Les chaînes sans fin : histoire illustrée du tapis roulant

À propos

Parmi les machines qui hantent nos vies quotidiennes, le tapis roulant est celle qui traverse le plus insidieusement tous les secteurs d'activité : des tapis mobiles sur chaîne d'assemblage aux tapis de caisse de la moindre supérette en passant par ceux dévolus à l'exercice corporel du fitness. Travail posté, rituel consumériste et souci hygiénique de soi : trois postures qui, chacune à sa manière, nous condamnent à l'éternel recommencement d'une marche forcée.

Cet essai veut en retracer la généalogie, plus sinueuse et méconnue qu'il n'y paraît. Sans s'attarder sur les grues à tympan de l'Antiquité romaine, on passe en revue bien des appareils oubliés - le moulin disciplinaire des prisons de l'ère victorienne, le manège à plan incliné des agriculteurs du XIXe siècle ou le trottoir mouvant de l'Exposition universelle de 1900 - avant d'aborder les usages plus récents de cet outil crucial du management fordien, de la consommation de masse et du test d'effort cardiovasculaire.

Au fil de cette enquête, toutes sortes de matériaux historiques sont mis à contribution : des brevets d'obscurs inventeurs aux running gags du cinéma muet.

Et, à l'arrivée, on retombe sur notre très contemporain tapis de course, cette figure terminale du mythe progressiste : de grands bonds en avant qui, la plupart du temps, ne nous ont avancés à rien.


Sommaire

REMERCIEMENTS.
L'IMAGE TERMINALE DE LA COURSE AU PROGRÈS.
Une avancée stationnaire.
De quel manège parle-t-on ?
Une heure de gloire sans lendemain ?
Scrupule de dernière minute.
Petit interlude hippique.
Des brevets au futur antérieur.
À propos de quelques faux amis.
Parc d'attractions domestique.
Détour bibliophilique.
Des cages en roue libre.
Watt does horse power mean ?
Révolution industrielle et prolétarisation animale.
Chevaux à bâbord et tribord.
Galop d'essais ferroviaires.
L'escalier éternel, un outil de redressement moral.
Cercles vicieux du travail canin.
Supplicier ou produire ? Cruel dilemme pénitentiaire.
Infâmes captifs d'un moulin disciplinaire.
Le premier tapis d'exercice motorisé.
Avant-première motorisée de l'hippodrama.
Un panorama mobile grandeur nature.
Usages professionnels du moteur humain.
Le mirage urbain d'une " rue qui marche ".
Les faux départs de la " bande transporteuse ".
Femmes au charbon, les " clapeuses " du tri sélectif.
Erratum tardif.
Shopping à tous les étages.
Montée en puissance des transports en commun.
La domestication taylorienne de la bête humaine.
Un tapis d'exercice à contre-courant.
Le meatpacking préfordien.
Paresse sociale ou résistance au surmenage.
Assembler/désassembler.
Imageries déroulantes de l'esclavage salarié.
La Grande Guerre, un accélérateur biomécanique.
Une nouvelle chorégraphie machinique (1).
Bref détour par l'" inconnu ".
Une nouvelle chorégraphie machinique (2).
Le modèle fordien selon le docteur Destouches.
La mécanisation théâtrale du brave soldat Chvéïk.
Krach et résurrection de la mythologie fordienne.
Pause-repas sur le pouce et self-service.
Le stade infantile du fordisme, selon Disney.
Un pionnier français du cinéma muet (mais parlant du travail).
Quand la propagande se prend les pieds dans le tapis (roulant).
" Le fordisme au service des travailleurs ", un contresens démobilisateur.
La prévention médicale remet l'humain sur le tapis.
En attendant... Charlot.
Cause commune pour la " voiture du peuple ".
La science-fiction, bastion de la critique sociale.
Panorama rétro-futuriste... avant l'apocalypse.
Escalator vers l'au-delà, aller-retour.
Le deuxième sexe du rebond fordien.
L'entrée en scène du tapis de caisse.
L'auto-mobilité du temps libre.
La télé-propagande gymnique.
Le kaiten zushi entre dans la ronde.
Brèves de trottoir roulant.
Doutes tardifs à propos du travail parcellaire.
Rampe de lancement du fitness.
Remettre à la chaîne les ex-colonisés.
Mai 68, un crash-test grandeur nature.
Critique de la critique de la " critique artiste ".
Quand les rôles sociaux repassent à la caisse.
Bandes-annonces du cinéma réfractaire.
Et si on s'offrait un arrêt sur image.
De l'Orgasmotron dystopique aux workout video tapes.
Flux tendu, sous-traitance et gestion des stocks.
Dernier tour de piste, avant vivisection.
Tant de records battus, à nos corps défendant.
Bienvenue dans la salle des pas perdus.
Fondu au blanc.
CRÉDITS DES FIGURES.

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  • Auteur(s)

    Yves Pagès

  • Éditeur

    ZONES

  • Distributeur

    INTERFORUM

  • Date de parution

    24/08/2023

  • EAN

    9782355222122

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    240 Pages

  • Longueur

    20.8 cm

  • Largeur

    14.2 cm

  • Épaisseur

    2.2 cm

  • Poids

    282 g

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Yves Pagès

  • Naissance : 1-1-1963
  • Age : 61 ans
  • Pays : France
  • Langue : Francais

Né en 1963 à Paris, Yves Pagès a publié une dizaine de fictions dont Les Gauchers (Julliard, 1993) et, aux éditions Verticales, Petites Natures mortes au travail (2000 ; Folio 2009), Le Théoriste (Prix Wepler 2001), Portraits crachés (2003 ; rééd. augmentée 2013) et Le soi-disant (2008 ;
Folio 2009). Il est en outre l'auteur d'une pièce de théâtre (Les parapazzi) et d'un essai, L.-F. Céline, fictions du politique (Seuil, 1996 ;
Gallimard, coll. Tel, 2010).
Membre de l'équipe éditoriale de Verticales depuis 1997, il en co-anime aujourd'hui la direction littéraire avec Jeanne Guyon.
Depuis avril 2010, il a mis en ligne un site de création textuelle & visuelle : www.archyves.net

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