volent au secours d'un des leurs dont l'engagement terroriste ne s'est pas élimé...
Dans ces longues nouvelles, dans l'art desquelles il était passé maître, Jim Harrison exalte autant les paysages américains que l'âme de ses nombreux personnages, à qui il prête des voix conquérantes, désabusées ou gloutonnes, des voix à son image.
-
Après avoir assisté à l'assassinat de sa mère par des braconniers, un jeune éléphant mène une vie de dur labeur au service des êtres humains. Dévoré par le désir de vengeance, il parvient à se libérer de ses oppresseurs et terrorise les villageois de l'Inde du Sud : il piège ses victimes, puis ensevelit leurs corps sous des tas de feuilles et de poussière, ce qui lui vaut d'être surnommé « Le Fossoyeur ».
Manu, le fils d'un riziculteur pauvre, se trouve emporté contre son gré dans le milieu sordide du trafic d'ivoire, aux côtés de son frère Jayan, jeune homme incontrôlable et dangereux qui voit dans le braconnage un moyen d'échapper à la misère des campagnes.
En parallèle, Emma, une Américaine, réalise un film documentaire sur Ravi Varma, un charismatique vétérinaire qui recueille et soigne de jeunes éléphants orphelins au sein d'une réserve naturelle. Témoin de pratiques douteuses entre certains responsables de la réserve et des sociétés d'exploitation forestière, elle se retrouve impliquée dans une affaire qui remet en cause ses convictions bien établies.
À travers ces trois destins, Tania James nous livre un récit déchirant et haletant sur le commerce de l'ivoire, et explore la frontière poreuse entre conservation et corruption. Ce roman dépeint la complexité morale de l'homme, qui oscille entre amour et trahison, devoir et loyauté, ainsi que sa relation brisée avec les animaux et la nature.
-
C'est simplement normal, un signe des temps. Les gens perdaient complètement toute notion de leur identité. Personne ne semblait savoir qui était qui. Les gens devenaient de simples ombres, des mouvements, des jumeaux de lumière et d'obscurité dans une vague danse de valeurs d'échanges et de conflits d'intérêts. Même la notion d'intégrité personnelle était minée par cette diminution.
Hank avait alors commencé à comprendre qu'il vivait dans l'oeil d'un cyclone, que son espace personnel existait au milieu d'un monde cinétique qui ne le concernait pas et ne l'émouvait pas, sinon au travers des sens de la vue, du toucher et de l'ouïe, ces mêmes sens qu'il avait l'impression de perdre. C'est à ce moment-là qu'il s'est mis à agir comme s'il se trouvait dans un monde parallèle à celui des sensations. Ses propres sens étaient devenus un écran ou une vitre, une fenêtre derrière laquelle il regardait. Et seule la cacophonie croissante de son âme semblait pouvoir la briser, comme s'il essayait d'aller au-delà de ses sens pour se les approprier. Il se sentait enfermé, piégé par sa personnalité, et la violence était peut-être la seule manière d'échapper à lui-même.
-
Dès l'âge de 23 ans, Jen Davis, qui a toujours souffert d'obésité, entame une étonnante quête sur sa propre image. Onze années durant, elle réalise des autoportraits d'une troublante beauté.
Ses autoportraits, magistralement composés, s'inspirent de la peinture hollandaise des XVIIe et XVIIIe siècles où l'obsession de la lumière joue avec une apparente simplicité. Tout au long du livre, sa démarche évolue. Photographier un corps imparfait apparaît comme un moyen de questionner les normes sociales : avec un air de défi, Jen Davis affronte le regard du spectateur.
On aperçoit, parfois au travers d'une porte ou d'une fenêtre, une jeune femme au regard souvent mélancolique. Petit à petit, la scène photographique devient un espace à dimension fantasmatique. Jen Davis compose des situations intimes avec des hommes qu'elle a rencontrés, qui ont éveillé son désir mais n'y ont pas répondu. L'appareil photo permet le transfert de l'émotion amoureuse : elle dit le traiter " comme un amant ".
C'est l'acceptation progressive de cette vulnérabilité qui suscite l'empathie. Elle vaut de façon générale pour toutes les personnes confrontées à la difficile représentation de leur propre corps. " En définitive, dit Jen Davis, mon travail parle de l'inconfort de chacun avec soi-même. "
-
Tamarisk row
Gerald Murnane
- Éditions Buchet/Chastel
- Litterature Etrangere
- 8 Avril 2016
- 9782283027547
Tamarisk Row est le tout premier roman de Gérald Mur- nane, immense figure des lettres australiennes encore peu connu en France où un seul de ses romans, les Plaines, a été traduit.
Campé dans une petite ville autralienne à la fin des années 40, le roman retrace l'enfance du petit Clement Killea- ton entre une mère catholique dévote et un père joueur.
Clément est un solitaire, un petit garçon un peu à part qui, pour résister à l'ennui et se déjouer de la cruauté de ses petits camarades ou du poids de la religion, s'adonne à une obsession familiale : les courses de chevaux. Ces compétitions, leur splendeur animale et les voyages réels ou imaginaires dans lesquels elles entraînent le jeune Clément forment le coeur vibrant du livre.
Merveilleuse évocation de l'enfance, de l'amour filial et de l'Australie du siècle dernier et de ses infinis paysages, Tamarisk Row est une plongée magistrale - et magistra- lement écrite - dans l'univers mental d'un petit garçon.
Murnane parvient à saisir, ce qui fait la particularité des points de vue enfantins, l'étrangeté qui ressort de ces regards absolument biaisés sur le monde et pétris d'ima- ginaire. Car ce n'est pas tant la mémoire, à la manière de Proust, qui sert de boussole à la narration ici, mais bien l'imagination.
Considéré comme son chef-d'oeuvre inaugural, ce roman ouvre la voie à une carrière littéraire exceptionnelle, encore inachevée à ce jour.
-
Sur leurs vastes terres les grands propriétaires des Plaines de l'Australie intérieure ont su préserver une culture à la fois riche et unique, inaccessible. Extrêmement préoccupés par leur habitat et leur histoire ils engagent des artisans, des écrivains, des historiens afin de conserver chaque détail de leur mode de vie ainsi que tout ce qui constitue la nature profonde de leur pays. Un jeune cinéaste arrive dans les Plaines avec l'espoir d'apporter sa propre pierre à l'édification de cette histoire. Engagé par un propriétaire imprévisible et énigmatique, comme il semble qu'ils le soient tous, il constatera, à mesure que son projet de film se défait, et peut-être parce qu'il se défait, qu'il devient un véritable habitant des Plaines. C'est vingt ans après son arrivée qu'il nous raconte ici sa vie dans les Plaines, cet infini territoire du dedans.