Judaïsme

  • Proust du côté juif

    Antoine Compagnon

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    « Il n'y a plus personne, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu'il n'avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents. » Tout le monde cite cette phrase de Proust, comme si elle donnait le fin mot de son rapport au judaïsme. Mais personne ne sait d'où elle vient. Madame Proust, née Jeanne Weil, ne s'était pas convertie : « Si je suis catholique comme mon père et mon frère, par contre, ma mère est juive », rappelait Proust à Robert de Montesquiou durant l'affaire Dreyfus.
    Certains voient dans cet aveu de la distance, voire de la honte de soi comme Juif, de même qu'ils soupçonnent d'antisémitisme les descriptions de Swann, Bloch ou Rachel dans la Recherche. Or il parut d'abord en anglais dans un hebdomadaire sioniste, The Jewish Chronicle, dans un hommage d'André Spire après la mort de Proust.
    D'où une enquête de deux côtés.
    D'une part dans la communauté juive. Comment Proust fut-il lu durant les années 1920 et 1930, dans la presse consistoriale, qui n'avait que faire de son roman, et par les jeunes sionistes, qui firent de lui un héros de la « Renaissance juive » ?
    D'autre part au Père-Lachaise, dans le caveau de Baruch Weil, l'arrière-grand-père de Proust, et auprès de sa descendance, dont Nathé Weil, le grand-père de Proust, et de nombreux oncles et tantes, cousins et cousines inconnus, huissier franc-maçon, colons en Algérie, ingénieur bibliophile, compositeur fou...
    Les deux fils se nouent et les côtés se rencontrent. Le destinataire de la fameuse phrase était Daniel Halévy, camarade du lycée Condorcet, et le manuscrit de la nécrologie d'André Spire est retrouvé. Le côté juif de Proust n'aurait-il plus de secret ?
    A. C.

  • Le droit à la difference : l'universalisme français et les juifs

    Maurice Samuels

    • La decouverte
    • 17 Mars 2022

    Le débat public français charrie une singulière conception de l'universalisme, généralement perçu comme incompatible avec les particularismes : les communautés religieuses ou ethniques, dit-on, doivent renoncer à leurs différences pour entrer dans la communauté nationale. Ce livre important montre que cette conception étroite et rigide est bien plus récente qu'on ne le croit.
    Grâce à une lecture attentive de la manière dont les responsables politiques, les romanciers, les philosophes ou les cinéastes français ont abordé la question de l'intégration des juifs entre le XVIIIe et le XXe siècle, Maurice Samuels explique que différentes conceptions de l'universalisme n'ont cessé de s'affronter. Et que certaines d'entre elles, parfaitement républicaines, ne cherchaient aucunement à éradiquer les particularités prêtées aux minorités juives.
    Au contraire, c'est dans l'interaction avec ce particularisme, réel ou imaginaire, que s'est construit l'idéal universaliste français. D'où la tentation, dans certains cas, d'accentuer cette prétendue différence pour montrer la force de l'universalisme français : si la France est capable de faire des juifs des citoyens, n'est-ce pas la preuve de son exceptionnel pouvoir inclusif ?
    Analysant avec une grande finesse le rapport ambigu que les élites intellectuelles et culturelles françaises ont longtemps entretenu avec les minorités juives, depuis l'abbé Grégoire jusqu'à Jean-Paul Sartre, en passant par Émile Zola ou Jean Renoir, ce livre ouvre des perspectives essentielles, qui éclairent de façon inédite les débats actuels sur le « communautarisme » et le « séparatisme ».

  • De la haine du juif : essai historique

    Pascal Ory

    • Bouquins
    • 21 Octobre 2021

    Pascal Ory s'interroge en historien sur les origines et la persistance de l'antisémitisme, dans un essai utile et percutant appelé à faire débat face à la montée de l'islamo-gauchisme.
    C'est une tragédie en trois actes, avec un prologue.
    Le prologue se situe en des temps très lointains, avant l'ère chrétienne. Le peuple juif, contrairement à une version très répandue (on appelle ça la Bible), n'y fait pas l'objet d'une attention particulière.
    Acte 1 : Si le monothéisme juif n'était pas un problème pour les polythéistes, le judaïsme, lui, est un problème pour les chrétiens - donc, dans la foulée, pour les musulmans - : le peuple élu refuse obstinément de reconnaître ici son sauveur, là son prophète. Mauvais exemple.
    Acte 2 : Lorsque l'Occident va commencer à s'éloigner de l'hégémonie chrétienne, cela fait déjà mille cinq cents ans qu'il y a une supposée « question juive ». Ça laisse des traces, que le monde moderne ne pourra jamais effacer, surtout quand une certaine science invente la « race », quand un certain athéisme invente l'« antisémitisme ».
    Acte 3 : À peine, avec la défaite d'Hitler, cette haine-là a-t-elle été anéantie que la naissance de l'État d'Israël en allume une troisième, « antisioniste », géopolitique, qu'on peut instrumentaliser à loisir, et qui n'a aucune (dé)raison de s'éteindre.
    Et voilà pourquoi la judéophobie ne remonte pas à la nuit des temps, mais prend date pour être éternelle.

  • Il était une fois le judaïsme

    Armand Abécassis

    • Plon
    • 25 Novembre 2021

    « La civilisation dans laquelle nous vivons aujourd'hui plonge une part essentielle de ses racines dans le judaïsme : que l'on professe l'athéisme le plus radical ou que l'on adhère à l'une ou l'autre des grandes religions monothéistes, il irrigue, souvent à notre insu, nos conceptions et nos représentations. Apprendre à le connaître, c'est nous donner les moyens de nous mieux comprendre et, en ce sens, d'être plus clairvoyants et libres dans nos choix. L'ignorer serait nous méconnaître, avec tous les errements que cela peut entraîner. » Armand Abécassis Philosophe et exégète renommé du judaïsme, l'auteur retrace dans un récit d'une grande limpidité, avec le souci de s'adresser à tous de manière objective, l'histoire foisonnante et multimillénaire du peuple juif. Une aventure unique dans l'histoire de l'humanité, qui a façonné une grande partie de notre monde actuel, et dont l'influence philosophique, historique, culturelle, artistique et spirituelle est immense. Armand Abécassis en explique les coutumes, les différents courants, l'évolution de la pensée, les fêtes et les pratiques, sans éluder les grandes questions contemporaines.

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  • Comment les rabbins font les enfants ; sexe, transmission, identité dans le judaïsme

    Delphine Horvilleur

    • Librairie generale francaise
    • 19 Avril 2017

    Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier.
    Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres. Delphine Horvilleur illustre brillamment cette vision ouverte de la religion et revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique.
    Procédant avec clarté et humour, elle aborde successivement trois thèmes : comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.
      Pétillant d'intelligence. Jean-François Birker, La Croix.

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  • Au sein de l'oeuvre prolifique du penseur juif viennois Martin Buber (1878-1965), la spiritualité hassidique constitue une sorte de fil rouge, depuis les Contes de Rabbi Nahman (1906) jusqu'à ce Message hassidique paru en 1952 et totalement inédit en français. Ce dernier constitue avec les célèbres Récits hassidiques une seule oeuvre, comme l'expose Buber lui-même. Écrit au soir de sa vie, il propose une magistrale synthèse où l'on retrouve l'apport des travaux de Gershom Scholem sur la kabbale et le messianisme, sa propre philosophie du dialogue (Je et Tu), ou encore ses recherches sur les religions comparées. Fidèle à son intuition, il montre comment le message hassidique n'est pas à chercher dans les textes, mais dans la vie concrète de la communauté et du maître (tsaddik). Car ce message ne consiste en rien d'autre qu'à accueillir Dieu dans la vie quotidienne et à sanctifier l'intégralité du réel, même dans ses aspects les plus profanes.

    Comme l'écrit Emmanuel Levinas, Buber « fut un grand seigneur du verbe. Avoir su parler en Juif du judaïsme comme il a parlé est, sans conteste, la grande merveille de cette vie et... le miracle de l'histoire intellectuelle juive de ces cent dernières années. »

  • La fabuleuse histoire du juif errant

    Pierre-Henry Salfati

    • Albin michel
    • 3 Novembre 2021

    Selon la légende, le Juif errant était un cordonnier à de Jérusalem qui, voyant Jésus faire une halte devant son échoppe sur le chemin de la Passion, le repoussa sans ménagement. Le Christ l'aurait alors maudit, le condamnant à marcher sans cesse jusqu'à son retour en gloire à la fin des temps. Cette légende, née au Moyen Âge, a connu un succès incroyable dans toute l'Europe. Elle a inspiré quantité d'images et de récits populaires, et fourni également aux écrivains certaines de leurs oeuvres les plus singulières, d'Eugène Sue à Apollinaire en passant par Alexandre Dumas. Étonnamment, si le mythe plonge ses racines dans l'antijudaïsme chrétien et connaît des traitements antisémites, le Juif errant est bien plus souvent une figure positive, voire un héros proche des petites gens, doté du prestige d'avoir parcouru le monde et les siècles.
    Par-delà l'histoire foisonnante de cette légende, Pierre-Henry Salfati nous invite à suivre le Juif errant dans ses pérégrinations inattendues à travers l'histoire des lettres, des arts et des hommes.

  • Judaïsme, islam et modernités

    Yakov Rabkin

    • I litterature
    • 23 Mars 2022

    Ce recueil est un ouvrage inédit de Yakov Rabkin. Certains chapitres reprennent en les adaptant les propos de diverses études et articles qu'il a consacrés au fil des ans au rapport entre le judaïsme et l'islam ainsi qu'à celui du judaïsme et des sciences et de la politique dans le monde contemporain. Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de travail et d'échanges. C'est le premier livre d'une série de deux volumes sur le judaïsme en préparation, le second portera plus particulièrement sur le détournement du judaïsme à des fins politiques et ses conséquences.
    Ce premier volume est articulé en trois parties : une première qui forme une introduction au judaïsme et à ses aspects ; elle synthétise les éléments essentiels du travail de Yakov Rabkin sur la question qu'elle agrémente et complète du récit d'un de ses voyages. Rabkin y souligne les principes qui sous-tendent la religion judaïque et y développe aussi quelques-uns des grands thèmes de celle-ci (la honte, le pardon, etc.).
    La seconde partie porte sur les relations et les liens existant depuis les origines entre le judaïsme et l'islam ; elle rappelle les rapprochements qui ont existé dans le passé et jusqu'au début du siècle dernier entre ces deux cultures et illustre, là encore à travers un récit d'un de ses voyages, comment ils demeurent vivaces, y compris dans un pays réputé antisémite tel que l'Iran. En prenant le contrepied d'une image souvent répandue dans les médias, il développe un discours de paix et de tolérance qui est plus que jamais bienvenu par les temps présents.
    La troisième partie porte sur la relation entre le judaïsme et quelques-unes des facettes de la modernité : sciences et technologies mais aussi politique et montre comment, selon le courant auquel on se référera, on se rapprochera ou s'éloignera de la science. Ou encore comment le religieux a été détourné à des fins politiques par le mouvement sioniste.
    Les études qui composent le présent recueil développent une approche historique qui se garde de la polémique tout en demeurant critique. Son analyse met en relief l'instrumentalisation des drames historiques à des finalités politiques dans le prolongement de son essai précédent, Au nom de la Torah.
    Dans son ensemble, ce recueil constitue une synthèse du travail de Yakov Rabkin sur le judaïsme ; en tant que tel, il constitue un ouvrage de première importance aussi bien en ce qui concerne la spiritualité judaïque que l'histoire de son instrumentalisation.
    Yakov Rabkin nourrit ses études de sa connaissance directe des cultures judaïques et islamiques dans une perspective de rapprochement intellectuel (il a séjourné aussi bien en Israël qu'en Iran après la révolution ou dans le Maghreb). Son analyse fait autorité aussi bien auprès d'intellectuels anglosaxons tels que Noam Chomsky que de penseurs français tels qu'Edgar Morin (pour ne citer qu'eux).
    Son travail se double d'une autre préoccupation, pédagogique, visant à produire un texte qui ne soit pas réservé aux seuls spécialistes mais constitue une base de réflexion permettant au lecteur non spécialiste ou au simple croyant de pouvoir comprendre certaines implications politiques de réalités théologiques et juridiques au coeur du judaïsme dont le lecteur a trop souvent une approche approximative et caricaturale à travers les médias et que ces études permettent de considérer différemment.
    Comme dans tous les ouvrages essentiels, l'ensemble révèle à chaque page de nouveaux prolongements et chaque chapitre est une invitation à approfondir son approche et affiner son regard dans une ouverture intellectuelle enrichissante et stimulante orientée vers une perspective d'échanges, de dialogue et de tolérance avec l'autre, qu'on partage ou non ses idées ou ses croyances. Ce qui n'est pas la moindre des utilités de ce livre.

  • 3 minutes pour comprendre les 50 notions-clés du judaïsme

    Eliette Abécassis

    • Courrier du livre
    • 29 Avril 2021

    Quand et où est né le judaïsme ? Qu'est-ce que le chabbath ? Que signifie la Kabbale ? En quoi consiste la pensée talmudique ? Quels sont les courants du judaïsme ? Quelle différence y a-t-il entre les Ashkénazes et les Sépharades ? Qu'est-ce que l'humour juif ?
    Le judaïsme, la plus ancienne des religions monothéistes, a survécu en perpétuant des rituels et une pensée en constante évolution, grâce aux rabbins qui interprètent et adaptent les fondements bibliques du livre du Talmud.
    Dans cet ouvrage magnifiquement illustré, Éliette Abécassis nous offre une vision intemporelle et actuelle du judaïsme, dans un texte servi par une écriture limpide, alerte et largement argumentée. Elle nous aide à mieux appréhender 50 notions-clés, que ce soit l'histoire du peuple juif, la pensée, les fêtes, la tradition ou encore la transmission.
    Comprendre le judaïsme, c'est renouer avec le passé et éclairer le monde moderne. C'est aussi une manière de combattre tous les préjugés tenaces qui peuvent encore sévir à propos de cette religion, dont le sens du sacré irrigue un présent sans cesse renouvelé.

  • Le judaisme - histoire, fondements et pratiques de la religion juive

    Quentin Ludwig

    • Eyrolles
    • 23 Septembre 2021

    Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes, dans la lignée des fils d'Abraham. De fait, il constitue l'origine de notre culture. Comprendre le judaïsme, c'est donc à la fois renouer avec le passé et éclairer le monde contemporain. En s'appuyant sur des « mots-clés » - bar mitzvah, diaspora, Kabbale, Shoah... -, des mots connus mais des réalités mal comprises, ce livre propose une première approche qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, mais d'aller à l'essentiel pour découvrir la tradition juive et inciter à la lecture des textes fondateurs.

    Notions - Figures - Citations.

  • Les Juifs dans le Coran

    Meir Michael Bar-Asher

    • Albin michel
    • 3 Mars 2021

    Le Coran est-il antisémite ? L'islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l'islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l'emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l'image des « fils d'Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s'attarde également sur l'apport extraordinaire de la tradition juive à l'exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu'on ne saurait la ramener à la caricature qu'en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.
    Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.

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  • Lire la Torah

    Catherine Chalier

    • Points
    • 17 Octobre 2019

    Comment lire la Torah ? Toute lecture fondamentaliste d'un livre saint met en péril la liberté, en le figeant dans une vérité immuable. Toute lecture historique et critique comprend ce livre en fonction de son contexte historique d'écriture, mais en omettant la question du sens de ce livre pour les lecteurs d'aujourd'hui. Le présent ouvrage montre comment une lecture spirituelle selon la tradition juive permet de sortir de cette impasse : la langue des textes étudiés porte des significations à déployer dans le temps, grâce à leurs innombrables lecteurs ; elle ne sépare jamais la quête de la vérité d'un travail exigeant sur soi-même. Dès lors, lire la Torah, c'est aussi voyager dans l'histoire, avec d'autres hommes et femmes. La Torah parle bien de notre présent, et ne donne pas de solutions.

  • Critique biblique et tradition juive

    André Neher

    • Eclat
    • 3 Février 2022

    Sous le titre un peu académique de cet inédit, se cache un questionnement d'un grand intérêt sur le statut du texte biblique. Pour la tradition, la Bible, en tant que révélée, ne peut être sujette à la critique. Elle doit être lue à la lettre, à la différence de la critique biblique qui étudie la formation du texte, ses différentes époques, etc. Ces deux courants opposés ne satisfont entièrement l'homme de foi et d'ouverture qu'était André Neher. La complexité de l'hébreu est au coeur de son raisonnement. Les commentaires bibliques sont à leur manière une 'lecture critique' de la Bible, qui en préservent la dimension révélée. Pour Neher, la révélation s'exprime dans la langue et la langue est le coeur d'une lecture critique, confirmant la dimension toujours dialectique du judaïsme.

  • La pandémie qui nous a frappés de plein fouet a ébranlé l'existence à laquelle nous étions habitués, bousculant bien des évidences et des certitudes. Quel visage aura ce monde qui vient ? Une voix juive, celle du rabbin Michaël Azoulay, s'exprime ici ; elle se propose non pas de donner des réponses - qui s'y risquerait ? - mais d'inviter à reconstruire, à esquisser des chemins de sagesse. À travers une histoire souvent tragique, le peuple juif a développé une forme de résistance et de résilience aux malheurs qu'il souhaite partager avec les peuples du monde. Résolument optimiste, imprégnée d'humour, soucieuse de tenir à distance les moments pénibles de l'existence et de croire en des jours meilleurs, sa tradition plurimillénaire a beaucoup à apporter aux modernes que nous sommes. Ce traité de sagesse en temps de crise se veut empreint de psychologie positive en partant d'un état d'esprit qui anime profondément l'être juif : on sort toujours grandi d'une épreuve lorsque l'on est capable d'en retirer les aspects positifs.

  • Comment j'ai cessé d'être Juif

    Shlomo Sand

    • Flammarion
    • 7 Janvier 2015

    Supportant mal que les lois israéliennes m'imposent l'appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d'apparaître auprès du reste du monde comme membre d'un club d'élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer comme juif.

    Couverture : création Studio Flammarion

  • La Torah expliquée

    Philippe Haddad

    • Eyrolles
    • 18 Mars 2021

    La Torah est le texte fondateur de la religion juive et, d'une certaine ma­nière, de la foi chrétienne. Elle est lue, méditée et commentée depuis plus de 2 000 ans, aussi bien dans les milieux les plus piétistes que dans les universités contemporaines. Elle a inspiré l'art et la littérature mais elle est souvent connue par ouï-dire. Cet ouvrage de référence propose une lecture guidée de la Torah : il présente la genèse, les grands récits et les concepts de ce texte fondateur. Pédagogique et vivant, il repose sur de nombreuses citations, évoquant tant la vie des grandes figures bibliques que la position de la Torah sur les principales questions de société. Une approche nouvelle, qui introduit avec précision à la connaissance et à la compréhension de nos références culturelles communes.

  • Invitation au talmud

    Marc-Alain Ouaknin

    • Flammarion
    • 23 Mai 2018

    Pour le judaïsme, la première question n'est pas «Qui est Dieu?» mais «Comment Dieu se révèle-t-il aux hommes?» Cette interrogation fondamentale, les maîtres y répondent de façon surprenante : Dieu s'est révélé dans un Livre. La tâche primordiale de l'homme est dès lors de lire, d'étudier, de commenter, d'interpréter, de transmettre... Car c'est en interprétant que l'homme peut restituer l'infini du sens et l'Infini de Dieu.
    Les traces de ce dialogue entre les hommes et Dieu sont déposées dans le Talmud, qui se présente comme un commentaire de la Bible, rédigé entre le IIe siècle avant J.-C. et le VIe siècle après J.-C. Une prodigieuse rhapsodie de lectures et d'interprétations, toujours formulée au coeur de discussions entre les maîtres, où s'énonce une éthique de la relation à l'autre homme.
    Depuis quinze siècles, le Talmud est la véritable Bible du peuple juif, passage obligé de toute interprétation des Écritures, à la fois sur le plan du droit (halakha) et de la philosophie (aggada), réflexion décisive pour les règles de vie et référence incontournable pour l'intelligence de la Révélation.

  • « C'est de l'hébreu pour moi ! » Cette expression populaire marque bien le sentiment d'étrangeté que suscite souvent la langue dans laquelle est écrite la Bible. Pourtant, au même titre que le grec et le latin, l'hébreu est à la source notre patrimoine culturel et spirituel. Tel est le paradoxe que relève Julien Darmon, et qui le conduit à déconstruire les préjugés ancestraux pesant sur une langue réputée « difficile », lointaine parce que « sémitique », « langue morte » qui aurait été réveillée uniquement par le sionisme, etc.
    Une fois écartés ces obstacles imaginaires, l'hébreu nous livre son génie propre : celui des 22 lettres de son alphabet qui peuvent se combiner d'une manière quasi infinie, donnant au texte « divin » une extraordinaire polysémie. Tout fait sens dans l'écriture de la Torah, et la tradition juive se caractérise par une incomparable liberté d'interprétation. Les chrétiens eux-mêmes gagneraient à s'initier à la langue dans laquelle priait Jésus, dont les paroles prennent des connotations insoupçonnées à la lumière de leurs résonances sémitiques. Julien Darmon en livre maints exemples et démontre ainsi que, loin de lui être opposé, l'Esprit réside au coeur de la Lettre.

  • Quelle place occupent les grands récits dans la vie des hommes ? Les textes qui fondent nos civilisations sont révélateurs d'une vérité essentielle qui s'inscrit dans une harmonie du monde. Il ne s'agit pas d'un simple idéal à atteindre, mais de l'accès à une sagesse qui vise l'unité.
    L'homme est un être en devenir. Il apprend à se connaître tout au long de son existence. La Kabbale élabore une réflexion sur la vie à travers une approche dynamique des textes autour de combinaisons de lettres hébraïques et de chiffres. Elle propose une analyse des expériences les plus diverses de l'homme, celles de son monde intérieur ou de celui qui l'entoure en établissant une correspondance entre la structure du corps humain et celle de l'univers. La Kabbale entend ainsi guider les hommes vers un bonheur d'être et une inébranlable espérance.
    À partir de sa pratique de médecin et de sa grande connaissance des textes de la tradition juive, Ariel Toledano nous initie à la Kabbale. Son ouvrage se décline en huit chapitres qui sont autant de voies vers l'harmonie : harmonie du corps et de l'esprit, du langage et du temps, de l'homme avec autrui, de l'homme avec le monde...
    Ce livre puissant ouvre un chemin vers une quête de sens.

  • Des empires d'hier à la globalisation d'aujourd'hui, ne sommes-nous pas arrivés au bout d'un processus ? Ne faut-il pas chercher dans les mondes métaphysique et spirituel l'origine commune des dysfonctionnements qui nous assaillent ? Et comment l'intelligence de la civilisation occidentale peut-elle répondre au défi abyssal auquel elle se confronte ?


    Le double savoir de Raphaël Sadin, rabbin reconnu pour l'authenticité de son enseignement talmudique et sa maîtrise des sciences profanes, s'allie ici à la prose éclairée et alerte du journaliste culturel Antoine Mercier pour éclairer ces questions.


    Leur livre, à la fois rigoureusement argumenté et lumineusement écrit, décrypte le chemin de l'humanité à partir de la vision historique et philosophique que la tradition juive a développée au cours des siècles. Il donne à lire, entre autres, une approche inédite de l'antisémitisme à partir de l'exégèse du livre prophétique de Daniel et des commentaires du Maharal de Prague. Il montre, surtout, que si le monde d'aujourd'hui laisse peu de place à l'espérance, il n'est pourtant pas d'espérance en un lieu et un temps exempt de désespoir. Et que là où croît le désespoir germe également l'audace de s'y opposer. N'est-ce pas là, depuis toujours, l'ouverture que seule permet la Bible ?

  • Art et histoire du judaisme ; un abécédaire

    Collectif

    • Flammarion
    • 12 Septembre 2018

    D'Adam à yiddish, en passant par bande dessinée, Dreyfus, exil, femmes, humour, Jérusalem, kabbale, magie ou Torah - cent cinq termes illustrés d'oeuvres et d'objets de la collection du musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris, parmi les plus importantes du monde, constituent autant d'étapes d'un voyage dans le temps et l'espace du judaïsme, ses traditions et ses révolutions, ses rituels familiaux et ses élans collectifs.

    Remarquables et parfois insolites, ces oeuvres et objets témoignent de la présence continue des juifs sur le territoire de la France actuelle depuis l'Antiquité, mais aussi de l'accueil, à partir de la Révolution, de communautés venues de toute l'Europe et du pourtour méditerranéen, qui font du judaïsme français une mosaïque d'une grande richesse culturelle, profondément inscrite dans l'histoire nationale. Ils illustrent également la diversité de la diaspora, de New York à Shanghai.

    Évoquant un trait marquant du judaïsme, chaque entrée de cet abécédaire est une fenêtre ouverte sur un paysage infiniment plus vaste. Certains mots renvoient à des fondamentaux, d'autres à des aspects moins familiers, pour susciter la curiosité du lecteur, qui découvrira la contribution du judaïsme à la culture universelle et sa vitalité dans le monde contemporain.

  • « Salut, je m'appelle Anon, je pense que l'Holocauste n'a jamais eu lieu ». Tels sont les mots qu'a prononcés Stephan Balliet juste avant de commettre l'attentat de Halle contre une synagogue, le 9 oct. 2019. C'était un jour de kippour. Cette « pensée », tout droit issue du négationnisme, terme qui désigne la négation de la réalité du génocide des Juifs durant la Seconde guerre mondiale, octroie ainsi un permis de tuer : les Juifs sont le mal par essence. Affabulateurs, ils n'ont pas été tués en masse par les Nazis et perdent leur statut de victimes. Sous couvert d'une pseudo-démarche rationnelle, les négationnistes prétendent le démontrer et réhabilitent le nazisme en le disculpant de ses crimes. Partant de ce constat, cet ouvrage remonte le cours de l'histoire et observe le négationnisme dans sa dimension internationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours. Exhumant des archives de France, d'Angleterre, d'Allemagne, des États-Unis et du Canada, l'historienne Stéphanie Share a enquêté sur l'émergence d'un mouvement, sa pénétration dans la sphère publique des démocraties occidentales, et analysé les scandales négationnistes qui ont défrayé la chronique de ces différents pays. Ce livre alerte sur l'urgence du combat à mener : les idées fausses ne meurent jamais et peuvent tuer.

  • Tertullien et moi

    Stéphanie Binder

    • Cerf
    • 27 Janvier 2022

    Un homme, une femme. Un chrétien, une juive. Un Africain de langue latine, une Israélienne de langue française. Un représentant des débuts de l'Église cherchant à changer le cours de l'histoire du judaïsme et une chercheuse ayant pour métier d'étudier le judaïsme. Dix-huit siècles entre la mort du premier et la naissance de la seconde. Et quinze années de vie commune.
    De son dialogue incessant avec Tertullien, Stéphanie É. Binder a retiré un grand nombre d'enseignements, à la fois sur elle-même et sur le monde tel qu'il va. De cet échange fécond par-delà les temps et les lieux, elle a tiré un exemple rare et magnifique d'ego-histoire où la divulgation d'un passé méconnu éclaire la mécompréhension cachée du présent.
    La Bible, l'Église, la Synagogue, l'histoire, mais aussi et surtout les sciences humaines, la philologie, l'archéologie du savoir et l'actualité brûlante de ce début de xxie siècle : le rapport entre l'objet et le sujet de l'enquête, inévident au départ, qui se veut neutre ensuite, se fait intime au fil des jours et des pages.
    Cette rencontre improbable nous invite à renouveler notre relation à l'Antiquité et à mobiliser la sagesse des Anciens dans la résolution des problèmes contemporains.
    Brillant et éclairant.

  • Bien que la communauté juive soit de plus en plus attaquée sur le sol français, Yann Boissière veut croire qu'elle a toute sa place dans la vie de la nation et qu'elle a les atouts pour apporter sa contribution à notre vivre-ensemble.
    Passant en revue les grands enjeux qui interrogent les juifs de France - l'antisémitisme, la laïcité, le rapport à Israël, le dialogue interreligieux -, l'auteur montre comment le judaïsme peut aujourd'hui faire oeuvre de paix et de liant au sein du cadre républicain.
    Un essai enthousiaste et roboratif, un cri d'amour pour la France.

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