Fayard

  • Devenir

    Michelle Obama

    • Fayard
    • 13 Novembre 2018

    Michelle Obama s'est imposée, au cours d'un parcours exemplaire, comme l'une des figures les plus remarquables de notre époque. Comme Première dame des États-Unis - et la première Afro-américaine à occuper cette fonction - elle a contribué à ouvrir la Maison-Blanche au plus grand nombre de manière chaleureuse et accueillante, et n'a pas ménagé ses efforts pour défendre les droits des femmes et des filles aux États-Unis comme dans le monde ; elle est parvenue à changer les mentalités pour que les familles puissent mener des vies actives et plus saines, tout en soutenant son mari alors qu'il dirigeait l'Amérique pendant des moments difficiles. Le tout, sans oublier à l'occasion de faire la démonstration de ses talents de danseuse et de chanteuse, ni surtout d'élever deux jeunes filles en les aidant à garder les pieds sur terre sous le regard implacable des médias du monde entier.
    Dans ses mémoires, un récit passionnant et marqué par une puissante introspection, Michelle Obama invite les lecteurs dans son univers, à travers la chronique des expériences qui ont fait d'elle la femme qu'elle est aujourd'hui, depuis son enfance dans le South Side de Chicago en passant par les années où elle a dû concilier sa vie d'avocate et de mère de famille, jusqu'aux deux mandats passés à la Maison-Blanche. Avec la sincérité, l'humour et l'esprit qu'on lui connaît, elle décrit ses victoires comme ses défaites, publiques et privées, et raconte toute son histoire telle qu'elle l'a vécue. Devenir retrace le parcours intime d'une femme de caractère qui a toujours su aller au-delà de ce qu'on attendait d'elle - une histoire qui nous encourage à faire de même.

  • Après l'assassinat de Samuel Paty, le ministre de l'Education nationale a demandé à Robert Badinter d'enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur afin qu'elle soit diffusée à tous les élèves. L'ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République. Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer, qui a demandé à ses élèves de CM1-CM2, dans une école située au nord de Strasbourg, à Schiltigheim, de réfléchir à ces questions. Il en est sorti cet Abécédaire républicain. Avec leurs dessins et leurs mots d'enfants, ces élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs.
    Après l'assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020,le ministre de l'Éducation nationale a demandé à Robert Badinter d'enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur pour qu'elle soit diffusée à tous les élèves. L'ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République.

    Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer. En demandant à ses élèves de CM1-CM2 à Schiltigheim, en Alsace, de réfléchir à ces questions, en est sortie l'idée de cet Abécédaire républicain.

    Avec leurs dessins et leurs mots d'enfants, de « Accepter » à « Zèle », en passant par « Solidarité » ou « Garantir », ses élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs. Un document émouvant et nécessaire alors que les sondages et les médias évoquent souvent une jeunesse déconnectée de ce qui forge notre identité commune. Le fac-similé de cet abécédaire est précédé du texte d'hommage de Robert Badinter, d'un avant-propos de sa main ainsi que d'une préface de Peggy Kilhoffer qui nous livre le récit de cette aventure.

  • Dans ce livre, Edgar Morin, né en 1921, a choisi de réunir tous les souvenirs qui sont remontés à sa mémoire. A 97 ans, celle-ci est intacte et lui permet de dérouler devant nous l'épopée vivante d'un homme qui a traversé les grands événements du XXe siècle. La grande histoire se mêle en permanence à l'histoire d'une vie riche de voyages, de rencontres où l'amitié et l'amour occupent une place centrale.
    Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l'inspiration, les circonstances. S'interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d'autres de l'oubli.
    Ils témoignent que j'ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
    Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l'Histoire ont entraînées chez tant de proches.
    Ils témoignent des illuminations qui m'ont révélé mes vérités ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
    Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j'ai rencontré.
    Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j'étais, a trouvé dans sa vie des frères et des soeurs.
    Ils témoignent de mes résistances : sous l'Occupation, puis au cours des guerres d'Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l'une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l'autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
    Ces souvenirs témoignent enfin d'une extrême diversité de curiosités et d'intérêts, mais aussi d'une obsession essentielle, celle qu'exprimait Kant et qui n'a cessé de m'animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu'est-ce que l'homme, la vie, l'univers ?
    Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.

    Edgar Morin

  • Munkey diaries ; 1957-1982

    Jane Birkin

    • Fayard
    • 3 Octobre 2018

    « J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche, gagné dans une tombola. Il a dormi à mes côtés, il a partagé ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses. Devant la dévastation de mes enfants, j'ai déposé Munkey dans les bras de Serge dans le cercueil où il reposait, tel un pharaon. Mon singe pour le protéger dans l'après-vie.
    En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, mais là, il n'y a que la mienne. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus sages que celles que j'ai eues... ».

    On croyait tout connaître de Jane Birkin, tant elle fait partie de notre histoire depuis cinquante ans, jusqu'à ce livre qui nous fait vivre une époque flamboyante, du Swinging London au Saint-Germain-des-Prés des années 70, et donne à lire le quotidien d'une grande amoureuse, désopilante et fantasque, et d'une artiste exceptionnelle.

    Un journal à la fois intime et universel.

     

  • L'autobiographie philosophique de Barbara Cassin, un texte sensible et littéraire qui, de l'anecdote à l'idée, nous donne à voir la texture philosophique de toute vie.
    Vous avez les plus belles jambes du monde, vous serez ma femme ou ma maîtresse. Voilà ce qu'est devenu l'amour de ma vie. Moi, épouser un Juif, jamais ! Barbara juive ? Tais-toi donc mon garçon, elle est si gentille. Avec un instinct sûr, vous choisirez votre siège. Vous prenez votre petit déjeuner à la table de ce nazi ! Comme c'est gentil de me reconnaître, Jacques Lacan. It's no greek ! Madame, Madame, j'ai compris l'étymologie de con-cierge. À partir de combien de livres est-on cultivé ? Que pensez-vous de ce que vous voyez ? J'aime quand tu as le corps gai. Arrêtez de le regarder, laissez-le partir...
    Ces phrases font passer de l'anecdote à l'idée. Elles sont comme des noms propres qui titrent les souvenirs. Elles fabriquent une autobiographie philosophique, racontée à mon fils Victor et écrite avec lui. En les disant, je comprends pourquoi et comment elles m'ont fait vivre-et-penser. Si dures soient-elles parfois, elles donnent accès à la tonalité du bonheur.

    Un travail mère-fils qui fait redécouvrir Char, Heidegger, Lacan, la Grèce, l'Afrique du Sud, la Corse, les juifs, les cathos, des Hongrois, des Allemands... Avec Ulysse en figure de proue, l'homme d'Homère qui passe là où il n'y a pas de passage, entre Hélène qui ravit et Barbara bla-bla-bla.

  • Tout le monde savait

    Valérie Bacot

    • Fayard
    • 12 Mai 2021

    Tout le monde savait. Tout le monde se doutait. Beaucoup de gens avaient leur petite idée de ce qui pouvait m'arriver dans l'intimité du foyer. Les coups, la violence banalisée, les humiliations quotidiennes... Tous les invariables de cette vie qui n'en est pas vraiment une. Un jour, pour qu'il ne nous tue pas, je l'ai tué.

    Depuis cette nuit-là, celle du 13 mars 2016, le sommeil ne m'a plus jamais trouvée.

    Je pense à mon procès. Ces cinq jours devant la cour d'assises de Chalon-sur-Saône, au cours desquels la société va me demander de raconter mon histoire. C'est encore un combat entre lui et moi.

    Est-il possible qu'on me comprenne ? Vais-je être écoutée, ou entendue ? Est-il encore capable de me faire du mal, de m'envoyer finir ma vie en prison ?

    Dès l'âge de douze ans, Valérie Bacot connaît la peur et l'emprise auprès de Daniel, son beau-père, son violeur, puis son mari et proxénète. Elle raconte ici sa vérité, celle de la tyrannie quotidienne et de l'abandon.

  • Dans cet essai biographique unique, sous forme d'abécédaire, Henriette Levillain dresse un portrait littéraire et sensible de Virginia Woolf. Au fil d'entrées telles que « Anglaise », « Lectrice » ou encore « Marcheuse », le lecteur redécouvre l'auteure de Mrs Dalloway, contre toute récupération féministe ou psychiatrique.

    Qui ignore aujourd'hui Virginia Woolf ? La beauté anxieuse de son visage, les tragédies de son enfance, sa mélancolie suicidaire, ses appréhensions sexuelles, sa liaison tumultueuse avec Vita Sackville West et sa défense de la cause des femmes ? Au cinéma comme au théâtre sont exposés avec complaisance ses frustrations d'adolescente et ses combats contre l'autorité masculine, ses crises de dépression et sa noyade dans la rivière Ouse. Les féministes ont fait d'elle une icône, et les psychiatres diagnostiqué sa maladie. Or aucun de ces arrêts sur image ne donne la clef d'une imaginative qui s'est refusée à aggraver le malheur, à laisser le dernier mot à la mort.

    Dans cet essai aux multiples entrées, Henriette Levillain rend à l'oeuvre romanesque son autonomie au regard des confidences de la femme en souffrance. Les personnages de Virginia Woolf ne sont pas des reflets mais des créatures auxquelles elle donne le pouvoir de relier ce que la vie ne cesse de séparer, les corps comme les consciences.

    « Beauté », « Féministe », « Marcheuse » ou « Poète », autant de fenêtres ouvertes sur les secrets d'une artiste qui, malgré son drame intime, savait enchanter le quotidien.

  • La splendeur des Brunhoff

    Yseult Williams

    • Fayard
    • 10 Octobre 2018

    Des Brunhoff, l'histoire a surtout retenu deux noms : celui de Jean, le génial créateur de Babar dans les années 1930, et celui de son fils, Laurent, qui fera du roi des éléphants un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine. Si Jean se tenait hors du tumulte du monde, il en allait tout autrement pour les autres membres d'une famille qui a marqué son temps. Son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel furent à la pointe dans la presse, l'édition, la mode, la photographie ou encore l'art moderne. Ces éditeurs de génie ont créé les premières revues de mode au croisement de tous les arts : La Gazette du bon ton, Le Jardin des modes, Vogue dont Cosette, l'épouse de Lucien, sera la première rédactrice en chef mais aussi  Vu, l'illustre magazine de photoreportage, le premier à publier des photographies de camps de concentration. Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, Lee Miller, Salvador Dalí, Robert Capa, Jean Cocteau et tant d'autres ont tous participé, à un moment de leur carrière, à ces revues.Innovants dans les arts, les Brunhoff furent aux avant-postes de la lutte contre le fascisme durant toute la tragédie européenne, à l'image de Marie-Claude Vogel, future Vaillant-Couturier, héroïne bouleversante de la Résistance. De la Belle Époque jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la famille de  Babar  a traversé les tempêtes avec le panache des grands explorateurs de notre temps.Pour écrire la saga inouïe de cette famille de talent, Yseult Williams a eu accès à des archives familiales inédites et s'est entretenue notamment avec Marion de Brunhoff, la fille de Michel, avec Mathieu, le fils de Jean, et avec Thomas Ginsburger, le fils de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

  • « Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n'ont pas pu grandir, il n'y avait rien. Rien pour dire qu'ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu'ils avaient vécu, qu'ils avaient ri, joué et pleuré... Comme s'ils n'avaient jamais été là. » Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél'd'Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n'ont pas eu sa chance. Après s'être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage.
    Dans ce récit, tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d'osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu'on regarde jouer dans le jardin public où l'on n'a plus le droit d'entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.

    Rachel Jedinak a 84 ans. Elle préside le comité Tlemcen qui, depuis plus de vingt ans, se bat pour le souvenir des enfants disparus. 

  • Hubert et Laurent Védrine s'attellent ici avec vénération et légèreté à la biographie imaginaire du maléfique Olrik, figure fascinante de la très célèbre bande dessinée créée par Edgar P. Jacobs en 1946 Blake et Mortimer.
    Le colonel Olrik !
    Et si derrière le sombre personnage crée par Edgar P. Jacobs, archétype de l'aventurier cruel et sans scrupule, se cachait un vrai criminel ?
    Hubert et Laurent Védrine sont partis sur cette piste et ont reconstitué, non sans mal, la vie du véritable Olrik et ses singulières péripéties tout au long du XXe siècle. Les auteurs nous livrent ici le résultat de cette stupéfiante enquête qui mêle soif de pouvoir, aventures et trahisons.

  • Né en 1126 à Cordoue, il a connu la gloire puis la disgrâce, le respect des puissants puis l'exil et la clandestinité. Il a contribué à la légende de l'Andalousie musulmane, mais il a payé au prix fort les audaces de sa pensée. Ses idées seront tout aussi violemment condamnées par l'Eglise que par les théologiens musulmans qui lui reprocheront - hérésie suprême - d'oser aborder la foi avec la raison, de refuser l'aveuglement dogmatique et l'usage des textes sacrés pour le seul bénéfice de quelques-uns.
    Traité en paria, menacé, c'est haï de tous qu'il mourra à Marrakech, à soixante-douze ans. Mais des siècles plus tard son oeuvre demeure plus vivante que jamais. Il s'appelait Averroès.

  • Ce début de XXIe siècle est traversé par une telle succession de crises - écologique, économique et politique - qu´il voir refleurir le vieux mythe de la fin des temps. Nous nous trouvons confrontés aujourd´hui à au moins dix bouleversements inédits dans notre histoire. Pour trouver une mutation similaire, il faut remonter non pas à la Renaissance, ni à la fin de l´Empire romain, mais au tournant du néolithique, lorsque, il y a plus de dix mille ans, les groupes humains abandonnèrent le mode de vie nomade pour se sédentariser. On assista alors à un changement radical du rapport de l´homme à lui-même et au monde, dont nous sommes les ultimes héritiers. Aujourd´hui, ce n´est pas la fin du monde que nous connaissons, mais la fin d´un monde, celui fondé sur la prééminence du cerveau rationnel et logique par rapport au cerveau émotionnel et intuitif, sur l´exploitation mercantile de la nature, sur la domination du masculin sur le féminin. Frédéric Lenoir montre ici que la guérison est possible. Illustrant les impasses de la fuite en avant (le progrès à tout-va) comme celles du retour en arrière (démondialisation, écologie radicale, intégrismes religieux), il exprime sa conviction que l´humanité peut dépasser cette crise planétaire par une profonde transformation de nos modes de vie et de pensée : rééquilibrage du masculin et du féminin, passage de la logique du « toujours plus » à celle de la « sobriété heureuse », de l´égoïsme à la communion, de l´état de spectateur passif à celui d´acteur responsable... Au-delà des rafistolages provisoires d´une pensée et d´un système à bout de souffle, une immense révolution est en marche : celle de la conscience humaine.

  • Le tout dernier été

    Anne Bert

    • Fayard
    • 4 Octobre 2017

    "Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu'ils vont m'aider à la quitter. Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l'âme". Parce qu'elle aime furieusement la vie et qu'elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu'au bout les tortures que lui inflige la maladie de Charcot.
    C'est ce cheminement qu'elle nous raconte ici. Celui de devoir mourir hors-la-loi, et hors-les-murs, puisque la loi française ne l'autorise pas à abréger ses souffrances. Celui aussi de son dernier été. Il faut découvrir le goût des dernières fois et des renoncements, apprendre à penser la mort, dire au revoir à ceux qu'elle aime, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin. Un récit poignant, une ode à la liberté et à la vie, permise seulement par sa détermination à dire non.

  • Le dernier roi soleil

    Sophie Des Déserts

    • Fayard
    • 21 Novembre 2018

    « Sa voix virevoltait au téléphone, disait des "bonjour Sophie" affectueux et rieurs, livrait les nouvelles bonnes, toujours appétit retrouvé, furieuse envie de ski ou de mer, joie de déjeuner avec untel, et pourquoi pas, d'ailleurs, trouver un moment pour se voir. On prenait date. Il raccrochait vite, tellement pressé de composer d'autres numéros. Au saut du lit, après un grand bol d'Ovomaltine et les tartines beurrées de son fidèle cuisinier, Jean d'O remplissait son carnet de bal. Venez, vieux amis, grands esprits de l'Académie et d'ailleurs ; venez aussi politiques, acteurs, journalistes, et venez vite, jolies dames, croisées au hasard de la gloire, dans un salon du livre, à la télévision. Jean d'O conviait ainsi le tout Paris, méthodique et vorace dans son peignoir blanc. Mais ce jeudi d'automne, sa voix ne dansait plus... » Pendant près de trois ans, « le dernier roi soleil » ouvre ses portes à la journaliste Sophie des Déserts. Elle s'approche. Il s'habitue. Ils s'apprivoisent. Une amitié se noue, dans la vérité des derniers temps. Sophie des Déserts voit aussi ses amis, son majordome, sa famille, les femmes de sa vie. Avec l'approbation de « Jean », tous lui parlent. Se livrent. Racontent. Ainsi apparaît Jean d'Ormesson, dans toutes ses facettes, au fil de ces pages lumineuses et sombres parfois, piquantes, drôles, tendres, où se révèle enfin l'homme.
      Longtemps journaliste au Nouvel Observateur, aujourd'hui à Vanity Fair, Sophie des Déserts est connue pour l'excellence de ses enquêtes et de ses grands portraits.
     

  • Second et dernier volume du journal intime de Jane Birkin après le retentissement du premier volume, Munkey diaries (1957-1982).
    « Post-scriptum, c'est le démarrage d'une autre vie. C'est le début de ma vie avec Lou... de mon union avec Jacques Doillon... Kate qui était enfant dans le premier tome est maintenant teenager, Charlotte a neuf ans...
    C'est une autre ouverture, une autre balade, plus curieuse des autres, découvrant une trajectoire, des concerts, des tournées, des pièces de théâtre, voyageant, parfois m'attachant à des personnes qui n'étaient pas seulement mes parents, ma soeur Linda, mon frère Andrew, les enfants... Mais l'amour est toujours l'amour, peut-être même qu'il y en avait un autre dans cette vie vieillissante, dans mon cas solitaire, accompagnée par mes amis... Il me semble que j'ai plutôt navigué dans un optimisme absolument infondé. J'ai cessé d'écrire ce journal à Besançon le 11/12/13... en apprenant la mort de Kate... » Après les Munkey Diaries, qui retraçaient la vie de Jane Birkin de 1957 à 1982, ce second volume de son journal intime, débutant après sa séparation d'avec Serge Gainsbourg, traverse les années 1980 à 2000 avec une fantaisie et une grâce qui lui permettent de surmonter bien des épreuves. On retrouve avec bonheur une mère dévorée d'amour pour ses trois filles qui s'émancipent et entrent dans l'âge adulte, une amoureuse tiraillée entre passion, jalousie et nostalgie, une artiste engagée qui s'épanouit et enchante le monde entier.

  • Le mystère Lagerfeld

    Laurent Allen-Caron

    • Fayard
    • 6 Février 2019

    Son apparence et sa vie fascinent, intriguent. Karl Lagerfeld, le kaiser des podiums, le parrain de la mode s'est toujours dissimulé derrière des masques. Son mystère s'épaissit quand on croit le saisir. Lui-même le reconnaît  : «  Je souhaite être une apparition. Ça apparaît, ça disparaît.  » Mais qui se cache vraiment derrière les lunettes noiresles plus célèbres du monde  ? Quelle est l'Histoire et le passé de cet homme qui ne voudrait vivre que dans le présent  ?
    Laurent Allen-Caron a rencontré les témoins de l'ombre. Ceux qui ont bien voulu parler et retracer l'étonnant parcours d'un enfant allemand pour qui Paris représentait un rêve et une ambition.
    Journaliste à France  2, Laurent Allen-Caron est l'auteur et le réalisateur d'une dizaine de documentaires pour l'émission de Laurent Delahousse Un jour, un destin, dont celui consacré à Karl Lagerfeld, «  Être et paraître  ».
     

  • Les Mémoires d'un grand diplomate russe qui est né et a tracé sa carrière diplomatique pendant l'ère soviétique pour devenir durant la décennie 2010 ambassadeur de France durant neuf ans.
    Voici les Mémoires d'un homme né à Moscou en 1948, qui a commencé sa carrière diplomatique en France sous Pompidou et l'a terminée sous la présidence Macron.
    Dans son pays, Alexandre Orlov a débuté son parcours dans l'Union soviétique de Leonid Brejnev pour l'achever dans la Russie de Vladimir Poutine. Sous Gorbatchev, il observe de près la succession rapide des événements qui transforment l'URSS jusqu'à la faire disparaître.
    Après son passage au Conseil de l'Europe à Strasbourg, il parvient à la consécration de ce long itinéraire français et de sa passion pour la France en devenant ambassadeur à Paris durant neuf ans.
    Parmi ses réussites, la construction de la nouvelle cathédrale russe à Paris sur le quai Branly, associée à un centre culturel. En 2017, Alexandre Orlov organise la rencontre de Versailles entre les présidents Macron et Poutine, qui a donné naissance au Dialogue de Trianon, forum des sociétés civiles russes et françaises, auquel il participe activement aujourd'hui.
    Ces Mémoires sont pour nous, Français, l'occasion de connaître le cheminement d'un citoyen soviétique qui témoigne que l'on pouvait aussi être un Soviétique heureux. Il est vrai qu'Alexandre Orlov a appartenu à une partie de la société que les tragédies du système soviétique ont épargnée. On est, comme le dit Hélène Carrère d'Encausse dans sa préface, devant un « témoignage qui revendique le monde qui l'a formé et qui permet de mieux comprendre le désarroi de nombreux Russes ou Soviétiques devant la disparition d'un pays et d'un système auxquels ils entendent rester fidèles ».
    En faisant revivre les cinquante dernières années de la Russie et de la France, Alexandre Orlov nous fait comprendre tout ce qu'elles ont en commun.

  • Les Goncourt furent à la fois acteurs et mordants spectateurs d'un demi-siècle de vie littéraire et artistique. Écrivains, critiques, collectionneurs, ils marquèrent profondément leur temps. Cette biographie, rédigée par les deux plus grands spécialistes des Goncourt et appelée à faire date, renoue les fils de cette intense vie à deux.
    Le nom de Goncourt connaît la célébrité grâce au plus fameux des prix littéraires, mais il mérite aussi de survivre car il fut porté par deux frères, hommes de lettres novateurs, irremplaçables témoins de leur temps.
    Leur double biographie ressuscite un demi-siècle de vie littéraire et artistique, où l'on croise Gautier et Flaubert, où l'on côtoie Renan, Taine, Berthelot, Daudet, Zola. Collectionneurs impénitents, esthètes dolents et élitistes, Jules et Edmond de Goncourt ont transformé leur vie et celle de leurs proches en pages d'écriture. Leur Journal, leurs romans, qui ont initié le naturalisme et la littérature fin de siècle, la création de l'académie des Goncourt, tout témoigne de leur aspiration à la survie littéraire. Leurs engagements avant-gardistes s'associent paradoxalement à un conservatisme politique qui n'exclut ni la misogynie ni l'antisémitisme.
    Fondée sur des archives familiales, sur des correspondances largement inédites et sur le dépouillement de la presse de la seconde moitié du XIXe siècle, cette biographie magistrale s'attache à l'oeuvre littéraire et historique aujourd'hui méconnue, elle renoue les fils d'une intense vie à deux, en pénétrant dans l'intimité affective d'une gémellité fusionnelle.

  • Aujourd'hui dans le monde, toutes les sept secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Le plus souvent victime d'un impératif et d'un seul, celui des maîtres du monde : le profit sans borne.
    Ces nouveaux maîtres du monde, ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Qui sont-ils et d'où tirent-ils leur pouvoir ? Comment les combattre oe Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial : il accumule l'argent, détruit l'Etat, dévaste la nature et les êtres humains. Ce livre révèle son visage, analyse son discours, dénonce ses méthodes.
    Des mercenaires dévoués servent l'ordre des prédateurs au sein de l'Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international. Ce livre suit à la trace les satrapes de ces institutions au-dessus de tout soupçon, démonte l'idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l'empire américain.
    Mais un peu partout dans le monde, la résistance s'organise au sein de l'extraordinaire front qui fédère tant de refus locaux porteurs d'espérance. C'est la nouvelle société civile planétaire, dont Jean Ziegler montre ici la richesse, la diversité et la détermination.
    La puissance de ce livre engagé ne doit pas surprendre : les gens dont il brosse le portrait, Jean Ziegler les a bien souvent croisés ; les institutions qu'il critique, il les connaît de l'intérieur. Tous ces mouvements de résistance, il les fréquente et les estime. Et puis il y a l'urgence.

    Jean Ziegler est Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Auteur de nombreux ouvrages sur le tiers-monde, il a notamment publié La Suisse lave plus blanc (1990), La Suisse, l'or et les morts (1997) et Les Seigneurs du crime (1999).

  • On sait l'ampleur, la variété et la nouveauté de l'oeuvre de Mme de Staël, qui va de Delphine et Corinne à De l'Allemagne et aux Considérations sur la Révolution, mais on en connaît moins bien le versant autobiographique. Dix années d'exil _ 1803-1813 _, publié après la mort de son auteur dans une version très imparfaite, est pourtant un livre majeur.Tout à la fois pamphlet ravageur contre la dictature napoléonienne et récit des pérégrinations de Mme de Staël, en raison de la proscription dont elle a été victime, c'est un essai d'une surprenante vigueur par sa lucidité politique et par une qualité d'observation sans équivalent, s'agissant particulièrement de la Russie en guerre (Pouchkine admirait beaucoup ce récit de voyage qui préfigure celui de Custine).L'ouvrage était jusqu'à présent inaccessible dans son authenticité. Cette édition, strictement conforme aux premiers manuscrits, prend également en compte les passages dans lesquels Mme de Staël, par crainte de la police impériale, a déguisé son texte en lui donnant l'aspect de chroniques d'outre-Manche et en attribuant à ses contemporains français le nom de protagonistes de l'histoire anglaise... C'est donc à un savant décryptage qu'il a fallu se livrer. Ainsi restitué, Dix années d'exil constitue en fait un inédit que de nombreuses notes viennent éclairer. Le lecteur d'aujourd'hui se trouve à même de découvrir l'oeuvre telle que son auteur l'a abandonnée et telle qu'on ne l'a jamais lue.

  • L'homme qui ment

    Marc Lavoine

    • Fayard
    • 14 Janvier 2015

    Communiste et charmeur, cégétiste et volage : tel était Lulu, mon père. Menteur aussi, un peu, beaucoup, passionnément, pour couvrir ses frasques, mais aussi pour rendre la vie plus belle et inattendue.
    Lulu avait toujours une grève à organiser ou des affiches à placarder. La nuit venue, il nous embrigadait, ma mère, mon frère et moi, et nous l'aurions suivi au bout du monde en trimballant nos seaux de colle et nos pinceaux. Il nous faisait partager ses rêves, nous étions unis, nous étions heureux.
    Evidemment, un jour, les lendemains qui chantent se sont réduits à l'achat d'une nouvelle voiture, et Che Guevara a fini imprimé sur un tee-shirt.
    Le clan allait-il survivre à l'érosion de son idéal et aux aventures amoureuses que Lulu avait de plus en plus de mal à cacher ? Collègues, voisines, amies ; brunes, blondes, rousses : ses goûts étaient éclectiques. Lulu était très ouvert d'esprit.
    Sans nous en rendre compte, nous avions dansé sur un volcan. L'éruption était inévitable.

  • Homme de poigne et de dialogue, toujours aux côtés de ses hommes sur le terrain, le commissaire Patrick Visser-Bourdon fait tout pour rétablir le lien entre police et population afin de ramener le calme dans les cités et faire respecter la loi de la République. Il peut pour cela s'appuyer sur l'expérience acquise dans l'antiterrorisme, les « stups », et lors du démantèlement de la « Jungle » de Calais qu'il a piloté.

    11 mai 2020. Le commissaire Visser-Bourdon prend son service et se demande à quoi va ressembler ce premier « jour d'après ». À 52 ans, dont trente de carrière dans la police, il n'aurait jamais imaginé devenir un jour l'un des gardiens de cette France confinée par nécessité. Il repense aux deux mois qui viennent de s'écouler, aux contrôles d'attestation parfois houleux, au dénuement des collègues sur la voie publique, sans gants ni masque. Aux nuits à essuyer des tirs de mortiers de feux d'artifice dans les cités de l'Essonne, au trafic de drogue qui se réorganise en livraison à domicile.
    Le commissaire a tenu le cap. C'est un homme de terrain, un pragmatique. C'est d'ailleurs ce qui a fait sa force quand il a géré la « Jungle » de Calais et ses 10 000 migrants. Toujours aux côtés de ses hommes, quitte à prendre des coups dans les moments difficiles, il est écouté et respecté. Patrick Visser-Bourdon, marié et père de trois enfants, est à la fois un homme de poigne et de dialogue, sans illusion et lucide, quelqu'un à qui on ne la fait pas, passé par l'antiterrorisme, les « stups », le SRPJ de Versailles. Le commissaire sait que la vie est faite de zones de gris, à l'heure où chacun voudrait imposer ses certitudes. Bienvenue dans sa vie de flic.

  • Les Hommes, contrairement aux autres animaux sociaux, ne se contentent pas de vivre en société, ils produisent de la société pour vivre. Ils fabriquent de l'histoire, l'Histoire, et ce, parce qu'ils ont dans leur nature propre la capacité de s'approprier la nature et de la transformer. S'approprier la nature, c'est, pour l'homme, inventer des moyens matériels et idéels pour disjoindre certains éléments des écosystèmes qu'il exploite et les faire servir à ses besoins. Cette action implique la mise en oeuvre de rapports sociaux qui lui servent de cadre et de support et qui, quelle que soit l'instance où ils se situent, fonctionnent comme des rapports sociaux de production, ou, selon un parler plus commun, comme des rapports économiques.
    Quel est le poids des réalités matérielles, celles de la nature extérieure à l'homme et celles qu'il a créées, et quel est le rôle de la pensée dans la production des rapports sociaux ? Tout le mouvement du livre est là : de l'analyse des rapports sociaux de production à celle de la production des rapports sociaux. Le point d'appui de ce mouvement est dans la constatation que la part idéelle de tout rapport social n'est pas seulement le reflet plus ou moins déformé de ce rapport dans la pensée, mais l'une des conditions mêmes de sa naissance, condition qui devient un élément de son armature interne.

    L'auteur montre et son analyse constitue un défi aux schémas reçus que des deux forces qui composent celle d'un pouvoir de domination et d'exploitation, la plus forte n'est pas la violence exercée par les ordres, les castes ou les classes qui dominent une société, mais le consentement des dominés à leur domination. La « boîte noire » à l'intérieur de laquelle la pensée doit pénétrer, si elle veut peser sur l'évolution de nos sociétés, est bien le mécanisme de production de ces représentations partagées par des ordres, des castes, des classes opposés et c'est vrai aussi des rapports entre les sexes. L'un des grands problèmes des sciences sociales, dont les enjeux scientifiques et politiques sont énormes, est là.


    Né en 1934, Maurice Godelier, après avoir travaillé auprès de Fernand Braudel à la VIe section de l'EPHE, puis de Claude Lévi-Strauss, professeur au Collège de France, est, depuis 1975, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. En 1982, il a été nommé directeur scientifique au CNRS, chef du département des Sciences de l'homme et de la société.

  • Personne ne me croira

    Félix Spitz

    • Fayard
    • 15 Janvier 2020

    « C'est la guerre. J'ai 12 ans et je suis orphelin. J'entre dans le ghetto de Cracovie. Je dois survivre. ».
    « Je suis un homme de 91 ans, mais mon récit est celui d'un petit garçon. J'avais 5 ans lorsque Hitler est arrivé au pouvoir, 17 quand la guerre s'est terminée. ».

    C'est l'histoire de cette guerre vue à travers les yeux d'un enfant né en Allemagne, dans une famille juive, que Félix Spitz nous raconte ici. Expulsé avec les siens en Pologne, orphelin dès 1942, Félix va devoir apprendre à survivre seul. Du ghetto de Cracovie aux camps de Plaszow, Mauthausen et Melk, il emploie les ruses et joue du culot que seul un enfant peut imaginer.

    Pendant soixante-quinze ans, Félix Spitz s'en est remis au silence, incapable de poser des mots sur son expérience. Aujourd'hui, il choisit de nous livrer son témoignage, celui d'une course poursuite inconsciente contre la mort.

    Sans pathos, sans apitoiement, Félix Spitz plonge dans ses souvenirs.

empty