• C'est très simple. Les grandes filles vendent les plus petites et c'est pareil pour les petits garçons. Dès qu'ils grandissent, ils protègent les filles et volent ou tuent pour survivre. Sur tout le groupe, il n'y a que vingt filles pour soixante garçons. Normal, les filles sont moins rentables. Sur vingt fillettes de moins de huit ans, pas une ne s'est fait défoncer le cul par une vieille tapette... Elles ont une espérance de vie de quinze ans. Les garçons ne sont pas mieux lotis. Sur soixante, cinquante n'ont pas leurs dix doigts... La raison est simple. Chaque fois qu'un de ces mômes vole dans un magasin protégé par la mafia, des hommes de main les attrapent et leur coupent un doigt au couteau et dans la rue... Un orphelinat de Naples contre la mafia. Un récit brut, au premier degré, qui a valeur de document.

  • Chicoutimi

    Jean-Jacques Busino

    «Le lendemain, Jeff grimpe sur sa motoneige et fonce en direction de la forêt. Toute cette histoire le dépasse. Faire autant de bruit pour des poubelles ! Déclencher une grève, être au centre d'une polémique à l'école, c'est trop pour les frêles épaules d'un garçon qui a perdu sa mère depuis quelques mois et qui est passé de la petite Suisse à l'immense Québec.»

  • José-Alonso Enriquez est commissaire de police à Lyon.
    Il est obsédé par la mort et par les chiens, séquelles d'un drame d'enfance jamais oublié. Maxime Viglianèse est un brillant chef d'orchestre spécialisé dans la musique contemporaine. Tous les 16 juin, il reçoit un mystérieux coup de téléphone : une voix inconnue lui souhaite son anniversaire. Le 16 juin est une date maudite pour la police. Chaque année, depuis plus de vingt-cinq ans, des meurtres sauvages sont commis ce jour-là.
    Coïncidence troublante, ils semblent suivre Maxime Viglianèse à la trace et le chef a la conviction qu'ils sont liés à son histoire personnelle, bien qu'il ne s'en explique pas le mobile. Avec l'aide du commissaire, Maxime Viglianèse va explorer les zones d'ombre de son passé et tenter de résoudre le mystère de ses origines. C'est une étrange et poignante partition que vont jouer ces deux hommes blessés, jusqu'au moment de vérité.

  • Pendant des vacances familiales à la montagne, les enfants se retrouvent ensevelis sous des mètres cubes de roche tandis que les parents sont au restaurant dans la vallée.

  • Pour Jean-Jacques Busino, le « bogue » de l'an 2000 n'a pas été d'ordre informatique. C'est son corps qui se met à dysfonctionner brutalement. Il est frappé par une maladie du système sanguin à l'origine mystérieuse, l'une de ces fameuses maladies « orphelines », qui laisse le corps médical perplexe et dans l'incapacité de proposer un traitement efficace. Les manifestations de la pathologie n'en sont pas moins réelles et spectaculaires : éruptions cutanées, jaillissement spontané du sang sous les ongles, extrémités nécrosées, violentes douleurs qui ne peuvent être soulagées que par la morphine.
    L'acte deux commence quelques années plus tard, alors que Busino est toujours malade mais encore en vie, contredisant tous les pronostics des médecins. Son fils André est renversé à vélo par un chauffard. L'accident provoque des dommages cérébraux irréversibles et laisse l'adolescent plongé dans un coma végétatif.

    De ces deux tragédies, Busino tire Cancer du capricorne, un récit de type autobiographique auquel se mêlent aussi des scènes dignes d'une fiction - et qui en sont probablement.

    Pas plus que les précédents livres de l'auteur, on ne peut étiqueter celui-ci. Il s'agit d'une oeuvre hybride, totalement personnelle- et par son sujet et par son traitement -, qui se caractérise par un mélange de spontanéité et de réflexion longuement mûrie. Le projet du livre est annoncé d'emblée : « Reprendre l'histoire depuis le début et comprendre le pourquoi du comment. Regarder la situation comme si elle ne me concernait pas. » D'où le ton très inattendu de ce texte construit en deux mouvements, telle une étrange sonate, et placé sous le signe omniprésent de la musique, qui n'a cessé d'accompagner la vie de Jean-Jacques Busino.

    Ce qui donne sa force à Cancer du capricorne, c'est la description clinique et curieusement distanciée de ce qui arrive à un corps humain devenant de plus en plus étranger à son propriétaire. Busino trouve les ressources morales et linguistiques pour jouer avec les mots de la mort et créer un climat ubuesque où domine une forme d'humour noir et décalé. Aussi autobiographique que soit la trame de ce récit, il se lit comme un roman, tant l'auteur se mesure frontalement à son sujet pour en éliminer toute trace de pathos et de sentimentalisme bon marché. En lieu et place de cela, il nous invite à de lumineuses remontées vers le temps de l'enfance et de la famille, du côté de l'Italie. C'est l'occasion pour lui de poser les questions de la filiation, de la transmission et de la paternité. Lui qui dit avoir tant reçu de son père avoue, lucide, que « comme tous les pères de (sa) génération », il n'a « rien transmis » à son fils. D'où la douleur inconsolable qui hante le deuxième temps du récit, la révolte ainsi que la tentation de la vengeance vis-à-vis de l'homme qui lui a volé la vie de son enfant. Toutes questions qui se ramènent à la plus fondamentale et la plus tragique : faut-il laisser « vivre » cet adolescent qui n'est plus qu'un corps souffrant ou mettre fin à ses souffrances ?

    Ce « roman » des vies brisées est une confession intime, un bilan, mais aussi un partage. Partage d'un drame dont l'atténuation passe, pour cet « athée frustré », par la seule rédemption possible : l'écriture. Une écriture simple, lumineuse, qui emprunte ses rythmes et ses métaphores à la musique, et gagne ce pari insensé : faire surgir du fond de la douleur humaine une oeuvre incroyablement tonique et vivante.

  • Le bal des capons

    Jean-Jacques Busino

    • Rivages
    • 10 Septembre 1997

    " Ce dont on ne parle pas n'existe pas.
    " Le journaliste Alain Walter a donc décidé de parler, de parler de Myriam qui, depuis son plus jeune âge, est vouée au malheur. La logique voulait qu'elle tombe sous la coupe de Simon Claron : trafiquant en tout genre, maître chanteur, proxénète et brute cynique. Meurtrier, violeur. Comme toujours dans les tragédies ordinaires, la mort frappe de manière prévisible, Rodric, fils de Claron, tue son monstre de père de quarante cinq balles à bout portant, il est encore mineur au moment des faits.
    Il fallait un bouc émissaire dans cette sinistre histoire : ce sera Myriam. Elle est victime, le système en fera une coupable. Busino mène son récit sur le ton du reportage. Comme dans un café du reportage, comme dans un café, une cigarette, il dénonce l'injustice et la lâcheté et derrière l'indignation, on devine la même sympathie profonde pour les blessés de la vie.

  • Hugo vient d'une cole spcialise ; ses parents sont alcooliques et il est probablement battu. Peu peu, sur le terrain de foot, il parvient s'intgrer. Mais un jour, il n'est plus l. Ses co-quipiers cherchent expliquer sa disparition. Hugo fait-il une fugue ? A-t-il t enlev ou pire, assassin ?

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