• L'intitulé de cet ouvrage s'inspire du projet de linéalogie de l'anthropologue britannique Tim Ingold. Dans Une brève histoire des lignes (2011), Ingold se propose en effet d'explorer l'espace commun entre plusieurs activités théoriques et pratiques apparemment très éloignées ("marcher, tisser, observer, chanter, raconter une histoire, dessiner et écrire"), en posant les fondements d'une "anthropologie comparée de la ligne" .
    Comme Ingold, nous choisissons donc de nous situer dans l'espace de l'in-between, afin d'essayer de tisser les fils qui se nouent entre l'écrit et l'espace, les textes et l'architecture : "L'étymologie de texte c'est "tissu" et la ligne c'est un fil de lin. Mais les textes sont des tissus inachevés : aux lignes (les fils de trame) manque l'attache des fils verticaux (les fils de chaîne) dans le tissu achevé"

  • "Il y a un devenir-philosophe qui n'a rien à voir avec l'histoire de la philosophie, et qui passe plutôt par ceux que l'histoire de la philosophie n'arrive pas à classer" (Gilles Deleuze, Dialogues).
    Deleuze a choisi de s'occuper de ces penseurs inclassables, qui ont toujours échappé à l'histoire de la philosophie comme agent de pouvoir : Hume, Nietzsche, Bergson, Spinoza et, plus tard, Leibniz.
    Ces philosophes atypiques semblent ne pas avoir de rapports les uns avec les autres, et pourtant ils forment une constellation ou un archipel et tracent ensemble les orientations et les directions d'un devenir-minoritaire qui traverse les grands courants de l'histoire de la philosophie.
    Avec les éléments puisés dans leurs oeuvres respectives (l'empirisme, l'éternel retour, le virtuel, les multiplicités, l'expression, le pli) Deleuze constitue un collage, un portrait sans ressemblance, un récit sans début ni fin qui n'est pas un roman de formation, mais un roman policier ou de science-fiction à travers lequel l'historien-détective s'efforce de suivre les devenirs de la pensée, plutôt que de justifier ou célébrer son image institutionnelle.
    Le hasard fécond de la rencontre remplace ainsi la prétendue nécessité de l'histoire et les philosophes étudiés deviennent des interlocuteurs dans l'invention et l'expérimentation de nouvelles possibilités d'une théorie désormais inséparable de la pratique.

  • Ces projets témoignent de la vitalité d'un mouvement qui a fait ses preuves dans le monde virtuel, au sein de la communauté du Libre, avant d'investir le domaine de la fabrication. Expérimentant de nouvelles façons de concevoir, de coopérer, de fabriquer ainsi que de nouvelles formes de régulation collective, ces expériences posent des questions essentielles pour le devenir de nos sociétés, tout en bousculant quelques-unes de nos catégories de pensée. L'intérêt que les acteurs politiques commencent à leur manifester ouvre des possibilités de financement mais comporte aussi un risque de mise en concurrence et de standardisation. Les deux journées que nous organisons ont pour but de réunir des acteurs de ce mouvement et des chercheurs qui s'y intéressent, afin de réfléchir ensemble aux différents enjeux propres au développement effervescent de ces ateliers ouverts, en suivant quatre angles d'interrogation.

  • La philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari est une philosophie du mouvement, en mouvement. De leurs livres émergent de nouveaux territoires, des paysages désertiques ou lunaires, peuplés d'animaux étranges. On assiste ainsi à la naissance d'une géophilosophie, d'une pensée qui met en scène des territoires, des populations, des animaux (philosophie, géographie, éthologie, nomadologie) et qui opère par déterritorialisations et par rencontres.

  • Ce recueil de textes de philosophes, sociologues, architectes, géographes, paysagistes et illustrés de reproductions d'artistes contemporain pose la question de l'urbain aujourd'hui. Il aborde les alternatives politiques pour que le citoyen puisse reconquérir un territoire de liberté dans des villes souvent saturées :
    - le jardin comme réintroduction d'une écologie plus raisonné ou comme espace de réunification sociale, - les espaces intersticiels laissés par les programmes de construction réinvestis par les artistes ou le citoyen, - les grafs et tags comme acte de résistance, - la dérive urbaine, - les inventions et expérimentations architecturales comme réagencement.
    Cet ouvrage aux idées foisonnantes donne des clés pour comprendre nos villes aujourd'hui et les prospectives de celles de demain.

  • Georg Simmel observait que la ville est un lieu de croisements, de combats et de conflits, à partir desquels l´habitant affirme sa différence. Cet ouvrage va explorer l´importance de son oeuvre en croisant différentes disciplines (philosophie, sociologie, anthropologie, théorie de l´architecture). Une lecture singulière de l´espace urbain, axée autour de concepts-clés : modernité, espace, grande ville, sociabilité urbaine. Il s´agit d´interroger la question du paysage, celle de la culture urbaine, de l´organisation spatiale, ou encore les questions de la frontière, de la limite, de l´argent, des réseaux, jusqu´à la problématique très actuelle de la place de « l´étranger dans la ville ».

  • Il y a, à n'en pas douter, un moment 1968, dans la pensée philosophique. La rencontre des deux auteurs en 1969, juste après les évènements de Mai 68, a été à l'origine d'une longue et féconde collaboration. L'apport de Guattari à l'oeuvre commune a été trop souvent sous-estimé. Cet ouvrage pose les jalons biographiques et théoriques pour la nécessaire réévaluation du rôle de Guattari.

  • Nous vivons dans un monde toujours plus saturé. Saturé de signes, de normes, d'objets et de sollicitations qui tous contribuent à nos aliénations quotidiennes. Afin de retrouver les voies d'une émancipation, ce manifeste défend l'idée que la réponse à cette saturation réside dans la capacité à retrouver la maitrise politique de nos rythmes, qu'ils soient individuels ou collectifs. Les auteurs explorent dans ces pages la part fondamentalement spatiale et territoriale du temps et les dynamiques temporelles des formes spatiales afin de formuler les grandes lignes d'une rythmologie. Ils invitent à ne pas simplement opposer le plein au vide, le ralentissement à l'accélération ou encore le surmenage à l'ennui mais à penser ensemble ce qui nous permet de souffler et ce qui nous fait désirer. En retrouvant son sens premier de « façon de fluer », le concept de rythme permet de proposer une conception dynamique des sociétés, de mêler la mesure et l'expérience, d'ajouter aux régularités les mouvements spontanés, les aléas, la désorganisation et le désordre. De façon plus pratique, il permet d'analyser et de gérer des questions aussi diverses que la congestion du trafic, l'épuisement personnel ou l'accueil des foules. La politique des rythmes constitue au final un appel à une approche chorégraphique de l'émancipation, soucieuse d'accueillir les différentes manières de vivre tout en composant un monde en commun.

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