Complexe
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Par-delà le mur ; la culture de guerre froide soviétique entre deux détentes
Andreï Kozovoï
- Complexe
- 28 Octobre 2009
- 9782804801731
La Guerre froide a été un conflit majeur du xxe siècle, mais qui demeure encore mal connu dès lors que l'on s'éloigne des grands tournants de l'histoire diplomatique et pies crises Est-Ouest qui ont fait les gros titres de l'actualité.
Ce livre neuf et original étudie l'impact de cette confrontation sur une Superpuissance souvent délaissée par les'historiens, l'URSS, et s'interroge sur la façon dont la Guerre froide a marqué l'imaginaire de millions de Soviétiques. Ce conflit a ainsi donné lieu à une culture bien particulière, avec ses rêves et ses cauchemars, ses héros et ses anti-modèles, ses livres et ses films, ses pratiques et ses discours.
Andreï Kozovoï revient sur une période méconnue, mais à ffiaints égards-cruciale, les années 1975-1985, l'avant-Gorbatchev. Exploitant de nombreuses archives inédites ainsi qu'un corpus de films oubliés, l'auteur décrit la culture de Guerre froide soviétique comme un ensemble de présences des États-Unis, l'" ennemi numéro un " pour les maîtres du Kremlin. Des présences non seulement dans la propagande officielle, mais aussi, plus globalement, au sein d'un vaste panorama de discours, de textes et d'images.
Parti à la recherche de la genèse de ces présences, de leur diffusion et de leur réception, l'auteur pose la question de la représentation de l'Autre comme moteur de l'histoire. Il s'interroge aussi sur le poids des représentations dans la Russie d'aujourd'hui.
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1979-1989 ; l'URSS en Afghanistan ; de l'invasion au retrait
Jacques Lévesque
- Complexe
- La Memoire Du Siecle
- 15 Janvier 1999
- 9782870273579
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Allemagne, automne, 1918.
La guerre est perdue. l'empereur est en fuite. en quelques jours, tout le pays se couvre de conseils d'ouvriers et de soldats. la hiérarchie militaire, qui exerçait sa dictature depuis quatre ans, est paralysée. la révolution annoncée depuis des décennies par la social-démocratie est enfin là. ses militants sont portés à la tête des conseils. ses dirigeants sont au pouvoir. quelques mois plus tard, il n'en reste rien.
Une parenthèse, donc, un épisode sans conséquence ? non : car c'est dans ce bref moment historique, aujourd'hui à peu près oublié, que s'est nouée la tragédie allemande des décennies suivantes. sebastian haffner, " l'homme qui explique l'allemagne aux allemands ", fait ici le récit méthodique, passionnant et parfois passionné d'un événement que tous les courants politiques, chacun pour son propre compte, ont par la suite occulté ou déguisé.
Loin des idées reçues sur l'allemagne - et sur la révolution ! -, ce livre n'est pas dans l'air du temps. il a mieux à faire.
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La République laïque turque ; trois quarts de siècle après sa fondation par Atatürk
Robert Anciaux
- Complexe
- Interventions
- 16 Avril 2003
- 9782870279694
Que reste-t-il aujourd'hui de l'oeuvre de Mustafa Kemal Atatürk trois quarts de siècle après la fondation de la République laïque turque ? En raison de sa position géostratégique, la Turquie ne peut laisser l'Union européenne indifférente.
La stabilité de son ancrage à l'Europe apparaît ainsi comme une donnée fondamentale de sa sécurité à long terme. Pourtant, certaines orientations récentes de la vie politique turque peuvent faire douter nombre d'observateurs de la vocation européenne proclamée par Atatürk. À l'aube du XXIe siècle, le kémalisme continue-t-il à marquer de son empreinte l'évolution de la République turque ? La laïcité, pilier essentiel de la construction politique de la Turquie moderne, est-elle sérieusement menacée par la progression de l'islam politique ? La demande pressante d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne peut-elle être considérée comme le couronnement de la politique d'européanisation initiée par Atatürk ? Voici un état, des lieux du système d'éducation, de l'orientation laïque de l'État turc et de la politique extérieure - particulièrement celle européenne - définie par les gouvernements successifs.
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Le thème de ce livre peut sembler paradoxal.
En effet, en cette fatidique année révolutionnaire antistalinienne pour la hongrie et la pologne, aucun événement palpable ne vient troubler la quiétude apparente de voisins immédiats - tchèques et slovaques - qui avaient pourtant connu la démocratie avant la seconde guerre mondiale.
Mais c'est justement l'anatomie de cette " absence " qui retient ici l'attention. l'auteur replace d'abord la tchécoslovaquie dans le contexte de la déstalinisation de 1956.
Elle présente ensuite les années 1950 dans l'historiographie et analyse les interprétations de 1956 en provenance des historiens occidentaux et tchèques. enfin, elle invoque le passé traumatique du pays (accords de munich, protectorat allemand, expulsion des allemands des sudètes après la guerre), l'influence des communistes sur la scène intellectuelle tchèque à partir de 1945, l'état des relations avec le voisin soviétique et le niveau de soutien dont a bénéficié le parti communiste au sein de la population comme facteurs expliquant l' " absence " de 1956.
L'ouverture partielle des archives a permis de constater l'existence de décalages très importants entre les interprétations historiographiques de ces événements et certains aspects de la réalité mesurables par des documents officiels - nombre de personnes emprisonnées, politique d'information des membres du comité central, etc. - et ainsi de déconstruire un certain nombre de mythes présents dans l'histoire nationale tchèque.
En replaçant l'histoire du communisme de ce pays dans un contexte à la fois plus lointain (dans le temps) et plus large (dans l'espace), muriel blaive montre que le parti communiste disposait de solides racines dans la société et que, à la différence de ses homologues polonais et hongrois, il ne s'opposait au nationalisme tchèque sur presque aucun plan. l'originalité du communisme tchèque - et la clef de son succès - se définit ainsi par sa compatibilité unique avec le nationalisme.
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FBI.
Trois lettres qui sonnent fort et qui symbolisent les valeurs policières universelles de Fidélité, Bravoure et Intégrité. Les films d'action et les séries télévisées nous montrent souvent des agents fédéraux combattre avec courage et conviction le mal qui gangrène la société moderne. Mais ces trois lettres sont également omniprésentes dans les rubriques de la presse écrite et parlée. Il n'est pas un crime.
Un délit du catalogue des infractions pénales sur le territoire national américain qui échappe à la compétence juridictionnelle du FBI : Watergate. destruction du Vol 800 de la TWA, bombe à Oklahoma City. secte de Waco, ou encore cybercriminalité, terrorisme. drogue. trafics en tous genres. contre-espionnage. personnes disparues, meurtres en série... Mais quelle est-elle, cette agence fédérale américaine ? Qui sont ces policiers dont la célébrité a franchi les frontières des Etats-Unis ? Leur recrutement et leur formation à l'Académie de Quantico en font-ils des policiers aguerris pour lutter contre les maux de notre temps.
Ou des agents " formatés " pour accomplir des missions particulières ordonnées par l'administration centrale ? Sont-ils tout cela à la fois ? Comment le Federal Bureau of Investigation a-t-il évolué depuis sa création en 1908. et comment a-t-il pris une telle ampleur qu'on le compare sans hésiter à un véritable empire policier ? Quelle est cette organisation qui quelquefois défie même le pouvoir politique pour lequel elle agit ? Vers quel futur s'achemine-t-elle dans une société au devenir si incertain ? Présenté sous forme d'une évolution historique émaillée de faits et d'anecdotes dépeignant l'ambiance de la police fédérale américaine.
Cet ouvrage étudie la façon dont un modeste service fédéral est devenu une machine policière gigantesque et complexe, qui étend son autorité sur la société civile et politique. aux Etats-Unis comme à l'étranger. Cet ouvrage est une analyse sans concession des faits qui ont ponctué la constitution et la croissance de la célèbre agence. On y rencontrera les histoires extraordinaires de ces hommes de l'ombre sur la piste des fameux gangs des années vingt ou des cagoules blanches du KKK.
On y verra aussi ces agents spéciaux, aux ordres de l'administration et d'un chef tyrannique. pourchasser l'antiaméricanisme. la contestation sociale ou les réfractaires à l'uniforme. Enfin. on pénétrera dans les voies de la science. de la réflexion humaine et de l'intelligence artificielle. afin d'y découvrir les instruments modernes que se donne le Bureau pour lutter contre la criminalité.
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La ruée vers l'Amérique ; le miracle et les fièvres
Jacques Heers
- Complexe
- 15 Janvier 1999
- 9782870274378
Fièvre de l'or, images de richesses fabuleuses, de fortunes vite cueillies, espoir d'une autre vie, parfois d'une nouvelle identité, démon de la découverte.
Les explorations du xvie siècle se nourrissent de rêves et de légendes.
Jacques heers retrace ici la période de la première " colonisation " ibérique de l'amérique, le temps des pionniers. il évoque les rescale, les armada, ces pillages qui ramènent à bord des butins rapidement négociables, des esclaves, de l'or, des perles ; les commerces aléatoires avec des peuples inconnus qui ne figurent même pas dans " le livre des merveilles ", les trocs mirifiques qui prospèrent ; la création de villes nouvelles nées de la quête effrénée des trésors.
Ces cités dont certaines, décimées par les fièvres, deviendront villes-fantômes.
Près d'un demi-siècle de rêves, d'aventure, de violence et de renoncements. une période particulièrement révélatrice où tout se met en place, souvent dans le désordre : administration, relations, structures sociales et. nouvelles mentalités.
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Les américains et la guerre du Vietnam ; questions au XXe siècle
Jacques Portes
- Complexe
- 15 Janvier 1999
- 9782870274712
La guerre du Vietnam a profondément marqué les Américains ; en 1991, celle du Golfe a été menée avec la volonté de se distinguer de la première, en 1992, l'élection présidentielle a fait revenir à la surface le mouvement anti-guerre comme les réflexes militaires de dénonciation de celui-ci.
Ainsi depuis une vingtaine d'années, les références à cette expérience traumatique sont fréquemment sous-jacentes, à travers les films produits en grand nombre sur le sujet, comme dans la fréquentation impressionnante du monument aux morts du Vietnam au coeur de Washington. Le présent ouvrage rend compréhensible ces réactions, dont la durée et la permanence reflètent un profond malaise. Il le fait en rappelant les origines d'une guerre engagée dans le secret, qui finit par envoyer deux millions et demi de jeunes Américains au Vietnam.
Il le fait en montrant, au-delà des opérations militaires, combien la société américaine s'est divisée au sujet de ce conflit lointain. Il le fait en expliquant que sans avoir perdu militairement la guerre, les Etats-Unis ne pouvaient la gagner. Ces contradictions constituent le syndrome vietnamien, ressurgissant à propos d'une émission de télévision ou d'une campagne électorale. L'élection à la présidence d'un ancien opposant à la guerre, Bill Clinton, suffira-t-elle à faire du Vietnam une sereine question d'histoire ? Répondre à une telle question a été le but de ce livre.
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L'idée d'Europe au XXe siècle
Elisabeth Du réau
- Complexe
- Questions Au Xxeme Siecle
- 15 Janvier 1999
- 9782870276075
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Les palestiniens : un siecle d'histoire, le drame inacheve
Nadine Picaudou
- Complexe
- 15 Septembre 1997
- 9782870276464
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Pour Claude Lévi-Strauss, le mythe est un modèle qui permet de résoudre des contradictions créées par une société au cours de son évolution.
Les mythes fondateurs sont ceux qui construisent, au-delà de ces antinomies, l'identité nationale. Ils font partie de l'histoire, imaginaire ou réelle, de tous les Etats modernes : leurs martyrs, comme Jeanne d'Arc pour les Français, leurs héros, comme Pilsudski pour les Polonais, leurs lieux, comme Kosovo pour les Serbes, leurs événements, comme la bataille de Stalingrad pour les Soviétiques, constituent une mythologie dans laquelle la nation se reconnaît.
Comment les interprète-t-on ? Et à quel moment éprouve-t-on le besoin de les ressusciter ? L'histoire de la Pologne, qui ne manque ni de tragédies, ni de contradictions, donne naissance à des symboles qui se transforment en " mythologie nationale " dans la mesure où ils se situent hors du réel ou donnent au réel une dimension imaginaire. Cependant, l'interprétation du rôle attribué aux dynasties royales, l'évocation de la nostalgie du paradis perdu que fut la Lituanie et le questionnement sur l'antisémitisme, le catholicisme et le judaïsme montrent que les mythes peuvent constituer aussi un poids difficile à assumer ou un traumatisme collectif.
Les mythes polonais, tels qu'ils sont analysés dans ce volume, permettent de comprendre comment se construit l'image d'une nation et, surtout, comment elle se perçoit elle-même. Jan Rubès
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En dépit de ses incertitudes, un processus de règlement politique est engagé depuis 1993 entre Israéliens et Palestiniens.
Si ce rapprochement ne constitue certes pas une garantie absolue de paix, il n'en marque pas moins un tournant radical qui invite aux bilans. Des premières inquiétudes des notables et des paysans arabes face à l'installation des immigrants juifs au cours des dernières décennies du XIXe siècle, jusqu'à la difficile naissance d'une autonomie palestinienne dans les enclaves territoriales de Cisjordanie et de Gaza, voici l'histoire du drame inachevé de la Palestine.
Un siècle d'histoire au cours duquel s'affirme une conscience nationale à travers les aléas d'un mouvement né dans la Palestine du mandat britannique, sous la direction des notables traditionnels de la communauté, avant de renaître de l'exode de 1948 autour d'une nouvelle génération de nationalistes issus de la diaspora. L'auteur analyse sans complaisance l'histoire de ce mouvement construit dans un face à face singulier avec le sionisme.
Si elle montre que le nationalisme palestinien s'insère dans le courant plus vaste de l'arabisme, au risque de cautionner les manipulations arabes de la cause de la Palestine, elle rappelle que les faiblesses politiques de ce mouvement ne sauraient faire oublier son apport historique majeur : l'affirmation d'une nation à la quête d'un État.
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C'est un siècle de vie égyptienne tourmenté et riche en événements qu'évoque la présente livraison d'Egypte/Monde arabe.
Entre 1901 et 2000, l'Egypte a connu le sultanat, la monarchie, la révolution et le présidentialisme autoritaire ; des combats pour la liberté et pour la religion, d'autres - moins nombreux mais tout aussi acharnés - pour la laïcité et le libéralisme. Ce siècle fut aussi fait de guerres : la guerre perdue de 1948, pour la Palestine, la défaite de 1967 contre Israël et, enfin, la victoire de 1973. A plusieurs reprises, les Egyptiens espérèrent maîtriser leur économie et réformer leur société ; à plusieurs reprises, ils tentèrent d'établir des régimes politiques stables, passant de la monarchie constitutionnelle au socialisme autoritaire puis à l'autoritarisme libéral ; à plusieurs reprises, la religion s'empara de la vie publique mais sans jamais parvenir à la brider.
L'Egypte du siècle maintenant passé est traversée de courants d'idées, de débats et de vastes espérances. Elle a ses figures et ses hommes : le Journaliste, le Musicien, l'Officier libre, le Frère musulman, l'Intellectuel, Zaghloul, Farouk, Nasser, Sadate et bien d'autres. Certes, il est impossible de peindre, en quelque trois cents pages, le tableau foisonnant d'un siècle. Aussi, comme le jeu de l'oie de Golo qui figure en couverture, ce numéro est-il fait de vignettes juxtaposées dont le déroulement devrait parvenir, sinon à restituer le XXe siècle égyptien, du moins à donner une idée de son extraordinaire richesse.
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Si l'aspiration à l'unité européenne est ancienne, elle ne devient une idée-force qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sous la pression d'urgentes nécessités liées au déclin du vieux continent et à l'émergence de la guerre froide.
Ce n'est donc qu'après 1945 que s'amorce la construction de l'Europe dont ce livre retrace les différentes étapes. En les situant dans un contexte international plus large, cette étude analyse les conditions de la naissance et du développement des principales organisations européennes. Si les premières créations, OECE, Conseil de l'Europe, CECA, UEO, ont chacune une vocation particulière et des institutions spécifiques, la Communauté économique s'impose très vite comme la structure la mieux appropriée pour réaliser l'intégration européenne.
Son évolution connaît les aléas d'un processus qui se veut démocratique mais semble, parfois, trop fédéraliste ou trop technocratique pour séduire l'ensemble des Européens. Après la fin du communisme en Europe, la perspective de l'élargissement à l'ensemble du continent incite à approfondir l'intégration. Le traité de Maastricht englobe la Communauté dans l'Union européenne aux ambitions plus vastes, en attendant l'adoption d'une Constitution qui doit permettre à l'Europe de fonctionner mieux et d'affirmer son identité sur la scène internationale.