Littérature traduite

  • L'amour qu'une mère donne à son enfant est-il quantifiable ? Pourquoi une mère devrait-elle être " suffisamment " bonne ? Trop d'amour est-il nuisible ? Trois textes du célèbre pédiatre et psychanalyste anglais - " La préoccupation maternelle primaire " (1956), " La mère ordinaire normalement dévouée " (1966) et " La capacité d'être seul " (1958) - pour évoquer la curieuse folie qui prend toute mère enceinte lorsqu'elle fusionne avec son bébé ; la nécessité, pour que l'enfant devienne autonome, de le frustrer ; et les bienfaits qu'il peut retirer d'un peu de solitude.
    La majeure partie de l'oeuvre de Donald W. Winnicott (1896-1971) est publiée aux Éditions Payot, et notamment Le bébé et sa mère, Conseils aux parents, Déprivation et délinquance, L'enfant et la guerre, ou encore Agressivité, culpabilité et réparation.

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  • La solitude nous angoisse, et pourtant nous avons tous besoin d'être seuls pour nous ressourcer. C'est l'un des paradoxes de l'être humain. Winnicott est le premier psychanalyste à s'être penché sur cette question. Dans La capacité d'être seul (1958), il montre comment le petit enfant , pour mûrir affectivement, fait l'expérience de la solitude bien que sa mère soit à ses côtés. Dans De la communication et de la non-communication (1963), il souligne l'importance de respecter le besoin d'isolement des patients pour leur permettre de revivre l'expérience infantile d'une solitude accompagnée et apaisante. Par son empathie et sa sollicitude, Winnicott est sans conteste le psychanalyste le plus actuel. Ce livre, qui replace au premier plan le rôle du corps, montre aussi que le bien-être mental peut passer par une simple présence physique.

  • Winnicott est devenu mondialement célèbre avec la notion d'objet transitionnel.
    Cet objet, que l'on associe d'habitude au doudou ou à l'ours en peluche, est la première possession du bébé, qui lui donne un nom, puis s'arroge des droits sur lui : il le câline, l'aime, le mutile. L'objet survivra à cet amour et à cette haine. Mais, peu à peu, il sera désinvesti, puis " relégué dans les limbes ". Il ne sera pas oublié, il perdra juste sa signification. L'enfant n'aura donc pas à en faire le deuil.
    Mais grâce à lui, il aura pu vivre une expérience affective fondatrice.

  • Les textes inédits rassemblés ici montrent le rôle central joué par la famille dans le développement émotionnel de l'enfant. Pour Winnicott, l'absence de parents à bousculer, à aimer, de qui être aimé, à haïr et à craindre constitue un terrible handicap car c'est dans ces interactions que l'enfant fait l'apprentissage de la vie en société. Quelles sortes de tensions, positives ou négatives, émanant des parents ou des enfants, parcourent la famille et la rendent plus forte et solide, ou, au contraire, contribuent à la désintégrer ? Quelles sont les conséquences sur la vie familiale de la dépression de l'un ou des deux parents ? Et quels sont les effets de la psychose (que celle-ci soit le fait de l'enfant ou des parents) ? Est-il utile ou opportun de donner des conseils aux parents ? Qu'est-ce que la « maturité au bon âge » ? Dans quelle mesure peut-on dire que « l'enfant crée la famille » ?

  • Est-il normal que votre enfant vous agace ? Se sentir coupable, pour un parent, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pourquoi les enfants aiment-ils qu'on leur dise « non » ? Que signifie un enfant qui suce son pouce ? Qu'est-ce qui stresse un bébé ? Qu'est-ce qui rend un bébé jaloux ?
    S'adressant directement aux parents, par la voie des médias, l'objectif de Winnicott n'est pas d'instruire les parents, mais de les aider à comprendre ce qu'ils font, puis à justifier ce qu'ils ont jugé bon d'entreprendre - bref, leur donner confiance en eux.

  • « The Piggle » est le surnom que ses parents ont donné à Gabrielle, une petite fille de deux ans et demi que Winnicott va suivre pendant trois ans, à seize reprises et « à la demande » (l'enfant habitant loin de Londres), entre 1964 et 1966, et dont il rapporte ici à la fois les séances elles-mêmes, les notes et commentaires de Winnicott, les lettres des parents. Toute la bienveillance de Winnicott, son intelligence clinique, son aisance avec les enfants, éclatent à chaque page.

    Traduit de l'anglais par Jeannine Kalmanovitch et Jacques Theumann.

  • " le sentiment de culpabilité se situe au point oú la destructivité se transforme en constructivité.
    A partir de là, on comprend la destructivité compulsive, problème spécifique de l'adolescence et trait caractéristique de la tendance antisociale. ces questions ont un rapport étroit avec les événements extraordinairement importants qui se passent de manière assez obscure quand une mère ou un père donnent à leur enfant un bon départ dans la vie. " donald w. winnicott.

  • Winnicott, précurseur des théories du care ? C'est ce qui ressort des trois textes composant ce livre : « Le développement affectif primaire » (1945), « Psychose et soins maternels » (1952), et « La théorie de la relation parent-nourrisson » (1961). Chez Winnicott, la problématique du soin est omniprésente. Un enfant sans soin, ça n'existe pas, il meurt aussitôt. La mère n'est pas réductible à la femme, mais désigne l'entourage humain de l'enfant qui lui apporte les soins nécessaires à sa survie. Tout compte dans la relation : la manière de tenir l'enfant, celle de le « tripoter », de vivre avec lui, la façon d'intégrer le père. D'où la question : les bons soins prodigués à l'enfant par des substituts de la mère (frères, soeurs, grands-parents) sont-ils aussi « constructifs » que ceux de la mère elle-même ?

  • " ma seule compagne, au cours de cette exploration du territoire inconnu qu'est un cas nouveau, est la théorie que je porte en moi, qui est devenue partie de moi-même et à laquelle je ne suis pas obligé de me référer délibérément.
    C'est la théorie du développement affectif de l'individu qui comporte pour moi l'histoire complète de la relation individuelle de l'enfant à son environnement particulier. (. ) on pourrait comparer ma position à celle d'un violoncelliste qui travaille sa technique qvec acharnement puis, étant parvenu à la maîtriser et à la tenir pour acquise, sera enfin capable de faire de la musique. " d. w. vinnicott on trouvera dans ce livre le compte rendu de vingt et une consultations avec des enfants de deux à treize ans.
    Les dessins griffonnés - les squiggles - que l'enfant et son médecin échangent entre eux y sont également reproduits, dans leur succession, comme les coups, les traces d'une partie qui se joue. partie oú se mêlent l'humour et l'angoisse, les dérobades et les révélations, le rêve et le corps, et qui se termine souvent - pas toujours - par un effet thérapeutique.

  • Le bébé est spontané. Si la mère répond " bien " à cette spontanéité, l'enfant se sent entier, fort et confiant. Il tolère mieux la frustration ou une petite défaillance maternelle et ne perd pas sa vitalité. Mais si la mère répond " mal ", alors le bébé doit s'adapter aux initiatives et exigences de celle-ci. Sa spontanéité disparaît progressivement. Résultat : sa personnalité se trouve déformée, entravée, et le développement du bébé ne se fait pas correctement. À partir de cette théorie, Winnicott éclaire avec simplicité et chaleur des thèmes aussi divers que l'intuition et l'empathie, le rôle du sentiment dans les troubles alimentaires et les troubles du sommeil, le deuil chez l'adolescent, la délinquance, l'adoption, la psychosomatique ou encore l'autisme.

  • Ce recueil traite des processus psychanalytiques intervenant au début de la vie du nourrisson et en étudie les implications pour ceux qui s'occupent des nouveau-nés et de leurs mères : psychanalystes, pédiatres, sages-femmes, puéricultrices, infirmières et parents.
    Winnicott parle de la grossesse, de la naissance et de l'allaitement, de la communication entre le bébé et sa mère, de l'environnement ; bref, de tout ce qu'une mère fait naturellement et qui favorise le développement harmonieux de l'enfant.

  • D'une importance historique considérable, puisque c'est par lui que Winnicott a été connu en France, «De la pédiatrie à la psychanalyse» est une référence incontournable. Parmi les trente textes qui le composent, et qui manifestent l'indépendance d'esprit de ce grand psychanalyste, la variété technique et conceptuelle de ses travaux, on trouvera notamment réunis certains de ses essais les plus célèbres sur l'agressivité et la tendance antisociale, la haine, les objets transitionnels, la solitude, etc.

  • Ce recueil d'une quarantaine de textes inédits ou dispersés dans des revues montre un Winnicott explorateur et conteur passionné.
    Nombreux sont en effet les inédits qui sont le résultat d'intuitions et de perceptions déroutantes pour l'auteur lui-même, qui a ainsi éprouvé le besoin de les saisir par l'écrit, en quelques pages vives et ouvertes. Certaines de ces pages sont des notes préparatoires pour un enseignement ou une conférence, et sont enjouées, prêtes à être partagées. Elles ont aussi l'intérêt de révéler un Winnicott moins connu, un analyste d'adultes non conventionnel, capable d'aller dans un restaurant retrouver une patiente, ou d'expliquer comment ses propres rêves lui constituent un « club » où il se rend pour avoir la paix.
    C'est le parcours d'une vie de recherche qui est présenté (travaux de 1939 à 1970), mais un parcours parallèle et généralement ignoré. On y découvre les marges de la pensée winnicottienne et, comme c'est une pensée essentiellement paradoxale, les marges sont au centre.

    Traduit de l'anglais par Michel Gribinski et Jeannine Kalmanovitch. Édition de Michel Gribinski.

  • « Ce fragment est donné à titre d'exemple de la position dépressive telle qu'elle peut apparaître au cours d'une analyse. Le patient dont il est question vint à l'analyse en disant qu'il ne pouvait pas parler, que cela ne coulait
    pas de source, qu'il ne savait pas dire des banalités et qu'il ne pouvait faire de geste spontané ni éprouver d'émoi.
    Au début, tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il venait et qu'il parlait. C'était de la rhétorique. Peu à peu, il devint clair qu'il écoutait des conversations intérieures et qu'il en rapportait les parties qui pouvaient m'intéresser -pensait-il. Puis l'analyse se modifia en qualité. La première manifestation du progrès fut rapportée par le patient lorsqu'il parla d'un sentiment tout nouveau d'affection pour sa fille. Deux fois cette semaine-là il avait versé des larmes et cela lui parut un bon présage, car il avait été incapable jusque-là de pleurer ou de rire, comme il avait été incapable d'aimer. »
    D.W. Winnicott

  • Entre 1948 et 1969, D.
    W. Winnicott a rédigée de multiples critiques de livres, des hommages, des notices nécrologiques, en particulier d'élèves de Freud ou de son traducteur anglais. De cette somme de notes, reclassées selon un rythme nouveau, non chronologique mais thématique, se dégage un portrait en creux extrêmement vivant de Winnicott lui-même, qui se révèle au détour de chaque page. On y découvre aussi à quel point, en Grande-Bretagne, la Seconde guerre mondiale aura marqué la psychanalyse, qu'il s'agisse de l'étude de l'impact psychologique de l'évacuation forcée des enfants des villes vers les campagnes ou de l'accueil dans ce pays de nombreux analystes, autrichiens en particulier, fuyant le nazisme.
    Pour faciliter la lecture de l'ouvrage, un appareil critique historique et des notices rédigées par Michel Gribinski viennent éclairer le lecteur sur les auteurs et les personnages évoqués par Winnicott, souvent peu connus en France. Ce recueil alerte, qui allie humour, franc-parler et profondeur de la réflexion, et d'une grande facilité de lecture, touche un lectorat bien au-delà des cercles de l'analyse.
    Et certaines positions de Winnicott, comme son rejet, sans appel mais brillamment motivé, des théories comportementalistes, restent d'une remarquable actualité.

  • Pourquoi les bébés pleurent-ils ? ont-ils un sens moral ? existe-t-il un instinct maternel ? quels sont les avantages et les inconvénients d'être enfant unique ? que faire lorsque son enfant vole ou qu'il ment ? dans les textes qui composent cet ouvrage, le célèbre psychanalyste anglais (1896-1971) présente, à destination des parents et en particulier des mères, divers aspects de la théorie et de la pratique des soins aux enfants et propose un certain nombre de conseils très concrets.

  • " les enfants sauraient-ils ce qu'est la guerre si on ne leur en parlait pas ? dès qu'on cherche à saisir ce qui se passe dans la tête d'un enfant, on découvre qu'il connaît déjà l'avidité, la haine et la cruauté, l'amour et le remords, le désir de réparation et la tristesse.
    Il doit faire face à ses guerres internes et cela exige beaucoup d'efforts de sa part. si nous oublions cela, nous seront surpris lorsque apparaîtront des réactions d'une violence inattendue à des événements en apparence insignifiants. " donald w. winnicott.

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