• Ombre chinoise

    Hélène Ling

    • Rivages
    • 3 Janvier 2018

    Dans son troisième roman, Hélène Ling explore une nouvelle forme d'écriture autobiographique. Le récit entremêle autour du thème du déracinement l'enfance poignante d'une femme d'origine chinoise dans le Paris des années 70, l'histoire d'une Indienne cherokee et celle d'un scénariste qui tente de se mesure à la mafia chinoise. A travers le portrait en parallèle de ces deux femmes, à la fois fortes et vulnérables, Hélène Ling nous pose plus généralement, dans un style habité et puissant, la question de nos origines.

  • Repentirs

    Hélène Ling

    Il suffit au narrateur de reconnaître dans un café le célèbre artiste plasticien, Simon Veyne, pour faire resurgir dans son sillage tous les malentendus qui ont émaillé leur brève amitié née dans les années 70. Du canal Saint-Martin jusqu à l hôpital Saint-Louis et autour de la figure de Michèle, se défont peu à peu les rébus du souvenir de leurs relations à trois, des illusions de l enfance à celles de mai 68, du charme de la bohème à ceux du mécénat industriel ; entre confidences faussées et impasses amoureuses se précise l énigme du personnage et celle, selon son ancien ami, de son éclatante imposture. C est donc au narrateur, historien de profession, qu il revient de cerner les différentes facettes du souvenir, de sonder le mystère qu incarne aujourd hui encore la figure de l artiste. Tour à tour introspectif et mordant, toujours sur le fil aigu du dévoiement des apparences, le récit se teinte volontiers du lyrisme ironique des éducations sentimentales. Mené sur le terrain de l art contemporain, propice à toutes les feintes, il ne s agit pourtant que de céder les yeux ouverts et une dernière fois peut-être, à la permanence de son étrange pouvoir de suggestion.

  • Lieux-dits

    Hélène Ling

    • Allia
    • 29 Mars 2006

    Une jeune Française installée à Berlin se trouve dans l'obligation de rentrer à Paris pour assister aux funérailles de son père, un important marchand et collectionneur d'art. La jeune femme profite, durant les jours précédant l'enterrement, de sa rencontre avec un groupe de jeunes touristes coréens pour renouer avec la ville où elle a grandi. Leur enthousiasme vient contraster avec son approche désenchantée de la culture en son ensemble. Les points d'attraction culminants du parcours (la maison de Marcel Proust, une pièce de Brecht, la Bibliothèque Nationale...) ne sont pour la jeune fille que les fossiles d'un art autrefois vivant. L'animosité qu'elle éprouve pour un père qui exploita la valeur marchande de l'art et la lassitude que représente pour elle l'exploitation d'une culture vidée de sa substance, pourront-elles être vaincues par l'essor que lui insuffle l'oeil neuf que portent sur l'art ses compagnons de fortune ? L'art ainsi doublement embaumé (à travers le corps de son père et à travers sa récupération par la ville de Paris) peut-il connaître à ses yeux une forme de
    résurrection ? Au fil de ce livre construit sous forme de brefs paragraphes, dans lesquels différentes voix s'enchevêtrent, la narratrice nous entraîne dans une déambulation caustique à travers les rues de Paris livrées aux touristes. Avec un sens de l'observation et de la satire particulièrement aigu, Hélène Ling se livre, loin de toute nostalgie passéiste, à une critique radicale de la culture moderne, sans que jamais
    la théorie ne vienne entraver le fil romanesque de son récit.

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