• Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.
    Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal Au Pilori. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942.
    Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité?: des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu'aux dernières heures de l'Occupation.
    La délation contre les juifs n'est pas ce phénomène de masse que l'on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n'en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.

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  • Pourquoi, dès l'été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite ? Dans quelle mesure l'administration a-t-elle collaboré au génocide perpétré par les nazis ? A-t-on « sacrifié » les juifs étrangers pour « sauver » les français ? Quelle a été la responsabilité de la France dans la rafle du Vel' d'Hiv ?
    Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Ce livre démontre qu'il reste encore beaucoup à découvrir. À travers une série de questions clés, Laurent Joly renouvelle profondément l'histoire de la persécution des juifs sous l'Occupation et balaie bien des idées reçues.
    S'appuyant sur de nombreuses sources inédites, restituant les marges de manoeuvre des fonctionnaires français - du dirigeant étatique jusqu'au simple gardien de la paix - ainsi que les effets concrets de leurs décisions, Laurent Joly écrit une histoire puissante et incarnée, au plus près des exécuteurs, des victimes et des témoins.

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  • 13 affreux de la collaboration, les ultras, "nazis à 120%".

    Si les principaux acteurs du collaborationnisme, les Doriot, Déat, Brasillach ou Darnand, incarnant ce courant de la politique française qui a prôné le ralliement total à l'Allemagne nazie sous l'Occupation, sontbien connus,on connaîtmoinsses secondscouteaux,ses hommeset ses femmesde l'ombre.
    Cette série de portraits, fondés sur l'exploitation d'archives inédites produites par la police et l'institution judiciaire (dossiers des RG et des services secrets de Vichy, archives de l'épuration), plonge le lecteur dans le monde de la collaboration ultra, dévoilant ses ressorts intimes et ses logiquescachées.
    Les documents - affiches, cartes d'adhésion, tracts et papillons dont raffolaient les contemporains - et les photographies qui accompagnent les textes révèlent, comme par confrontation, l'image flamboyante que nos personnages voulaient donner d'eux-mêmes lorsqu'ils discouraient en meeting, portaient beau l'uniforme du parti et même lorsqu'ils devaient rendre des comptes à la justice de la Libération.

  • Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune.

    Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal Au Pilori.

    Ayant mis au jour les archives judiciaires concernant les quelque 240 Parisiens jugés, après la guerre, pour dénonciation de juifs sous l'Occupation, Laurent Joly interroge la figure du délateur, décrypte sa mentalité, ses mobiles, ses justifications. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942.

    Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu'aux dernières heures de l'Occupation.

    La délation contre les juifs n'est pas ce phénomène de masse que l'on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n'en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.

  • Laurent Joly, professeur agrégé d'histoire. Allocataire au centre d'histoire sociale du XXº siècle de Paris 1, prépare une thèse de doctorat sur le Commissariat général aux questions juives sous la direction du professeur Pascal Ory. Xavier Vallat est une figure emblématique de l'antisémitisme français et de la persécution des Juifs sous Vichy. Héraut des milieux anciens combattants de la droite catholique à la Chambre des députés pendant l'entre-deux-guerres, il fit scandale le 6 juin 1936 lorsque, s'adressant à Léon Blum du haut de la tribune parlementaire, il lança : « Pour la première fois ce vieux pays gallo-romain va être dirigé par un Juif ». Il devint dès lors le champion des milieux antisémites français, et, en juillet 1940, il se rallia avec enthousiasme au maréchal Pétain. En mars 1941, Xavier Vallat prit la direction du Commissariat Général aux Questions Juives. Pendant un an, il s'acquitta de ses fonctions avec une ferveur fanatique, donnant à la France une législation anti-juive complète et systématique, il ordonna un recensement des Juifs en zone libre et tenta de faire adopter un nouveau Statut des Juifs, encore plus sévère que la législation nazie. Après son départ du Commissariat, il resta jusqu'au bout fidèle au régime et remplaça, en juin 1944, Philippe Henriot (assassiné par la résistance), au micro de la radiodiffusion nationale. En 1947, son procès en Haute Cour fit sensation : Xavier Vallat assuma pleinement son action sous l'Occupation, et alla même jusqu'à utiliser ses convictions antisémites comme stratégie de défense. Ayant sauvé de justesse sa tête, il devint le compagnon de cellule de Charles Maurras. Après sa sortie de prison, il termina sa carrière comme éditorialiste vedette de l'organe nationaliste Aspect de la France, et s'illustra une dernière fois en novembre 1967 en reprenant à son compte - tout en les dévoyant - les propos du général de Gaulle sur les Juifs « peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur ». En suivant tout au long du siècle l'itinéraire politique et intellectuel de Xavier Vallat, c'est toute une tradition politique de la France, catholique et antisémite, que ce livre fait revivre et comprendre.

  • Laurent Joly renouvelle profondément l'histoire de la politique anti-juive de Vichy et de l'administration qui en fut l'instrument principal : le commissariat général aux Questions juives (CGQJ), créé par l'amiral Darlan en mars 1941, à la demande des autorités allemandes.
    S'appuyant sur une connaissance impressionnante des archives et sur la découverte de nombreux fonds inédits, l'auteur reconsidère les grandes étapes de l'antisémitisme vichyssois, du statut d'octobre 1940 à la tentative de dénaturalisation collective de 1943, en passant par la déferlante législative de 1941 et les rafles de l'été 1942. Il offre ainsi au lecteur un éclairage capital sur les processus de décision qui ont conduit à la déportation de plus de 75 000 juifs de France vers les camps de la mort.
    Tout au long de l'ouvrage, Laurent Joly expose avec finesse la position ambiguë du CGQJ : après avoir tenu un rôle prépondérant dans l'élaboration d'une législation antijuive implacable visant en premier lieu les " juifs français ", cette administration d'exception se voit progressivement marginalisée par le gouvernement de Vichy. Ce dernier s'efforce d'orienter son action répressive vers les " juifs étrangers " et, sous la houlette de Pierre Laval et de son secrétaire général à la police René Bousquet, négocie directement leur déportation avec les dirigeants nazis.
    Un sordide jeu à trois s'instaure dès lors entre les autorités allemandes, le gouvernement français s'appuyant sur son administration traditionnelle et le CGQJ, chacun étant mû par une logique antisémite propre. Analysant le profil sociologique, la mentalité et les méthodes de travail des quelque 2 500 agents salariés par le commissariat général aux Questions juives entre 1941 et 1944, Laurent Joly montre au final tout le poids des enjeux bureaucratiques et des rivalités institutionnelles sur le sort de milliers d'innocents.

  • Découvrez La délation dans la France des années noires, le livre de Laurent Joly. La délation dans la France de la Seconde Guerre mondiale est un sujet fascinant et douloureux. A peine l'historien l'évoque-t- il que les commentaires fleurissent sur le rôle néfaste des concierges, la noirceur de l'âme humaine, la félonie du deuxième sexe ou le tropisme des Français, qui seraient des champions en la matière. Il est vrai que les Français n'ont jamais autant dénoncé que durant les années noires. Mais plus que le caractère massif du phénomène, ce sont ses conséquences qui ont profondément marqué les esprits : entre 1940 et 1944, des milliers d'individus ont payé de leur vie les dénonciations portées à la connaissance des autorités vichystes ou nazies. Indéniablement, le choc de la défaite et les traumatismes de la guerre, l'occupation allemande et le régime de Vichy ont bouleversé et perverti les relations entre la société et le pouvoir. Cet ouvrage original et inédit explore les deux faces, politique et sociale, de la dénonciation sous l'Occupation, qu'elle ait visé les insultes au maréchal Pétain, l'activisme communiste, les juifs, les trafiquants du marché noir, les avorteurs ou les réfractaires au STO. Un pan capital et pourtant méconnu de l'histoire de France.

  • L'Action française est assurément, en France, le mouvement d'extrême droite le plus influent du xxe siècle. Née en 1899 sous l'égide intellectuelle de Maurice Barrès, elle tombe rapidement sous l'emprise du royaliste Charles Maurras. Laurent Joly nous livre ici la première étude consacrée à cette naissance, dans le contexte de l'affaire Dreyfus.
    Fondateur de l'AF, Henri Vaugeois en appelle alors à une dictature militaire ennemie de « l'humanitarisme » judéo-protestant. Maurras, pour sa part, n'hésite pas à encenser l'action antisémite de Jules Guérin, escroc notoire. Quant à Barrès, compromis dans la tentative de coup d'État de Déroulède en février 1899, il reconsidère son nationalisme à la lueur du racisme crépusculaire de Jules Soury. Tous se retrouvent autour de l'Action française, qui s'institue « laboratoire de nationalisme » avant de se convertir à la « monarchie de salut public » (1901). Le petit groupe fait ainsi le lien entre l'extrême droite du xixe siècle, royaliste et cléricale, et celle du xxe siècle, ultra-nationaliste, xénophobe et volontiers athée.
    À partir d'archives privées et de multiples sources inédites, Laurent Joly restitue, à l'échelle des individus, les conditions sociales et les logiques cachées d'une conversion politique. Battant en brèche le récit héroïque des débuts de l'« école » d'AF, l'enquête fourmille de révélations sur la personnalité et les aspirations du duo Barrès-Maurras à l'aube du xxe siècle. Elle apporte ainsi une contribution décisive à l'étude de la magistrature intellectuelle et du charisme en politique.

  • Préfecture de Police de Paris, 3e étage. Sous la férule d'André Tulard, chef du " service juif ", une centaine de fonctionnaires appliquent la réglementation antisémite. Les cadres intermédiaires, sous-chefs de bureau, organisent le recensement des Juifs. Les agents du bureau 91 examinent les cas " douteux " et reçoivent les déclarations tardives. Les employés d'ordre fabriquent les fiches du " fichier juif ". D'autres s'occupent de leur classement puis de l'exécution des rafles... Chronique ordinaire de l'antisémitisme de bureau entre 1940 et 1944. Un quotidien marqué par les intérêts du service, les stratégies de carrière, le zèle de quelques-uns et le conformisme de la plupart.
    Qui était ces agents de l'État et comment comprendre leur pratique administrative ? Comment distinguer leur activité de celle du commissariat général aux Questions juives, administration ultra créée par Vichy en 1941 afin d'élaborer une législation implacable et de gérer la politique de spoliation ? En répondant à ces questions, et à beaucoup d'autres, Laurent Joly signe la première étude comparée de ces deux institutions publiques qui ont joué, sous l'occupation, le rôle le plus important dans le processus de persécution.
    À partir de sources inédites, dossiers de carrière, dossiers d'épuration, fonds privés et entretiens individuels avec d'anciens fonctionnaires de Vichy, il met en oeuvre un questionnement sociologique, adapté au passé, afin de saisir les mécanismes et les logiques de la politique antijuive telle qu'elle a été appliquée, au quotidien, dans les bureaux de l'administration française.

  • Les collabos

    Laurent Joly

    Si les principaux acteurs du collaborationnisme, les Doriot, Déat, Brasillach ou Darnand - incarnant ce courant de la politique française qui a prôné le ralliement total à l'Allemagne nazie sous l'Occupation -, sont bien connus, on connaît moins ses seconds couteaux, ses hommes et ses femmes de l'ombre.
    Cette série de portraits, fondés sur l'exploitation d'archives inédites produites par la police et l'institution judiciaire (dossiers des RG et des services secrets de Vichy, archives de l'épuration), plonge le lecteur dans le monde de la collaboration ultra, dévoilant ses ressorts intimes et ses logiques cachées.
    Les documents - affiches, cartes d'adhésion, tracts et papillons dont raffolaient les contemporains - et les photographies qui accompagnent les textes révèlent, comme par confrontation, l'image flamboyante que nos personnages voulaient donner d'eux-mêmes lorsqu'ils discouraient en meeting, portaient beau l'uniforme du parti et même lorsqu'ils devaient rendre des comptes à la justice de la Libération.

  • 3h33, un cri déchire la nuit... Mirette, petite-nièce du célèbre détective jean-Patrick Lelièvre, et Jean-Pat, son chassistant amateur de Choumoullouws (guimauve très très molle et très sucrée), se lancent aussitôt dans une folle enquête à travers Paris. Plus loufoque, drôle et exubérant, tu meurs...

  • Le Caire, ville moderne grouillante de vie avec son souk coloré, ses berges du Nil animées... mais aussi cité des Pharaons et pays du Sphinx, grand maître de l'énigme : quoi de plus excitant pour une jeune enquêtrice !

    Cette fois, Mirette va rencontrer une fillette des rues fort débrouillarde, Loulou, qui va l'aider à dénouer les fils d'un nouveau mystère : on a volé les bijoux d'Aïcha, chanteuse inspirée de la grande Oum Kalsoum !

    Quant au gourmand Jean-Pat, il va tomber raide dingue des LOUKOUMOULLOUWS, version locale de ses chers Choumoullouws...

  • De la pointe du Raz à St Malo et Carnac, c'est parti pour un tour de Bretagne décoiffant ! Avec une hermine hautaine qui pique ses choumoullouws à Jean-Pat, une bigouden chef d'entreprise cyber branchée menacée d'enlèvement, des korrigans finalement plus gentils qu'il n'y paraît... les rebondissements ne manqueront pas dans ce 7e épisode des enquêtes de la plus célèbre détective de 8 ans de tous les temps !!!

  • Mirette et son " chassistant " Jean-Pat ont gagné un week-end à Barcelone.
    Sous un soleil écrasant, le gros chat, toujours aussi ingénieux et toujours aussi râleur, gamberge sur une invention antifonte des glaces aux Choumoullouws (son parfum préféré), tandis que Mirette flaire une entourloupe sur fond de flamenco...

  • C'est le grand saut pour Mirette et Jean- Pat : les voici a` Rio, attire´s par un myste´rieux message tombe´ sur le site de la de´tectivette. Copacabana, le Corcovado, le Pain de sucre (« C¸a se mange ? » demande Jipe´) - pas de temps pour les visites. L'auteur du message, retrouve´ sur la plage, s'explique : on a vole´ la robe de Carnaval de Divina, sa maman, par ailleurs reine de Samba. « Chouette ! » bondit Mirette. « Flu^te... » ge´mit le chat paresseux. Une nouvelle enque^te a` 100 a` l'heure de´marre !

  • Le pont de Brooklyn, les écrans géants de Times Square, Central Park, la 5e Avenue, les petits bars de Greenwich Village : Mirette et Jean-Pat découvrent émerveillés la magie de Big Apple. Et aussi la toute-puissance du roi dollar : la cousine de Mirette, qui les reçoit, est l'héritière de l'empereur américain du shampoing. Ce qui suscite bien des convoitises. À prévoir une folle enquête entre gratte-ciel et Chinatown !

  • 6 juin 1936. Léon Blum présente son gouvernement à la Chambre. Du haut de la tribune, Xavier Vallat, l'un des chefs de l'opposition, l'interpelle : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. » Le propos suscite un tumulte incroyable. La gauche proteste tandis que la droite soutient bruyamment l'orateur. L'écho dans l'opinion est grand. Comme il s'en vante dans son discours, Vallat a osé « dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas... » : les jours qui suivent, le député reçoit près de 250 lettres de félicitations, précieusement conservées dans ses archives personnelles.

    Ces réactions saisies sur le vif offrent un témoignage unique et inédit sur l'antisémitisme français à la veille de la défaite et de l'occupation. Vallat deviendra d'ailleurs commissaire général aux Questions juives, et Blum un captif de Vichy puis des Allemands...

  • Suite à un mystérieux appel de tante dorothy, son aïeule londonienne, mirette l'apprentie détective embarque son " chassistant " amateur de sucreries dans l'eurostar, et c'est parti pour une folle enquête à travers londres et ses monuments, sur les traces d'un inquiétant majordome.

  • Quand suzie tape le code 1313 sur son nouveau portable, elle se retrouve projetée en plein moyen age, en l'an de grâce 1313.
    Elle y fait la connaissance de godefroy, un garçon de son âge qui devient vite son meilleur copain. leurs aventures sont ponctuées d'étranges rencontres sorcières, moines, seigneurs, paysans, servantes, chevaliers - tous parlent une langue bizarre et vivent une vie dont suzie n'avait pas idée. mais quelle rigolade !.

  • Depuis les « vieilles colonies » héritées de l'Ancien Régime (Antilles, Guyane, Réunion, comptoirs de l'Inde) jusqu'à l'empire colonial de la IIIe République (Afrique du Nord, Afrique Noire, Indochine, Pacifique), l'ouvrage aborde l'ensemble du monde colonial français. Les colonies d'assimilation totale présentaient un problème électoral bien différent des colonies où le droit de vote restait limité aux colons et administrateurs. Les pratiques électorales constituent un thème d'enquête essentiel. Les élections coloniales eurent toujours mauvaise réputation, et furent souvent riches en péripéties : fraudes, pressions, violences etc. Quelle fut la responsabilité des administrations locales, la complicité de la Chambre des députés et de l'exécutif métropolitain ? Enfin, le regard des populations locales sur ces représentations et ces élections est important, ainsi que le rôle des élites locales. Trente-cinq historiens sont rassemblés pour cette première grande synthèse. L. Jalabert, B. Joly et J. Weber enseignent l'histoire moderne et contemporaine à l'université de Nantes.


  • 6 juin 1936.
    léon blum présente son gouvernement à la chambre des députés. du haut de la tribune, xavier vallat, l'un des chefs de l'opposition, interpelle le nouveau président du conseil : " pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. " le propos suscite un tumulte incroyable sur tous les bancs. la gauche proteste tandis que la droite soutient bruyamment l'orateur. l'incident est abondamment commenté dans les milieux politiques et la presse du lendemain.
    comme il s'en vante clans son discours, le député a osé " dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas " il est insupportable qu'un " juif " et un " socialiste " dirige le pays. les jours qui suivent, vallat reçoit près de 250 courriers de félicitations, précieusement conservés dans ses archives personnelles. ces réactions saisies sur le vif offrent un témoignage unique et inédit sur l'antisémitisme français des années 1930.
    tous les griefs et les fantasmes antijuifs " populaires " sont ici reproduits et analysés pour la première fois. l'événement marque durablement les esprits. a partir de 1936, xavier vallat fait désormais figure de " héros " pour les antisémites du pays.

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