Payot

  • Ne dites pas : "J'ai douze godemichés dans mon tiroir ". Dites : "Je ne m'ennuie jamais toute seule"...
    Près de trois cents maximes et "conseils" parodiant, sur un mode sexuel, les manuels de savoir-vivre en vogue au tournant du XXe siècle pour tenter de nous persuader - en nous faisant rire - que les jeunes filles de l'époque étaient moins délurées qu'on le croit et plutôt disposées à approuver cette pensée : "Une seule chose est précieuse : savoir tirer de l'instant qui passe toutes les joies qu'il peut donner, et ne quitter son lit que le moins possible".

  • "Avis à la lectrice : ce petit livre n'est pas un roman. Je n'ai rien changé, ni le portrait de la mère et des trois jeunes filles, ni leurs âges, ni les circonstances ".
    Un jeune homme, une prostituée et ses trois coquines de filles. De leurs fougueux désirs, naît ce chef-d'oeuvre érotique qui rivalise avec Sade. On pourra le lire, au choix, comme une description très personnelle des relations que l'auteur entretint avec les soeurs Heredia et leur mère, une parodie drôlatique des Dialogues des courtisanes de Lucien, ou une exploration débridée de la sexualité infantile dans la foulée des Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud, avec une prédilection pour la masturbation, la sodomie et le saphisme.
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  • « Dans une société où les maris sont la nuit si occupés par le vin et les danseuses, les femmes devaient fatalement se rapprocher et trouver entre elles la consolation de leur solitude. De là vint qu´elles s´attendrirent à ces amours délicates, auxquelles l´antiquité donnait déjà leur nom, et qui entretiennent, quoi qu´en pensent les hommes, plus de passion vraie que de vicieuse recherche.

    Alors Sapphô était encore belle. Bilitis l´a connue, et nous parle d´elle sous le nom de Psappha qu´elle portait à Lesbos. Sans doute ce fut cette femme admirable qui apprit à la petite Pamphylienne l´art de chanter en phrases rythmées, et de conserver à la postérité le souvenir des êtres chers. [...] elle nous a laissé en une trentaine d´élégies l´histoire de son amitié avec une jeune fille de son âge qui se nommait Mnasidika, et qui vécut avec elle. Déjà nous connaissons le nom de cette jeune fille par un vers de Sappô où sa beauté est exaltée : mais ce nom même était douteux, et Bergk était près de penser qu´elle s´appelait simplement Mnaïs. Les chansons qu´on lira plus loin prouvent que cette hypothèse doit être abandonnée.[...] Le jour où elle cessa d´être aimée, elle cessa d´écrire, dit-elle. Pourtant il est difficile d´admettre que les chansons de Pamphylie aient été écrites à l´époque où elles furent vécues. Comment une petite bergère de montagne eût-elle appris à scander ses vers selon les rythmes difficiles de la tradition éolienne ? On trouvera plus vraisemblable que, devenue vieille, Bilitis se plut à chanter pour elle-même les souvenirs de sa lointaine enfance... » Pierre Louÿs.

    Constantine, août 1894.

    Bilitis est également le titre du premier film de David Hamilton

  • Aphrodite de Pierre Louÿs Préface de Natacha Chetcuti Éditions Payot « Vous n´avez pas lu Aphrodite ! Alors qu´est-ce que vous faites entre les repas ? » François Coppée Démétrios est sculpteur, séducteur, blasé. Chrysis est courtisane, séductrice, en chasse. Elle aime qu´un homme la suive « comme un chien »... Le sculpteur devient le jouet de la courtisane. Pour elle, il vole, tue, parjure. Mais toujours Chrysis se refuse à lui. Une nuit, Démétrios rêve qu´il possède cette femme. Dès lors, il tient sa vengeance, le destin de Chrysis est scellé... Publié en 1896, ce roman de Pierre Louÿs (1870-1925) connut aussitôt un énorme succès grâce à un article enthousiaste de l´académicien François Coppée qui sut y voir l´oeuvre d´un très grand écrivain.

  • La Femme et le Pantin de Pierre Louÿs Préface de Manuel Carcassonne Éditions Payot « Je ne peux vivre où tu n´es pas. Reviens. C´est moi, maintenant, qui t´en supplie. » Entre la jeune Concha et Mateo, l´amour est une passion qui fait mal. Il la désire éperdument, elle se dérobe et l´humilie, jusqu´au jour où Mateo, n´y tenant plus, renverse avec violence la situation. Publié en 1898, La Femme et le Pantin est le chef-d´oeuvre de Pierre Louÿs (1870-1925). Étincelant roman de la servitude amoureuse, plusieurs fois adapté à l´écran - notamment par Buñuel dans Cet obscur objet du désir -, il installe l´auteur d´Aphrodite comme l´un des plus grands prosateurs du début du XXe siècle.

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