FREDERIC COTTON

  • Cette histoire des Etats-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu'aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l'histoire officielle.

  • Jeremiah Johnson ; le mangeur de foie

    ,

    • Anacharsis
    • 22 Août 2019

    Jeremiah Johnson (ou John Garrisson, en fait peu importe) arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe sie`cle pour s'y faire trappeur.
    Mais l'assassinat de son e´pouse indienne le conduisit a` mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows. Me´chant, il mangeait cru le foie de ses ennemis.
    Ce livre rapporte sa le´gende.
    Bourre´ d'outrances, horrifiant, traverse´ par un humour sardonique et servi par un style alerte, Jeremiah Johnson le Mangeur de Foie, petit chef-d'oeuvre de la litte´rature folklorique ame´ricaine, adapte´ au cine´ma par Sydney Pollack avec Robert Redford dans le ro^le-titre, est aux antipodes du Nature Writing classique : c'est une ode a` la sauvagerie brute.

  • L'empire comanche

    Pekka Hämäläinen

    • Anacharsis
    • 18 Octobre 2016

    Ce livre littéralement renversant relate l'histoire d'un empire qui, selon l'histoire conventionnelle, n'a jamais existé. Il rapporte comment, au cours des XVIIIe et XIXe siècles dans le Sud-Ouest du continent nord-américain, les Comanches inventèrent une société nouvelle et prédatrice fondée sur la chasse au bison, l'élevage de chevaux, le commerce, l'esclavage et le pillage. Il démontre l'existence, durant plus de cent-cinquante ans, d'un système politique protéiforme indigène qui, au plus fort de l'expansion coloniale européenne, en inversa radicalement le mouvement : l'Empire comanche.
    Non seulement Pekka Hämäläinen déploie un récit foisonnant qui parvient à restituer leur place d'acteurs de l'histoire aux peuples autochtones - autrefois les « peuples sans histoire » -, mais il invite à repenser l'histoire coloniale grâce à une approche novatrice des dynamiques à l'oeuvre dans les mondes frontaliers.
    En ce sens, L'Empire comanche est plus encore qu'un chapitre inédit de l'histoire universelle.

  • Une enfance comanche

    Babb/Bianca

    • Anacharsis
    • 4 Avril 2019

    Le 4 septembre 1866, au Texas, la petite Bianca Babb, âgée de dix ans, était enlevée par une bande de Comanches. Adoptée par une jeune veuve, elle restera pendant sept mois auprès de sa « Maman Squaw ».
    Cinquante ans plus tard, elle se décida à mettre par écrit ses souvenirs de cette période.
    Mélange de cauchemars et de rêves d'enfant, son récit, brut, raconte le quotidien du campement, le travail exténuant, la peur, la faim, mais aussi les joies, les jeux et les peines de la fi llette.
    En une succession d'images fulgurantes, cruelles parfois, elle évoque un monde en voie de disparition, dont sa mère adoptive est sans doute la figure la plus bouleversante.

  • Un steak

    Jack London

    • Libertalia
    • 3 Janvier 2019

    Un steak est la plus réussie des quatre nouvelles de Jack London évoquant le « noble art » : le texte dépouillé au ton clinique et à la précision millimétrique donne au lecteur le sentiment de pénétrer au coeur même de l'agir pugilistique. Cet effet de réel doit beaucoup à la longue expérience de praticien et d'observateur de la boxe de l'auteur de Martin Eden.

  • Yellowstone, le Grand Canyon, les monts Adirondacks : Karl Jacoby entreprend ici de faire l'histoire de la fondation des parcs naturels emblématiques des États-Unis.
    Mais au-delà de l'Amérique des grands espaces tant vantée par les apôtres du « monde sauvage », il enquête sur la façon dont les législations sur la protection de la nature transformèrent en crimes les pratiques ordinaires des premiers habitants de ces contrées.
    À contre-courant de la légende dorée de l'environnementalisme américain, il dévoile l'envers du décor, et expose comment bûcherons, trappeurs, Indiens et autres chasseurs défendirent, au moyen de mille petits gestes clandestins, entre résistance et accommodement, leur propre rapport à l'environnement.
    Une histoire oubliée qui engage à penser autrement les politiques écologistes.

  • La chute de Geronimo

    ,

    • Anacharsis
    • 8 Février 2017

    Sam Kenoi, Apache Chiricahua interrogé dans les années 1930, se souvient du Géronimo de son enfance. Il n'appréciait guère cet « emmerdeur [...] trouillard comme un coyote ». L'épopée du célèbre chef apache s'en trouve écornée, mais c'est aussi le moyen de faire entendre - au delà et malgré la dévastation - d'autres voix, celles du peuple anonyme qui survécut à une déportation de vingt-cinq ans en Floride puis en Oklahoma avant de pouvoir retrouver ses terres. Un récit vif, dense et poignant, parcouru d'un humour cabotin - signe de vie. Ce livre, apparenté aux documents tels que les Lettres à ma fille de Calamity Jane, forme un contrepoint aux célèbre Mémoires de Géronimo (Maspero/La Découverte), écrites par ce dernier.

  • Des ombres à l'aube ; un massacre d'Apaches et la violence de l'histoire

    Karl Jacoby

    • Anacharsis
    • 20 Août 2020

    À l'aube du 30 avril 1871, dans le canyon d'Aravaipa en Arizona, une troupe d'Indiens Tohono O'odahm, de Mexicains et d'Américains massacrait dans leur sommeil plus de cent quarante Apaches, en majorité des femmes et des enfants.
    Avec un authentique talent d'écrivain, Karl Jacoby interroge dans ce livre les raisons profondes de la violence dans l'Ouest américain et les ombres portées qu'elle projette encore aujourd'hui. En imprimant à son enquête la forme de quatre récits juxtaposés rapportant l'histoire de chaque communauté impliquée, puis la mémoire que chacune d'entre elles a gardé de la tuerie, il propose une vigoureuse réflexion sur les effets provoqués par les actes génocidaires dans la pratique historienne, le travail de mémoire et la production de la violence.

  • Pourquoi les pauvres votent à droite

    Thomas Frank

    • Agone
    • 22 Août 2013

    À la fin des années 1960, la concurrence internationale et la peur du déclassement transforment un populisme de gauche (rooseveltien, conquérant, égalitaire) en un « populisme » de droite faisant son miel de la crainte de millions d'ouvriers et d'employés d'être rattrapés par plus déshérités qu'eux. C'est alors que la question de l'insécurité resurgit. Elle va embourgeoiser l'identité de la gauche, perçue comme laxiste, efféminée, intellectuelle, et prolétariser celle de la droite, jugée plus déterminée, plus masculine, moins « naïve ».

    Cette métamorphose s'accomplit à mesure que l'inflation resurgit, que les usines ferment et que l'« élite », jadis associée aux grandes familles de l'industrie et de la banque, devient identifiée à une « nouvelle gauche » friande d'innovations sociales, sexuelles et raciales.

    Les médias conservateurs n'ont plus qu'à se déchaîner contre une oligarchie radical-chic protégée d'une insécurité qu'elle conteste avec l'insouciance de ceux que cette violence épargne. Au reste, n'est-elle pas entretenue dans ses aveuglements par une ménagerie de juges laxistes, ­d'intellectuels jargonnants et autres boucs émissaires rêvés du ressentiment populaire ?

    « Progressistes en limousine » là-bas ; « gauche caviar » chez nous.

    Extrait de la préface de Serge Halimi

  • De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis

    Noam Chomsky

    • Agone
    • 8 Septembre 2004

    Analysant la guerre comme chemin pris par le capitalisme pour s'imposer au monde, ce recueil dévoile quelques-unes des stratégies déployées pour rendre légitime un système qui aggrave les inégalités devant le droit et l'économie.

  • L'auteur d'Une histoire populaire des États-Unis (Agone, 2002) revient sur un court siècle d'événements politiques, dont il fut d'abord tout à la fois l'acteur minuscule, à l'égal de tout un chacun, puis un témoin refusant de se mentir. De l'enrôlement dans l'US Air force en 1942 aux luttes contre les guerres impériales américaines du Vietnam à l'Irak, du monde ouvrier, immigrant et militant d'une grande ville américaine aux luttes pour les droits civiques, Howard Zinn donne sans manière l'exemple de l'engagement de son savoir d'historien rationaliste respectueux de la méthodologie scientifique tout autant que lucide devant l'impossibilité de la neutralité.
    Si cette autobiographie est édifiante, c'est de montrer que les défaites sociales du plus grand nombre ne sont pas inéluctables, que le premier recul est celle de l'oubli des conditions de lutte.

  • Né esclave dans une plantation du Texas en 1864, William Henry Ellis devint millionnaire à Manhattan dans les années 1890, puis décéda dans le dénuement à Mexico en 1923. Autour de la figure interlope de cet homme, Karl Jacoby mène une enquête palpitante parmi les failles de l'histoire des États-Unis du Gilded Age, l'Âge doré de Mark Twain.
    À travers le récit de la vie d'Ellis - rocambolesque parfois -, il éclaire d'un jour différent l'histoire américaine, en l'arrimant notamment à l'histoire du Mexique, et en adoptant la perspective de la question raciale comme ligne de fissure où se réfractent les contradictions de cette société en plein essor. Poursuivant Ellis du Texas à New York, à Mexico ou en Éthiopie, il produit un ouvrage lumineux, comme une nouvelle histoire des États-Unis.

  • À la fois essai historique minutieux et récit vivant, Les pendus de Londres analyse aussi bien des chants populaires de l'Angleterre du 18e siècle que les statistiques de l'époque. Dans cette histoire sociale du crime, Linebaugh étudie les rapports entre justice et classes, et contribue ainsi à l'histoire de la propriété privée. Avant 1734, la basse rémunération des ouvriers était en partie compensée par le chapardage, connu de tous et accepté car garantissant une certaine harmonie, mais celui-ci furt criminalisé et la peine capitale devint un outil de consolidation de la propriété privée. En étudiant les vies et les procès des pendus des débuts du capitalisme moderne, l'historien dévoile les détails de la fabrique du droit dont un des objectifs reste la lutte pour la propriété privée.

  • Tueur de bisons

    Frank Mayer

    • Libretto
    • 7 Mai 2013

    The Buffalo Harvest (La Moisson des buffalos) fut publié en 1958. Frank Mayer y détaille avec minutie le quotidien d'années de tueries et ravive l'univers hallucinant d'une gigantesque boucherie en plein air. La mythologie sentimentale et naturaliste du bison comme symbole romantique d'un monde perdu tombe en lambeaux devant le trivial du réel.

  • Jeremiah Johnson (ou John Johnston - ou peut-être Garrisson, d'ailleurs peu importe) est arrivé comme tant d'autres dans les Montagnes Rocheuses au début des années 1840, pour chasser le castor. Il devint presque aussitôt une légende.
    C'est l'assassinat de l'épouse indienne enceinte de Johnson par des Crows qui déclencha le drame, qui fit de ce trappeur l'archétype du Montagnard, un homme rude à la parole rare, doté d'une force hors du commun, vivant en harmonie avec une nature aussi sublime que dangereuse, toujours prêt à tirer son couteau, le légendaire Bowie, aussi utile pour découper un scalp que pour tuer un grizzly. Car Johnson entreprit de venger ce meurtre contre toute la nation crow, et à sa manière : il prit l'habitude de dévorer encore chaud le foie de ses ennemis. Il devint « Johnson le Mangeur de foie » - aussi parfois nommé « Johnson le Cannibale ».
    Cette histoire de la vendetta saignante d'un homme seul contre toute une tribu raisonna dans les vastes espaces de l'Ouest américain pendant des décennies et parvint, sous forme de récits enflés, gonflés, amplifiés comme à l'infini par la rumeur, jusqu'au milieu du XXe siècle.
    Thorp et Bunker mirent alors en ordre une enquête que le premier surtout avait mené des années durant. C'est auprès d'un informateur qui connut Johnson en son temps, Anderson « White Eyes », que vinrent d'abord la plupart des récits collectés ; celui-ci évoquait ce que lui avait raconté à propos du Mangeur de foie son partenaire de chasse, « Del » Gue. En sorte que l'ouvrage que nos deux auteurs publièrent en 1958 se veut, pour ainsi dire fidèlement rapporté, l'écho colporté de générations en générations des mountainmen par eux-mêmes.
    OFFICE : MAI-1 2014 ISBN : 979-10-92011-08-1 Pages : 288 Prix : 22 format : 12,5 x 20 cm Tirage : 2000 ex.
    Collection : Famagouste Le livre qui en est résulté est une manière de petit chef-d'oeuvre de la littérature folklorique américaine, c'est-à-dire un roman d'aventures haletant, une chronique d'un passé légendaire porté à l'incandescence du myhte, l'évocation d'un monde sillonné de héros bourrus hauts en couleur, devenus plus brutaux encore que les Indiens leurs sempiternels ennemis, un hymne, en réalité, à la sauvagerie.
    Bourré d'outrance, traversé d'un humour sardonique et servi par un style alerte, Jeremiah Johnson fut porté à l'écran par Sydney Pollack en 1972, avec Robert Redford dans la rôle titre. Même si la violence fut éduclcorée dans le film, le fond du propos demeurait présent : c'était une ode au monde sauvage, précurseur de ce qu'aujourd'hui les gens à la mode appellent le NatureWriting.
    Xavier Daverat, professeur

  • Entre 1675 et 1676, les colonies britanniques de la côte est de l'Amérique furent la proie de l'une des guerres les plus impitoyables qui opposèrent Indiens et colons sur le continent nord-américain. Cette « Guerre du Roi Philip », baptisée d'après le nom que l'on prêtait au chef principal des Indiens Algonquins (en réalité Metacom), fut d'une invraisemblable violence. Massacres, tortures, destructions massives, réduction en esclavage des prisonniers se firent monnaie courante ; elle ne prit fin qu'avec l'assassinat du « Roi Philip », sur la victoire des « Puritains ».
    Mobilisant une masse proprement ahurissante de documents d'archives, Jill Lepore conduit dans cet ouvrage une enquête qui excède de loin la seule reconstitution des faits - au demeurant remarquablement vivante.
    Grâce à un dispositif virtuose de la narration qui articule en jeux d'échelles la micro-histoire avec des cadrages en plan large, elle procède à une immersion du lecteur dans ce monde des origines des États-Unis, un monde en réalité interlope, où les sociétés des Indiens et des colons étaient, avant la guerre, en voie de se confondre - ou du moins jugées comme telles.
    C'est précisément à cause de cette situation incertaine que la guerre surgit, dont la violence extrême s'explique parce qu'elle avait pour enjeux des questions de survie identitaire.
    L'ensauvagement présumé des Anglais faisait ainsi pendant à la christianisation des Indiens, à leur apprentissage des us et coutumes des colons, et notamment de leur écriture.
    Et ce n'est pas un moindre mérite de ce livre que de s'interroger sur la place de l'écrit dans la fabrication de l'histoire : la capacité à la production de textes pour saisir les événements et leur donner sens a finalement conduit les Puritains à s'approprier les mots de la guerre, redoublant leur victoire sur le terrain de celle sur l'histoire.
    Si bien que la question de fonds qui court au long de cet essai incroyablement stimulant est celle de l'élaboration de la mémoire : menant son enquête des années 1670 jusqu'au XXe siècle, Jill Lepore se livre à un travail d'histoire totale, conjuguant les thèmes de l'histoire des mots et des signes, de la guerre et de la violence, de l'écriture et de l'oralité, de la construction de la mémoire identitaire et de ses conséquences politiques. Car les Puritains, désireux de se soustraire à l'influence des « Sauvages », se sont aussi distingués des Britanniques par la mise en récits de cette guerre - pour se faire les « premiers Américains ».

  • Un steak

    ,

    • Libertalia
    • 29 Octobre 2010

    Un steak est la plus réussie des quatre nouvelles de Jack London évoquant le " noble art " : le texte dépouillé au ton clinique et à la précision millimétrique donne au lecteur le sentiment de pénétrer au coeur même de l'agir pugilistique.
    Cet effet de réel doit beaucoup à la longue expérience de praticien et d'observateur de la boxe de l'auteur de Martin Eden.

  • " Notre manière de penser n'est pas seulement digne d'intérêt, un sujet de controverse intellectuelle, mais bel et bien une question de vie ou de mort. Si ceux qui tiennent les rênes de la société - politiciens, chefs d'entreprises, magnats de la presse et de la télévision - se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont à peu près assurés de conserver leur pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Nous nous contrôlerons nous-mêmes. On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société "pluraliste". Nous avons bien deux grands partis mais les autres ne sont ni encouragés et encore moins financés. Nous avons bien une "presse libre", mais elle est dominée par l'argent. Nous vivons dans une société où le catalogue des idées disponibles se trouve limité quand certaines autres dominent le débat. La prédominance de cette idéologie n'est pas le fait d'un groupe de conspirateurs diaboliques qui aurait réussi à imposer à la société un point de vue particulier. Il s'agit d'un processus de sélection non naturelle au cours duquel certaines idées orthodoxes sont promues, financées et mises en avant par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Si nous décidons de réexaminer ces croyances et réalisons qu'elles ne sont pas le produit naturel de nos sentiments les plus intimes ou de nos voeux les plus chers, qu'elles ne naissent pas d'une réflexion indépendante et que, de surcroît, elles ne correspondent pas à l'expérience que nous avons du monde réel, alors nous serons parvenus à un tournant crucial dans notre vie. Nous serons désormais en mesure de questionner et de contester l'idéologie dominante. C'est ce que je me propose de faire dans ce livre. "

  • La chute de géronimo

    Kenoi S/Opler M/

    • Anacharsis
    • 21 Février 2007


    aux alentours de 1930, l'anthropologue morris opler demande à samuel kenoi, un apache chiricahua d'une soixantaine d'années, de lui raconter la dernière reddition du légendaire géronimo, le 4 septembre 1886.
    mais samuel kenoi, enfant à cette époque, loin de reprendre à son compte l'" épopée de géronimo ", se livre à une attaque rageuse et amère contre le fier guerrier, l'accusant d'être responsable de la déportation par les blancs - traîtres comme toujours - de tous les chiricahuas, hommes, femmes et enfants, comme prisonniers de guerre en floride et en oklahoma, partis pour un exil de plus de vingt-cinq ans.
    le récit vif, ramassé et poignant, mâtiné d'un humour cabotin, des souvenirs de cet homme, fait remonter en surface une parole pour ainsi dire jamais entendue, une voix qui perce après - et malgré - la dévastation. si l'on connaît les discours de fameux chefs indiens parlant au nom des leurs - dont géronimo dans ses célèbres mémoires -, ici surgit le propos singulier d'un homme sans auréole. la réalité y reprend ses droits, pénible, complexe et embrouillée, mais kenoi parvient ainsi à détourner les regards fascinés par les brillantes icônes et force, pour le moins, à la réflexion.


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