Le Manuscrit
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Une mémoire personnelle marquée par la Shoah : Le judaïsme culturel en héritage
Simon Wuhl
- Le Manuscrit
- 16 Mai 2024
- 9782304055702
Le père de Simon Wuhl, Isacher, pris dans la rafle du Vél' d'Hiv', a été déporté et mort à Auschwitz. Simon Wuhl qui n'avait que 23 mois, et sa mère Rébecca, raflés également, ont été relâchés de justesse car l'enfant n'avait pas deux ans.
Au-delà du récit de cette tragédie familiale, l'auteur poursuit un double objectif :
1. Restituer la vie intense de son père avant la Shoah. Isacher en effet, a vécu une existence de juif sécularisé, engagé dans les combats de l'émancipation pour les Juifs et bien au-delà, lors de trois périodes : Dans la Pologne des années 1920 d'abord, en intégrant le mouvement des sionistes de gauche. Dans la Palestine des années 1930 ensuite, sous mandat britannique, travaillant comme ouvrier du bâtiment dans un kibboutz où il a rencontré la mère de l'auteur ; il s'est alors radicalisé politiquement comme militant communiste. Dans la France de l'avant-guerre enfin, où les parents de l'auteur, attirés par l'évènement du Front populaire pensaient ne rester qu'un an ou deux, avant d'être rattrapés par la guerre et la Shoah.
2. Rendre compte des difficultés matérielles à vivre et à survivre dans la France d'après-guerre, pour la mère de l'auteur surtout, et montrer que les conséquences de la Shoah se sont prolongées bien au-delà de la fin de la guerre.
Par ailleurs, l'auteur accompagne le récit d'un certain nombre de réflexions sur le comportement de la police de Vichy et d'une administration pourtant issue de la troisième République; sur l'atmosphère de déni dans la France des années 1950 et 1960, d'une guerre dans la guerre, celle de l'extermination des Juifs ; et, au plan plus personnel, l'impact de la Shoah sur ses difficultés d'intégration et d'une vie sociale normale dans sa jeunesse notamment. -
De la France occupée à la Pampa : Mémoires entrelacées de trente survivants juifs émigrés en Argentine Tome 2
Hélène Gutkowski
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 16 Mai 2024
- 9782304055733
Après les neuf membres du groupe « France, douce France de notre enfance?? » - un groupe de parole né à Buenos Aires - qui dans le premier volume de cette trilogie ont évoqué les multiples formes que prit la persécution nazie dans la France occupée, ils sont douze dans celui-ci à remémorer leur vie d'enfants et d'adolescents dans la France de l'Exode, des interdictions, des rafles, douze à évoquer ce dont ils se souviennent - parfois très peu - et à essayer, en confrontant leurs souvenirs à ceux de leurs amis-témoins, de reconstruire ce qu'ils ont oublié. Leur mémoire s'étoffe ainsi de ce que leur renvoie le miroir des réminiscences de leurs camarades : la recherche de villages sauveurs ou d'un toit pour une nuit, l'aile protectrice d'une maîtresse d'école ou du directeur du collège où ils sont pupilles, la présence réconfortante de leurs parents, parfois d'un seul d'entre eux lorsque l'autre a déjà été déporté, ou encore celle d'une soeur ou d'un frère.
En effet, alors que, dans le volume précédent, chaque parcours a été restitué sur la base principalement de la mémoire même du rescapé, les douze membres qui, ici, exposent leur vécu le font grâce à l'entrelacement de leurs souvenirs personnels avec ceux de chacun des vingt-neuf autres membres du groupe, souvenirs des uns rappelant toujours, chez les autres, une situation similaire, mais parfois aussi des faits tout à fait différents qui avaient été oubliés.
La réalisation de ce volume a été possible grâce à ce travail collectif de mémoire et aux trésors que représentent les photos, les lettres et les documents que la plupart d'entre eux ont préservés, mais aussi grâce à la richesse des différents fonds d'archives que l'auteure a consultés. -
À la vie ! : les enfants de Buchenwald, du shtetl a l'OSE
Eric Ghozlan, Katy Hazan
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 3 Juillet 2023
- 9782304054712
En 1945, à la libération du camp de Buchenwald, plus d'un millier de jeunes Juifs âgés de huit à vingt-quatre ans attendent que l'on statue sur leur sort. Quatre cent vingt-six garçons, originaires des pays d'Europe centrale et orientale arrivent en France, pris en charge par l'OSE (OEuvre de Secours aux Enfants).
Être enfant dans un ghetto, avoir connu les camps de travail forcé et pour certains les marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, c'est cette part de leur vie chaque fois singulière que 15 anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l'âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Ce sont ces parcours croisés que nous allons vous présenter à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d'archives conservés par l'OSE.
Nous avons choisi d'écrire ces récits de vie en croisant leurs parcours, comme pour les faire dialoguer. -
Gardez mon fils près de vous ; correspondance pour un enfant caché, 1940-1944
Alain-andré Bernstein
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 3 Octobre 2008
- 9782304022001
Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa petite enfance dans la campagne sous le régime de l'État français. Des lettres de sa famille d'accueil émanent l'amour et toute l'attention portée à l'enfant qui s'éveille à la vie dans un monde où d'aucuns veulent sa mort du seul fait qu'il est né Juif. Elles permettent aussi de comprendre l'attitude et la compassion des gens honnêtes de la France profonde vis-à-vis du soi-disant « problème juif ». La famille Breton ne voit qu'une famille injustement traquée à laquelle il faut porter secour
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Témoignage sur une des pages sombres de la France : la rafle du Vél'd'Hiv',le 16 juillet 1942.Anna Traube raconte à la manière d'un scénario cinématographique, les cinqjours qui ont ébranlé sa vie. Son récit est celui de sa déterminationfarouche, d'une concentration d'esprit exceptionnelle, d'une volonté etd'une énergie de vie hors normes pour fuir un enfer tragique et courir versla liberté. Le titre de ce récit suffit à lui seul.
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Jamais je n'aurai quatorze ans
François Lecomte
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 21 Novembre 2005
- 9782748158069
L'auteur de ce texte voit le jour en 1929 au sein d'une ancienne famille juive de Lorraine. Son père est commerçant et propriétaire d'un grand magasin de bonneterie, mais aussi pianiste et érudit, proche des milieux artistiques de son temps. La guerre et l'Occupation viennent bouleverser l'insouciance de son enfance, et les persécutions le font vieillir avant l'âge. Sa judéité, dont il prend conscience quand on le marque d'une étoile jaune, est aussi responsable des injustices qu'il subit : l'antisémitisme bien sûr, mais bien plus encore, la séparation d'avec ses parents et surtout de son père emporté par la tourmente.
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Face à la mort ; Auschwitz, Buchenwald, Oraniemberg
Erich Altmann
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 14 Décembre 2007
- 9782304005868
Mai 1945, Erich Altmann a quarante-et-un ans. Il a survécu .Survécu à trente-trois mois dans l'enfer concentrationnaire nazi. Il y eut d'abord l'incompréhension, l'incertitude, puis l'anxiété, la peur, jusqu'à la terreur. L'horreur s'est ensuite installée avec son cortège de douleurs et d'afflictions : la faim, la maladie, l'harassement, la perte d'humanité, la mort omniprésente. L'inimaginable, l'indicible. Reste, irrépressible, cette farouche volonté de vivre pour ne pas partir en fumée et pouvoir témoigner aux yeux du monde « hors des camps ». C'est cette force qui a permis à Erich Altmann de survivre à Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Oranienburg et à deux « marches de la mort ».
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Aus Paris nach Bergen-Belsen 1944-1945 ; gesammelte Erinnerungen eines deportierten Kindes
Jacques Saurel
- Le Manuscrit
- 29 Avril 2009
- 9782304025064
Jacques Saurel, Jahrgang 1933, hätte ohne weiteres das gleiche Schicksal erleiden können wie zahlreiche Kinder von Eltern, die in der Zwischenkriegszeit aus Polen nach Frankreich ausgewandert waren: Auschwitz und die Gaskammer. Seinem Vater verdankt er es, zunächst nicht behelligt worden zu sein: Dieser hatte sich freiwillig zum Militärdienst verpflichtet, war in Kriegsgefangenschaft geraten und deswegen - wie auch seine Familie - durch die Genfer Konvention geschützt. So wurden Jacques, seine ältere Schwester (die jüngste war versteckt) und sein kleiner Bruder drei Monate lang in Drancy interniert und dann mit ihrer Mutter in das "Sternlager" von Bergen-Belsen deportiert.
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Père la Victoire pour les uns, vecteur de dépendance alcoolique pour d'autres, le pinard, servi comme boisson hygiénique et complément alimentaire pendant la Première Guerre mondiale, a fait l'objet de débats passionnés et enfiévrés au cours et à l'issue du conflit. Qu'en était-il de sa distribution au front ? Quelle place occupait-il dans le quotidien et l'imaginaire des poilus ? Des récits de combattants aux avis des médecins en passant par le théâtre ou l'image, les documents retenus dans ce recueil témoignent de la complexité du regard porté sur ses bienfaits et méfaits en 1914-1918. Ils montrent également que les connaissances scientifiques d'une époque donnée, prises aux jeux contradictoires de l'économie et de la morale, peuvent induire des politiques et des actions porteuses d'effets pervers.
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Histoire du maquis Fort-de-France, Alpes-de-Haute-Provence : Le pont est voûté
Bernard Valentini
- Le Manuscrit
- 1 Février 2014
- 9782304043587
"« Quoiqu'il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » (De Gaulle, Appel du 18 juin) « Le pont est voûté. » À ce signal, les maquisards des Alpes-de-Haute-Provence se tiennent prêts à recevoir un parachutage clandestin d'armes. Près de soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, voici relatée l'histoire du maquis de Fort-de-France, qui opéra dans les Basses-Alpes. De nombreux jeunes résistants ont perdus la vie lors de ces combats, mais ceux qui sont encore présents racontent. Bataille, Freddy, Hervé, Grizzly et bien d'autres font revivre à travers leurs souvenirs la résistance au quotidien pendant l'occupation. ".
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Etty Hillesum, Charlotte Salomon, Hélène Berr, la vie qui est en elles ; la résistance par l'art pendant la Shoah
Collectif, Karine Baranès-bénichou
- Le Manuscrit
- 15 Juin 2020
- 9782304048407
Depuis Amsterdam, Berlin et Paris, Etty Hillesum, Charlotte Salomon et Hélène Berr rêvaient de se réaliser en tant que femmes à travers l'amour, et en tant qu'artistes à travers l'écriture, la peinture et la musique. De ces promesses de vie et de créativités qui leur ont été confisquées à l'âge de tous les possibles, trois oeuvres magnifiques ont néanmoins émergé de leur nuit. Elles nous parlent de dépassement de soi par l'art, par la foi, par l'engagement, mais elles portent aussi la parole mémorielle de tous les autres partis sans laisser de trace.
La vie qui était en elles triomphe ainsi du silence et de l'oubli et sillonne désormais le monde par-delà les langues, les religions et les âges grâce à l'implication sans réserve d'hommes et de femmes s'exprimant dans ce volume. Leurs interventions contribueront donc à offrir en partage, notamment à la jeune génération, l'héritage humain et artistique de ces trois jeunes femmes aux destins bouleversés par l'Histoire.
Cette rencontre éphémère à travers leur oeuvre le temps d'un colloque, nous permet enfin de rester fidèles à la promesse faite et d'espérer l'inscrire dans une parcelle d'éternité. -
Se reconstruire après la Shoah : la sortie de guerre des femmes et des hommes juifs secourus par le COJASOR, 1945-1950
Ethel Albert
- Le Manuscrit
- 20 Décembre 2021
- 9782304052459
Au lendemain de la Shoah, ils sont des milliers de Juifs survivants à s'adresser au Comité juif d'action sociale et de reconstruction (COJASOR) pour obtenir un secours et se reconstruire en France. Créé en mars 1945 sous l'égide de l'American Jewish Joint Distribution (Joint), ce nouvel organisme vise alors à rationaliser une action sociale juive pléthorique et morcelée alors que les demandes d'aide se font de plus en plus nombreuses. Face à la multiplicité des trajectoires de ses usagers, il étend son action sur toute la France, diversifie son secours, spécialise ses services et travaille en partenariat avec d'autres oeuvres. Dans le même temps, les individus qu'il prend en charge sont pleinement mobilisés dans un processus de reconstruction complexe qui concilie une approche importée de la philanthropie américaine, des représentations héritées de l'histoire de l'action sociale française et une adaptation aux conséquences de la Shoah.
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C'est ainsi que je me souviens
Elisabeth Sentuc
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 10 Janvier 2020
- 9782304047882
Hongrie, printemps-été 1944. En moins de deux mois, près de 440 000 Juifs entassés dans 147 trains furent déportés de Hongrie pour être acheminés pour la grande majorité jusqu'aux portes des Krematorien d'Auschwitz-Birkenau. La famille Brodi, originaire de Huedin, en Transylvanie, y arrive dans la nuit du 1er au 2 juin. Élisabeth a 20 ans, elle ne reverra plus alors les siens.
Le récit endeuillé d'Élisabeth nous plonge dans la vie familiale modeste, marquée par l'attachement aux traditions de ses parents au sein de la communauté juive d'une petite ville de province du nord de la Roumanie. Cette région aux croisements des frontières remodelées au lendemain de la Grande Guerre est annexée par la Hongrie en 1940 et son entrée en guerre aggrave les persécutions envers les Juifs. La famille Brodi en subit les effets jusqu'à l'invasion du pays par les nazis (19 mars 1944) qui la précipite dans le ghetto de Cluj, dernière étape avant la déportation.
Le souvenir des siens, sa force de caractère, son endurance forgée dans le danger permanent d'une année terrible et d'heureuses rencontres, permettent à Élisabeth de traverser les épreuves. Pour sa nouvelle vie, elle choisit la France et de rejoindre en Gironde celui qu'elle aime. Ils se sont rencontrés à Görlitz (Basse-Silésie), dans un abri sous les bombardements alliés, elle, esclave, lui prisonniers de guerre, exploités de l'industrie de guerre nazie. C'est à La Teste-de-Buch qu'ils se marièrent, et qu'Élisabeth construisit une belle et grande famille (8 enfants, 17 petits-enfants,...) en forme de victoire sur l'anéantissement promis par Hitler. Elle n'a eu de cesse de transmettre la mémoire des siens et de prodiguer les leçons de son courage et de sa résilience aux jeunes générations pendant un quart de siècle. -
Réveil tardif d'une enfant cachée
Jacqueline Reznik-elgrably
- Le Manuscrit
- 1 Décembre 2016
- 9782304046441
À la disparition de sa maman en 2006, Jacqueline ressent le besoin de rendre hommage à sa famille. Tout en mettant de l'ordre dans ses affaires, elle découvre de nombreux éléments de son histoire familiale paternelle et maternelle : ainsi peut elle lever le voile sur des pans entiers de son histoire. Parmi les correspondances, les photos et les documents administratifs rangés dans les tiroirs, elle retrouva, précieusement conservées, - trois mois après la naissance de Jacqueline -, il les avait écrites depuis le camp de Drancy avant d'être déporté par le convoi no 1.
Avec le soutien de ses proches et malgré la lourde charge émotionnelle, Jacqueline a classé, décrypté et annoté les photos et papiers retrouvés. Elle a fait traduire les lettres en yiddish, les documents en hébreu et les témoignages des membres de la famille paternelle rescapés de la Shoah et installés en Israël. Elle a aussi cherché les traces de ses aïeux dans les archives.
De l'entre-deux-guerres à la Shoah, de Varsovie à Paris, en passant par les forêts d'Ukraine et la Palestine des années 1930, Jacqueline nous livre ici l'histoire d'une famille que la guerre a marquée à jamais. En feuilletant les photos, elle nous révèle de destins où se mêlent l'insondable horreur de la Shoah et la force d'un espoir profondément ancré dans la vie. -
Mémoires du survivant des camps nazis A-5672
Leonhard Bundheim
- Le Manuscrit
- 5 Février 2018
- 9782304047240
Leonhard Bundheim est né en 1923 dans une famille juive de Hambourg. La « Nuit de cristal » marque pour lui la fin de l'innocence : son père est arrêté et le reste de la famille opte pour l'exil en Belgique. Leonhard est emprisonné seul à Bruxelles au premier jour de l'invasion allemande. En France, où il est envoyé, il va connaître trois camps différents avant celui de Drancy, avec une parenthèse de près de dix-sept mois à Limoges grâce à l'OSE. Cette organisation sauvera sa mère et ses quatre frères et soeurs mais pas son père, assassiné à Majdanek en mars 1943. Leonhard, déporté depuis déjà six mois, a été extrait de son convoi à destination d'Auschwitz, à Cosel, pour servir l'industrie du Reich. La solidarité de certains codétenus lui permet de survivre aux différents camps de travail forcé puis de concentration, sans oublier l'épouvantable « marche de la mort ». Laissé pour mort dans un convoi abandonné par des SS en fuite, il est libéré après près de trois ans sous le joug nazi. Après la guerre, en chemin vers la Palestine, Leonhard est interné avec son épouse dans un camp britannique à Chypre. Parvenu en Terre promise, il s'engage rapidement dans l'armée de défense juive. De nos jours, le lieutenant-colonel en retraite de Tsahal et guide touristique en six langues Nathan Ben-Brith, de son nom hébraïque, voit dans sa descendance sa victoire contre le nazisme qui l'a privé de son père, de son adolescence et de plus de la moitié de son peuple vivant en Europe.
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Journal, 20 decembre 1940-24 septembre 1943
Jean-Marc Dreyfus
- Le Manuscrit
- 1 Juin 2018
- 9782304047325
Professeur de lycée strasbourgeois, réfugié à Nice en 1940, Lucien Dreyfus tient un journal. Il raconte le milieu des réfugiés alsaciens, juifs ou non, une expulsion de l'Education Nationale, la création d'une école ORT (Organisation - Reconstruction - Travail), les difficutés de la vie quotidienne et du ravitaillement, ainsi que ses très nombreuses lectures. Sous la plume de cet homme déjà âgé - il a 59 ans en 1940 - c'est une chronique intime et politique de la France occupée et de la persécution en Zone Sud qui est déroulée. Lucien Dreyfus pointe la petitesse de ses contemporains mais développe aussi une réflexion profonde sur les malheurs du temps. Ainsi voit-il dans l'abandon de la foi religieuse l'origine de la catastrophe européenne. Cynique, tragique, mais aussi souvent drôle, Lucien Dreyfus est un moraliste à la vaste culture, à la fois allemande et française. Il est déporté à Ausschwitz le 20 novembre 1943 (convoi n° 62), où il est assassiné.
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Coupés du monde : un militant du Bund raconte la survie et la résistance juives sous l'occupation nazie en Pologne
Yankev Celemenski
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 28 Mars 2022
- 9782304053005
« Dis-moi, lui demandais-je, est-ce que j'ai l'air d'un jeune Polonais ? » Il comprend tout de suite ce que je veux dire. Il me jette un regard assez trouble et me dit : « Non seulement tu ressembles à un jeune Polonais, mais tu as même l'air d'un antisémite. »C'est sa physionomie qui a permis à Yankev Celemenski de mener à bien les missions confiées par le Bund à travers la Pologne fragmentée sous domination nazie. Mais il a surtout fait preuve de courage, de détermination et de solidarité dans son engagement pour la défense du peuple juif assassiné, coupé du monde.Il nous entraîne dans ses actions clandestines dans les villes puis les ghettos où il délivre informations, littérature interdite, conseils, subsides et coordonne les actions de la résistance. Après le soulèvement du Ghetto de Varsovie, il soutient également les combattants et partisans juifs réfugiés dans les forêts. Dans l'action jusqu'au bout, il participe à l'insurrection de la capitale en 1944, y survit mais n'échappe pas à la déportation... comme prisonnier polonais.Acteur de l'Histoire, il a côtoyé les grandes figures socialistes de la résistance juive ou polonaise, tout en portant un regard tendre et fraternel sur les plus démunis dont il partage les souffrances.Ce récit, écrit en yiddish et enfin traduit en français, permet à Yankev Celemenski de nous faire partager une épopée rare, d'une richesse exceptionnelle, fruit d'une grande probité intellectuelle et d'une profonde humanité.
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Jacques Saurel, né en 1933, aurait très bien pu connaître le sort réservé à nombre d'enfants de parents juifs émigrés de Pologne dans l'entre-deux-guerres : Auschwitz et la chambre à gaz. C'est à son père qu'il doit dans un premier temps de ne pas être inquiété : engagé volontaire, puis prisonnier de guerre, celui-ci est protégé comme sa famille par la Convention de Genève. Mais les nazis cherchent des otages à déporter. Ainsi, début février 1944, Jacques, sa soeur aînée (la cadette est cachée) et son petit frère sont internés à Drancy avec leur mère, puis déportés à Bergen-Belsen. C'est alors à cette dernière qu'ils doivent leur survie. S'ils bénéficient de conditions « privilégiées » puisque les nazis veulent s'en servir comme monnaie d'échange, ces enfants n'auraient jamais survécu sans le soutien moral et les sacrifices de leur mère. D'autant que les conditions de vie, déjà très difficiles, se dégradent à partir de l'automne 1944, à mesure qu'affluent les rescapés des évacuations des camps de l'Est. Le camp de Bergen-Belsen, dont l'organisation se délite, devient alors un véritable mouroir. Jacques et les siens recouvrent la liberté après avoir connu en avril 1945 les affres supplémentaires des errances du « Train fantôme » dont la moitié des 2 000 Juifs évacués du « camp de l'étoile » perdent la vie. Ils ne retrouvent leur père à l'hôtel Lutetia que le 25 juin 1945. S'ils sont restés en vie, il n'en va pas de même des autres membres de la famille en France. De ceux qui vivaient en Pologne, plus de trace. De cette confrontation à l'horreur, si jeune, dont il a réchappé il ne sait comment, Jacques s'est forgé une passion : la vie.
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Passeport pour Auschwitz ; correspondance d'un médecin du camp de Drancy
Zacharie Mass
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 31 Juillet 2011
- 9782304039269
Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l´intimité d´un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu´il aime profondément, le Dr Mass nourrit l´espoir d´une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d´être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d´être déporté.
Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé.
Cet ouvrage saisit de l´intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.
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Nomade, Élisabeth Kasza le fut à plus d'un titre. Elle connut durant la guerre l'errance mortelle de la déportation, avant de prendre le chemin de l'exil. Devenue comédienne, c'est à l'intérieur d'elle-même qu'elle voyagea, de personnage en personnage. Élisabeth est née à Kaposvár au Sud-Ouest de la Hongrie, dans une famille d'origine juive convertie au protestantisme. Sous le joug nazi, ses parents et elle sont relégués dans un ghetto puis déportés en tant que Juifs. Élisabeth partage volontairement avec eux le sort des 440 000 Juifs hongrois envoyés à Auschwitz-Birkenau, entre la mi-mai et le début de juillet 1944. Comme la plupart des déportés, son père y est assassiné dès son arrivée. Élisabeth est ensuite cruellement séparée de sa mère puis transférée aux camps de Bergen-Belsen, Duderstadt puis Terezin. Après la Libération, elle rejoint Budapest où elle est soignée pour une myocardie provoquée par les carences qu'elle a subies. Fuyant la dictature communiste, elle veut rejoindre les États-Unis mais c'est en France qu'elle s'installe finalement. Elle y deviendra comédienne et actrice de cinéma. Son récit nous offre le regard d'une femme sensible et cultivée dont la jeunesse heureuse fut emportée dans la tourmente et l'horreur.
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Eugène Klein eut un destin hors du commun , une vie aux multiples facettes qu´il nous présente ici entrelacées dans un témoignage riche et inédit. Eugène Klein vécut sa jeunesse en Hongrie dans un dénuement cruel. Durant la Première Guerre mondiale, il fut enrôlé dans l´armée austro-hongroise et servit en particulier dans les Carpates où les conditions de vie étaient terribles. Le bonheur, il le connut en France dans l´entre-deux-guerres. Son aptitude pour le sport - il pratique la course à pied - lui a permis de s´y installer avec de fonder une famille. Parce qu´ils étaient juifs, Eugène et les siens connurent les persécutions nazies, ils furent arrêtés à Paris le 1er mai 1943.
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Parcours d'un enfant caché (1941-1945) ; une enfance aux Mardelles
Serge Erlinger
- Le Manuscrit
- 23 Février 2012
- 9782304039023
« Chère Romaine, cher Eugène. Comment vous remercier, aujourd´hui que vous n´êtes plus là, pour la tendresse que vous m´avez donnée pendant ces quatre années auprès de vous. Séparé de mes parents et de mon frère, confié à vous par l´Assistance publique pour échapper à la barbarie nazie, j´ai pourtant vécu avec vous, grâce à vous, des années parmi les plus belles de ma vie. » Ce témoignage restitue le parcours d´un enfant juif caché dans une petite ferme du Loir-et-Cher. Sa famille, comme tant d´autres, a fui la Pologne pour échapper à l´antisémitisme, et se retrouve confrontée aux lois anti-juives de Vichy. Avec beaucoup d´émotion, Serge Erlinger revient ici sur une période décisive de l´histoire. Un vrai souci d´exactitude, attesté par de multiples recours aux documents d´archives, donne à ce récit une valeur historique incontestable.
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"Pierre Goltman est adolescent lorsqu'il est arrêté par la Gestapo avec son père, le 27 mai 1944. Commence alors pour eux une descente aux enfers, au coeur de la folie exterminatrice nazie. Fuyant la région parisienne lors de l'Exode, la famille Goltman avait trouvé refuge dans l'Allier, à Néris-les-Bains. Le sort de Pierre et de son père sera scellé par la dénonciation d'un collaborateur qui les fera arrêter comme complices de la Résistance locale. C'est comme juifs qu'ils seront transférés, après quelques jours de prison, au camp de Drancy, puis déportés à Auschwitz (convoi n° 76, 30 juin 1944).
Sur la rampe d'Auschwitz II-Birkenau, Pierre et son père échappent, contrairement à la très grande majorité des arrivants, à la sélection, synonyme de mort immédiate dans la chambre à gaz. Pour eux, ce sera l'enfer concentrationnaire du camp d'Auschwitz III-Monowitz lié à l'énorme complexe industriel de la Buna. Là, ils sont réduits à un matricule et contraints aux travaux les plus durs et les plus dangereux, travaux que les nazis « réservent » aux Juifs. Dans ce monde où règne l'arbitraire, ils souffrent de la faim, des coups et du manque d'hygiène. Cette stratégie nazie de la mort lente aura raison du père de Pierre.
Paradoxalement, Pierre doit sa survie à l'état d'extrême faiblesse dans lequel il se trouve au moment de l'évacuation d'Auschwitz (18 janvier 1945). En effet, les Allemands le laisseront pour mort à l'« infirmerie » de Monowitz, non loin de Primo Levi. Il échappera ainsi aux « marches de la mort » auxquelles il n'aurait pas survécu. Après de longs mois de convalescence, Pierre parvient à revenir dans le monde des vivants. Il a retrouvé sa mère mais d'autres membres de sa famille n'ont pas survécus à la Shoah. Il redeviendra le très bon élève qu'il fut avant la guerre et réussira ses études brillamment. De son voyage en enfer, il aura puisé une force de caractère et un goût pour la vie exceptionnels."
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Andrée Salomon, une femme de lumière
Katy Hazan, Georges Weill
- Le Manuscrit
- Témoignages De La Shoah
- 10 Janvier 2011
- 9782304035964
Andrée Salomon (1908-1985) est l'une des grandes figures de la Résistance juive en France. Elle fut responsable de l'action sociale de l'oeuvre de Secours aux Enfants. Après s'être engagée au service de la communauté juive d'Alsace, elle a rejoint la Résistance dès 1940. Dans la zone sud, elle a sauvé un grand nombre d'enfants en les faisant sortir des camps d'internement de Gurs, de Rivesaltes et des Milles et en les plaçant dans les maisons de l'OSE. Elle organisa des départs vers les États-Unis et mit sur pied des filières clandestines vers la Suisse et l'Espagne. Par la suite, elle confiera les enfants à un autre réseau de l'OSE, le circuit Garel, pour les placer sous de fausses identités, ans des institutions religieuses. Cet ouvrage reconstitue son parcours à partir du manuscrit inédit de ses mémoires, de plusieurs entretiens enregistrés et des souvenirs de ses plus proches assistantes. On lira également une quarantaine de lettres de reconnaissance venues du monde entier et rendant hommage à cette « femme de lumière » dont la générosité et l'héroïsme permirent à toute une génération d'enfants de se construire un nouvel avenir.