Rivages

  • Le droit de mourir Nouv.

    La lecture de ce texte, d'une parfaite agilité dialectique sur fond de tragédie, laisse une impression de vertige. Que devant l'abîme se creusant sous ses yeux le lecteur ne perde pas pied, mais sorte de l'épreuve, au contraire, le coeur plus vif et la pensée plus forte, tel est le mérite de l'auteur, qui à chaque instant parvient à intégrer le droit de mourir au droit de vivre.

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  • Pour le juif, qui voit dans l'immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divine, dieu est éminemment le seigneur de l'histoire, et c'est là "qu'atischwitz" met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de dieu.
    A l'expérience juive de l'histoire. auschwitz ajoute en effet un inédit, dont ne sauraient venir à bout les vieilles catégories théologiques. mais quand on ne veut pas se séparer du concept de dieu - comme le philosophe lui-même en a le droit - on est obligé, pour ne pas l'abandonner. de le repenser à neuf et de chercher une réponse, neuve elle aussi, à la vieille question de job. dès lors, on devra certainement donner congé au "seigneur de l'histoire".
    Donc : quel dieu a pu laisser faire cela ?

  • Pour une ethique du futur

    Hans Jonas

    • Rivages
    • 5 Janvier 1998

    L'espèce humaine se trouve à un carrefour.
    Dotée d'une puissance en constante extension, il lui faut désormais opérer les choix ou assumer les hésitations qui lui éviteront le sort de l'apprenti sorcier. la futurologie apparaît alors non comme un charlatanisme de plus, mais comme l'indispensable évaluation des effets à longue portée, pour les générations à venir, des révolutions technologiques déferlantes d'oú peuvent surgir le meilleur et le pire.

    Dresser les critères de cette évaluation, telle est la tâche du philosophe. et s'il fait appel à l'éthique, ce ne sera jamais pour brimer ou pour briser la vie, mais au contraire pour l'aider à parer les plus graves dangers, afin de lui offrir un nouveau champ de développement.

  • C'est aux origines premières et aux fins dernières de la dimension intérieure, de la subjectivité - in vita et in situ - que Hans Jonas consacre toute sa passion de chercheur. Sous cet angle, il apparaîtra que Évolution et liberté donne toute sa portée à ce Principe Responsabilité qui a fait la réputation de Jonas, un principe responsabilité qui n'a rien d'un impératif moraliste, puisqu'il prend forme et contenu face à la réalité supérieure de la vie : celle de l'individu comme celle de l'espèce, menacée par une crise écologique sans précédent, qui renouvelle l'interrogation sur l'Être et sur son envers, le néant. Entre ces deux pôles, c'est à la catégorie du possible que l'auteur confie l'avenir humain.

  • Souvenirs : c'est sous ce titre, évitant le piège d'une autobiographie prétendument exhaustive, que Hans Jonas, l'auteur du Principe Responsabilité et du Concept de Dieu après Auschwitz retrace les étapes contrastées de sa vie et de sa pensée, groupées en deux grandes parties : ''Expériences et rencontres'', suivi de ''Philosophie et histoire''.
    Né en 1903 dans une famille judéo-allemande de la Ruhr, il commence par suivre l'enseignement de Martin Heidegger et de Rudolf Bultmann à Marbourg, mais doit fuir l'Allemagne nazie dès 1933. Jonas gagne alors Londres d'où il entreprend divers voyages. En 1935, il rejoint la Palestine puis participe à la Seconde Guerre Mondiale au sein de la Brigade juive aux côtés des Anglais
    Après Israël, le voici au Canada, puis enfin à New York, où il est désormais en mesure de poursuivre ses recherches personnelles tout en enseignant à l'université. Après l'étude remarquée La Gnose et l'esprit de l'Antiquité tardive, placée sous le signe de Heidegger en rapport avec un « nihilisme moderne », Jonas se tourne vers une « philosophie de la biologie » dont il revendique l'originalité.
    Selon lui, les principes d'individualité et de liberté se trouvent à l'oeuvre dès les débuts de la vie animale sur la planète. C'est à partir de là que Jonas met en garde contre l'exploitation effrénée de la nature, et peut être considéré comme le philosophe de l'écologie par excellence.
    Une « philosophie vécue » précisément, selon la formule dont lui-même se réclame, à travers de multiples événements qui ont fait le siècle, et au fil d'échanges divers avec les maîtres, les relations, et les amis -
    Heidegger et Bultmann, Hannah Arendt, Günther Anders, Karl Lowith, Gershom Sholem - dont Jonas laisse de saisissants portraits.
    Souvenirs, né d'entretiens oraux avec un jeune journaliste représentant bien la nouvelle génération, montre un extraordinaire talent de conteur, au sens où ce terme implique aussi une sagesse au travail dans un perpétuel mouvement, conformément à la fragilité de l'Être aux prises avec le temps, et que, de crise en crise, il s'agit de sauver en tout état de cause. Philosophie vécue, la « philosophie biologique » de Hans Jonas est aussi une philosophie pratique, où la spéculation cède le pas à l'intervention. A ce titre, Souvenirs n'est pas seulement un extraordinaire témoignage sur le siècle qui vient de s'écouler, mais aussi un guide pour l'action toujours à réajuster devant l'avenir qui s'annonce.
    Hans Jonas est décédé le 5 février 1993 à New Rochelle près de New York.

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